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  • Choux grass

    La justice aurait voulu que les bonnes consciences de gauche fussent dessaisies du procès de Günther Grass. On ne peut pas être juge et partie, n'est-ce pas ? Mais le moyen de priver toutes ces bonnes consciences d'un procès politique de plus quand c'est leur passe-temps favori ?

    Evidemment je plaisante. Si la morale manichéenne de gauche supporte mal les contradictions de l'Histoire, en principe, les actions de Voltaire dans la traite négrière, la francisque de Mitterrand, les succès au théâtre de Sartre pendant l'Occupation allemande, les promenades en limousine d'Aragon dans les rues de Moscou affamé, etc., ce genre d'anecdotes, qui sont autant d'accrocs dans la propagande, je ne suis pas dupe que dans la réalité le parti des forces du Bien forme un bloc solide : c'est pas les petits maçons qui manquent à la télé ou dans les journaux pour colmater les brèches. Ils n'en veulent pas à leur ami Günther d'avoir fait partie de la SS, au fond, ils lui en veulent pour l'avoir avoué alors qu'ils auraient pu l'aider à le dissimuler encore longtemps.

     Dans le cas de Günther Grass, on a donc choisi l'option de l'effarement, de la surprise indignée. En réalité, personne n'ignore que dans l'Allemagne en guerre il était difficile d'échapper à la conscription. Je me rappelle qu'il y a dix ou quinze ans, la "découverte" que le maire socialiste de Dortmund avait été officier dans l'armée allemande avait provoqué un "scandale" du même genre. Le fait que des milliers de Juifs "aryanisés" en raison des états de service de leurs parents aient "servi" dans l'armée allemande est un fait également largement censuré (sauf par certaines publications consacrées à la mémoire juive).

    L'autocritique, c'est fait pour les chiens, pour les dissidents cubains ou chinois. Ce qui m'amène au cas de Lionel Jospin. Quiconque souhaite la défaite électorale de tous les petits tartuffes sans style de gauche se gardera de dire du mal du camarade Lionel, parce qu'il est sans doute de tous les candidats possibles le plus maladroit. Mais moi j'avoue que les numéros de ce grand acteur tragi-comique me feront toujours rire. Qu'il ait fait partie d'une organisation secrète trotskiste, puis cherché à faire endosser ce péché à son frère pour préserver sa carrière, est sans doute une faute plus grave que celle de Günther Grass, les crimes de Troski étant alors connus de ses sectateurs, mais laissons ça. Parlons plutôt des contorsions présentes de Jospin. Je crois que c'est le mélange d'habileté et de maladresse qui fait sa drôlerie, avec par-dessus cette gueule elle aussi mi-triste mi-bouffonne, parfaitement "raccord".

    Bien entendu, Jospin ne doit sa défaite de 2002 qu'à ses propres erreurs. Englué dans sa rhétorique, ses longs discours à la Fidel Castro, il n'a pas su empêcher les candidatures de Taubira, Mamère, Chevènement, qui lui ont fait perdre quelques précieux petits points ; s'est-il même abaissé à les dissuader ? L'incarnation des forces du Mal, Le Pen lui-même, a reconnu qu'il n'avait pas eu besoin de forcer son talent pour franchir le premier tour. Pour ne pas en perdre une miette, j'ai feuilleté le bouquin de la copine de Lionel, la docte Sylviane, publié après la défaite. J'ai beau avoir été au collège et au lycée pendant de longues années comme tout le monde, l'arrogance des professeurs de vertu de gauche ne laisse pas que de me sidérer.

    Sylviane dit dans son bouquin ne rien comprendre à la défaite de son Lionel compte tenu de la haute valeur intellectuelle et morale du couple qu'elle formait avec lui, d'autant plus comparée à la médiocrité tous azimuts du couple d'en face formé par Jacques et Bernadette Chirac ! La gauche devrait bénéficier d'un droit surnaturel à remporter les élections. Que Strauss-Kahn soit obligé de se faire lifter, Fabius de se dénicher une "régulière" pour pouvoir se pavaner comme les autres dans Paris-Match, Ségolène de porter des tailleurs crèmes affriolants, franchement c'est dégueulasse quand on représente le parti du Bien...

     

  • Démenti

    À ce stade je crois nécessaire de préciser quelque chose à propos de cette chère Pimpeleu qui ramène sans cesse sa fraise sur mon blogue - depuis le début ou presque.

