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  • Highway to Hell

    Would you belong to Satan's party, would you praise the Devil as the 'Rolling Stones', 'Metallica' or 'Lady Gaga' -or praise Jesus as Mitt Rowney or Newt Gingrich do?

    Scaring people is not Satan's method to take a majority of us ('Everybody has been called, but only a few people will be saved'): charming is his favourite method. Probably 'advertising' is today the most satanic art which modern politics is made.

    Highway to Hell is a realistic song about the American Dream.

  • Exit le roman

    L'art du roman est d'écrire des tragédies qui se finissent bien. Les Yankees le savent, qui ont un sens du cinéma qui fait défaut aux Français. Le cinéma et le roman sont des arts chamaniques, au sens où ils sont des médecines de l'âme.

    Les Yankees ont le cinéma, nous avons le pinard, qui à mon avis fait voyager beaucoup plus loin dans l'espace-temps. Restons-en là. L'échangisme culturel n'est pas une obligation.

    Quelques romanciers cependant se sont essayé au réalisme, au risque de se couper entièrement du public féminin, qui ne désire que le style. Cunégonde lit-elle "Candide" ? On peut en douter ; ou bien à l'envers, en commençant par la fin : "Il faut cultiver notre jardin."

  • Krach de l'art

    L'art ou la science capitaliste, en tant qu'ils servent à justifier la technocratie, se mordent la queue ; c'est-à-dire qu'ils n'ont d'autre but ou fin qu'eux-mêmes, et non le progrès. On aura beau pousser la copie de la nature, en quoi consistent l'art et la science technocratiques, au degré le plus élevé de précision et de puissance, la nature procréatrice et destructrice demeurera dans cet ordre, auquel l'idéologie de la civilisation se soumet, la plus grande et la plus belle, et l'art humain un artifice somme toute dérisoire. L'artiste à bout de souffle pourra alors, dépité, comme le poète Néron proclamer : "Vanité des vanités, tout n'est que vanité et poursuite du temps.". Dans l'ordre de la science et de l'art technocratiques, comme dans celui de la procréation, tel est le cas.

    L'esthétique nationale-socialiste, résumée dans cette devise : "Ordo ab chaos.", est irrémédiablement entraînée vers le chaos et la folie dont elle croyait pouvoir triompher. Par exemple : la science juridique, obsession des technocrates, fait faillite dans la morale pure, qui occulte la vocation pratique du droit et la noie dans toutes sortes d'illusions. La publicité commerciale s'inscrit exactement dans la même perspective, en s'efforçant d'augmenter les biens de consommation d'une valeur mystique qu'ils n'ont pas. Derrière l'argument de la morale pure et de l'hédonisme nitchéens, c'est l'esprit de sacrifice inutile qui est inculqué au peuple, sans compter le mépris de lui-même et l'admiration pour une élite carnassière, d'anthropologues-anthropophages. Quelle plus belle preuve que la proscription de Céline et Marx par l'élite républicaine, au profit de la mélasse existentialiste boche. Céline et Marx qui s'adressent au peuple pour lui dire qu'il ne jourra jamais dans la civilisation un autre rôle que celui de Sganarelle auprès de Don Juan.

    La modernité, dont le principal moteur est l'argent, a donc une double  fonction : sociale ou religieuse d'abord, ainsi que vocation à entraver le progrès, sous couvert de l'argument de l'évolution.

    Ce processus religieux est celui de "l'art pour l'art" ou de la "science pour la science" ; comprenez que le principe de "l'art pour l'art" le plus répandu est celui de l'artisanat ou de l'ingéniérie, dont la vocation pratique est moins masquée ; le comprendre permet de saisir pourquoi l'art populaire ou folklorique a une plus grande force que l'art ou la science de l'élite.

    Ma haine du cinéma peut paraître original ; il n'en est rien : cet art technocratique profondément pédérastique est celui qui concourt le plus sournoisement à l'originalité, c'est-à-dire à la démence et à l'uniformité, fournissant à l'intellectualisme et la chiennerie des clercs le meilleur point d'appui.

