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  • Le Prince charmant avec une grosse bite

    J’ai reçu deux courriels de lecteurs de mon blogue ce matin. De Virginie, qui se dit surprise que je puisse apprécier Houellebecq, qu’elle considère comme un romancier médiocre…

    Virginie, d’abord Houellebecq n’est pas un romancier, c’est un philosophe. Un moraliste, plus exactement. Une sorte de Cioran, en plus “fleur bleue” (ça commence par des partouzes avec des petites putes exotiques, mais ça finit par une love story avec une jolie Quinocéenne bien de chez nous). C’est déjà pas si mal d'être le dernier penseur français. Le roman, c’est une couverture, ses personnages n’existent pas, c'est des stéréotypes. Il est bien obligé de faire semblant de pas être sérieux, Houellebecq, sinon il passerait son temps au tribunal. En réalité, y'a pas plus sincère, plus naïf, plus grave que Houellebecq.

    Il est informaticien au départ, et j'ai remarqué que ces gens-là sont généralement peu portés sur la gaudriole. Leur passe-temps favori, c’est de refaire le monde. Tu vas m’objecter son succès médiatique. C’est quand même un peu arrivé par hasard, tout ce pognon, toutes ces gonzesses, même s’il les a accueillis à bras ouverts (le jour où il ne vendra plus, il en aura bien besoin de cet argent pour se protéger, l'exil ça coûte cher).

    Cette blonde, chez Monoprix, qui fait la queue, porte une jupe écrue qui dévoile par transparence un joli cul. Charnu, mais pas seulement : charismatique ! À part ça, elle est assez commune. Voilà pourquoi elle montre ses fesses. Pourtant, je suis sûr qu’elle aussi rêve du Prince charmant, mais d'un prince charmant avec une grosse bite. Elle vit avec son temps, je le sens bien. Mademoiselle finit par se retourner pour relever ses filets - je la regarde, elle rougit. Et pourtant je vous jure que son string noir se détache nettement, pas seulement à contre-jour ! Prince charmant ou satyre ? That is the question… Houellebecq a raison, les femmes se compliquent de plus en plus.

    À mon deuxième correspondant, affublons-le du surnom de Popol puisqu’il ne veut pas que je mentionne son nom, je répondrai demain. Je suis vanné. Si ça continue, il va falloir que j'embauche une secrétaire.

  • Un pet très long

    « Le 29 juillet 1952 : À propos d’un pet très long, vraiment très long et, disons la vérité, mélodieux, que je lâche au réveil, je me suis souvenu de Michel de Montaigne. Cet auteur rapporte que saint Augustin fut un fameux pétomane qui réussissait à jouer des partitions entières. »

    En feuilletant la réédition du Journal d’un Génie, de Dali au Virgin, je tombe sur cette perle, page 65. Puis, quelques pages plus loin, sur ces alexandrins, qui résonnent d’un écho particulier :

    « Un pet qui pour sortir, a fait un vain effort, Dans les flancs déchirés reportant sa furie, Souvent cause la mort. D’un mortel constipé qui touche au sombre bord, Un pet à temps lâché pourrait sauver la vie. »

    Difficile de prendre Dali-le peintre au sérieux, mais je suis curieux en revanche de sa littérature sur les flatulences. Alors, j’achète ou j’achète pas ? Je n’ai pas encore fini le "Journal" de Bloy, ni celui de l’abbé Mugnier, ni celui de Nabe. Faut pas tout mélanger. Tant pis, Dali attendra.

    Mais c’est pas en regardant les pitreries d’Ardisson à la télé, comme hier soir, que j’achèverai ces livres indispensables. Comme le nudisme était au menu de son émission, j’espérais que Houellebecq serait invité. Il a un côté touchant, on dirait le "Petit prince" - le "Petit prince" qui aurait chopé une blennorragie. Mais il n’était pas là, parti en vacances sur une autre planète, sans doute. Ardisson l’avait remplacé par le réalisateur d’un film navrant sur les nudistes. Rideau.

