jeudi, 20 mars 2008
No Sex in France
Converti au communisme, je n’en reste pas moins misogyne : les slogans féministes sont typiquement des slogans bourgeois. Ce que les “chiennes de garde” défendent avec rage et avec la complaisance des médias, ce sont les valeurs bourgeoises et non les droits de la femme à vivre hors de portée du désir charnel et du pouvoir de contrainte des hommes. La haine des féministes vis-à-vis de l’islam est tout à fait caractéristique. Qu’il soit féministe (Caroline Fourest) ou démocrate-chrétien (Redeker, Philippe de Villiers), libéral de gauche (BHL) ou de droite, le bourgeois entretient soigneusement le fantasme de la menace islamique afin de justifier son propre fanatisme à caractère totalitaire. J’ajoute que le féminisme étant le contraire de l’humanisme et de l’universalisme, c’est tout sauf une idée marxiste.
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dimanche, 10 février 2008
Demain l'orthodoxie ?
Qu'un jeune vicaire démocrate-chrétien dans son sermon puisse faire référence à Nitche comme ce matin, voilà qui en dit long sur l'ultra-ringardise de l'Eglise de France et de son clergé, son évolutionnisme, sa soumission aux dogmes bourgeois.
Michel Onfray a beau prendre la posture du philosophe anticlérical, afin de mieux passer à la télé, c'est un pur élève de l'école et de la morale démocrate-chrétienne. Un curé démocrate-chrétien, voilà ce qu'est Michel Onfray exactement, en plus ambitieux, avec une "volonté de puissance" plus grande. Qu'est-ce qui sépare Onfray d'un autre curé libéral ambitieux tel l'abbé La Morandais, par exemple ? Je ne vois pas. Mêmes valeurs démocratiques dépassées, même hédonisme petit-bourgeois ennuyeux. Des marionnettes qui se croient libres parce que leurs livres font un tabac dans les supermarchés, et que Guillaume Durand ou Marc-Olivier Fogiel les admirent.
L'Eglise, traditionnellement, s'est montrée conciliante avec le paganisme des champs, qui a donné La Fontaine ou La Bruyère (qui influence Marx également), voire Rousseau. Mais le néopaganisme des villes, celui de Nitche, cet espèce de Virgile de parc d'attraction, dépasse les bornes de la raison. Avec le même ridicule que ces bobos qui retournent à la Nature et n'ont pas encore mis les pieds dans gadoue qu'ils vous donnent déjà des leçons de science-naturelle. Ou que Philippe Sollers sous la férule de sa bourgeoise qui n'hésite pas à donner des leçons de libertinage.
L'existentialisme de Nitche et la peinture impressionniste du dimanche, voilà le niveau de la démocratie-chrétienne. Pour nettoyer les écuries d'Augias et tailler les bacchantes à Nitche, il faut à Benoît XVI autre chose qu'un kärcher nazi ou qu'une somme théologique assommante. Au moins la volonté de résistance de Marx et la ruse de Lénine.
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mardi, 05 février 2008
Traduire le pape
Pourquoi est-il est nécessaire que je décrypte les dernières déclarations du pape ? Trois raisons. La première, pour parler clair, c’est que les démocrates-chrétiens, ou les chrétiens-libéraux, sont des traîtres, des cathos-traîtres. Si Louis Veuillot a pu être abusé par la politique (concrète) de Napoléon III, Bernanos par les promesses de De Gaulle, aucun chrétien authentique ne peut être abusé par les propos de Nicolas Sarkozy, ses petites concessions au folklore chrétien, juif ou musulman, concessions insultantes. Si les musulmans sont plus “susceptibles”, c’est parce que leur foi est plus grande, de toute évidence (Ce qui explique l’indifférence, ou la conversion de certains démocrates-chrétiens à l’islam, ou même la jalousie à l’égard de la foi d’un musulman comme Tariq Ramadan, qui renvoie les démocrates-chrétiens à leurs lâchetés.) Les enquêtes à la sortie des urnes ont montré le poids qu’ont pesé le troisième et le quatrième âges dans l’élection de Sarkozy. Et ces générations, surtout en Alsace-Lorraine, sont plus que d’autres attachées au folklore. François Mitterrand naguère avait, à la veille des élections, des propos flatteurs pour le noyau dur de son électorat, les profs, de la même façon. Ce qui n’a n’a pas empêché la déchéance du corps professoral. Par