    Je tiens à démentir la rumeur qui commence à enfler comme quoi nous coucherions ensemble, elle et moi, étant donné la constance de notre duo, et puis elle gagne toujours les petits concours que j’organise, etc.
    Non, en réalité je ne sais presque rien de Pim, j’ai juste remarqué concrètement qu’elle a un joli pied et une grande gueule de bobo, mais on ne peut pas fonder une relation profonde là-dessus.
    Pim demeure donc presque entièrement virtuelle à mes yeux, et je le suis aussi pour elle (Plus généralement, je ne démords pas de mon principe de ne pas faire confiance au ouaibe pour nouer des contacts, sauf en cas d’urgence ou de complot politique. Parfois il arrive qu’une gonzesse vous présente de tels arguments que vos principes volent en éclats, mais c’est très rare.)

    Non, aussi curieux que ça puisse paraître étant donné ses idées écologistes, je considère Pim en fait comme une sorte de conseiller spirituel - ou de “coach” comme on dit maintenant. Disons qu’elle m’aide à comprendre des choses sur moi-même. Ainsi, je lui confiais récemment "hors blogue" un petit problème, que je vivais mal le fait d’être régulièrement accaparé par un pote qui se comporte avec moi comme si j’étais sa moitié. Je parviens toujours à le dégoûter à la longue avec mes excentricités, bien sûr, mais il ne se passe pas longtemps avant qu’un autre pote ne lui succède dans ce rôle et ne s’attache à moi de trop près, me bigophonant en pleine nuit pour que je le rassure, me demandant son avis sur telle ou telle gonzesse ou sur la couleur de ses cravates, merde à la fin !
    Il n’est pas question d’avances sexuelles de leur part, hélas, sinon je saurais comment régler le problème. (Depuis que l’homosexualité est devenue un credo, une véritable religion, je m’embarrasse plus comme avant avec ces fanatiques, je réplique avec une beigne ou un bon coup de bite brutal dans le cul qui dissuade, croyez-moi ou pas, de réclamer du rabiot.)

    Pim a d’abord ironisé sur le fait que je réagirais pas de la même manière si des gonzesses me harcelaient comme ça. Â côté de la plaque, bien sûr, mais ça m’a bizarrement aidé à comprendre. Je me suis rappelé que mon pote yanki, la dernière fois, m’avait dit comme ça qu’il aimerait bien que je l’adopte ! C’était en rigolant, mais n’empêche, voilà l’explication ! Ils me prennent pour leur paternel, ces mecs ! Je crois que j’ai trouvé. J’ai un petit côté dans la vraie vie assez autoritaire, cassant, voire brutal. Ces grands garçons veulent retomber en enfance, sans doute sont-ils un peu masos, et ils se tournent vers moi parce que mon côté sadique les séduit… Je crois que je suis au moins sur la bonne piste…

    Bon, peu importe, cette mise au point qui ne pouvait être commune sous peine d’attiser encore plus les soupçons m’a parue nécessaire, Pim, d’abord dans ton intérêt. Il est préférable qu’on sache clairement que tu es toujours disponible pour le grand amour, de préférence pas avec un guitariste si j’ai bien compris.

  • À cause d'une femme

    Non seulement le clochard en bas de chez moi aime beaucoup Berlusconi, mais avant-hier il me dit, pensant peut-être me taquiner :
    « - Moi mon préféré c’est Le Pen, Chirac c’est qu’un baltringue ! Même pas parti qu’on l’a déjà oublié ! » Il pouvait pas deviner, le malheureux… Je lui réponds du tac au tac, ravi de me découvrir ce point en commun avec lui, parce que je trouve que c’est un clochard qui a de la classe, une gueule même, il devrait faire du cinoche. D’ailleurs le boulot d’acteur de cinoche doit être à peu près le seul turbin compatible avec la vocation de clodo.

    Bien sûr, je ne choisis pas mes clodos en fonction de leurs opinions ni de leur religion. C’est une pure coïcidence. Mais je dois reconnaître que j’ai le cul bordé de nouilles. Le précédent qui aimait bien causer avec moi, c’était un ex-Allemand de l’Est viscéralement anticommuniste. Le seul hic, c’est qu’il aimait le football et qu’on s’était mal compris au début. Il avait cru que moi aussi j’étais supporteur de foot (!?). Du coup, il me donnait tous les samedis les résultats détaillés de tous les clubs européens, pas moyen de le stopper. Il faut savoir que le supporteur de foot allemand n’a rien à voir avec le supporteur de foot français qui se contente lui en général de blablater avec opportunisme sur les “passements de jambe” et autres “roulettes” de son cher “Zizou” - cette blague. Non, le supporteur allemand, il connaît vraiment le foot. Hélas.

    Du tac au tac, je réponds donc à mon clodo classieux : « Exactement comme moi, c’est aussi Le Pen mon préféré !! Il me fait bien marrer. Et puis c’est le plus cultivé. Et la politique, faut la fonder sur la culture, pas vrai, sur quoi d'autre sinon ? » Non, là je déconne, je me vois mal faire chier un clodo en train de faire la manche avec un discours d’instit' à la noix.
    Pour Berlusconi, j’avais pas réussi à savoir vraiment pourquoi il l’appréciait autant. Là, j’ai insisté un peu.

