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  • La chute

    Frissons égotistes de Beigbeder parce que ses œuvres sont traduites all over the World, even in islamic countries like Turkey !!!…

    Parce qu’il a fourgué son manuscrit à un éditeur, qui en a tiré 400000 ex. et l’a fait traduire dans trente-six langues, il s’imagine que des tas de gens ont lu son bouquin ?! Mmmmh, m’étonnerait que Beigbeder ait VRAIMENT bossé dans la pub. Il m’a l’air beaucoup trop naïf pour ça. Aujourd’hui, les livres sont conçus comme des accessoires, pour déborder intellectuellement du sac de plage, pas pour être lus.

    À la fin du Journal de Frédéric, sa copine le largue pour une autre fille et ça lui fout les boules. Ça manque un peu d’originalité, je trouve, c’est un peu soft. Moi je croyais que la chute serait que Françoise, en fin de compte, était un transsexuel (MtF, of course). J’étais pas si loin.

    S’ils s’étaient mariés et qu’ils avaient eu BEAUCOUP d’enfants ou, mieux, qu’elle était entrée chez les Petites Sœurs des pauvres, le public de Beigbeder, essentiellement féminin, en aurait été tout retourné sur la plage de Deauville où il se dore le nombril* ! Mais, s’il y a bien un truc que les publicitaires préfèrent éviter, c’est de décontenancer la ménagère de moins de cinquante ans…

    Ça me rappelle que j'ai un pote qui a réellement été largué par une fille qui a préféré entrer au couvent, finalement. Un truc comme ça me serait arrivé, franchement, je ne sais pas si j'aurais pu m'en remettre - contrairement à lui qui en tire une certaine fierté.

    *ou de Biarritz, ou de Collioure, ou de La Baule, etc.

  • L'homme nouveau

    Ce matin, en me levant, j’ai pris une décision. Plus de capotes. Aux chiottes le stérilet. Fini la pilule. Marre du SS (sexe sécurisé), à bas les CRS (coïts réduits au stupre) !!! Mai 68 n’était qu’une révolution bourgeoise (de plus)…

    Je veux prendre des risques, moi, en commençant par accorder ma confiance à la fille que je tringle, la baiser sans la baiser. Si c’est cette pouffiasse qui n’a pas confiance en moi, eh bien qu’elle prenne ses clips et ses tongues et qu’elle aille se faire troufignoner ailleurs, la goujate ! Ou si je crèche chez elle - c’est plus probable -, ben j’irai finir ma nuit à l’hôtel.

    L’étoffe d’un héros ? Faut quand même pas exagérer, vu que je me tape que des bourgeoises bien propres sur elles. Et puis dans ce pays, le moindre smicard peut s’abonner à Canal+ et payer les traites de sa Logan GTI, alors un mioche, combien ça coûte ? que dalle…

    Tel que je me connais, je vais relancer la mode des mecs qu’ont des couilles et qui les vident pour de bon. Je parie que d’ici un an, la cote du petit maquereau en costard-cravate avec le larfeuille bourré de biffetons et de capotes va dégringoler de 50 %…

  • Mon va-tout

    Je suis bien conscient que si je ne raconte pas au moins un de mes tête-à-queue® égoïstes avec Isabelle ou un de mes tête-à-tête romantiques avec Véronika, mon imitation de Beigbeder ne sera pas très crédible et je vais me faire siffler par mes lecteurs.
    Mais si je me fais pincer par Isabelle ou Véronika - ou les deux -, je vais passer un sale quart d’heure fois deux qui font une demi-heure, et la satisfaction d’avoir été Beigbeder pendant quelques jours ne compensera pas tout à fait. Car ce ne sont pas des filles faciles.

    Aussi avant-hier ai-je décidé d’entamer une relation avec une commerçante du VIIe arrondissement. Par une lettre, glissée discrètement dans sa boîte, comme je le faisais lorsque j’avais quinze ans et que j’étais timide :

    Mademoiselle,

    Hier vous portiez une jupe beige fendue devant et j’ai marché derrière vous quelque cent cinquante mètres dans l’espoir d’apercevoir votre string à contre-jour. “Vanité des vanités, tout est vanité”, certes, cependant j’ai du mal à me remettre de cette poursuite émouvante (bien que vous ne soyez pas la seule femme élégante dans le quartier !).
    La glace de vos yeux m’a carrément figé les sens. Puis ils se sont mis à tourner à toute vitesse, de droite à gauche puis de gauche à droite. Vous voyez le genre.