    Molière ne lèche pas le cul des puissants comme les petits poètes pédérastiques modernes. S'il y a une chose difficile pour un chrétien, c'est de se retenir de flanquer le feu aux salles de cinéma, où s'accomplit le viol de la conscience des gosses occidentaux avec la bénédiction des salopes qui les ont engendrés.

    La meilleure preuve de l'erreur d'appréciation de Nitche, qui croit pouvoir faire la civilisation contre le peuple, c'est que la culture de l'élite, parvenue à un point de confiture philologique ou mathématique avancé, éprouve toujours la nécessité de se régénérer au contact de la culture populaire. La religion vampirise la culture populaire. C'est très net dans l'appropriation par le cinéma d'oeuvres populaires, auxquelles le cinéma confère un sens religieux, eucharistique, qu'elles n'ont pas, ou beaucoup moins.

    L'esthétique nazie ou républicaine s'avère être une mystique de la décoration, une culture de vie dépourvue d'esprit critique. Seul le chapelain Baudelaire, dans cette synagogue de Satan, met le doigt sur l'aspect macabre du goût bourgeois (la beauté de la charogne). La culture de vie libérale est en effet narcissique à en mourir. Pour mieux vivre, elle met de côté l'aspect macabre du processus vital. Elle est particulièrement bien adaptée à la substitution de l'objet industriel à l'objet manufacturé. La poétique nazie de Hegel, on peut très exactement la traduire comme la publicité. C'est là que se situe l'aspect pornographique du nazisme ou du républicanisme.

    Kandinski fournit aussi une théorie du même type, probablement la plus orgueilleuse et stupide de toutes, qui revient à peu près à vouloir initier le peuple à la musique classique, quand celle-ci est un art conçu spécialement pour les personnes qui se croient prédestinées.

    Pourquoi l'esthétique nationale-socialiste étouffe-t-elle ? Elle se meurt d'être privée du pragmatisme d'une chaise ou d'une table ; tout au plus remplit-elle un rôle thérapeutique égoïste pour le concepteur de gadget. Si l'argent et le cinéma résistent mieux, liés l'un à l'autre, c'est parce qu'ils conservent encore leur fonction de ciment social selon la volonté de l'élite, ou du moins sans que la position sociale des intellectuels, leur irresponsabilité criminelle, soit remise en cause.

    Le point d'ivresse religieuse est atteint lorsque les prêtres de cet ordre sinistre en viennent à accorder la plus grande puissance au langage humain, qu'ils se figurent comme la quintessence de l'art.

    Le "point" mathématique par exemple, chez Kandinski, est investi d'un pouvoir magique (Blaise Pascal dit carrément "dieu"), alors que le point n'est qu'une convention, dont Kandinski méconnaît la fonction pratique et qui l'empêche donc de porter son art, ne serait-ce qu'au niveau de l'artisanat.

     

  • Valeurs chrétiennes

    Le seul passage où il est question de "valeurs chrétiennes" dans le nouveau testament est celui des trente deniers de Judas.

    Si le chef des catholiques romains croit qu'il est possible d'encadrer l'argent ou de moraliser le monde des affaires, c'est son problème. C'est nier l'évidence que les escrocs sont les meilleurs hommes d'affaire du monde, précisément parce qu'ils bafouent la morale du jour pour écrire l'éthique de demain.

    Mais surtout, jamais le Christ n'a soutenu une telle baliverne. Est-il dit que le jeune homme riche, qui refusa de suivre le Christ, avait un comportement immoral ? Non, il est dit au contraire qu'il se conformait à toutes les prescriptions de la religion.

    Défiez-vous donc des charlatans qui défendent la monnaie de singe des "valeurs chrétiennes". Elles seront leur tombeau. Ils seront aussi surpris que l'apôtre Jean, découvrant l'Eglise romaine, tenancière des "valeurs chrétiennes" et de toutes sortes d'immondices, représentée sous les traits d'une prostituée dans l'apocalypse ; ils seront surpris, mais dans l'autre sens.

  • L'Ethique de l'Assassin

    L'Ethique "made in USA" vous interdit de pisser sur un cadavre, mais pas de tuer un homme en vie.