  • Tout n'est que grisaille, crachin et brouillard

    Je renonce devant “Ulysse” de Joyce, mais ça ne veut pas dire que je méprise toute la littérature britannique. Bien au contraire, Wodehouse, Waugh, Saki, les frères Grossmith, tous ces auteurs britanniques que l’on réédite à tour de bras en ce moment, c’est un vrai régal ! Wodehouse et Saki sont plus faciles d’accès. Je devais avoir 15 ans quand j’ai lu “Sous pression” et quelques “Jeeves” pour la première fois. Ça m’avait beaucoup plu. En revanche, au même âge, “Le Cher disparu”, m’avait complètement dérouté. Incapable de saisir l’humour caustique de Waugh. 15 ans plus tard, je ne peux pas m’empêcher de m’esclaffer en le lisant. “Ces Corps Vils” et “Diablerie” sont encore meilleurs ! De ce côté de la Manche, par comparaison, tout n’est que grisaille, crachin et brouillard. Excepté Marcel Aymé, peut-être, mais même lui ne me fait pas autant rire. Les gars d'EDF ont encore foutu le grand Bordel dans Paris ce matin. Pour défendre le service public. Il semble que leur altruisme n'ait pas de limite.

  • La banane des droits de l'Homme

    L’autre jour, j’allume la radio et j’entends Hervé Gaymard qui dit à Elkkabach qu’il est bien décidé à se battre, à se battre pour la banane des Antilles, “parce que c’est la banane des droits de l’Homme !” Estomaqué, je reste un instant la tartine en suspens. Je ne l’avais pas sentie venir, celle-là ! D’habitude, il se passe jamais rien chez Elkkabach, c’est même pour ça que je l’écoute en prenant mon petit-déjeuner, pour éviter de me tacher. Eh bien, depuis, cette “Banane des droits de l’Homme” ne cesse de me hanter. Pire que le Concombre masqué quand j’étais petit. C’est pour m’ôter ces conneries du ciboulot que je décide d’aller à la piscine. Près du Bois de Boulogne. L’hydrothérapie, y’a pas mieux, j’oublie tout pendant une heure. Dans l’eau froide, je dois nager pour me réchauffer, je fais travailler mes muscles et mon cerveau tourne au ralenti. Ne comptent plus que ma respiration, la précision de mes mouvements et, bien sûr, quelques nageuses entre deux eaux. Sublimées par l’onde. Leur peau brille, leurs chairs sont raffermies. Dommage que le bonnet réglementaire me prive de leurs chevelures gonflées d’eau. Celle-ci, par exemple, doit être rousse, sa peau est tellement blanche. Je la reconnais. Elle vient régulièrement. On a déjà échangé quelques banalités, elle s’appelle Virginie, mais je n’ai pas osé lui dire tout le bien que je pense de sa peau blanche, de sa taille de guêpe, ses deux atouts majeurs. Je devrais aussi lui conseiller de nager moins. Elle risque de s’assécher ; ses épaules, son dos, déjà, sont un peu trop larges. Avec son gros cul couleur pain d’épice, cette autre que je vois pour la première fois est une variété différente. N’empêche qu’elle me plaît beaucoup aussi. Son bikini à fleurs retient péniblement une paire de seins comme des obus. Elle pousse un petit cri en entrant dans l’eau, surprise par sa fraîcheur. Ou pour attirer l’attention des mâles alentour. Fin psychologue, je penche pour la deuxième hypothèse. Peut-être que je regarde trop de documentaires animaliers. Les douches et les vestiaires sont mixtes et on peut continuer à s’y rincer l’œil. Je suis le joli morceau de pain d’épice sous la douche. Pour se changer, elle ne prend pas la peine de s’enfermer dans une cabine. Son stratagème - pour épargner les âmes sensibles - consiste à se vêtir par-dessus son maillot, puis retirer ensuite celui-ci subrepticement. Cet anti-strip-tease me bouleverse plus que je ne le laisse paraître. C’est con : elle se serait peut-être proposée de me soulager si j’avais été plus sincère. On peut toujours rêver.

