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  • Ictus

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    Il paraît que c’est désormais à ce stiqueur collé sur leurs scoutères qu’on reconnaît les nouveaux zélateurs du successeur de Pierre. Je préférais le poisson.

    Retour des JMJ, les épaules bien prises dans leurs maillots du Dynamo de Kiev et du Shakhtar de Donetsk, quelques jeunes Ukrainiens épaississent la foule des paroissiens.
    Les jeunes Ukrainiennes ne sont guère sophistiquées, mais je ne me fais pas prier pour accepter leurs frais baisers de paix.

  • Concurrence déloyale

    Malgré ses efforts pour émailler son roman d’épigrammes frappées au coin du bon sens, ainsi propres à susciter le scandale -puisque par chez nous le bon sens est devenu la chose du monde la mieux cachée :

    «En France, tout le monde se doit d’être de gauche, y compris les gens de droite, c’est un passeport indispensable à la vie sociale»

    «Toutes ces dames étaient de leur temps et récitaient le catéchisme sexuel contemporain, disaient “bite”, “chatte”, “couilles”, “enculer”, comme on dit “bonjour”, “bonsoir”. Les traiter de “salopes”, de “chiennes”, constituait le plus beau compliment qu’on puisse leur adresser»

    «Jadis les putains de haut vol voulaient passer pour des honnêtes femmes ; aujourd’hui ce sont les bourgeoises qui veulent passer pour des traînées.»


    Malgré ses efforts, donc, Pascal Bruckner n’est pas devenu Houellebecq, et “L’amour du prochain” n’a pas déchaîné l’enthousiasme populaire ; pire, en prenant cette pose d’écrivain chiraquien, Bruckner s’est attiré le mépris de ceux qui pensent et décident, et décident ce qu’il faut penser et imprimer.

    Combien de piges aussi ineptes qu'ennuyeuses faudra-t-il que Bruckner signe dans “Le Monde” pour effacer ce péché de vieillesse ? Comme je suis pas de la paroisse, je m’en lustre le coquillard avec une peau de loutre. Je voulais juste faire remarquer que n’est pas Houellebecq qui veut, ça suppose un minimum de sincérité.

  • Une présence féminine

    Fâcheuse impression d’être un homme moderne, ce matin.
    À Pigalle, un jeune Maghrébin (dont le désir de s’insérer dans le coin fait plaisir à voir) me tend Métro pour mon information. L’info du jour, qui fait la Une, c’est que le zoo de Londres a décidé de mettre quelques gonzes et gonzesses en cage pour observer comment ils se reproduisent en captivité – et pour se faire de la pub, accessoirement. L’instant d'après, je me pose cette question existentielle : « Est-ce parce qu’ils ont plus d’humour que nous que les Anglais sont moins emmerdés par la Ligue des Droits de l’Homme ? », puis, dans la foulée, je poinçonne mon ticket, à l’ancienne.

    Aucune allumeuse d’aucune sorte dans ma rame, je continue donc ma lecture : pas de crache d’avion aujourd’hui, tant mieux, je vais pouvoir arborer un air insolent et détendu au bureau (c’est l’air que je préfère). Je retire d’ailleurs ma chemise de mon pantalon pour avoir l’air plus coule.

    En passant devant la gare, ça tombe bien car je n’ai pas eu le temps de petit-déjeuner (impossible de remettre la main sur ma carte bleue), une jeune fille bien calibrée et souriante distribue des pommes à croquer en gants de latex. Je suis agréablement surpris par sa longueur en bouche, ça devient foutrement difficile de se procurer des pommes savoureuses, par les temps qui courent.

    Sous prétexte qu’il croque lui aussi dans une pomme au même moment et dans la même rue que moi, un pédé d’une trentaine d’années en profite pour m’aborder. Je quitte mon air insolent un instant, pour ne pas l’exciter davantage.

    Ce soir je regarderai la télé. Et si j’éprouve le besoin d’une présence féminine réconfortante, vers minuit, j’ouvrirai MSN-Messenger.

  • Devoir de rentrée

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    Les conversations futiles autour de : “Mais sur quelle île, Belle-Île ou pas d’île, le feuilleton de l’été a-t-il été tourné ?” ou de : “Faut-il conseiller à un pédé de se marier ?” ou encore de : “Un artiste peut-il être un bon chrétien ?”, ou encore de : "Baudis, coupable ou pas coupable ?", tandis que le vin frais se réchauffe tout doucement dans les verres et que les guêpes nous embêtent, c’est ça les vacances. Un peu de temps gâché par ceux qui en ont trop.
    Et puis aussi un loup à crinière, deux arfangs des neiges, deux Vierges noires, un lac “saumâtre”, une relique érotique, des hélicoptères, et Aloès.

    Quand j’étais petit et qu’on me demandait de raconter mes vacances à la rentrée, j’avais une bonne note. Faut dire que j’y mettais plus d’entrain.

