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  • Largesse d'esprit

    Jean d'Ormesson se "mouille" toujours autant ; il signe une anthologie illustrée : Les 1001 livres que vous devez avoir lus dans votre vie. Après tout pour qui est bien décidé à vivre aussi longtemps que Jean d'Ormesson, 1001 livres ça ne fait jamais qu'un peu plus d'un bouquin par mois environ, c'est raisonnable…

    Aux côtés des classiques de toutes les époques et de toutes les langues - on retrouve même Waugh dans cette anthologie, aussi prisé des lecteurs britanniques que Mauriac l'est des lecteurs français, mais dont l'ironie politiquement incorrecte est assez malvenue de ce côté-ci de la Manche -, en cette brillante compagnie, donc, on est quelque peu surpris de voir figurer la jeune écrivaine contemporaine indienne Abha Dawesar, quasiment une inconnue… on est moins étonné lorsqu'on s'aperçoit que l'éditeur d'Abha Dawesar en France n'est autre que la propre fille de Jean d'Ormesson.
    Rompu à l'art de déblatérer sur un plateau de télévision et d'y jouer le rôle du "charmant vieil homme" comme pas deux, d'Ormesson répondrait sûrement que c'est parce qu'Abha Dawesar fait partie des mille et un auteurs indispensables, justement, que sa fille a décidé de la publier, et non l'inverse. Je n'ai vu d'Ormesson perdre ses moyens à la télé qu'une seule fois, le jour où Laurent Ruquier à révélé en sa présence que le vénérable académicien se torchait avec du papier-cul imprimé de fleurs de lys bleues. Malgré toute son expérience, le charmant vieil homme ne s'attendait pas à cette attaque par-derrière ET en dessous de la ceinture.

  • La mascotte anarchiste

    La mascotte de Charlie-Hebdo, le petit père Siné, répétant en boucle à la télé qu'"un bon gendarme est un gendarme mort", qu'est-ce que c'est si c'est pas du "marketing" anar ? Faut dire que le soutien de Sarkozy et de tout le gratin de Saint-Germain-des-Prés, lors du vrai-faux scandale des caricatures de Mahomet, ça n'a pas dû leur faire que du bien à Charlie-Hebdo. Et avec ça Philippe Val qui se prend pour Bertrand Poireau-Delpech ou bien Jean Daniel, Cabu dessinateur officiel de la Ville de Paris… D'ici que le prochain président propose le transfert des cendres de Cavanna au Panthéon… Les lecteurs de Charlie vont finir par se douter de quelque-chose. Pas si cons que les lecteurs du Canard enchaîné, quand même !
    (Plusieurs années de suite, j'ai eu un voisin instituteur communiste qui faisait la lecture à voix haute des titres du Canard à sa régulière tous les mercredis : « Écoute ça un peu, Claude : c'est un véritable scandaaaaale !!! ahaale… » Pas de doute, cet enfoiré jouissait dans son froc ; il lui fallait sa dose hebdomadaire de dénonciations pour vivre ; sans ça il se serait étiolé. Je parie tout ce qu'on veut que le standard du Canard enchaîné doit crouler sous les appels des délateurs, pire que le standard de la Gestapo pendant l'Occupation.)

    Siné fait donc son sketche à la télé. Faut dire qu'il s'y connaît en promo, Siné, puisque c'est dans la réclame qu'il a débuté, comme Beigbeder, Dantec ou Ardisson. Mais il n'a réussi à choquer personne sur le plateau de "France 3", ni l'historien Michel Winock, ni le porte-plume Georges-Marc Benhamou, pas même Frédéric Taddéi ; si une jeune sociologue un peu moins conne que tous ces vieux schnocks n'avait pas traité Siné de fils à papa bourgeois, le consensus aurait été total.

    D'être anarchiste, c'est pas ça qui a empêché Siné d'appeler les flics à la rescousse lorsque sa villa en Corse a été cambriolée, ni de voter Chirac en 2002. Si même les anarchistes n'ont plus aucun principe, où va-t-on ?

  • Les vacances de M. Chirac

    Publicité contre un kiosque pour une nouvelle gazette écolo intitulée Néo-Sapiens ; c’est du "marketing" élémentaire quand on s’adresse à des archéo-cons.