  • L'inspecteur Derrida

    Pas si serré que ça, le match Jacques Derrida (France 3)-Inspecteur Columbo (TF1) hier soir. Malgré tout ce qui les rapproche : même air de chien battu, mêmes sapes douteuses, même tignasse mal peignée, mêmes yeux plissés pour voir au-delà des apparences, même élocution pénible… Sauf que Columbo, lui, fait semblant de noyer le poisson pour mieux le ferrer. Tandis que Derrida, lorsqu'il se frotte aux grandes énigmes… bonjour l’embrouille ! (lui il dit : “Déconstruction”, mais ça revient au même). Attention, que Columbo soit plus perspicace que Derrida ne veut pas dire que les États-Unis nous battent à plate couture. Non, car dans le domaine des idées, nous avons toujours une longueur d’avance. L’interdiction des signes religieux à l’école, par exemple, ou l'interdiction des propos homophobes, c'est révolutionnaire. Et ambitieux, car c’est pas aussi facile qu’on le croit d’interdire. Ça va être coton de coincer les salauds qui s’amusent à traiter les homosexuels d’enculés. Sinon, à la charcuterie de mon Monoprix, ils ont embauché un jeune musulman. Plein de bonne volonté, a priori. Mais quand je lui ai demandé de me servir une tranche de pâté de tête, il a cru à une mauvaise plaisanterie.

  • Ulysse en bus

    Ce matin dans le bus, une femme lit “Ulysse” de Joyce. Ça relève le niveau. D’habitude, c’est du Kundera ou du Zola que les femmes lisent dans le bus. Une prof d’anglais sans doute. Elle en a tout l’air. Par dessus son bouquin, elle lève les yeux et me sourit. Mais je crois que c’est un tic. De toute façon, elle trop maigre à mon goût, trop prof aussi, et puis trop courts, les cheveux. Une nouvelle traduction d’“Ulysse” vient de paraître, je ne sais plus chez qui ; hélas, je n’y comprends toujours rien. Plus grave, je ne comprends pas non plus les spécialistes de Joyce, leurs explications de texte (comme l’autre soir sur Arte). Ce n’est pas le choix des mots mais l’ordre des mots qui préoccupe Joyce, à ce qu’il paraît (????). Peut-être que la prof d’anglais dans le bus pourrait m’expliquer. Je pense que je ne supporterais pas de vivre avec une femme plus intelligente que moi. Sauf peut-être si j’étais trop bête pour m’en rendre compte.

  • La presse à l'œil

    Quel pied de pouvoir lire la presse française à l’œil sur internet, presque toute. Quand je pense qu’il y a dix ans je disais pis-que-pendre du ouaibe, du surf et des seurfeurs. Désormais, je lis "Le Monde", du moins les deux articles et demi par mois qui m’intéressent, sans verser la plus petite obole au triumvirat Plenel-Colombani-Minc. Idem pour "Le Point", "l’Obs", "L’Express", etc. Un clic vers le "Plateau télé" de Patrick Besson, dans le "Figaro Magazine" : la semaine dernière, il se contentait de faire de la lèche à Fogiel. La querelle des pro-Ardisson et des pro-Fogiel a plus d’importance aujourd’hui que celle des Anciens et des Modernes jadis. Et tout porte à croire que Besson est fâché contre Ardisson, qu’il enrage de ne pas être invité plus souvent à la télé. Il a tort, il n'est pas télégénique du tout, avec sa tête de prof de maths serbe. En revanche, je n’apprécie guère les écailles de ce vieux crotale de François Nourrissier, déguisé en grand-père à barbe blanche fumant la pipe. Pourtant, la semaine dernière, j’avais archivé son portrait de BHL. Et aujourd’hui, je sors ces restes de mon disque dur : « (…) Autrement plus excitant me paraît le cursus de ce jeune homme Lévy : de Pasteur à Louis-le-Grand, de Neuilly à Normale et à l'agrégation de philo, voilà le passionnant. Pour BHL, une exploration. Un voyage. En général, il se fait de bas en haut, en se hissant à la seule force du muscle Ambition, tétanisé par l'effort du grimpion. BHL, divers privilèges - beauté et richesse en tête - le dispensent de sueur et d'huile de coude. Il semble n'avoir jamais été animé par un ressentiment. Il dispose à la fois des grands diplômes mythologiques qui rassurent l'angoisse bourgeoise et des dons (du ciel, de la nature) qui donnent du coulant, du lié aux gesticulations d'une vie. Dans ce passage au galop sur le front des troupes, comment distinguer un détail ? Au plus, des réflexions. Par exemple, ne jamais oublier que le judaïsme qui a formé BHL connaissait en Algérie des vexations, une désobligeante mise à l'écart, mais pas la hantise de l'extermination. Et puis, BHL est né six ans après le débarquement des Américains au Maghreb. Considérez les portraits de famille de BHL et des siens, et les terribles photos d'enfants juifs au ghetto de Varsovie : la puissante organisation d'une communauté, son énergie à peu près intacte se lisent sur les visages. La misère absolue, sur les autres. » Ce soir, je suis invité chez mes voisins. Je leur ai rendu un service un jour. Je leur ai prêté un kilo de farine. Depuis, ils ne cessent de m’inviter à dîner. Ils me trouvent sympa, c’est gênant. D’autant plus que je n’arrive pas à savoir pourquoi. C’est sûrement pas pour la farine. Je les soupçonne même d’avoir inventé cette histoire de farine pour lier connaissance. J'ai pensé à une partouze, un truc comme ça, mais rien du tout. Je me suis déjà débiné une ou deux fois, mais je peux pas dire non tout le temps. Sophia est Serbe, et elle fait des efforts pour apprendre la cuisine française, c’est déjà ça ; quant à Eric, une fois le repas avalé, il aime bien refaire le monde. La barbe ! Qu'il fasse comme tout le monde, qu'il écrive son journal intime !