conséquent, tout propos du pape qui ira à l’encontre des dogmes libéraux ou démocratiques sera immanquablement étouffé par les interprètes officiels du pape en France, dont la faiblesse à défendre la religion catholique est proportionnée à la force à soutenir les sacro-saintes “Valeurs actuelles”. Si, comme je le soupçonne, c’est le tartuffe Darcos qui a soufflé cette idée de cadeau à Benoît XVI - une édition originale de Bernanos -, Benoît XVI aurait dû répliquer par un coup de crosse en travers de la gueule de ces insolents, car il n’y a pas d’autre façon de traiter un tartuffe de l’envergure de Darcos, plus retors que François Bayrou encore. Mais le pape n’est pas libre. On entre désormais au Vatican comme dans une boutique de souvenir. La censure exercée par les médias occidentaux est telle que le pape ne peut pas, sur la place Saint-Pierre, sortir un billet de cent dollars de sa poche et l’enflammer, comme Gainsbourg, pour signifier clairement ce que le “sécularisme” veut dire, à quoi il se résume. Le scandale de cette image serait trop grand. Les médias capitalistes attendent Benoît XVI au tournant, et il le sait. Le pape est contraint de parler, non pas “en paraboles”, hélas, mais par euphémismes qu’il faut décoder.
11:24 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : benoit xvi, bernanos, veuillot, nicolas sarkozy, xavier darcos, marx, bloy
mercredi, 09 janvier 2008
Esprit bobo où es-tu ?
Pour prolonger ma phénoménologie de l’esprit bobo : Pourquoi n’y a-t-il pas de bobos aux Etats-Unis, où on parle plutôt de “yuppies”, ce qui signifie à peu près : “blousons dorés” ou “jeunes cadres dynamiques” ? Probablement parce qu’il n’y a pas encore eu aux Etats-Unis comme en Europe de révolution antibourgeoise. La guerre civile de Sécession, qui a un aspect révolutionnaire comme toutes les guerres civiles, oppose la nouvelle bourgeoisie industrielle capitaliste du Nord aux Etats du Sud, plus traditionnels. Contrairement à ce que la propagande capitaliste inculque, ce n’est pas une révolte des esclaves nègres opprimés dans les champs de coton. Dorénavant, la majeure partie des travailleurs opprimés par le capitalisme yanki est en Asie, et la révolution contre le capitalisme, si comme Marx l’a prévue elle advient, la révolution doit être envisagée à l’échelle mondiale.
11:35 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : bobo, finkielkraut, renaud sechan, marx
jeudi, 20 décembre 2007
Table rase de la télé
Pour donner la réplique à Finkielkraut, Frédéric Taddéi avait invité un universitaire communiste, Yves Quiniou. Celui-ci ne déshonore pas la pensée occidentale comme Finkielkraut, mais de là à dire que c’est une lumière… J’ai moi même recommandé sur mon blogue le petit ouvrage de Quiniou qui combat quelques idées reçues sur Marx ; comme initiation, pourquoi pas. Mais Yves Quiniou est resté figé dans le marxisme des origines, il n’a pas évolué, ce qui pour un marxiste est impardonnable. Yves Quiniou persiste contre la réalité à voir dans les religions, musulmane, chrétienne, une menace, une force d’oppression. Il est incapable de voir la réalité des faits. La plus grande religion aujourd’hui, c’est la démocratie, le républicanisme, et il l’a en face de lui : c'est Finkielkraut, imam démocratique qui diffuse ses principes décadents par tous les canaux médiatiques mis à sa disposition. Marx, vivant, n’aurait jamais fait preuve d’un tel aveuglement ! On observe également qu’Yves Quiniou défend ses principes avec une ferveur religieuse dont bien peu de prêtres catholiques sont capables dorénavant. Yves Quiniou, en outre, se réclame de Marx ET des “Lumières” de la Révolution française. Ce n’est pas si simple. Marx considère Voltaire comme le sommet de la littérature… mais de la littérature bourgeoise. Un marxisme qui ignore les évolutions de l’histoire est un marxisme momifié. Pour l’anecdote il y avait aussi Marcel Gauchet sur le plateau. Ce Gauchet est encore pire que Finkielkraut ; à la nullité il ajoute l’insignifiance. Tout au plus il est significatif de ce que la pensée démocrate-chrétienne n’est qu’un accessoire, un sous-produit de la pensée démocratique.