    Une des manchettes annonce : « L’art de la douche : le plaisir de la douche avec un minimum d’eau. » Je comprends pas ce besoin que les bobos ont de prendre des douches régulièrement, qu’est-ce qu’ils font de si salissant ?

    « Qui sera le prochain ministre du Développement durable ? » : sûrement pas moi, pourtant j’aurais des tas d’idées pour économiser le papier, l’encre et la salive, un nouveau genre de tri sélectif.

    Dans une librairie, je découvre avec étonnement qu’une maison d’édition vient de publier rien moins que deux épais volumes des discours de Chirac ?! On me dit parfois que je suis pessimiste, mais pas au point de croire qu’il y a des gens qui peuvent lire de vieux discours de Chirac.

  • Explorations

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    Depuis Mort à Crédit, il y a quelques mois, je n’ai pas lu un seul roman : la peur d’être déçu, de trouver tous les plats un peu fade en comparaison.
    Dans la réédition en "poche" du Gilles de Drieu La Rochelle, je n’ai pas dépassé la préface. Contre le reproche qui lui est fait de trop se préoccuper de politique, Drieu se défend en mettant au défi de trouver un grand auteur qui se désintéresse de la chose politique.

    Cet avis aussi - je le partage -, que la France est un pays de peintres, d’observateurs attentifs ; pas étonnant qu’elle attire autant les iconoclastes (Mais d’être d’accord avec Drieu ne me donne pas envie de lire un des ses romans pour autant.)

    Je vois qu’on publie un volume du journal intime de Matzneff. J’ignore tout ou presque de la production de Matzneff, comme de celle de Drieu. Je lis quelques pages. La pédophilie ne m’intéresse pas, c’est une fiction juridique, comment peut-on fonder une littérature là-dessus ? Il faut être bien persuadé de la permanence des conventions humaines… C’est le désir sexuel pour les personnes âgées qui est plus rare et susciterait plutôt ma curiosité.
    À plusieurs reprises Matzneff décrit ses rapports sexuels avec ses lycénnes chéries de cette façon à peu près : “Nous avons fait l’amour, c’était fantastique !” Une telle idéalisation du coït, ça fait un peu sourire, quand même. On dirait que Matzneff a quinze ans lorsqu’il écrit des choses pareilles. Est-ce qu’il le fait exprès ? Est-ce qu’il n’a pas peur tout d’un coup de se transformer en adulte ?
    Ce n’est pas là-dedans non plus que je ferai mon miel ; probablement faut-il être soi-même lycéenne pour goûter cette littérature pleinement et je ne me sens pas l’âme d’une lycéenne aujourd’hui… Je prends donc finalement la résolution d’achever la petite biographie de saint Augustin par Lucien Jerphagnon.

  • Rêve d'avenir

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    Si les prévisions climatiques de ce savant hambourgeois au nom barbare, Detlef Quadfasel, sont avérées, et qu'on se retrouve d'ici quelques années en France - dans notre douce France -, à se geler les miches dans un climat sibérien, la démocratie n'y résistera pas ! La chute brutale des températures aura naturellement pour effet de nous obliger à nous concentrer sur l'essentiel : manger, boire, dormir, se réchauffer et prier. Par conséquent, plus de débats existentialistes, de campagnes électorales dispendieuses, de grandes devises bien astiquées, de cinéma d'art et d'essai, voire même plus de blogues… bref tout ce qui fait le charme d'une démocratie, tous ces phénomènes de société iront trouver refuge ailleurs, hors d'Europe, dans des contrées moins hostiles…

    Les marchands de gadgets, les bobos, suivront probablement leurs idées et iront demander l'asile en Afrique noire ou en Amérique du Sud, à la recherche d'un climat tempéré. Les civilisations primitives, qui ne manquent pas d'humour, feront probablement de toutes ces ex-féministes leurs esclaves sexuelles et rejeteront les hommes à la mer ; mais peu importe, cela ne nous regarde pas… En Europe, on sera enfin débarrassé du superflu, des parasites, de Bernard Arnault et de Nicolas Hulot. Une vie plus rude nous redonnera vite le goût des valeurs morales et des choses réelles !

    Ah, je ne dis pas qu'il n'y aura pas d'inconvénients… Plonger son regard sous les jupes des filles ou dans leurs décolletés, un jour clément comme aujourd'hui, ce genre de chose ne sera plus possible… Mais, dame, il faut bien consentir à certains sacrifices, parfois.