jeudi, 27 décembre 2007

Puceau

À Sarkozy, à Enthoven père et fils, et à Arno Klarsfeld, il faut ajouter, paraît-il, Laurent Fabius et Patrick Besson. Celui-ci a écrit élégamment quelque part qu'il avait "servi dans le même corps que le président de la République". Ça doit être de Sacha Guitry ou de quelque autre auteur de boulevard apprécié de Besson ; les citations aussi peuvent resservir. Moi je peux me vanter de n'avoir pas été attrapé par Carla Bruni ! Ou presque, vu qu'à dix-sept ans, j'ai quand même été amoureux d'elle quelques jours, à la suite d'une interviou à la télé. Mais c'est resté platonique, et c'était inévitable : la conversation d'une aristo italienne ne pouvait manquer de produire une forte impression sur le jeune lycéen provincial que j'étais alors. Aujourd'hui, si j'étais Président de la République, quitte à prendre un modèle, j'en prendrais un plus récent. Ou quitte à prendre une chanteuse, je prendrais plutôt Rihanna. Et si la conversation n'était pas à la hauteur du reste, eh bien tant pis, on ne causerait pas. Patrick Besson a l'air d'être fier d'être passé avant le président ; aurait-il été aussi fier s'il était passé après ?

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J'espère qu'on ne m'en voudra pas trop de ces propos profanes incongrus quand la ferveur de Noël touche même Jean-Marie Bigard… Un slogan dans le métro : « REVENDEZ VOS CADEAUX DE NOËL SUR PRICEMINISTER.COM ! » Carla est-elle en train d'inventer le président-Kleenex ? Ah, quand même, Carla, si j'étais plus jeune…

vendredi, 30 novembre 2007

Table rase de la télé*

*En remplacement de la chronique de Patrick Besson, trop occupé à cirer les pompes de BHL.

"Flash back" sur Danielle Mitterrand, l’Antigone du Parti Socialiste : je comprends mieux François Mitterrand. Danielle est laide mais elle est jeune. Comme dit le poète romantique Hogarth : « La beauté, c’est la vie. » Une beauté que le cinéma et la télé sont à peu près incapables de rendre. Le cinéma c’est la mort. Dans le meilleur des cas une danse macabre : Charlie Chaplin.

Mais je m’égare. Danielle Mitterrand remonte aux temps héroïques. Je l’imagine en cotte de mailles, escortée de quelque vengeur masqué, faisant pendre haut et court les traîtres du parti socialiste par charettes entières.

Il y a deux façons de voir François Mitterrand. Comme celui qui a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les baveux, la presse, cet organe qui charrie la merde comme une canalisation d’égout. Ce point de vue est un peu anachronique vu que Giscard avait déjà ouvert largement les vannes de la modernité version gadget libéral.


Ou alors on peut voir Mitterrand comme un homme seul, impuissant à faire la révolution antilibérale. C’est pas les imbéciles et les traîtres qui ont manqué dans son entourage. Pour les imbéciles il y a Mauroy, Rocard, Dumas, la liste est longue. Pour les traîtres il y a Jacques Attali, évidemment, mais aussi Lionel Jospin. On peut être un imbécile ET un traître. Lent suicide de cet homme couvert de femmes après son échec.

mardi, 02 octobre 2007

Table rase de la télé

Ravages du féminisme : Patrick Besson, pour pouvoir s’acquitter de ses pensions alimentaires et continuer de résider dans le centre de Paris, vu que la littérature eût payé mais qu’elle ne paye plus, Patrick Besson brigue un fauteuil à l’académie française ou autre ; à moins qu’un producteur veuille adapter son dernier bouquin au cinéma ? Il met tout son cœur, il fait au plus niais pour rendre son style le plus cinématographique possible. Autant dire qu’il a décidé de s’intégrer complètement. Fini les serberies qui faisaient son charme et des victimes mieux choisies que celles de Milosevic. Place au Besson-BHL - à moins que ce ne soit un Besson-Sollers ? S’il était moins grand, je verrais bien aussi Besson jouer dans des films de Houellebecq pour gagner sa croûte vu qu'il a une gueule d’informaticien (cf. Bill Gates). Quand on est trop petit, on met des talonnettes, mais quand on est trop grand ? Entre l’impertinence et la franchise d’une part, et Jean d’Ormesson ou Éric Orsenna d’autre part, lorsqu’on n’a pas de pensions alimentaires excessives à verser, le choix n’est pas difficile à faire ; alors j’ai décidé de remplacer Besson et son “Plateau télé”, d’essayer de tuer la télé à sa place, Don Quichotte moderne (Bien sûr je refuse par avance toute offre de collaboration au Point - déontologiquement, c’est impossible.)

