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Ubu-pape

J'écrivais il y a deux jours que le pape Benoît XVI semble atteint de la folie qui touche les personnes morales, c'est-à-dire les personnes qui ne s'appartiennent plus, mais incarnent une fonction sociale. Pour prendre un exemple typique : la folie qui est entretenue chez les soldats afin de mettre l'assouvissement de leur instinct au service de telle ou telle société de rapport, aboutissant généralement à l'autodestruction de cette "chair à canons".

Le pape défend l'éthique, bien qu'elle n'a rien de chrétien, parce qu'il est une personnalité morale. De même les artistes sont attachés à l'art abstrait en raison de sa valeur thérapeutique, bien que l'art abstrait soit une régression puérile et le meilleur moyen de finir par fabriquer des layettes ou des hochets, à peu près au niveau du cinéma qui fait paraître les Etats-Unis un gigantesque jardin d'enfants. Le cas du pape est sans doute aggravé par le fait qu'il est une personnalité morale apparemment dépourvue de fonction, comme une pièce de musée (on peut d'ailleurs être certain qu'il y a dans les fanatiques du pape 100% d'amateurs d'antiquités).

Jarry n'innove pas, d'ailleurs, avec son Ubu, car si la France ne se caractérisait pas par sa méfiance des gens de robes, elle serait une nation de dévots ou de maniaques comme le Japon, entièrement sous la domination des femmes.

Benoît XVI il y a quelque jours prononçait cette phrase, d'un culot extraordinaire et presque équivalent à celui des philosophes libéraux qui condamnent le nazisme :

"Nous sommes en train de revivre la même expérience de la tour de Babel, (celle) où les hommes ont concentré tellement de pouvoir qu'ils ont pensé pouvoir se substituer à Dieu."

- La première remarque est que, sur un sujet qui pourrait inciter le pape à retrouver enfin le chemin de l'eschatologie chrétienne au lieu des mensonges de la démocratie-chrétienne, phalange de Satan, celui-ci remonte à la mythologie juive. Bien sûr l'apocalypse contient des prophéties nouvelles, faute de quoi, pour parodier Augustin (une fois n'est pas coutume), la résurrection du Christ aurait été inutile et les juifs seraient aujourd'hui saufs.

- La seconde remarque est qu'il faut être un sacré tartuffe boche pour dissimuler cette réalité que l'Eglise romaine est la principale collaboratrice de ces projets babéliens démentiels. Si la démocratie-chrétienne se réduit en France à peu près au délire narcissique de François Bayrou et d'organes de presse contrôlés par des marchands d'arme, aux Etats-Unis ou en Allemagne elle reste un puissant agent d'enrôlement. Le mot de l'humoriste anglais Chesterton selon lequel le monde serait plein de fausses idées chrétiennes, doit être complété par l'affirmation que l'Eglise romaine est la première cause de cette sinistre alchimie (et donc le catholique romain Chesterton lui-même).

- Un projet babélien signifie en outre une logomachie, c'est-à-dire au lieu de la défiance chrétienne vis-à-vis du verbe humain, assimilé à une cause majeure de souillure par Jésus, une confiance exagérée dans la communication et les médias. Or celle-ci trouve son appui dans l'université, à laquelle Benoît XVI est un des derniers à rendre hommage, alors qu'elle n'est plus depuis longtemps qu'un ramassis de cacouacs majoritairement occupés à spéculer.

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