  • Les Irakiens ont raté quelque chose !

    Retour à Paris. Dans le hall de la gare, tous les regards convergent vers une jeune femme brune très séduisante. Qui plus est, elle porte un treillis léopard, des rangers, et un sac règlementaire des Troupes de Marine sur l’épaule. Je peux vous dire que les Irakiens ont raté quelque chose ! Sûr que beaucoup seraient volontaires pour subir ses sévices sexuels. Son sourire trahit cependant un manque de sadisme. Une fillette en trottinant vient s’ajouter à son paquetage. J'aiderais volontiers sa mère à monter dans le train, mais elle doit pouvoir se débrouiller seule, non ?

    Le TGV est plein de Toulousains qui retournent au boulot. Ils n’ont pas lu Patrick Besson, lui conseille plutôt de travailler en province et de passer ses vacances à Paris.

    Une fausse blonde vient prendre sa place réservée à côté de moi. Les glissements de sa robe d’été dévoilent une peau appétissante : accès de fièvre. Elle tire de son sac Psychologie Magazine et Le Monde de l’Éducation : le thermomètre redescend. Ce que je peux être sentimental, dans le fond.

    Profitons-en pour nous replonger dans les Souvenirs de Pologne de Gombrowicz. Ça demande pas une grande concentration car c’est pas vraiment un bouquin, juste la retranscription d’une émission de radio consacrée à l’auteur ; néanmoins, je ne parviens pas à m’attacher à cette prose. Pas la moindre anecdote croustillante, Gombrowicz ne fait que reconstituer les faits. Polac le recommande, lui, surtout le Journal, tout en admettant que tous ces noms polonais compliqués sont quand même difficiles à retenir.

  • Le baby-boum d'après-guerre

    Tours et détours dans Toulouse avec mes amis. Assisté à la communion de leur fils, Jérôme, dans une paroisse bourgeoise. Le curé s’efforçait dans son prêche d’être aussi démagogique que possible. Se présenterait-il à des élections ? Ouf, le 18 juin a été commémoré discrètement. On nous avait suffisamment gavés comme ça de flonflons, de cocardes, de discours et de Drucker pour l’anniversaire du Débarquement. 50 ans ! Il paraît que les Français sont patriotes : ce qu’on savait moins, c’est qu’ils savent garder un secret. En effet, on apprend seulement maintenant que 200000 “enfants de la honte” (de père allemand et de mère française) sont nés pendant l’Occupation. Après tout, que l’une ou l’autre de nos grands-mères, un peu esseulées, se soit laissée tenter par une partie (ou deux) de jambe en l’air avec un soldat allemand, n’est guère étonnant. L’uniforme a toujours stimulé la libido des jeunes filles. Non, la révélation, c’est ce chiffre de 200000 ! Soit 1 enfant sur 10, et encore, sans compter les nombreux bébés abandonnés. Ce qui fait dire à un démographe interviewé par Mireille Dumas que le terme de Baby-boum d’après-guerre ne colle pas avec la courbe. Baby-boum-boum-crac-crac-pan-pan conviendrait mieux.

