Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Apocalypse de Jean

"Ecris encore à l'ange de l'Eglise de Laodicée :

Voici ce que dit l'Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu :

Je connais tes oeuvres : tu n'es ni froid ni chaud. Plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud ! Aussi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni chaud, je vais te vomir de ma bouche.

Tu dis : Je suis riche, j'ai acquis de grands biens, je n'ai besoin de rien ; et tu ne sais pas que tu es un malheureux, un misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille de m'acheter de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche ; des vêtements blancs pour te vêtir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité ; et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.

Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime ; aie donc du zèle et repens-toi. Voici que je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi.

Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi et je me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises."

Ap. IV, 14

Par ce passage est condamnée la médiocrité ou la tiédeur, état de vertu idéal prôné au contraire par les moralistes comme la meilleure conduite possible (Epicure), et les politiciens comme la meilleure organisation possible (tous les jurisconsultes grecs et romains). D'où qu'on le prenne, le christianisme est inadapté au temps présent, nie les efforts collectifs du passé et déclare le futur un mirage. L'assimilation de la vertu à l'amour n'est pas une idée chrétienne.

L'indifférence à la vertu et au système judiciaire des hommes est corroborée par la promesse d'immortalité du Christ à un criminel condamné à mort. De telle sorte que ce sont les justiciers qui se condamnent à mort par le jugement d'autrui, et le condamné à mort qui est sauvé. Scandale pour les régimes païens qui ont mis toutes leurs billes dans les lois humaines !

La promesse de bonheur, idéologie présentée comme le produit de toutes les petites vertus qui, conjuguées ensemble, en formeraient une grande, n'est pas une utopie chrétienne. Il n'y a rien dans le Nouveau Testament qui dissimule cette réalité que chaque minute passée sur terre est un combat ou une épreuve ; rien non plus qui oblige à baisser les armes et à s'adonner plutôt à quelque divertissement susceptible d'atténuer momentanément la douleur de l'atroce condition humaine.

bosch.jpg


 

 

Commentaires

  • Un grand merci. Ce passage de l'Apocalypse m'avait frappé dans Les Démons de Dostoïevski (désolé d'en revenir encore à lui). D'ailleurs, pourriez-vous développer votre critique de René Girard? Pas assez tourné vers l'Apocalypse? L'absence de critique du culte du veau d'or? Trop américanophile?

  • Girard tire beaucoup d'idées de Shakespeare (ainsi que Marx), mais il commence d'abord par affirmer dans son essai sur Shakespeare que celui-ci n'est pas un auteur "apocalyptique". Sans chercher à appuyer son propos par des preuves. D'une certaine manière, Girard cherche à rétablir cette vérité que Shakespeare est un tragédien chrétien, et donc à insinuer que l'apocalypse ne serait pas chrétienne, ou un texte incohérent impossible à déchiffrer. Or on peut effectivement lire dans Shakespeare la condamnation des nations et des "rois chrétiens".
    Dante n'est pas "apocalyptique", sa vision de l'au-delà n'est pas chrétienne, mais celle d'un moraliste païen. Shakespeare, lui, est apocalyptique, n'en déplaise aux chrétiens dont l'apocalypse contredit les intérêts.

Les commentaires sont fermés.