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Un phénomène qui m’interpelle à la télé depuis quelques mois, c’est le phénomène Éric Zemmour. On laisse Éric Zemmour, bien qu’il ne soit spécialiste de rien en dehors de l’honneur perdu de Jacques Chirac, disserter longuement sur tout et n’importe quoi dans l’émission de Ruquier le samedi soir. Contrairement à Le Pen, Zemmour peut tenir tous les propos politiquement incorrects qu’il veut sans être inquiété par le syndicat de la magistrature, et dire à Harry Roselmack - en face, mesdames et messieurs, mesurez le luxe ! - que c’est parce qu’il est noir qu’il fait de la télé, et que c’est parce qu’il est animateur de télé qu’on publie son bouquin. Ou alors que le divorce généralisé fait grimper les prix des loyers à Paris. Il pourrait même suggérer à Laurent Ruquier de virer sa cuti et de fonder une famille nombreuse pour se sentir mieux que dans sa peau de pédé stakanoviste, ça passerait comme un suppo. bien graissé, avec un gloussement de l’intéressé. Comme si la censure n'existait pas ! Bien sûr, il y a quelques huées parfois, venant du tas de beaufs volontaires massés dans des gradins derrière pour faire un public “vivant”, mais rien de bien méchant, pas de cailloux ni de lynchage en direct. Si Zemmour ne touche pas aux supers tabous démocratiques, il est quand même trop bien élevé pour ça, reste qu’il bénéficie d’un privilège exorbitant. D’où lui vient ce privilège ? Dire que Ruquier est moins servile que Guillaume Durand ou Jean-Pierre Elkabbach, c’est évident, mais c’est une explication insuffisante. Je vois deux autres raisons. En France aujourd’hui, ça remplace les quartiers de noblesse, si tu peux justifier d’un parent voire d’un vague cousin déporté à Büchenwald ou à Dachau, y compris via l’Algérie ou la Tunisie, t’es immunisé, tu peux raconter à peu près tout ce que tu veux sur l’histoire, la politique et l’économie, même si, dans le cas de Zemmour, l’histoire, l’économie, la politique, les religions, sans parler de la littérature, ne sont que de vagues notions apprises au Figaro. La deuxième raison, c’est que Zemmour défend peu ou prou la même idéologie que Sarkozy, mais en plus petit et en plus laid, avec plus de tics, ce qui est assez rare pour être souligné à la télé.

mercredi, 26 septembre 2007

Trop d'immigrés à la télé

À la télé, l’historien Michel Winock avance timidement que le pouvoir des médias dépasse désormais celui des hommes politiques ; vu l’irresponsabilité des médias, ça lui semble inquiétant. Ce danger, Simone Weil le pointait déjà sans aucune timidité il y a plus de soixante-dix ans ! La démocratie, au plan de la pensée, apparaît comme une sorte d’âge glaciaire. Régis Debray accuse soixante-dix ans de retard ; ce n’est qu’au plan de la syntaxe, complètement décadente, qu’il a dix ans d’avance. Même pour défendre l’égotisme bourgeois, il n’y a plus de philosophe du niveau de Sartre. La critique de la télé à la télé est forcément timide, quand la télé ne suscite pas carrément des guignols, de Gaccio à Jean-François Kahn en passant par Karl Zéro-talent, pour agiter des chiffons rouges : le fachisme, l’islam, la scientologie, l’antisémitisme, le réchauffement, etc., et faire diversion. En l’occurrence c’est F.-O. Giesbert, mi-homme de Cromagnon, mi-brute yankie, qui réplique à Winock que rien n’a vraiment changé sous le soleil depuis les démagogues de la Grèce antique. Winock disposait pourtant d’un bon exemple tout frais, celui de la guerre en Irak, déclenchée par les médias yankis d’abord, qui ont forcé la main de l’administration Bush, débordée par l'"enthousiasme populaire". Non contents d’avoir semé la zizanie en Irak, les démocrates voudraient voir maintenant l’anarchie régner en Birmanie. La dictature chinoise est beaucoup plus supportable : les Chinois sont de futurs clients - en Birmanie, il n'y a que des bonzes et des soldats.

