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  • Collabo

    Passablement intrigué par le genre de mec qui peut résister à la tentation sur un atoll paradisiaque, choyé par un panel de sept ou huit ravissantes naïades, hôtesse de l’air, effeuilleuse, mannequin, étudiante en sociologie, pas bêcheuses pour un paquet d’euros, alors que j’ai personnellement du mal à garder mon calme dans le métro, y compris en dehors de la saison des culs délicatement pris dans des toiles de nylon, des gazes asphyxiantes, bref des vues imprenables sur des reliefs tendres, j’avais zieuté l’“Île de la Tentation” l’été dernier, dédaignant les persiflages teintés de jalousie d’Isabelle.

    Mais cette année, éclipsée l’“Île de la Tentation”, “Mon incroyable fiancé” remporte la palme de la télé-réalité la plus cynique, la plus sordide et la plus… comique -entendu qu’on ne fait pas de télé avec des sentiments à demi-crapuleux seulement, et que Foucault, Drucker ou Ardisson sont là pour s’occuper des vieilles rombières ramollies du cerveau.

    Pour les “télérésistants”, comme ils disent au “Monde”, plein d’admiration pour leur vie au maquis, je résume le piège, conçu par un scénariste inspiré par Mauriac et Bazin Junior :
    Une ravissante idiote prénommée Adeline doit rouler sa famille dans la farine et faire semblant d’aimer et d’épouser un type un peu obèse et suant. Salaire de la trahison : 100000 euros. Mais ce qu’elle ignore, la traîtresse, c’est qu’elle se fait elle-même entuber par TF1 pour un butin largement plus épais (dont la chaîne préfère taire le montant obscène). Le gros lard faisant office de fiancé est en fait un acteur qui ne joue pas le même jeu qu’elle, qui la manipule.

    Ils sont parfaits ! Les comédiens, bien sûr, mais surtout les cocus. On ne dit pas si les parents d’Adeline sont originaires de Cochons-sur-Marne, mais lorsque le physique ingrat est présenté comme le futur gendre, faut voir la rage étouffée, les trésors d’hypocrisie, de veulerie et de goujaterie déployés par ces vipères hors du nid familial.
    Le fiancé factice, qui ne manque pourtant pas d’aplomb, en est même tout désarçonné. La ravissante idiote elle-même se demande si elle ne ferait pas mieux de troquer cette famille qu’elle croyait en or contre son encombrant fiancé…
    Jamais le rôle de Folcoche n’a été tenu avec autant de naturel.

    Si après ça il y en a encore qui préfèrent regarder “Des Racines et des Ailes”, après tout, ça les regarde.

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  • Ma drague

    Je ne voudrais pas vous ennuyer avec mes conseils de drague, certains écrivent des blogues entiers sur le sujet.

    Ni vous paraître prétentieux. Dans le domaine de la drague, je n’ai aucun titre à faire valoir, au demeurant, m’attachant de préférence à des femmes faciles ou à qui je plais sans efforts.

    Bien sûr, je ne nie pas d’avoir essayé de retenir telle féline blonde par des lettres enflammées et des poèmes qui n’étaient pas de moi. Mais je n’étais pas de taille à chasser le brillant Italien de son cœur.

    Ce conseil, tout de même, me paraît bon. Il consiste à partager l’existence de trois femmes simultanément pour devenir ensuite irrésistible (deux peuvent suffire). Car il n’est pas bon de draguer dans un état de frustration trop grand.
    Sans envie pressante, vous pèserez vos mots, éviterez les gaffes. Bref, vous n’aurez pas ce petit tremblement dans la voix et dans le geste dû au trop-plein de testostérone dans l’organisme et qu’on tente de calmer en allumant un clope. Ce tremblement que les femmes guettent, bien sûr. Car rien ne plaît tant à une femme d’une certaine féminité que de se faire désirer aussi longtemps que possible, que voulez-vous, c’est une façon de prolonger son règne.

    Votre sang-froid hâtera la chute. Une autre façon de garder son sang-froid, c’est de draguer une femme très laide.

  • Dédoublement

    Depuis que j’ai été démasqué il y a quelques mois par une amie proche -qui trouve mon pseudo vulgaire-, Lapinos est un peu mort, pris au collet. Parce que je suis moins libre d’étaler ma vie privée. Je n’ai ni la foi ni les prétentions de M.-E. Nabe ou de Raphaël Juldé.

    Mais comme cette reconstitution de ma geste infime me distrait en m’instruisant (sur moi-même), je me suis dépêché d’ouvrir un autre blogue bien caché derrière un autre pseudo non moins vulgaire. Je m’amuse d’y avoir attiré déjà quelques-uns des lecteurs d’ici, surtout lorsqu’on m’encourage vivement à me lire moi-même…

  • Entre snobs

    Au début des vacances, un certain Ariel Wizman, face de criquet, corps de batracien (qui doit officier sur Canal +, je ne le connais pas) est invité par cette tête de veau de Guillaume Durand à dévoiler aux téléspectateurs ses “lectures de plage” :
    « Des auteurs anglais que je connais pas bien, Bienvenue à Blandings, de Wodehouse ; Retour à Brideshead, d’Evelyn Waugh… »

    Je sursaute. Qui sait, peut-être le snobisme sauvera-t-il la littérature ?

    Bon, mais quitte à être snob, autant l’être jusqu’au bout, Monsieur Wizman. On ne prononce pas Evelyn “Vogue”, mais Evelyn “Ouauf”. Et “Veaudehousse”.