    Ce qui est fascinant dans cette éthique, plus encore que dans le régime néo-païen nazi, finalement assez banal, ce sont les déclarations "judéo-chrétiennes" des dirigeants de cette nation, qui viole, tue et pille légalement, par conséquent, au nom d'un christianisme qui condamne quiconque porte les armes ou emprisonne à l'enfer ; un christianisme qui ne permet d'agréer aucun droit, et proscrit absolument de servir deux maîtres. L'invention des "valeurs chrétiennes", géniale du point de vue démoniaque, repose en grande partie sur l'amalgame du judaïsme et du christianisme, dont l'absurdité est assez facilement compréhensible.pissing soldiers, us marines,hillary clinton

    Les bandes de soldats en vadrouille, qui tuent on ne peut plus lâchement, compte tenu de la modernité de leurs armes, n'ont pas, eux, d'éthique, mais l'assassin raffiné, lui, en a une. Si on ne devait enseigner qu'une matière à Harvard, il faudrait enseigner l'éthique. Elle permet en effet non seulement de déléguer la basse besogne du crime légal à des trouffions, mais de jeter en outre l'opprobre sur les exécutants en cas de bavure.

    Cette passion de l'éthique se retrouve en effet chez les assassins raffinés. Ils ne savent pas exactement laquelle, tous ne se réclament pas ouvertement de Satan, mais une loi supérieure leur ordonne d'accomplir leurs crimes comme des rituels sanglants éthiques. Ils tuent avec soin et méticulosité.

    Un autre aspect caractéristique de cette éthique égyptienne sous l'appellation chrétienne (je dis "égyptienne" parce que les Egyptiens avaient un sens de l'ordre social, décliné selon la nature, d'une grande rigueur artistique), c'est son culte de la mort, qui pour les païens est une étape transitoire vers un monde meilleur. L'injonction est ici de la ministre Hillary Clinton à traiter mieux les cadavres que les personnes vivantes, à l'opposé du Christ : "Laissez les morts enterrer les morts."

    Etre enterré vivant, ce qui fait horreur a priori, est pourtant le procédé de cette éthique sournoise, sorte d'adaptation progressive, tout au long de la vie, à l'état de cadavre ; une éthique primitive et tribale dont la persistance s'explique du fait de son usage pour le maintien de l'ordre public.

    (L'"au-delà" est une science-fiction, et le christianisme ne fait pas de place à la morale, donc au temps. La théorie d'Einstein n'a aucune valeur pour un chrétien et il devrait d'ailleurs en être de même pour un juif ou un musulman : c'est une théorie égyptienne. Concrètement, elle consiste à envisager le cosmos comme l'avenir de l'homme. Ce qui nourrit les fantasmes du citoyen des Etats-Unis totalitaires, le voyage dans le temps, situe le mobile scientifique de cette nation au niveau de son éthique.)

  • Valse des étiquettes

    On se méfiera des étiquettes religieuses. Le "judéo-christianisme", par exemple, va de Karl Marx à cette connasse  israélienne qui prétend que Dieu a accordé aux juifs un droit de propriété sur la Palestine.

    On ne peut pas se moquer du Dieu des juifs de façon plus ostentatoire.

    Je plains les gosses de cette bonne femme si elle en a, car cette mentalité est révélatrice du cannibalisme humain. Une telle conception anthropologique de dieu, ramené au niveau de l'intérêt, est sans doute la drogue la plus dure et la plus répandue, qui procure à la plupart des gonzesses le supplément de vitamine nécessaire pour vivre.

    En temps ordinaire, ce besoin d'appropriation est véhiculé par le sentimentalisme sexuel banal, tare fréquente chez les femmes comme les soldats. A hauteur du sentiment national, on atteint la monstruosité et une volonté d'appropriation analogue à celle de Sade.

    Même Jonas, type du juif borné, qui ne veut pas que Dieu sauve Ninive, mais seulement les juifs, n'est pas jaloux de dieu au point de le rabaisser à un simple objet de désir.

    Cette femme confirme le diagnostic d'équivalence du nazisme et du sionisme, posé par certains milieux politiques ou intellectuels (Mircéa Eliade). En même temps qu'elle l'invalide, car son judaïsme est complètement baroque et démoniaque. La nostalgie exprimée par le régime nazi de la "via romana" ou de la technocratie romaine, est cohérente et compatible avec l'esclavage ou l'idée que "le travail rend libre", c'est-à-dire une conception génitale ou génétique de la liberté, parfaitement illusoire mais féconde sur le plan politique. Pour faire du judaïsme une religion de propriétaires, il faut piétiner l'Ancien Testament et tous les personnages, y compris féminins, qui témoignent de la spiritualité juive.

