N’est-il pas vain, comme je m’apprête à le faire, de verser une page de Drieu La Rochelle, tirée de son "Journal" 39-45, dans le bordel public qu’est l'internet, machine à charrier des truismes et des lieux communs à une vitesse supersonique ? Bah, on ne sait jamais : le coup de la bouteille à la mer.
(Toi qui est tenté de lire le dernier radotage insane de Maurice Dantec sur le 11 Septembre ou d’aller mater le dernier navet cinématographique de Michel Houellebecq, laisse-ça aux "autres" et lis plutôt le Journal de Pierre Drieu La Rochelle.)
« Sous ce régime nous n’étions pas libres. Une certaine licence, diaboliquement portée vers la morne et monotone pente du désordre sexuel, faisait un rideau devant la profonde absence de liberté morale. On ne pouvait pas dire ce que l’on voulait dans la presse ni même dans les livres. Une censure sournoise et hypocrite se faisait par le concours spontané de tous ceux qui de près ou de loin servaient le régime, en attendaient des faveurs ou même simplement la plus sordide tranquillité.
J’ai éprouvé cela tous les jours en plus de vingt ans de vie littéraire. Un certain ton de fierté, de mise en demeure était interdit.
(…) Et la chose incroyable fut que ces gens qui avaient organisé la médiocrité, la somnolence, la perte du sens et la démission générale, brusquement voulurent tirer de cet amas de décombres une force de guerre. Les gens qui avaient tué toutes les vertus de l’esprit et du cœur chez les Français prétendirent les redresser soudain comme des guerriers capables de force, d’adresse et de sacrifice.
Ce qui était le plus loin de toute connaissance politique sérieuse, de toute science de l’homme dans l’action - les Juifs, les clercs rationalistes, les journalistes de loge et de café, les politicailleurs de couloir appelèrent aux armes et au suprême dévouement. Les enjuponnés de la synagogue et de la loge, les braillards de congrès et de parlement poussèrent au combat ceux qu’ils avaient minutieusement désarmés depuis cinquante ans par les soins de leurs instituteurs et de leurs sorbonnards, de leurs journalistes et de leurs romanciers.
Les apôtres de la faiblesse et de l’abandon, de la paix bêlante s’agitèrent soudain comme bellicistes à tout crin, fauteurs de bagarre, chercheurs de querelles slovaques ou polonaises.
Les pauvres Français à qui on avait seriné que compte seule cette vie d’ici-bas et cette peau sans doublure spirituelle et l’apéro et la pêche à la ligne furent poussés vers la frontière sans avions, sans chars, derrière une demi-portion de ligne Maginot, avec la bénédiction d’un vieux président de la République ânonnant de peur et de responsabilité rentrée, d’un immonde d’ivrogne de Président du Conseil et de tant d’autres présidents avec pipe ou sans pipe - sans oublier la bénédiction des évêques que les maçons recrutèrent pour l’occasion.
Et que peuvent dire pour se plaindre ces paysans et ces petits-bourgeois qui ont crevé sous les piqués d’avion et sous la chenille des chars ? Rien. Les gens qui les ont poussés à la boucherie, c’étaient ces députés qu’ils étaient si fiers d’élire tous les quatre ans - cette éjaculation électorale provoquée par les plus frauduleuses masturbations démagogiques leur donnant une si haute idée de leur virilité et de leur liberté.
Tous ces imbéciles étaient fiers d’être gouvernés par des imbéciles qui n’eussent pas plus qu’eux d’imagination et de courage, d’audace et de persévérance. Chaque citoyen de France se réjouissait dans son cœur d’être sûr de n’avoir au-dessus de lui aucun supérieur. Ainsi se réalisait journellement le vice essentiel des Français qui après l’avarice est l’envie.
Certes ils tiraient leurs chapeaux aux présidents, aux ministres, aux sénateurs, députés, etc. mais dans le fin fond de leur cœur ils se réjouissaient de n’avoir affaire qu’à des petits voleurs et non pas à de fiers et exigeants exacteurs. Seulement ces petits voleurs deux fois en vingt ans se sont révélés de grands assassins, de grands pourvoyeurs d’abattoirs, des équarrisseurs très exacts et très épuisants.
Le petit-bourgeois, le fils du peuple envoie à la mort quand il est ministre aussi bien et mieux que le noble et le prince. L’instituteur dans sa morgue rationaliste vous arrange un un tour de main une hécatombe d’un million d’hommes. L’orgie de sang de la IIIe République (après celle de la Ire) laisse loin derrière elle les Parcs aux Cerfs de la légende. »
Samedi 22 juin 1940.