  • Un coup d'œil à la concurrence

    Je jette un coup d’œil à la concurrence aujourd’hui. Il y a plein de journaux intimes sur le ouaibe. Mais le tri est vite fait. Suffit d’éliminer ceux qui sont trop mal rédigés, bourrés de fautes. Et les tracts politiques. Que reste-t-il ? Yrys, qui nous raconte sa vie de lycéenne, ça permet de se tenir au fait des coutumes de sa génération ; extrait : <(…) Deux joints ont tourné. Et puis on a fumé sur trois chichas. J'étais complètement défoncée. Trop fumé. Je me suis endormie sur les genoux de mon amour. J'étais un peu triste qu'il soit si distant et froid au début. Quand je me suis réveillée il a été vraiment adorable. Je me suis sentie vraiment heureuse de l'avoir. J'ai presque pleuré de joie. Je l'aime. Ensuite j'ai commencé a avoir follement envie de lui. On est allés dans les toilettes et je l'ai sucé. (…) Finalement on est partis, et on est arrivés chez lui. Je me suis mise toute nue et je suis allée me coucher. Il était 4:50 du matin. On était épuisés. J'avais terriblement mal à cause des ébats du début de journée. Même ses doigts me blessaient. Et puis on avait plus de capotes. Il avait déjà giclé deux fois dans ma bouche pendant la matinée. Mais il s'est mis a avoir envie de baiser. J'avais très mal mais j'avais envie aussi. Finalement il m'a sautée et ça a été affreusement bon. Je crois que ça avait même jamais été aussi bon. Il a giclé encore deux fois, dans mon ventre. Je me suis endormie dans ses bras quand ça a été fini.(…)> Ça vaut bien Catherine Millet, non ? De ses confidences, il ressort qu’Yrys est une bonne élève de première, dont les parents sont divorcés, qu’elle est maigre et assez portée sur la turlutte. Peut-être pour éviter que son mec ne fasse n’importe quoi avec sa bite, hop, elle s’en saisit et se la fourre dans la bouche ? C’est comme cet usage presque rituel de la capote, on est à la limite du simulacre. Ça n’empêche pas Yrys, reconnaissante et émue, de décerner ce brevet à son “amoureux” : “Il baise comme un Dieu”. J’en conclus que, finalement, elle est beaucoup plus fleur bleue que Catherine Millet. Et vu son âge, c’est bien normal. Sinon, il y a Marie Dorléan, qui raconte sa vie de mère de famille qui fait le tapin pour élever ses gosses. Là, on est en plein fantasme de bourgeoise frustrée. Jugez vous-même : <(…) J'explique mes problèmes à Pascal. Il écoute. Il parle à son tour, sans détours. - tu crois que ça va durer combien de temps, hein? - c'est juste occasionnel..... et mes larmes ne cessent toujours pas, elles coulent simplement, même quand je parle elles coulent. - Pour le moment t'es nouvelle, tu vas avoir des tas de clients, la nouveauté, ça plaît toujours, mais les nouvelles vont vite et les jalousies s'expriment à coup de téléphone. Dans quelques temps, tu seras dénoncée au bureau par d'autres prostituées. La ville est un village quand tombe la nuit, tout se sait, tout se dit (…). Je te passe les dangers que tu cours la nuit, le vol, le viol, la violence, tous ces mots qui commencent par une même lettre et qui finissent si mal... Je le regarde, je sais qu'il a raison. - Je ne pourrai pas t'aider Marie, on est sous la loi Sarkozy, j'emmerde un minimum, mais je ne pourrai pas t'aider... Je recommence à pleurer. - Et pense à tes enfants, pense à eux, un jour c'est inévitable on te reconnaîtra. (…) Tu n'es pas faite pour ça Marie, tu ne mérites pas ça ! (…) Cette fois-ci je suffoque. Larmes, colère, révolte, tout se mèle. Mais qui mérite ça ? Qui le mérite ?! Qui mérite d'être pute, qui mérite d'y aller, qui mérite de voir en face les yeux d'une humanité qui se noie, qui souffre en silence. Je sais le risque de naufrage, l'engouffrement, je le présage déjà au bout de quelques jours ce glissement de terrain intérieur” > etc., etc. Et si j’allais continuer ma lecture du VRAI journal de Raphaël Juldé, qui doit avoir effectué sa mise à jour, maintenant.

