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  • Monologue

    « - Ben pourquoi tu mets pas BDL dans tes liens, parmi les Mohicans ?
    - BDL, Bruno-Deniel Laurent, le BHL de droite ?
    - Ouaip !
    - Sauf que BHL n’est pas spécialement de gauche, il est du bon côté du manche (de pioche), c’est pas tout à fait pareil.
    - C'est pas la question…
    - Mais il y est pas déjà dans mes liens, BDL, non ?
    - Regarde bien…
    - Oh, non, la gaffe, je vais réparer ça tout de suite. D’autant que mon pote Olivier m’a dit qu’il buvait sec. C’est un gage de sérieux.
    - Et Tsim-tsoum ?
    - Tsimou quoi ?
    - TSIM-TSOUM, son fanzine !
    - Ça va pas la tête ou quoi ? »

  • Sagan m'est apparue

    De la compil. d’entretiens parus dans Lire, qu’on m’a généreusement et anonymement offerte sur le trottoir, je garde l’impression d’avoir devisé en tête-à-tête avec Bocuse, Volkoff, Dutourd, Geneviève Dormann, Chaunu… Eux ne m’ont pas déçu, bien sûr. En revanche, Houellebecq m’a plutôt agacé, son côté informaticien qui pense pouvoir décoder le monde. Et Matzneff aussi, je ne sais trop pourquoi.

    Mais, le meilleur, c'est les perles ramassées chez les cochons. Je n’aurais pas pensé en effet que Godard, Duby ou Sagan, puissent me divertir.
    En théoricien du cinéma, Godard énonce qu’on ne peut pas faire un bon film à partir d’un bon bouquin. Et vice versa, qu’un bon film ne peut sortir que d’un mauvais livre… Adapter le "Voyage" est donc une entreprise vouée à l’échec. La vérité, c’est qu’il vaudrait mieux ne pas adapter du tout de bouquin au cinéma.

    Quant à Duby, lui, c’est plutôt une hypothèse qu’il émet : l’amour courtois n’émanerait pas en fait des amours des preux chevaliers pour leurs damoiselles restées au manoir, mais des amours de preux chevaliers… entre eux ! Voilà qui est intéressant. L’hypothèse mérite qu’on la creuse ; je m’y serais déjà attelé, d’ailleurs, si Duby n’écrivait pas aussi mal.

    Comme Sagan m’est apparue au détour de son interviou comme une fille sympa, j’ai préféré réparer un “oubli”, et lire son bouquin, que j’avais jusque-là évité ; a priori, pour moi, c’était un roman de gare. Disons a posteriori un roman de gare de Première classe. Un peu démodé, dont le soufre s’est éventé. Et ce tas de cartes postales avec la plage, la mer, les pins, et le soleil par-dessus… Elle n’avait que dix-huit ans, je sais, je sais.

    Par curiosité, j’ai aussi ouvert un prétentieux album de photos de Sagan, préfacé par Guillaume Durand, illustrées par quelques aphorismes :

    « Je trouve que les hommes ont beaucoup plus d’ennuis que les femmes. D’abord, ils ont à s’occuper des femmes. »

    C’est vrai, mais assez platement dit. Je préfère :

    « Les femmes sont fidèles… jusqu’à ce qu’elles trouvent mieux. »

    J’ai relevé aussi :

    « Le malheur est indécent. Et, en plus, il ne vous apprend rien. »

    « Les gens ne croient plus à la mort. Ils croient à l’usure. »

    « S’il y a une calamité dont il faut se méfier aujourd’hui, à part la remontée du nazisme, c’est la télévision. »

    On dirait que les bobos ont perdu leur papesse.

