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  • Une pure militante

    Je fréquente le blogue d’Yris, 15 ans, qui raconte sa première sodomie : «J'aime tester, oh oui. Lick it out Honey, mhh I like it. Ooohh Sodomy how cool it is. Maintenant je fais tout ce qui se fait à deux. Je connais personne à 15 ans qui fait tout ça par choix. Ouuuhhh j’suis fière, fière. C'est tellement bien le sexe avec lui.»

    La sodomie, en soi, c'est très banal, même si c’est une pénétration marginale (parce qu’elle peut être salissante et laisser des séquelles). Bref, rien de bien nouveau sous le soleil du stupre. Et, à quinze ans, c’est normal d’être curieux, les mecs surtout le sont, mais Yrys a justement un côté garçon manqué.

    Ce qui me fascine plutôt, c’est la manière dont cette fille parle de tout ça, la sodomie en particulier et la baise en général. Je ne parle pas de cette façon un peu puérile de nous faire profiter de ses cours d’anglais. C’est une pure militante de la baise certifiée conforme par l'Éducation nationale et agréée par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Je verrais bien cette devise en lettres d’or brodée sur sa culotte rouge : «Capote, Sodomie, Orgasme.» Je crois qu’elle ressemble beaucoup à ses parents communistes, dans le fond.

    Son mec - il s’appelle Vivien -, elle l'adore ! Plus exactement, elle pratique le culte de sa personnalité, c'est pas tout à fait pareil. Il est beau, intelligent, et, surtout : il baise comme un Dieu. Ça revient plusieurs fois, comme une antienne. D’ici qu’elle écrive une Ode à Vivien, comme Eluard pour Staline, il n’y a pas loin. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes quand elle enfourche son sexe.
    Le hic, c'est que ce militantisme sexuel est très égoïste. Les idéaux marxistes se sont retirés et il ne reste plus que la dialectique progressiste égalitaire et manichéenne, vieux préservatif percé. J’ai peur qu’Yrys ne finisse par piétiner son veau d'Or dès qu'il aura fini de bander pour elle.

    À part ça, je remarque qu’Yrys se distingue quand même un peu de ses semblables puisqu’elle est capable d’écrire plusieurs pages d’affilée sans faire de fautes d’orthographe.

  • L'esprit de famille

    L’esprit de famille, moi, c’est un truc qui m’épate. Il faut dire qu’à la maison, entre frères et sœurs, avec mes parents, on s’est toujours étripés sauvagement les uns les autres, pour un oui ou pour un non, pour avoir un peu plus de petit salé aux lentilles, pour savoir si Proust c’est vraiment chiant comme un goûter au Ritz ou pas, etc.

    Xavier Cantat, par exemple, même si c’est vraiment le type du petit-bourgeois très con qui connaît toutes les ritournelles de “Noir Désir” par cœur, eh bien je le trouve touchant quand il défend son frère. C’est touchant de l’entendre dire «Bertrand, il faut surtout pas que tu te suicides, d’abord parce que t’as deux enfants, en plus parce que ça servirait à rien, tu reverrais même pas Marie (Trintignant) de toute façon, parce que t’es pas croyant…»

    Cependant, c’est la famille Jospin qui décroche le pompon. Question esprit de famille, ils en connaissent un rayon. À part Monsieur Jospin père, bien sûr, nommé maire de son bled pendant l’Occupation, mais bon, il pouvait pas savoir, et Lionel a su pardonner.
    Inutile de redire l’abnégation du frère de Lionel, qui accepta d’endosser le passé lambertiste de son aîné, ni l’abnégation de Sylviane, qui sacrifia carrément quelques années de réflexion pour rédiger des tracts politiques et poser dans Match.

    Lionel, aujourd’hui, aimerait bien réintégrer le championnat ; face à Hollande et Sarkozy, ces béjaunes, il se dit qu’il a toutes ses chances. Pour une fois, on aurait une première dame de France capable de citer Derrida… Mais encore faut-il faire parler de soi ! Eh bien qu’à cela ne tienne, Madame Jospin mère se dévoue et met en scène sa “Fin de vie”, avec l’aide de sa fille. Noëlle Châtelet fait une piètre romancière de gauche, mais c’est une mélodramaturge tout à fait à la hauteur de l’enjeu. Un sketche très efficace, j’ai trouvé, reléguant la “fin de vie” de Madame Roger Quilliot au rang d’un suicide raté. Très sobre, très classe, très huguenot, très progressiste, vraiment les adjectifs ne manquent pas. Lionel peut se féliciter d’avoir eu une telle mère.

    Avec le physique qu’ils ont, je verrais bien Lionel et Noëlle incarner un couple de vampires modernes dans une comédie atroce et déjantée, comme les frères Coen savaient faire. C’est d’ailleurs très branché de faire tourner des hommes politiques. Mais le cinéma français n’a pas d’imagination. Et Lelouch de pleurnicher parce qu’il n’arrive plus à payer les pensions alimentaires de ses actrices fétiches… Lamentable !

  • Impossible métissage

    Je viens de me prendre un râteau. Un vrai.
    Quand on demande à une parfaite inconnue repérée dans la rue, dans une soirée, à la piscine, ou au Luxembourg, tout de go si elle peut pas vous faire une petite place dans son pieu pour la nuit, et qu’elle répond : «Non !», ça ne compte pas comme un râteau. Parce qu’il fallait s’y attendre.

