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mercredi, 21 novembre 2012

Le Christ-thérapeute

Le désir de bonheur est une source d'hypocrisie inépuisable. La plupart des violeurs promettent le bonheur à leurs victimes, pour peu qu'ils aient un peu d'éducation. Celles-ci se laissent d'autant plus prendre au piège qu'elles sont malheureuses ou frustrées, vu qu'on pêche plus facilement des truites affamées que des truites repues.

Les sociétés libérales, peuplées d'hommes frustrés, souvent envieux du bonheur d'autres sociétés passées ou virtuelles, prouvent que la quête du bonheur compte plus, comme ciment social, que le résultat lui-même : le plaisir. Comme j'ai l'habitude de dire, qu'est-ce que la promesse de démocratie à côté d'une bonne bouteille de vin ? Un plan foireux. Le totalitarisme est essentiellement démocratique.

Les élites politiques ou économiques, en raison de leur position sociale, mathématiquement, sont plus exposées à la folie et à la schizophrénie que les castes inférieures. Le pouvoir empêche de se connaître complètement et rend aveugle sur soi-même. La folie sociale est d'abord un problème de riches entre eux, qui les touche particulièrement.

Pour l'aider à vaincre sa folie, Jésus propose au jeune homme pieux -mais riche- de se délester de sa fortune sur le champ. C'est une thérapie que les médecins n'osent pas proposer à leurs patients : pourtant elle permet de soigner le plus petit symptôme de possession. Tant qu'on n'est pas pauvre, on n'est pas vraiment soi-même. Probablement si les médecins-psychiatres ne vont pas jusqu'à vouloir soigner véritablement l'âme de leurs patients, ou rarement, et se comportent plutôt en matons de l'asile d'aliénés libéraux, c'est parce qu'ils ne savent pas bien eux-mêmes pourquoi ils sont médecins et ils devraient soigner leurs patients ? Tout ça est aussi ténébreux que la cure et le confessionnal d'autrefois.

02:19 | Commentaires (2) | Tags : christ, jésus, thérapie, richesse, schizophrénie, bonheur, démocratie | |

Commentaires

Les élites sont effectivement aveugles sur elles-mêmes. C'est aussi une question simple d'ego, de mauvais ego diraient les hindous.

Le fait de disposer d'un pouvoir et de pouvoir démontrer que son usage est toujours à propos, alors qu'il ne l'est pas mais que ceux qui peuvent le démontrer sont des sous-fifres et donc qu'on peut les faire taire par l'autorité et la menace, est effectivement grisant et aveuglant. Cette spirale de l'ego est par essence anti-spirituelle, car on ne peut vouer un culte qu'à un seul dieu : soi-même ou Dieu.

C'est drôle car ce thème du roi est très présent dans la littérature soufie, peut-être parce que la royauté est vue comme un attribut de Dieu dont on peut mal user.

Mais je crois que le problème va au delà de la pauvreté matérielle. Beaucoup de petits tyrans dans les entreprises humaines exercent ce pouvoir basé sur le culte de leur ego alors qu'eux-mêmes sans avoir de richesse matérielle.

1001

Écrit par : 1001nuits | lundi, 03 décembre 2012

- Pour Shakespeare, cela va au-delà du simple égotisme : l'élitisme conduit à prendre la volonté pour la pensée ou la science, alors même que le déficit de volonté chez l'homme est un signe d'intelligence supérieure, par rapport aux espèces animales. La bêtise est le propre des élites, dit Shakespeare à rebours de Nitche, et des élites cléricales en particulier (la politique occidentale moderne revêt un caractère économique, donc religieux, aggravé).

- On peut presque définir la métaphysique chrétienne comme étant, à l'opposé de l'architecture, des mathématiques et du droit, "la pensée qui n'est pas celle de l'élite". On peut observer que les prophètes juifs ou chrétiens contournent les élites pour s'adresser directement au peuple. On peut observer que le clergé catholique romain comme les pharisiens, ont perverti le message évangélique au profit de la nécessité d'inventer pour leur caste une justification.

Écrit par : Lapinos | mercredi, 05 décembre 2012

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