    Que dois-je faire ? Me contenter de quelques pompes, trois fois le tour du Bois de Boulogne en courant pour vous oublier, ou franchir le seuil de votre boutique sous n’importe quel prétexte, jouer mon va-tout et me mettre à poil devant vous ?

    Je vous prie au moins d’agréer, Mademoiselle, l’expression de mon admiration sincère pour votre silhouette,


    Et j’ai signé : Frédéric Beigbeder (lapinos@hotmail.com/06.77.22.XX.XX).
    À ce jour je n’ai pas reçu de réponse, et je me demande si je n’aurais pas mieux fait de la jouer classique, de lui faire un clin d’œil dans la rue, comme d’habitude. L'originalité ne paie que très rarement avec une femme.

  • Renoncer ?

    Beigbeder est capable d’un peu d’esprit tous les jours, voilà pourquoi je ne serai jamais lui ; moi je claque tout en une seule journée, généralement le vendredi. Ou le mercredi.

    Hier soir j’ai bien cru que l’expérience allait tourner court. J’ai mesuré le fossé qui me séparait de mon modèle. J’ai comme lui une tête à claque, mais à part ça les discothèques, très peu pour moi car j’ai les tympans hyper sensibles, et l’équipe de France de foot, je m’en tamponne le coquillard, et je peux me vanter de n’avoir aucun pote aussi prévisible qu’Edouard Baer, et Dantec, j’en parle même pas… Quant à la célébrité, je n’ai jamais goûté à ce fruit trop sucré…

    Un lecteur assez sournois m’écrit en outre qu’il croit que j’ai dû me glisser dans la peau de Yann Moix plutôt que dans celle de Frédéric Beigbeder. Le doute et les relents sonores de la “fête de la Musique” (?) m’ont fait me retourner et me retourner longtemps dans mon pieu avant de trouver le sommeil. Si c’est pour m’écrire des idioties pareilles, autant vous abstenir.

  • La critique est facile

    La critique est un art difficile au point qu’il ne se trouve à ma connaissance dans ce pays plus aucun type assez sérieux pour l’exercer dignement et enrayer ainsi les épidémies galopantes d'éric-emmanuelschmitterie (très grave), de paulaustérisme (très chiant), de chloédelaumisme (très con), aso (and so one)…

    Un critique sérieux par exemple, ça serait un critique qui, dans le souci de faciliter la vie aux lecteurs amateurs, fournirait des conseils pratiques précis.
    Par exemple : dans “La Conscience de Zeno” (La Coscienza di Zeno), ne pas se laisser rebuter par le titre du chapitre intitulé : “Histoire d’une association commerciale” ; lire en priorité les passages suivants, les plus savoureux : pp. 30-33, 98-102, 195-197, 321-23, etc.
    Euh, le hic, c’est que j’ai acheté “Zeno” dans la collection “Livre de Poche”, truffée de fautes d’orthographe et qu’il vaut mieux donc éviter. Tout le boulot est à refaire. Un critique sérieux n’hésiterait pas à se remettre au travail. Moi j’ai un peu chaud.

    Au lieu de ça, il faut se farcir la critique homosexuelle d’Angelo Rinaldi ou de Dominique Fernandez -un bon bouquin est un bouquin de pédé-, ou la critique hétérosexuelle de Patrick Besson -un bon bouquin est un bouquin qui a des couilles.

  • Too complicated

    Beigbeder cite volontier les œuvres de ses auteurs (décédés) favoris. Moi, je citerais bien Frédéric Beigbeder citant Valéry Larbaud citant Le Prince de Ligne et sa femme, dont la réplique (« Souvent »), lorsqu’il lui demande si elle lui a été fidèle en son absence, ne manque pas d’humour anglais… mais ça risque de s’avérer un peu compliqué pour le calcul des droits d’auteurs.