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Splendeur de la Vérité
Je me suis amusé, pour comparer, à feuilleter au même moment dans un supermarché un bouquin de BHL, American vertigo, rapport qui se veut circonstancié mais n’est que redondant d’une tournée de BHL en Amérique du Nord, essai avorton de science politique.
Autant Drieu est visionnaire, puis, tout d’un coup, extrêmement poétique, d’une profonde mélancolie, autant BHL, malgré les airs de d’Artagnan qu’il se donne, est commun, sa cartographie des États-Unis n’a aucun relief - des courbes de niveaux tracées empiriquement.
« Pendant que j'écris il pleut dehors ce qui est délicieux et la rose qui est dans le verre sur ma table semble reprendre vie. » Voilà Drieu qui dépasse en poésie Nimier et Brasillach, sans conteste. On peut chercher, on ne trouvera pas un once, pas un dollar de vrai lyrisme chez BHL.
Pour le moment, l’image que j’ai de Drieu, c’est cette image contrastée, celle d’un croisé qui enfile son heaume bravement, après l’avoir bien astiqué, fait quelques moulinets avec son épée au-dessus de sa tête, et puis d’un coup s’effondre sur un tabouret, touché par le désespoir : il va devoir laisser sa mie derrière lui, et puis, surtout, les croisades sont terminées, la guerre se fait maintenant à l’aveuglette, à l'américaine, des bombardiers lâchent des bombes du ciel sur des civils, c'en est fini de la virilité guerrière.
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Par exemple, Drieu, malgré les victoires épatantes d’Hitler au début de la guerre, reste assez lucide. L’espoir qu’il place en Hitler, qu’on peut voir alors comme la seule tentative de s’opposer à la morale crapoteuse des marchands et des agioteurs anglo-saxons, l’espoir de Drieu est faible. Non pas dans la victoire des Allemands, l’issue du conflit est incertaine en 1940, mais la bannière idéaliste brandie par le führer ne le trompe guère. Finalement, pour Drieu, Hitler est assez banal, pas si différent que ça de ses adversaires anglo-saxons (Pour Drieu, la France et les Français sont frappés de paralysie depuis 1870, neutralisés, velléitaires, manipulables) ; Hitler a été porté au pouvoir par l’oligarchie bancaire et industrielle de son pays, plus encore que par les urnes, et il se bat pour élargir l'espace économique et industriel allemand.
Bref, Drieu se trompe parfois dans ses analyses, la force sournoise des soviétiques est difficile à évaluer, mais il est conscient des enjeux, des données, il sait le nombre des divisions par cœur, ce n'est pas comme les purs idéologues auxquels on a affaire désormais.
Dire dès 1937 que Hitler est banal (Simone Weil le pensait aussi), c’est faire preuve de lucidité ; le dire seulement après la guerre comme Jeanne Arendt, après avoir baisouillé avec un des profs de philo. les plus navrants qui soit et les plus naïvement entiché d’Hitler, Martin Heidegger, petit bourgeois sans profondeur qui ne doit sa gloire qu’à sa nullité particulière, le dire après la guerre c’est un truisme. Le succès de Jeanne Arendt dans le public démocrate-chrétien est donc parfaitement logique. Les démocrates-chrétiens aiment se prosterner devant des truismes, ils confondent - volontairement - l’évidence du moment avec la Vérité, et préfèrent les publicitaires aux prophètes.
(Quant à faire de Hitler la réincarnation de Satan comme Mgr Aron Lustiger ou tel journaliste yanki, afin de se faire bien voir des médias, c’est de la théologie à l’usage des gosses qui lisent Pomme d’Api… ou plutôt Harry Potter, car Pomme d’Api c’est quand même moins chiant qu’Harry Potter ou un sermon de Lustiger, n’est-ce pas ?) -
Croisade moderne
Je n’ai pas encore terminé ma lecture du “Journal” de Drieu La Rochelle (1939-1945), mais j’en sais déjà assez pour être édifié. Ce qui frappe le lecteur contemporain au premier abord chez ce défenseur passionné de la civilisation européenne, comme d’ailleurs chez Bloy, qui défend plus précisément l’Église, y compris contre l’imbécillité de ses prêtres, c’est le sentiment de Drieu, le sentiment de Bloy, d’avoir touché le fond et de ne pouvoir descendre plus bas dans la laideur et la médiocrité capitaliste ; aspiré dans un marécage insalubre, il n’y a plus que les narines du croisé qui surnagent, il va bientôt crever d’étouffement.