    On en revient à Marx et à son combat, non pas contre la "religion", vocable trop flou, mais contre la trahison de l'Esprit, qui passe systématiquement par la mise en valeur de la propriété, d'abord et surtout au sein des religions qui la proscrivent. Dès lors que l'argent acquiert la même valeur mystique qu l'eucharistie autrefois dans le monde chrétien, le nom de dieu attaché à ce culte perdra son utilité. Plus la religion est puissante, plus dieu devient inutile. Selon cet adage le clergé prolifère dans l'Occident moderne. Le christianisme devient même gênant à un certain stade, à cause de son incitation à se tourner vers l'histoire plutôt que la religion. Si le négationnisme historique est caractéristique du clergé catholique romain, comme du clergé laïc républicain, ce n'est pas pour rien.

    La fonction religieuse de l'argent a toujours été dénoncée en Occident par des historiens. Dans le monde catholique du moyen-âge ou de la Renaissance, elle signifiait la trahison d'un maître au profit d'un autre, nommé alors par tous Satan.

    Dans le monde républicain, elle signifie la double hypocrisie de la neutralité laïque, régulièrement utilisée par les grenouilles de bénitier républicaines contre les sectes moins puissantes ; et l'hypocrisie de l'utopie égalitaire, utilisée afin de suborner les masses populaires à des valeurs monétaires, dont elles n'ont même pas la jouissance. Si Marx demeure aussi subversif, c'est à cause de sa dénonciation des mobiles républicains en tant que mobiles religieux, de la République comme facteur d'aggravation du panurgisme.

    Des démagogues comme Le Pen ou Mélanchon n'ont rien de commun avec Marx. Ils sont de purs produits de l'école républicaine la plus hermétique au marxisme. Les promesses de la République au peuple sont prises au sérieux par Le Pen et Mélanchon, tandis que Marx les dénonce comme des illusions religieuses dangereuses, des produits dérivés du catholicisme romain, adaptés par la bourgeoisie au monde ouvrier (l'attachement païen à la terre, dont le catholicisme romain jouait auparavant, est néfaste à l'esclavage industriel, qui impose le réenracinement du peuple dans l'argent). Promesses parfaitement utopiques. Un exemple : derrière l'idéal égalitaire républicain se cache une conception plus pragmatique de jouissance équitable, et donc de partage des richesses et de l'argent. Or quel homme, disposé à abandonner ses biens à qui n'en possède pas, accordera à l'argent d'être autre chose qu'une convention sociale, c'est-à-dire d'organiser l'inégalité et de l'organiser, comme toutes les fonctions sociales ?

    La seule adresse d'un historien comme Marx au peuple, entité abstraite et donc superficielle, est à se méfier de l'élite politique et culturelle, à cause du parasitisme atavique qui caractérise cette caste, parfaitement désintéressée à rechercher la vérité, dont rien ne dit a priori qu'elle soit aussi avantageuse que le confort dont les élites culturelles bénéficient à présent ; car il n'y a rien de plus confortable que de mener le monde au cimetière, sauf peut-être d'y être déjà.

  • Anarchie chrétienne

    La civilisation est le refuge des lâches (d'où sa fragilité)

    -d'après une citation de Louis-Ferdinand Céline-

  • Les pissenlits par la racine chrétienne

    La théorie des "racines chrétiennes" est une religion de notaire chrétien. Pour la défendre, il faut avoir subi le lavage de cerveau de l'enseignement catholique privé, ou de quelque organisme malfaisant du même genre.

    Il n'est même pas certain que dans les lycées laïcs républicains, on soit aussi ignorant du fait que c'est un arbre généalogique qui, pour les chrétiens, les juifs et les musulmans, a entraîné la chute d'Adam et Eve. L'enracinement est un motif païen ou fachiste caractéristique, voire nombriliste (Proust), dont la connotation sexuelle n'est pas très difficile à déceler.