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Plus divertissant que le directeur du Point sur un plateau de télé, son chroniqueur Patrick Besson qui tente désespérément de “se faire adapter au cinéma” et pond ainsi des romans de plus en plus plats. On devine que Besson ne sera pas parfaitement heureux tant qu’il n’aura pas atteint le niveau de Marc Lévy. D’après Patrick Besson, on a tort d’être aussi sévère avec la littérature française, qui a de beaux restes. Qui a lu les sept cents romans de la rentrée et peut prétendre qu’ils sont unanimement mauvais ? Jusque-là l’argumentation de Besson est assez habile, même s’il doit être le dernier à mettre le nez dans cette surproduction de navets nouveaux. Mais après Besson dérape ; les Serbes sont souvent comme ça, d’un culot épatant dans un premier temps ; après, ils finissent par prendre leurs propres coups de bluff pour la réalité. Lui-même, dit Besson, est parfaitement capable de citer sur-le-champ une bonne vingtaine de noms d’écrivains contemporains compétents ! Une vingtaine ! Bigre, je sens qu’on va rire… Le chiffre est vite ramené à trois. Parmi les trois, Besson cite Frédéric Beigbeder. Ça aurait pu être pire, vu que Beigbeder a beaucoup lu et beaucoup pompé sur les “anciens”, mais quand même, le coup est un peu gros (sauf pour un plateau de télé). Laissons de côté les petits romans publicitaires de Beigbeder, qui n’ont aucune espèce d'intérêt. Lorsque Beigbeder est à son meilleur niveau, c’est-à-dire lorsqu’il se raconte, il est incapable de couper, sur trois pages, les deux qui sont ratées. C’est pourtant le b.-a.-ba du métier, et Besson le sait bien. Même si Céline n’est pas parfait, il y a dans Mort à crédit trente à quarante pages de trop, Céline a conscience de son métier et de ses propres limites, contrairement à Beigbeder. Il y a cinquante ans, on pouvait au moins dénombrer encore une petite dizaine d’écrivains et une petite dizaine d’éditeurs qui dominaient leur art. Plutôt que de continuer à entendre ce genre de grossièretés, je me demande parfois si je ne ferais pas mieux de demander l'asile politique à la junte birmane.

mercredi, 15 août 2007

Explication de texte

Toujours à propos de Baudelaire, voici un exemple, tiré de Patrick Besson, de la façon dont certains auteurs contemporains lui font dire n'importe quoi. « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire. » (dans "Fusées") : de cette tirade de Baudelaire, Patrick Besson déduit que le bon goût est "bourgeois". Il a dû lire Baudelaire par-dessus la jambe d'une petite pintade. (C’est souvent comme ça avec les Serbes, j'ai l'impression ; au début on les trouve amusants, mais au bout d'un moment ils finissent par vous agacer ; ils n'ont pas le sens du paradoxe comme les Français, mais l'esprit de contradiction.) Le contresens ou l'anachronisme est parfait : en effet l'idée que le bon goût est l'apanage des bourgeois est une idée on ne peut plus à la mode aujourd'hui… dans la bourgeoisie ; alors que Baudelaire dénonce justement le conformisme bourgeois et loue l'indépendance d'esprit aristocratique. Le plus dur, et ça l'histoire contemporaine nous le montre bien, c'est de distinguer le bon goût du mauvais goût, le diamant du strass, un amateur d'art de Bernard Arnault. Et ça Baudelaire savait le faire. Était-il plus bourgeois que Patrick Besson pour autant ? Rien n'est moins sûr.