  • Cocu

    Je dois avouer que je suis assez admiratif, quand même. Elle m’a entortillé rien qu’avec des mots, et pas que des mots doux. C’était comme si elle me faisait boire. Il fallait que je m’appuie à quelque chose ; son blogue bobo me dégrisait un peu. Dire que je ne m’empêtre que dans des regards, d’habitude, et que là, je ne sais même pas vraiment à quoi elle ressemble ; je la croiserais dans Paris, je ne la reconnaîtrais pas !

    C’est petit, Paris. Avant de monter à Paris, les gens me disaient : « Lapinos, à Paris, tu seras tranquille, tu ne croiseras jamais personne dans la rue ! » Erreur, je n’arrête pas d’en croiser des gens, sur la rive droite comme sur la gauche, qui perdaient leur temps avec moi sur les bancs du lycée ou de la fac, à cinq cents kilomètres d’ici pourtant, ou qui ont trempé dans le même bain, mangé au même râtelier. L’autre jour, une blonde qui pouvait pas me sacquer parce que je lisais Céline pendant les cours m’a fait de l’œil au rayon biscuit, au Monoprix. Elle m’avait pas reconnu. J’aurais dû l’embrasser sur la bouche et lui dire : « Coucou, c’est moi qui lisais Céline dans l’amphi, devant toi, il y a dix ans, qu’est-ce que t’as changé ! » En mieux. Il y a des femmes comme ça, pas beaucoup, qui s’améliorent jusqu’à trente ans. Je ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps.

    La virtuelle, elle va dire : « Je n’ai pas eu à faire beaucoup d’efforts… » ; Dieu sait pourtant que je me défie de ce genre de péronnelles imbues de leur féminité. Je me suis méfié de celle-là comme d’une peste. Mais elle m’a bien eu. Quitte à faire des aveux, autant qu’ils soient complets : j’ai même été un peu jaloux quand elle m’a annoncé qu’elle était partie faire joujou avec un autre. Jaloux : quel sentiment hideux. Je devrais plutôt lui dire bravo. Et merci… (pour ce jeu de rôle)

  • À contre-courant

    Il en a de bonnes, “N’ayez pas peur !”, avec toutes ces hyènes, les Duquesne, Terras et Tincq, etc. qui rôdent autour du macchabé, invités sur toutes les chaînes de radio et de télé françaises à prononcer de funèbres hommages.

    In cauda venenum, ces scorpions professionnels commencent comme Judas par un baiser, louant l’homme de médias, avant de le désigner à la vindicte populaire comme misogyne, Homo retrogradus, assassin des Africains. L’Afrique crève, c’est vrai, cela fait belle lurette, pourtant, que l’ONU, l’OMS, l’UNICEF, MSF et le CCFD ont remplacé les Pères blancs. Mais c’est la bonne conscience des démocraties occidentales qu’ils soignent, en réalité.

    Au crédit de Jean-Paul II, ils mettent la repentance, qu’ils ont eux-mêmes forgée, les journalistes, et qui n’est pas dans la bouche de Jean-Paul II cette hypocrisie masochiste qu’on veut lui faire dire.
    Mais sur le préservatif, « Vraiment, ce n’était pas raisonnable », s'est prononcé Duquesne sur Europe 1, dont la théologie ferait passer Luther pour un Docteur de l’Eglise catholique. Et quelle erreur de refuser le sacerdoce aux femmes (voyez comme on se presse aux portes des temples protestants, en comparaison).
    Les réformes, ils n’ont que ce mot à la bouche, alors qu’une seule avait de l’importance pour le pape, ardue et pas très médiatique, la Contre-réforme.

    Même Max Gallo, sorti pourtant des jupons républicains de Chevènement, que j’écoutais ce matin, fut plus amène que tous ces apostats : le bon larron, en quelque sorte.

    Le prochain pape, Re, Ruini, Tettamanzi, Arinze, Sodano ou Scola, quel qu’il soit, continuera à prêcher l’évangile de la vie contre les exterminateurs anonymes et consensuels de millions d’enfants à naître. Les nazis, eux, au moins, signaient leurs crimes.