    On est donc ici dans le plus pur notariat ou l'ésotérisme juridique, et il convient de qualifier d'escrocs et de menteurs ceux qui défendent la thèse de "l'héritage chrétien de la France". Faut-il préciser que le Nouveau Testament témoigne de la vérité, mais n'accorde sur celle-ci aucun droit de propriété à quiconque ?

    La volonté d'enracinement fachiste ou républicaine (Barrès) est une réaction aux effets perturbateurs de la nouvelle économie bourgeoise sur le droit de propriété paysan et celui de la famille. Là encore, le christianisme n'est pas concerné, mais seulement sa récupération occasionnelle par des imposteurs. Le plus fameux, en France, est Napoléon III, politicien d'une envergure plus grande et décisive que la baderne de Gaulle. N.III berna la paysannerie française au profit des industriels, avant de recourir au coup d'Etat, suivant un schéma précurseur du parcours d'Adolf Hitler, voire de Lénine.

    Il faut peut-être remercier Marine Le Pen d'invoquer les "racines chrétiennes de la France" au profit de sa campagne électorale ; après elle, plus personne n'osera sans doute invoquer ce bijou de famille en toc, étant donné la lâcheté atavique des démocrates-chrétiens.

    On peut se demander quelle mouche a d'ailleurs piqué M. Le Pen, si son parti est vraiment composé de chômeurs et d'ouvriers, étant donné que la "cause du peuple" est la plus éloignée de ce genre de slogan pour les jeunes filles en fleur versaillaises ?

    Ce discours de "propriétaire chrétien" pourra aussi utilement servir de repoussoir aux musulmans qui seraient tentés de mélanger dieu avec la propriété et toutes les choses sexuelles ou alimentaires, qui trahissent le culte plus ou moins raisonnable de l'homme pour lui-même. Elle pourra les conforter dans la pensée, soutenue par les grands théologiens spirituels, que la pauvreté offre moins de prise au mensonge que la propriété.

    Quant à la "laïcité" dont Marine Le Pen se prévaut parallèlement, sa prétendue "neutralité" est démentie par l'affligeante campagne électorale, sous le sceau laïc, à laquelle les Français assistent, pour pas mal d'entre eux désabusés : car dire n'importe quoi n'est pas neutre. C'est même certainement le motif religieux le plus fanatique, qui fait ainsi le jeu du commerce.

     

     

     

  • Shakespeare contre T. More

    Avant de répondre à la question : pourquoi Shakespeare-Bacon a-t-il pris la peine de souligner l'ineptie de Thomas More ? je prends d'abord le temps de répondre à la mienne, de question : quel pontife romain a pu être assez stupide pour croire en la nécessité d'un saint patron de la politique et des politiciens ?thomas more,shakespeare,jean-paul ii,henri viii

    A vrai dire, je me doutais qu'il s'agissait de Jean-Paul II, dont les discours bizarres sont truffés de scories païennes, signalées à l'attention du grand public par le simple fait de se prosterner et baiser la terre des pays qu'il visitait, ce qui revient à peu près à confondre le Christ avec son tombeau.

    - Le simple lecteur des évangiles connaît Hérode et Ponce-Pilate, fameux politiciens dont l'Evangile nous dit qu'ils ont, pour le premier, tenté d'assassiner Jésus ; et que le second y est parvenu. Plus précisément, on peut voir que Hérode et Pilate incarnent deux modes de gouvernement ; le premier, tyrannique et appuyé sur le bon plaisir du souverain ; le second relevant en principe du droit. Il y a cette leçon dans l'Evangile que le droit accomplit l'iniquité au nom de la justice ; concrètement, le gouverneur romain ajoute à la brutalité de Hérode ou des prêtres juifs le cynisme.

    Cet exemple n'est pas passé inaperçu aux yeux de Shakespeare, issu d'un temps où le prétexte des "droits de l'homme" n'avait pas encore été inventé pour légitimer le crime d'Etat, mais où on convoquait carrément le Christ au service de sa cause. Cela avait au moins le mérite de rendre le décalage entre la parole et les mensonges partisans, criants.

    Or, précisément, la doctrine de Thomas More est une sorte de chaînon entre ces deux méthodes renégates, l'ancien droit chrétien de la guerre, et le nouveau.