  • Trois bulldozers blindés blancs

    En sortant du journal, j’ai dû céder le passage à de drôles de véhicules de police. Dont trois bulldozers blindés blancs qui cahotaient sur le pavé en faisant un bruit de soucoupes volantes. Et d’autres engins indéfinissables. S’ils se ruaient sur moi, je ne les verrais pas du même œil, bien sûr. Ça doit être pour les gars d’EDF. Pas décidés à se laisser faire, apparemment. Faut dire qu’un salaire correct, l’électricité gratuite ou presque, des datchas pour les vacances… ça mérite qu’on s’y accroche.

    “Ils ne sont pas les seuls, tout le monde compte et recompte ses billes dans ce pays : pas question d’en laisser tomber une du sac”, poursuit mon pote Vincent. Chez qui je me suis invité à prendre l’apéro. Histoire de causer un peu. Il habite dans le XIXe, près de la Place du Colonel Fabien. Comme ça il peut pisser sur les grilles du PC quand il rentre le soir beurré, pour se défouler (il hait l’architecture contemporaine). Ça lui arrive hélas de moins en moins depuis qu’il est marié avec Florence ; c’était la plus jolie fille de Nantes, c’est quand même une compensation.
    Bon, je dois déguerpir car l’heure du dîner approche et que leurs deux marmots, Pierre et Jacques (deux et trois ans), commencent à s’impatienter. Comment font-ils pour tenir dans 40 m2 ? Quand on connaît le caractère explosif de Vincent…

    Ils acceptent de venir un de ces jours chez moi déguster une choucroute. Vincent apprécie mes conseils de lecture, même s’il ne les suit généralement pas.

  • La télé ment toujours

    Pas moyen de me faire une idée sur "La Bible pour les Nuls" à la Fnac Montparnasse. Rupture momentanée du stock.

    En attendant, glanons quelques tuyaux sur internet. L’auteur, Eric Denimal est pasteur protestant, membre de la Ligue pour la lecture de la Bible ou quelque chose comme ça. C'est lui qui a eu l'idée de ce manuel. L’éditeur, conquis, a préféré toutefois - abusivement - substituer la qualité de théologien à celle de pasteur. Pour ne pas affoler le chaland !? Résultat : 5000 ex. vendus en cinq semaines ! La "Passion" de Mel Gibson y est sans doute pour quelque chose. Je propose à Denimal d’utiliser le bénéfice pour offrir cette Bible à de PAUVRES Nuls.

    Cette fois, c’est une ravissante brune assise sagement près de moi dans la rame qui retient mon attention pendant de longues minutes. Je la détaille des pieds à la tête pour m’imprégner de sa beauté. Des dessins indiens sont tracés sur chacun des doigts de ses pieds. Ses jambes et ses bras sont fuselés, ses épaules frêles mais bien droites.
    À croquer, pour ne pas dire à dévorer. Espagnole ? Quel âge peut-elle bien avoir ? Je dirais seize… ou trente. Sa peau est fraîche mais ses traits sont nets. Je louche sur ses seins hâlés qui naissent un peu au-dessus d’une robe crème lacée par devant. Elle se trouble très légèrement. Ne peut s'empêcher de réajuster un peu son décolleté. Une fille aussi belle a l’habitude des regards insistants. Va-t-elle sourire ou froncer les sourcils ? Je suis trop près, je pourrais la toucher si je voulais. Elle, feint de m’ignorer. Un détail cloche cependant. Elle est trop soignée, trop bien coiffée pour ce tricot ajouré et cette robe lacée par devant de gitane.