09:35 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yves quiniou, frederic taddei, marcel gauchet, marx, voltaire
jeudi, 29 novembre 2007
L'œil du cyclone
« Ainsi c’est donc ça, Raymond Aron ! je me dis en parcourant en diagonale une grosse compilation - Les sociétés modernes -, non pas la sagesse et la modération qu'on prétend, mais plutôt une sorte de bouddha, un gros néant… »
Je m’y attendais un peu, mais pas à ce point. Les sociétés modernes, il y a tout l’ennui de l’université contemporaine dans ce machin-là, ses fausses leçons, ses fausses grèves, ses fausses révolutions. Rabelais est mort, Céline hante les charniers de la démocratie.
« Essayons tout de même de trouver un point d’appui là-dedans. », je conclus, pragmatique. Marx a prouvé qu’on peut partir d’une philosophie décadente, celle de Feuerbach, pour retrouver l’esprit de l’Occident : foi et raison. Même preuve par Bloy, Péguy.
Raymond Aron se veut centriste. Le centrisme, c’est aussi la posture de Sarkozy. Le centre de Sarkozy, en réalité, c’est l’œil du cyclone médiatique, ce tourbillon qui l’engloutira.
Comme Sarkozy est le représentant de commerce de la France, Aron est le représentant de commerce de la philosophie, avec son catalogue sous le bras.
Pourquoi Aron préfère-t-il l’aveuglement de Tocqueville à la lucidité de Marx ? Ou Durkheim et Weber, leurs petites définitions de sociologues impuissants ? Mieux que ça, cette outre d’Aron se goure au point de faire de Thorstein Veblen (!) un esprit plus fort que Marx.
En tant que centriste, forcément, Aron s’efforce d’entretenir le mythe libéral de la “gauche” et de la “droite”. Sans lui, le centre s’évanouit. Au plan idéologique on peut réduire l'idéal libéral au vieux manichéisme. On retrouve celui-ci dans tous les dogmes libéraux : l’évolutionnisme, le racisme, l’antiracisme, l’égalitarisme, le féminisme, etc. Bernard-Henri Lévy se cache derrière les nazis comme Hitler se cachait derrière les juifs.
Pourquoi Aron se trompe systématiquement ? Parce que Weber et Veblen ne sont pas révolutionnaires, contrairement à Marx, voilà le mobile d’Aron. Un jugement de classe ; faire passer pour universel un jugement de classe. C’est le contraire de la politique.
Décidément Aron a tout pour plaire aux bobos. Une parodie de philosophe pour une parodie de bourgeoisie.
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lundi, 26 novembre 2007
L'Essence de la démocratie-chrétienne (II)
“L’essence de la démocratie”, “L’essence de la pensée démocrate-chrétienne”, c'est une allusion à Feuerbach, quand même moins nul que Kant ou Nitche.
Il faut signaler la médiocrité des exégètes marxistes français ici. On ne peut pas affirmer que Marx emprunte à l’athéisme de Feuerbach sans remarquer également l’opposition presque radicale de leurs modes de raisonnement. Marx est un antiphilosophe qui rejette le raisonnement dit “ontologique” de Feuerbach, c’est-à-dire un raisonnement spéculatif et antihistorique, antipolitique. Nul n’incarne mieux que Marx le retour à la raison grecque, à ses principes écartés par la bourgeoisie et par les barbares yankis.
Feuerbach, n'est qu'un philosophe aimant les sophismes.
On a tort de croire que Marx a exercé une influence sur la société française, à l'exception de quelques historiens subtils. Les élites en France sont républicaines ou démocrates-chrétiennes, tournées vers le passé, attachées à de vieilles lunes, et par conséquent imperméables à la modernité de Marx. On confond Marx avec Trotski, alors que celui-ci n'est qu'un opportuniste, comme ses disciples français, Lionel Jospin en tête. Quel rapport entre le jargon idéologique de Lionel Jospin et Marx ? Encore faut-il reconnaître à Trotski et à Lénine le mérite d'avoir importé en Russie la pensée occidentale de Marx.
