De mon expérience personnelle je tire la conclusion que les peuples grégaires sont les plus racistes. Les femmes sont plus racistes que les hommes car elles sont généralement plus grégaires, supportant mal la solitude. Les femmes volontairement solitaires sont rares. Un anthropologue décrit plus précisément ce phénomène ainsi : - Dans la société multiculturelle et antiraciste états-unienne, les mariages "mixtes" restent exceptionnels ; ils sont au contraire plus courants en France où les hommes hésitent moins à se reproduire avec des femmes d'origine africaine ou asiatique.
Cela s'explique par le fait que la société états-unienne capitaliste est entièrement dévirilisée, à un point quasiment métabolique. Les efforts de Donald Trump et ses partisans pour paraître virils font penser aux efforts des femmes pour paraître plus féminines. En réalité D. Trump est surtout un acteur, et son goût pour les sunlights fait penser à celui de Marilyn.
On peut prendre le Japon comme le pays théoriquement le plus grégaire et le plus raciste au monde. Le Japon est véritablement "transsexuel", dans la mesure où l'esprit de sacrifice, que l'on prête généralement aux femmes et aux enfants, et qui n'est pas éloigné du suicide, cet esprit de sacrifice est aussi répandu chez les Japonais que chez les Japonaises. L'adhésion presque spontanée du Japon à l'économie capitaliste en dit long : la culture animiste est un terrain favorable à l'éthique totalitaire mathématique et au culte capitaliste des fétiches (fétiche automobile et fétiche musical notamment, selon A. Huxley).
Il est donc inutile de prêcher l'antiracisme dans le cadre d'une culture totalitaire qui repose très largement sur l'encouragement des comportements grégaires. Cette version laïcisée de l'amour du prochain relève de la tartuferie démocrate-chrétienne.
L'élection d'un maire noir à la mairie de Saint-Denis a suscité quelques réactions identitaires hostiles teintées de racisme. De mon point de vue marxiste, "identitaires" comme "antifas" sont de jeunes idiots manipulés par la police ; d'un côté comme de l'autre, on s'étonne de la tolérance des autorités judiciaires et policières - elle est parfaitement logique puisque ces crétins font bénévolement diversion. Refermons la parenthèse.
Ce maire noir a été comparé à un singe, et cette comparaison a été justifiée par un argument darwiniste tiré par les cheveux, comme ils le sont tous ; le "darwinisme social" (autrement dit "spencérisme"), quelle que soit sa tendance idéologique : nazie, féministe, libérale ou technocratique, est toujours débile et tiré par les cheveux.
On doit à Aldous Huxley, descendant d'une famille de biologistes darwinistes, d'avoir présenté le darwinisme comme le socle de la bêtise totalitaire, AVANT même l'avènement du IIIe Reich. De fait, le darwinisme apparaît en filigrane dans l'éthique des élites depuis 1930, que ces élites se disent "libérales" ou "socialistes". Autrement dit, la théorie du surhomme précède l'avènement du IIIe Reich et lui a survécu. L'expression populiste et franche du racisme dissimule que l'esprit de compétition est l'éthique totalitaire véritable. On parle parfois de "l'arrogance des élites" : en réalité elle est systémique et le fruit d'un conditionnement culturel.
Le rapport d'Huxley à ce nouvel élitisme occidental est ambigu. Contrairement à Orwell, Huxley surestimait les élites occidentales (ce qui est souvent le cas des théoriciens du complot), élites qui ont tendance à confondre la science-fiction avec la science véritable. Le totalitarisme est toujours un "futurisme". Mon hypothèse à propos d'Aldous Huxley est que le darwinisme heurte de plein fouet sa culture littéraire et artistique très solide. La principale réticence d'Huxley à la mondialisation heureuse totalitaire vient -on le sait-, de ce que cette mondialisation implique la mort de la littérature et de l'art. Il n'est pas question en principe d'une autre culture que la culture-opium dans le contexte capitaliste totalitaire. Un critique d'art ou de littérature se trouve le plus éloigné de croire que l'art et la littérature procèdent de l'imitation. Il y a bien de tels artistes, qui se contentent d'imiter leurs maîtres, mais ce sont des artistes de second ordre - c'est Balzac quand celui-ci se contente d'appliquer (sous pseudonyme) la recette du feuilleton qui tient en haleine les jeunes femmes. Un mauvais artiste ou un mauvais romancier est "un singe". Il est significatif qu'au stade darwiniste-totalitaire on attribue très souvent l'art original à la folie. Van Gogh n'est pas fou, il est suicidaire, ce qui est assez banal et peut s'expliquer pas son éducation puritaine culpabilisante ; mais surtout l'art de Van Gogh ne reflète pas la folie ; l'aliénation mentale est beaucoup plus nette dans la pratique darwiniste des sports de compétition.