  • L'Impossibilité d'un il

    J’ai refait ce rêve. Un p… de cauchemar, même. La “Révolution de Latex” était accomplie et j’étais presque mort.
    Empêtré dans la toile d’une vierge noire, je me débattais pour tenter de lui échapper, d’échapper au sort qui guettait tous les pauvres types comme moi. Mais, sûre de son fait, la garce m’observait en ricanant. Elle soupesait même graveleusement -je me rappelle ce détail sordide- une paire de menottes, pour me faire flipper.

    La vierge noire m’avait attiré dans son antre en prenant une voix câline et un air soumis, avant de m’assommer avec trois verres de calva et de m’envelopper comme une vulgaire rosette de Lyon dans un filet de pêche de son grand-père qui sentait encore la morue…
    Bientôt elle allait me livrer pour toucher la prime. Puis je serais jugé. Et condamné sans appel, ça faisait pas un pli. Comme “psychopathe”. Y’avait pas trente-six chefs d’accusation différents, de toute façon : parodie de Justice dans un monde fondé sur l’Égalité des Sexes et qui ne prenait pas en compte la différence !!

    Inutile de compter sur la clémence de mes Jugesses. Gavées de films d’épouvantes pleins de sida, de sodomies et de scènes de viol atroces depuis leur plus tendre enfance, elles voyaient des délinquants sexuels partout désormais.
    Seuls les pédés échappaient au carnage (mais Dieu sait que je n’en étais pas un). N’empêche, ils étaient atrocement mutilés avant d’être réduits en esclavage. Plutôt crever !

    J’avais bien eu vent d’une certaine Irina, dans le milieu hétéro on en parlait comme d'une sorte de super-héroïne qui faisait évader les mecs, les cachait dans les Catacombes. Elle les aidait même à se reconstruire, avec une patience infinie, les caressant longuement dans le sens du poil, leur murmurant des compliments à l’oreille, leur mitonnant des petits plats en sauce, etc.
    Mais je ne croyais guère à cette fable, à l’existence même d'Irina. Bien sûr, j’avais été en contact avec elle sur MSN-Messenger une ou deux fois, mais je m’étais méfié, interdit de la rencontrer. Ça sentait le piège à plein nez, l'appât grossier…

    Bientôt, une de mes ex-amantes irréligieuses allait exécuter la sentence pour qu’elle soit exemplaire ; elle me briserait les membres un par un, en commençant par le plus dur. Mon agonie serait atroce. À bout de désir, j’étoufferais lentement à ses pieds…

    « SALOPE !!! », j’ai beuglé comme une mule, dans un sursaut de virilité, et j’ai flanqué un coup de coude dans la cloison.
    - Ho, ho, tu peux pas faire moins de bordel, putain de ta race maudite ! Fais chier !! a répliqué la voisine que j’avais réveillée (j’habite un appartement).

    J’ai dû me pencher au-dessus de la rambarde de la fenêtre du salon pour trouver un courant d’air frais. Comme je tremblais encore un peu, j’ai allumé une Caporal sans filtre. Le jour se levait et un mec en bleu sur un escabeau remplaçait l’affiche sur le panneau Decaux d’en face. J’ai plissé un peu les yeux et j’ai vu ça :

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  • Le Retour du Clone (triste)

    Le meilleur, chez Houellebecq, ce sont ses chansons. Non, évidemment, je déconne, ce sont les titres de ses bouquins. Non, je redéconne, ce sont ses intervious. Au “Monde”, par exemple.
    Moi, c’est le côté “éléphant dans un magasin de porcelaine de style bobo” qui me plaît dans “Plateforme”. Cet état d’esprit, on le retrouve parfois dans les intervious du Maître, il s'y livre débarrassé de son credo positiviste, le plus souvent ; et c’est tant mieux car j’ai l’estomac délicat.

    Plein de gourmandise, comme un gosse à qui on a promis un numéro de cirque, je clique donc sur lemonde.fr, rubrique “Rencontre”…
    En fait de rencontres, Josyane Savigneau pratique l’art du traquenard auquel ses yeux cruels l'ont toujours prédestinée, et quand j’aperçois sa signature, je débande… Vous n’avez jamais causé avec un python sauvage, vous ? Moi non plus, mais depuis que j’ai lu “Mowgli”, je sais que ça inhibe même les plus naturistes.
    Hélas, Houellebecq se contente prudemment d’étaler sa science-fiction devant Josyane, pour la tenir à distance. Entre parenthèses, c’est pas très sympa de ronger l’os de Dantec. Je bâille.

    Notez que la foi pessimisto-positiviste de Houellebecq, je la comprends. Démodée, elle a néanmoins le mérite d’être assez logique. Ça me paraît moins pervers que de croire en l’Homme, quand on ne croit pas en Dieu. C’est la Science qui détient la Vérité, martèle Michel tout doucement (j’imagine) à Josyane qui guette un faux-pas, un mot de travers, de quoi se repaître.

    Je conseille d’ailleurs à mes amis athées de lire Houellebecq, s’ils veulent faire l’effort intellectuel de croire en Dieu. Ça ne marche pas à tous les coups, mais certain, devant ce scientisme éclairé au néant, en deçà du seuil d’Avogadro de ce qu'on peut gober, a demandé à se confesser sans plus attendre.