Le marxisme chez nous a largement été étouffé par les palinodies de Sartre, prophète de l’égotisme bourgeois, les mièvreries de Debord ou de Baudrillard, qui plaisent tant aux bobos. Sous prétexte d’actualiser Marx, on n'a fait que le désamorcer.
En revanche, oui, les sophismes de Feuerbach imprègnent largement les dogmes démocratiques en vigueur. On peut d’ailleurs dire de Feuerbach qu’il est le trait d’union entre la pensée démocrate-chrétienne et le paganisme. Un démocrate-chrétien qui lirait L’essence du christianisme plutôt que Harry Potter ou Johnatan Littell, il se verrait dedans comme dans un miroir.
Quelle est la théorie de Feuerbach ? De façon systématique (et assez fastidieuse), Feuerbach s’applique à “retourner la chaussette” ; ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme à son image, mais l’homme qui a créé Dieu à son image.
L’erreur de Feuerbach est assez criante et elle a certainement frappé Marx et Engels, dont l’enthousiasme pour Feuerbach fut passager. C’est typiquement une erreur de puritain et d’iconoclaste protestant. D’ailleurs l’idéologie, en général, n’est-elle pas une forme de puritanisme, un dégoût des choses matérielles et de la peinture dont la société de consommation et le cinéma sont l’aboutissement logique ? Il n’y a pas de paradoxe dans cette société yankie puritaine dont l’économie repose de plus en plus sur l’escroquerie, l’abus de confiance et la prostitution.
Feuerbach, qui prend pour référence non pas la religion catholique mais le protestantisme, plus authentique selon lui (plus pur, croit-il), et une partie de la théologie chrétienne, confond religion et théologie. Pourquoi ? Parce que c’est lui-même un théologien, un athéologien si on veut. La théologie est l’opium des intellectuels, voilà en réalité la démonstration involontaire de Feuerbach.
Il croit démontrer que l’homme a inventé Dieu à son image alors qu’il prouve, ce n’est pas faux et c’est ce que Marx a retenu, que la théologie n’est qu’anthropologie. On n’est pas loin de ma démonstration que la pensée démocrate-chrétienne tend à n’être qu’un paganisme ordinaire.
Ce que Marx a emprunté à Feuerbach, c’est seulement la volonté de gratter les sépulcres blanchis de la bourgeoisie, de s’intéresser aux mobiles. La condamnation du régime birman pour mieux "dealer" avec la Chine : immondes capitalistes !
Mais Marx creuse beaucoup plus profond. Alors que les interprètes français de Marx, dans leur grande majorité, Althusser, Balibar, etc., ont fait de Marx un philosophe ordinaire, comme Feuerbach.
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samedi, 24 novembre 2007
L'essence de la démocratie-chrétienne (I)
La pensée démocrate-chrétienne participe du paganisme actuel. Pas besoin d’être grand clerc pour voir que tout l’effort de la démocratie-chrétienne a consisté à élaguer le catholicisme pour le faire entrer dans le moule du libéralisme. Comparons la France aux Etats-Unis : dix pour cent de croyants d’un côté, quatre-vingt dix-neuf de l’autre. Mais opposer radicalement ces deux nations n’aurait pas de sens. Français et Yankis, majoritairement, ont désormais des croyances, des principes communs. Le niveau de la pratique religieuse aux Etats-Unis dissimule un relativisme au moins aussi fort qu’en Europe, une absence d'esprit scientifique de plus en plus flagrante. François Mitterrand a pu dire en privé : “L’Amérique, voilà l’ennemi !”, mais Mitterrand était un Français de souche, élevé dans le catholicisme, puis proche des idées de Maurras, gagné enfin par des idées socialo-marxistes, son cas reste exceptionnel (un "itinéraire" proche de celui de Drieu La Rochelle).
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vendredi, 23 novembre 2007
L'Essence de la Démocratie
Pour un catholique marxiste, il n’y a pas véritablement d’athées, il est plus conforme à la réalité de parler de “paganisme”.
La démocratie a toutes les caractéristiques d’une religion d’Etat, ce qui explique d’ailleurs le zèle des démocrates à condamner le catholicisme, l’islam, la scientologie, voire le communisme, bref tout ce qui paraît représenter une menace ou une concurrence pour les dogmes démocratiques et libéraux.