    « - Tu penses bien, je passe la journée à écouter la radio, alors je suis au courant de ce qui se passe dans ce foutu pays, j’ai le temps d’y réfléchir ! »

    Réflexion faite, je me demande si mon clochard lepéniste est vraiment un cas si isolé que ça. Si ça se trouve, Le Pen cartonne chez les clochards. Plus j’y pense, même, moins l’hypothèse d’un clodo jospiniste ou même sarkozyste me paraît probable. Peut-être Ségolène en fait-elle rêver certains quand même aussi… Sauf que les clodos sont souvent très misogynes, j'ai remarqué. Beaucoup affirment qu'ils se sont retrouvés à picoler et à mendier dans la rue "à cause d’une femme". Mon clochard dit pas ça, lui, il se plaint pas d'être avec sa femme et ses valises dans la rue.

  • Déception sentimentale

    Deux heures dans la flotte à tenter de capter l’attention de deux gonzesses. Une brune et une blonde, grandes nageuses souples, bien en rythme. Impossible de les ignorer, difficile de les départager.
    La brune a un regard plus suggestif et des formes plus féminines, je lui donne l’avantage au début. Mais la blonde a des hanches “médiévales” et un regard juvénile très attrayants aussi, tout compte fait.

    Elles ont bien remarqué mes mimiques mais j’ai du mal à évaluer ce qu’elles pensent au fond. Elles décident de nager avec des palmes, ça accentue leur côté animal. Aujourd’hui que je suis devenu plus exigeant sur la beauté des femmes, que je me suis formé le goût en fréquentant les piscines et les musées, je ne sais pas si je pourrais être séduit par une qui ne sait pas nager.

    Je me plais à penser que j’effarouche un peu ces deux dauphines. C’est plus excitant comme ça. Rien de plus déprimant que ces filles qui jouent les affranchies. D'autant qu'en général c'est pour cacher des complexes, elles n'ont rien dans la culotte devant l'obstacle.

    Bien sûr, la brune et la blonde m’ont remarqué. Ce genre de filles est doté d’un détecteur de regards. Je m’amuse d’ailleurs parfois à jouer avec leur sonar dans la rue. Mettons que je sois à quarante mètres derrière une jolie fille par exemple, à cinq heures pour elle. J’envoie alors un regard brûlant sur sa nuque, ses reins ou le creux de ses genoux, un point sensible. Presque à coup sûr son sixième sens va l’avertir que je la mate, elle va ralentir, tourner la tête à gauche, à droite, pour tenter de discerner de qui vient le coup d’œil. En général elle va finir par trouver, quitte pour ça à chasser toutes ses préoccupations du moment - sauf si je m’amuse à la faire tourner en bourrique, à me décaler à sept heures pour la désorienter, ce genre de blague un peu puérile, j’en conviens. Ensuite elle va réagir. Si elle juge l’auteur du coup d’œil plutôt laid, la jolie fille le rangera dans la catégorie des “vicelards psychopathes”, et elle pressera le pas. Si elle le trouve au contraire bien proportionné, elle ralentira, cherchera à se mettre plus en valeur encore.
    Lorsqu’une fille est en train de traverser un boulevard, ce petit jeu peut s’avérer dangereux, c’est la seule réserve que j’émets (Quoique rive gauche à Paris, parfois je ne me gêne pas pour essayer de faire écraser une de ces pimbêches qui vont lire Beigbeder ou Nothomb au Luxembourg). Depuis qu’ils ont fait une petite expo sur Jacques Perret, je vais plus souvent chez Gibert. Il m’arrive encore de choisir mes bouquins à la Fnac, mais je les achète chez Gibert (Je n’aime pas quand on me dit ça, mais c’est vrai que j’ai un côté “gauchiste”.)

    Je décide d’attendre mes deux naïades à la sortie de leur vestiaire. À Paris, dans certains quartiers où la proportion d’Arabes est relativement forte, les vestiaires ne sont pas mixtes. Merde, je me rends compte que ce sont deux gouines ! Elles s’engouffrent dans le métro en se tenant étroitement enlacées par le cou. J’avoue que suis trop timide pour draguer des gouines, deux d’un coup en plus. Dire que j’ai passé deux heures à miser sur deux gouines ! À moins que ça ne soit une nouvelle stratégie des jolies filles qui se baladent seules en métro la nuit pour écarter les gros lourdauds dans mon genre ? Avec les féministes, faut s’attendre à toutes les ruses.