    Nous descendons tous les deux à "Palais du Louvre". J'aurais juré qu’elle était étrangère, pourtant elle n’hésite pas sur la direction à prendre. Je devrais l’aborder. Lui proposer de faire son portrait.

    J’allume la télé et prends le "Vol de Nuit" en route. L'émission de Poivre manque toujours autant de sel. Invités aussi lisses que les galets de Perros-Guirec. Je ne connaissais pas cette Jennifer Kouassi : encore une jolie brune, qui n'a pas l'air trop hystérique. Mais la télé ment toujours.

  • Un bon supporter…

    Flopée de crétins dans le métro qui lisent L’Équipe et se réjouissent de la victoire de leur équipe et de la défaite des Anglais. Particulièrement jouissif de battre les Anglais ! Je croise les doigts pour que ça ne se reproduise pas, pour que “les Bleus” - comme disent les journaux -, soient vite battus, par la Croatie par exemple, puisque le Sénégal ne joue pas cette fois-ci. Plus jamais cette ferveur populaire, comme en 1998, après la victoire contre le Brésil ! Des grappes de connards partout dans les rues éructaient des slogans chauvins débiles. J’étais alors étudiant à Nantes. Et, comme je regagnais tranquillement ma piaule, quelques énergumènes, choqués par mon indifférence, m’interpellèrent. Ils voulaient m’obliger à partager leur allégresse frelatée. Si c’est pas du totalitarisme, ça. Je me rappelle qu’à Paris le lendemain, une femme au volant de sa voiture, cernée par la foule fociférante, prise de panique écrasa quelques supporters. Un bon supporter est un supporter mort.

  • Echauffement

    Fait très chaud aujourd’hui. Comme hier. À Paris, ça devient vite désagréable. Le bon côté, c’est que les filles en tirent prétexte pour exposer certains détails de leur anatomie qu’elles dissimulent le reste du temps. Ça m’oblige à rester concentré pour ne pas en rater une miette. Demain, il pleuvra peut-être, qui sait ? Ou je serai mort, écrasé par une voiture. Morceau choisi : cette menue blonde qui sort du métro et que j’évite au dernier moment alors que je m’enfonçai dans la bouche, dans un réflexe malheureux. Elle laisse deviner ses formes juvéniles sous un corsage de mousseline transparent. Le soleil va brûler sa peau très fine, très blanche, mais elle n’y prend pas garde. Émouvante comme une agnelle. En 2003, il était de bon ton pour les jeunes filles de se découvrir une épaule. Comme en 2002. Ça ne pouvait pas durer plus longtemps. J’ai beau plisser les yeux, j’avoue avoir du mal à discerner la tendance de cet été. Je remarque juste que même les saintes nitouches ont adopté le string désormais. Naguère, c’était l’apanage des “salopes”. Il va falloir trouver autre chose. Histoire de débander, je feuillette le dernier BHL. Récidives : logique comme titre pour un procureur. Un bouquin de deux kilos au moins, sans une once d’humour, même involontaire. En ce sens, BHL est meilleur cinéaste. J’ai perdu un peu plus de temps avec le roman vengeur de sa fille ; elle se venge de son mec (Raphaël Enthoven, philosophe-play boy) qui l’a larguée pour une autre, plus jolie, Carla Bruni (bof). A part ça, Justine révère son papa. Il faut dire que c’est une mère pour elle.

  • Journal d'un Homme ordinaire

    Ce Raphaël Juldé qui tient son journal sur le ouaibe me donne envie d’en faire autant. C’est un jeune chômeur mayennais de 27 ans qui rêve d’être écrivain, ou plutôt d’être un écrivain reconnu. Nous avons quelques points communs. Bloy, Paraz, entre autre. Je reconnais qu’il a plus de mérite que moi ; je suis un enfant gâté. Essayons-nous donc à ce petit exercice régulier d’écriture.