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  • Retour d'exil

    Retour d’un exil de quelques jours en province, au bord de la mer. L’obscurantisme, mélange d’informations approximatives répandues par les médias et d’éducation nationale, y est encore plus épais qu’à Paris.

    Et pour ce qui est de la sauvagerie, les autochtones sont loin d'être à la hauteur des paysages. Balzac relève déjà le caractère profondément réactionnaire de la province. Une réaction molle, voilà tout ce qu’il reste, un mélange de 'ruraux' désormais à demi-citadins et de citadins restés à demi-ruraux.

     

    Dans une église humide mais néanmoins pleine de touristes, un prêtre dans la force de l’âge nous sermonne comme si le peuple chrétien était le peuple hébreu ( !). Eloge de l’obéissance, à la veille de l’Epiphanie, comme si la naissance du Sauveur parmi les hommes n’était pas une Révolution d’ordre cosmique. Comme si les chrétiens n’avaient pas VU ce que les Juifs aveugles, éduqués tant bien que mal par les prophètes, ne faisaient qu’entendre. 

    De nombreux crânes rasés dans l’assistance indiquent la présence dans l'assemblée de bidasses 'en permission' dans leurs familles, flattés par ce genre de sermon claironnant. Probablement estiment-ils que c’est Dieu lui-même qui leur ordonne de prendre des fusils d’assaut et d’aller les décharger à l’aveuglette sur des populations étrangères ? Si l'on pense que les croisades ont été une erreur tragique, que penser aujourd'hui de ces ridicules croisés en treillis dévoués au bon transit de l'or noir vers le Nord ?