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  • Apophtegmes

    "Bion l’Athéiste examinait dans un Temple de Neptune quelques portraits de marins rescapés d’un naufrage, grâce à des prières adressées à Dieu. Comme on lui demandait à ce propos si cela ne lui suffisait pas pour admettre l’existence des puissances célestes ?

    - Certes, répondit-il, si l’on pouvait me montrer de même les portraits de ceux qui, en dépit de toutes leurs prières, n’ont pas échappé à la mort."

    Francis Bacon Verulam montre ici subrepticement que les pratiques chrétiennes communes ne diffèrent pas des pratiques, rituels et prières païens. D'autre part que cette religion superficielle renforce l'athéisme, qui n'a pas de mal à ridiculiser ces pratiques. Ailleurs Bacon ajoute : '"un peu de philosophie rend athée, mais qu'une sagesse plus profonde en dissuade".

    Cette méthode qui consiste à pointer la superstition dans certains cultes païens, tout en laissant voir leur coïncidence avec les pratiques modernes religieuses encouragées par le clergé catholique, est celle de Shakespeare dans de nombreuses pièces, en particulier celles qui puisent leur sujet dans l'Antiquité. Dans "Troïlus et Cressida", en montrant la trivialité des mobiles dissimulés derrière l'argument de l'amour courtois, du patriotisme, de l'honneur et du courage militaire, Shakespeare critique d'abord le néo-paganisme chrétien, qui constitue le fondement indécrottable de la culture occidentale, du moyen-âge jusqu'à aujourd'hui, et sans doute la fin des temps.

    Dans le monde moderne, les chrétiens fidèles se situent hors de la matrice, et donc de l'Eglise à prétention universelle soutenue par un complot de veuves et de pharisiens "judéo-chrétiens". Il est exigé que nous imitions aussi le Christ dans sa prudence vis-à-vis des impostures et trahisons du christianisme, qui n'épargnèrent pas les proches apôtres avant qu'ils ne reçoivent l'appui de l'Esprit.

     

    "Un jour que Bias [de Priène] faisait voile, une grande tempête survint pendant laquelle les marins, qui étaient des hommes fort dissolus, se mirent à invoquer leurs dieux. S’en étant aperçu, Bias leur dit : - Taisez-vous, marauds, et faites en sorte qu’ils ne sachent pas que vous êtes ici, de peur que nous périssions !"

    F. Bacon

  • Manif pour tous

    Deux ou trois aphorismes du grand penseur humaniste Francis Bacon concernant les oies romaines de la "Manif pour tous", qui cacardent contre le mariage homosexuel et ont la prétention de voler au secours d'une civilisation déjà éteinte depuis longtemps.

    "Caton l'Aîné aimait à dire que les Romains ressemblent à des brebis, qu'il est plus aisé de mener par troupeaux que d'en conduire une seule."

    Comme la contribution la plus évidente de ces chrétiens lucifériens (qui mettent les écritures saintes au service de leurs intérêts politiques) au mensonge est l'invention d'une éthique démocratique et d'une politique hypocrites - la ploutocratie allemande s'avançant derrière l'argument de la démocratie-chrétienne, ajoutons deux apophtegmes concernant la statistique moderne totalitaire, présentée parfois comme un progrès.

    "Comme Lycurgue s'occupait de réformer l'Etat de Lacédémone [Sparte], un des magistrats à titre de conseil suggéra de le transformer en un régime populaire égalitaire ; outré par la sottise d'une telle proposition, Lycurgue répondit : "Monsieur, commencez donc d'appliquer cette maxime dans votre maison, et ensuite nous essaierons de vous imiter." 

    "Phocion d'Athènes, homme d'une grande sévérité et dont la volonté ne ployait jamais sous la pression de la foule, s'aperçut un jour que ce monstre à cent têtes l'applaudissait à cause d'une harangue qu'il avait faite en public ; alors, se tournant vers un des ses amis : - Ai-je dit une ânerie, lui demanda-t-il, ou bien est-on en train de s'offenser de mes paroles ?"