Au plan juridique, les démocraties sont des théocraties, au même titre que les Etats musulmans ou que le Royaume-Uni, si ce n’est plus. Evidemment pour un marxiste l’idée abstraite de “théocratie” n’a pas beaucoup de sens. C’est un gadget des libéraux pour donner un air supérieur, émancipé, au régime bourgeois. Franchement est-ce que Robert Redeker, BHL, Finkielkraut, Michel Onfray, Luc Ferry, ont des gueules d’émancipés ? Ils ont plutôt l’air constipés et foireux. Les petits systèmes de pensée de ces Spinoza de poche ne passeront pas le quart de siècle. Ils le sentent et c’est ça qui les rend bilieux.
Disons que l’athéisme en tant que tel fut seulement il y a quelques lustres le fait d’une toute petite minorité de philosophes indépendants comme Feuerbach, Nitche, Maurras, Sartre… Leurs théories leur servaient de chapelles personnelles. Ils sont en quelque sorte au paganisme contemporain ce que les chanoines sont au catholicisme.
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mercredi, 07 novembre 2007
Triptyque politique (I)
« En Amérique, nous n’avons pas de tradition conservatrice aristocratique, ni de tradition marxiste ou socialiste. Nous sommes un pays fondamentalement libéral. Le spectre politique est plus limité qu’en Europe. »
Samuel Huntington (“Manière de voir”, oct.-nov. 2007)
En d’autres termes, l’élite nord-américaine n’a pas une conscience politique très développée, voire pas de conscience politique du tout, tout juste a-t-elle conscience, comme Huntington, de sa médiocrité.
En effet, il se trouve que le marxisme d’une part, et le "conservatisme aristocratique" d’autre part, promu par des écrivains tels que Waugh, Barbey d’Aurevilly, Baudelaire, principalement, sont les deux pointes de la pensée occidentale. C’est parce qu’ils sont privés du marxisme et de la pensée réactionnaire aristocratique que les Yankis confondent l’invention du Viagra, de l’internet ou de l’I-pod, avec le progrès, la modernité.
Un des points communs entre le marxisme et le “conservatisme aristocratique”, pour reprendre le terme d’Huntington, c’est la méthode historico-critique. Cette méthode a été abandonnée peu à peu en France depuis la révolution de 1789 sous les régimes bourgeois libéraux qui se sont succédés après que les fanatiques révolutionnaires ont perdu le pouvoir.
Aujourd’hui la conscience politique, en France, malgré le recul historique dont nous bénéficions, est faible, étranglée par les démocrates-chrétiens, les socialistes, les libéraux de gauche et de droite, tous bâtards de la même idéologie funeste.
Difficile de trouver en France de véritables réactionnaires, ou même des marxistes cohérents. Les penseurs marxistes français, Althusser, Balibar, etc., mélangent l’ordre des priorités chez Marx ; ainsi l’athéisme de Feuerbach n’est qu’un point de départ pour Marx et pas un point d’arrivée ! Eteindre le mysticisme, hégélien, de la pensée marxiste, est un contresens : ça revient à transformer le marxisme en système, en philosophie. Sans compter les sociologues ineptes comme Baudrillard ou Debord, qui ont pompé sur Marx quelques idées originales mais les ont maquillées avec des gadgets sociologiques roccoco.
On a presque en France des penseurs marxistes “kantiens” ou "freudiens" : un comble ! La seule qui grimpe sur les épaules de Marx pour voir encore plus loin, c’est Simone Weil, et elle est presque entièrement marginalisée, diffamée dans “Les Temps modernes” de Lanzman par un yanki obtus.
De Michel Onfray en passant par Luc Ferry jusqu’à Alain de Benoist, les idéologies les plus ringardes prolifèrent en France, qui fut naguère le pays des Lumières.
Dans le domaine artistique, le terme de scandale n’est pas exagéré. La France qui, jusqu’au XIXe siècle, emportée par son élan, offrait un cadre politique à la production artistique la plus élevée, elle ne songe plus aujourd’hui qu’à singer le mercantilisme yanki. Quand j’entends parler d’art contemporain, je sors ma cravache.
07:40 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : huntington, marx, feuerbach, balibar, benoist, onfray, althusser