    Petite parenthèse : c’est un truc d’ancien timide d’aborder les filles comme ça. Au début, c’était pour me soigner. Comme escalader la Tour Eiffel pour vaincre le vertige (jusqu’au premier étage seulement, après j’ai craqué).
    Le VRAI râteau, on ne le voit pas venir, on se promène dans l’herbe grasse à souhait, on fait la course avec les papillons, euphorique, et puis… bing ! on se prend le manche en pleine figure au moment où on s’y attend le moins.

    La fille, je l’ai repérée dans les douches à la piscine. Joli maillot bordeaux, et surtout, une paire de fesses et de jambes harmonieuses (un grain de beauté sur la fesse droite). Ressemblant à la Pandora d’Hugo Pratt, dans La balade de la Mer salée. La référence est un peu triviale, mais j’ai pas trouvé mieux. On se frôle dans le bassin, puis on cause un brasse coulée, papillon, crôle, tout ça. C’est ELLE qui m’invite à boire un verre après. Je biche. Facile… Trop ? Non, c’est jamais trop facile.

    Devant les mousses, la partie se complique. Car Pandora est ressortie sapée comme une bobo branchée de sa cabine. Et malgré ma tenue de camouflage, j’ai peur qu’elle me démasque : adieu galipettes, cochonneries, couvée, je pourrai aller fourrer mon nez ailleurs, ça ne fait pas un pli. Elle me pose beaucoup de questions. J’ai l’impression d’être le nègre blanc dans ce polar de Boris Vian que ma prof de français m’avait fait étudier en quatrième : J’irai cracher sur vos tombes. Le nègre qui séduit des poules blanches pour les sauter, les humilier, puis les buter. Y faut surtout pas qu’elles se rendent compte qu’il est noir, sinon la vengeance tombe à l’eau. Tout ce mic-mac rocambolesque afin de venger son frère assassiné par de sales blancs.

    Sauf que moi, j’ai pas tant de haine raciste, je veux juste baiser avec cette fille, la palper au chaud. Sa peau satinée m’excite. Elle doit sentir bon.

    On se quitte en bons termes. J’aurais dû la raccompagner. Aujourd’hui, je reçois ce courriel en réponse à une relance un peu audacieuse : «T'emballe pas Bonhomme, je ne suis pas en mesure d'être draguée, même si mon comportement pourrait faire penser le contraire.»
    Il sonne le glas du métissage entre une bobo et un lapinos.

  • J'accuse !

    Au sortir de ma migraine, je me suis plongé dans le feuilleton Raphaël Juldé. Celui-ci vient en effet de connaître un rebondissement spectaculaire à l’échelle des pannes d’ordinateur et autres excursions à la Médiapole de notre héros. Evidemment, je me sens concerné, je n’oublie pas que c’est à Juldé que je dois mon propre Journal, exutoire commode à ma haine des bobos, qui m’évite de devoir leur régler leur compte un par un.

    Juldé a donc été convoqué au commissariat de Laval, quelques petits commerçants cités dans son Journal en ligne n’ayant guère apprécié les portraits réalistes qu’il peint d’eux et déposé réclamation. Aucune diffamation ni atteinte sérieuse à la vie privée là-dedans, non, ce n’est pas le genre de Juldé, simplement les petits commerçants ont dans notre pays un pouvoir de nuisance invraisemblable, presque égal à celui des profs et des journalistes.

    Je suis déçu. Car Raphaël Juldé me paraît tout de même avoir manqué dans cette affaire d’un minimum de présence d’esprit. S’il m’avait consulté, je lui aurais conseillé de saisir la perche qu’on lui tendait, bien sûr. De transformer l’audition chez les flics en interpellation. Pour percer la croûte lavalloise et paraître enfin dans le monde des lettres, il pourrait payer un peu de sa personne ! Qu’on songe seulement au temps perdu tous les jours par Adrien Zeller à se coiffer ! On ne débarque pas comme ça un jour sur le plateau d’Ardisson à la seule force de son talent. Même Houellebecq, qui n’en n’est pas complètement dépourvu, sait faire le guignol quand il faut. Il me semble que quelques jours de cabane n’auraient pas été trop cher payer un peu de publicité.
    Et puis quelle erreur d’accepter de masquer les noms des plaignants. Ce qui est génial dans le Journal de Nabe, Juldé le sait bien, c’est son index pléthorique.

    Le moyen de se faire flanquer au trou quelques semaines, quelques mois ? Facile : d’abord Juldé aurait dû s’abstenir de répondre à la convocation des poulets. Mieux, les traiter tous sans distinction de «Sales SS !». C’est pas très original, j’en conviens, mais sacrément efficace. Combien de carrières artistiques ne seraient pas ce qu’elles sont, encore aujourd’hui, sans l’insulte aux flics ? D’autant que Juldé a toutes les qualités requises pour supporter la captivité. Il est érémiste, écrivain, et il peut se passer des femmes. Sûr que ses fans se seraient volontiers cotisés pour lui offrir un ordinateur portable afin qu'il puisse continuer la rédaction de son Journal en prison (la prison peut être une chance pour un écrivain, c'est Soljénitsyne lui-même qui l'affirme).

    J'accuse ! J'accuse donc Joseph Vebret, le conseiller littéraire de Juldé, bien au fait des mœurs "germanopratines", comme il dit, d'avoir fait preuve dans cette Affaire du plus pur amateurisme, voire de l'incompétence la plus totale. Je l'accuse même, et je pèse mes mots… de sabotage !