    Une seule sentence de Jésus-Christ rend les bidouillages juridiques de T. More ou Jean-Paul II absurdes : "Mon royaume n'est pas de ce monde."

    La méthode de Shakespeare consiste à brosser un portrait de More plus véridique que celui des images pieuses de la légende dorée : physiquement courageux, faisant preuve d'humour, mais aussi capable de trahir sa promesse d'accorder la vie sauve à une bande de rebelles, contre leur reddition.

    On sent également une pointe d'ironie de la part de Shakespeare-Bacon vis-à-vis d'Erasme de Leyde. Ensuite Shakespeare montre le double échec de More ; outre l'ineptie de son utopie du point de vue chrétien qui condamne les nations, More est désavoué en tant que conseiller du prince, coincé dans une impasse qu'il avait lui-même tracée. Il y a certainement plus d'enseignement à tirer sur le pouvoir de Machiavel que de T. More indique Shakespeare à ses corréligionnaires.

    Par là où il avait péché, le compromis avec le monde, More a été puni. Voilà le sens de la pièce de Shakespeare, visionnaire en l'occurrence, puisque l'Eglise romaine est restée figée à peu près au même point où More est resté, et qu'elle semble prête à égrener le chapelet de ses vaines repentances à l'infini.

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    Quelques remarques concernant la gnose juridique du pape Jean-Paul II (Lettre apostolique en forme de "Motu proprio" pour la proclamation de saint Thomas More comme patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques), et même si c'est comme de la musique (autant pisser dans un violon), c'est-à-dire que les politiciens d'aujourd'hui s'en cognent complètement.

    "(...) De la vie et du martyre de saint Thomas More se dégage un message qui traverse les siècles et qui parle aux hommes de tous temps de la dignité inaliénable de la conscience, dans laquelle, comme le rappelle le Concile Vatican II, réside «le centre le plus secret de l’homme et le sanctuaire où il est seul avec Dieu dont la voix se fait entendre dans ce lieu le plus intime» (Gaudium et spes, n°16). Quand l’homme et la femme écoutent le rappel de la vérité, la conscience oriente avec sûreté leurs actes vers le bien. C’est précisément pour son témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir, rendu jusqu’à l’effusion du sang, que saint Thomas More est vénéré comme exemple permanent de cohérence morale. Même en dehors de l’Église, particulièrement parmi ceux qui sont appelés à guider les destinées des peuples, sa figure est reconnue comme source d’inspiration pour une politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine."

    - La collaboration de T. More avec une institution étatique nécessairement contrainte de violer en permanence la "dignité inaliénable de la conscience" de ses sujets pour exister, est d'abord ici occultée.

    Qui dit que la principale cause du viol de la dignité inaltérable de la conscience humaine n'est pas justement le droit privé ou public ? Le christianisme ne le dit certainement pas.

    - Le salut en quoi le Christ invite à croire diffère du "bien public". Tellement que les chrétiens sont avertis qu'ils rencontreront toujours l'hostilité du monde.

    - T. More n'a pas défendu la vérité, mais son appartenance à l'ordre catholique romain et son droit, dont nulle trace ne figure dans les écritures saintes, pas plus que la notion de "cohérence morale", parfaitement absurde. La notion n'a aucun sens, quant à l'absurdité elle-même, elle permet de caractériser l'entreprise de T. More, puisque les chrétiens sont invités à ne pas servir deux maîtres, mais seulement la vérité, et que More s'était volontairement placé au service de l'Etat anglais ou de son représentant Henri VIII.

    - Est occultée également par ce beau discours la réalité historique d'une Eglise romaine intriguant pour le pouvoir temporel.

    - La "destinée des peuples" a-t-elle un autre but que l'enfer où nous sommes ? Rien, là encore, ne permet en s'appuyant sur l'Evangile de contempler paisiblement la destinée des peuples, ni de s'en remettre à leurs "guides", parmi lesquels nombre de personnages sanguinaires.

    - La phraséologie de Jean-Paul II contredit la réalité de la triste aventure de T. More, précurseur malgré lui de l'hypocrisie politique moderne.

    (Portrait de T. More)