Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

proudhon

  • Marx contre Proudhon

    Si la critique de l'économie capitaliste par Karl Marx s'est imposée comme la plus pertinente à l'échelle internationale, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) a conservé en France une certaine aura à laquelle le chauvinisme n'est sans doute pas étranger.

    Marx et Proudhon ont en commun d'avoir voué leur existence à l'émancipation de la classe ouvrière opprimée en élaborant un "socialisme scientifique", afin de dissiper les fictions et les chimères dont la bourgeoisie abreuve la classe ouvrière pour mieux la subjuguer. On mesure le danger que K. Marx représente au milieu du XIXe siècle à l'importance des moyens policiers déployés pour le surveiller à travers l'Europe et tenter de faire interdire ses articles, censés fonder une organisation politique révolutionnaire. Ce qui distingue le socialisme révolutionnaire de Marx et Lénine nettement de celui de Proudhon, c'est l'effort de Marx pour détruire l'utopie, notamment celle véhiculée par le mouvement anarchiste.

    Lire la suite

  • Exit la démocratie

    "Le Peuple est un monstre qui dévore tous ses bienfaiteurs et ses libérateurs. Il n'y a pas, comme nous l'avions cru, de peuple révolutionnaire ; il n'y a qu'une élite d'hommes qui ont cru pouvoir, en passionnant le peuple, faire passer leurs idées de bien public en application. (...) Tout prouve bien que, désormais, prendre le peuple pour arbitre de son propre salut, c'est faire métier tout à la fois de dupe et de charlatan." P.-J. Proudhon (1851)

    Cette amère réflexion de Proudhon indique le retard du XIXe siècle en matière de pensée politique, puisque la philosophie antique situait déjà la politique au niveau insurmontable de l'animalité. Proudhon réagit à l'élection au suffrage universel de la baderne Napoléon III, faux chrétien et authentique bourgeois. Proudhon vient de comprendre la ruse de la bourgeoisie qui consiste à manier le peuple, après force flatteries, comme une arme de destruction massive.

    A vrai dire c'est un drôle d'anarchiste que Proudhon, car il faut pour croire dans la démocratie et la révolution bien plus de superstition que pour se prosterner devant Apollon ou la lune.

    Le peuple n'est jamais responsable, ni même coupable ; en l'occurrence le seul fautif, c'est Proudhon, victime de sa propre crédulité et non du peuple. Quand le peuple juif condamne Jésus-Christ à mort par un vote à main levée, c'est encore du fait de la manipulation de ses prêtres. Le peuple n'aime pas le cinéma ou le football : il est contraint à ce lavage de cerveau. Le peuple n'est responsable que parce la bourgeoisie l'a déclaré responsable afin d'échapper à sa propre responsabilité. Plus un régime politique, un système juridique est abstrait, plus les coulisses du pouvoir sont profondes afin de dissimuler les ficelles par lesquelles tient ce pouvoir.

    Aucun homme d'élite véritable n'accusera le peuple, car ce serait comme pour un cavalier d'accuser son cheval. La fausse connivence avec le peuple trahit forcément le bourgeois.