Bloy fustige Zola ou Bourget, Drieu vomit Bernstein ou Porto-Riche. Que dire soixante-dix ans plus tard, lorsqu’on est contemporain de Finkielkraut, de Littell, de Philippe Sollers ou du petit d’Ormesson ? Bourget apparaît comme un auteur génial si on le compare à Jean d’Ormesson.
On est submergé par la honte désormais. Drieu s’est-il trompé, ou bien la civilisation agonise-t-elle lentement, comme le héros d’une tragédie de Corneille ?
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Pour la très synthétique Simone Weil, plusieurs événements tragiques, la deuxième guerre mondiale en est un, forcément, aux yeux de Drieu, plusieurs événements tragiques se succèderont, qui pourrront faire croire que la bascule est imminente, avant que cette bascule ne soit effective. Il est raisonnable de penser que, comme l’URSS s’est effondrée seule ou presque, comme un château de cartes, l’oligarchie internationale capitaliste, beaucoup plus solidement fondée que la dictature soviétique, sur une base sociale plus ancienne et cohérente, cette oligarchie s’effondrera aussi d’elle-même, victime de ses propres turpitudes.
Les États-Unis ont vaincu grâce à la supériorité de leur économie, protégée par la bombe A (c’est un aspect important, quand on constate la nullité de l’armée yankie - les Yankis ont une dette énorme vis-à-vis de l'ingénieur von Braun et du général Mac Arthur) ; les États-Unis seront probablement vaincus par une défaillance de leur système économique ou du bouclier nucléaire.
Pour Drieu, les civilisations durent mille ans : 900-1900. J’avoue que j’ai des lacunes sur l’an 900 ; ce que je sais mieux, c’est qu’à partir de 1900, voire un peu avant, les artistes ont commencé à être maudits, spécialement les peintres, supérieurs aux écrivains, notamment parce qu’ils ont joué un rôle plus grand dans la civilisation. Drieu aurait aimé être peintre. -
Emblèmes
À chaque époque correspond plus ou moins un type emblématique ; par exemple au XIIe siècle le chevalier errant en quête d’aventure, au XVIIIe la belle Pompadour, à l’Empire Napoléon-le-Sanglant ou son grognard, au XIXe siècle l’agioteur immoral, puis le poilu dans son cul de basse fosse au début du XXe siècle, etc.
C’est la caissière de supermarché qui me paraît le mieux incarner la nôtre, d'époque ; incontestablement elle se tient à un des points névralgiques du système actuel.
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Observant dans mon panier à provisions que je me suis ravitaillé pour le pain, le fromage et la barbaque, hors de son magasin, la caissière de la supérette du coin se fait un devoir de me tancer, avec modération, mais de me tancer quand même, pour mon infidélité.
C’est là qu’on se rend compte qu’un siècle d’idéologie féministe, de bouleversements sociaux, travail des femmes et égalitarisme capitaliste, n’a pas fondamentalement changé la nature féminine. Si ma caissière, appelons-la Stéphanie ou Nathalie, engage la conversation avec tous les hommes célibataires apparemment en bonne santé physique et financière, entre vingt et quarante ans, c’est bien sûr qu’elle rêve d’échapper à sa condition d’esclave capitaliste en tee-shirt uniforme. Il s’agit pour Stéphanie de saisir le pigeon au vol. Comment lui en vouloir ? Bien sûr, elle a appris par cœur sa leçon sur les femmes émancipées, mais le décalage est tel entre la légende dorée de l'émancipation et sa réalité, que son bon sens a refait surface.
Et ce reproche qu’elle me fait d'aller m’approvisionner ailleurs que dans sa crèmerie, trop hygiénique à mon goût… comment ne pas y voir une résurgence de la bigoterie féminine ? C’est absolument désintéressé de sa part, elle n’est pas actionnaire de la supérette qui l’emploie - dans des conditions, encore une fois, totalement inesthétiques et donc dégradantes, particulièrement pour une jeune femme ; elle prêche donc bien pour sa paroisse de façon réflexe, elle veut me convertir absurdement à sa religion de fait, sans se poser de questions. Je retrouve là, sans doute parce que je suis misogyne, une constante du caractère féminin à travers les âges, l'absence de doute.
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Le temps imparti à Stéphanie à chaque rencontre en caisse avec un homme qui incarne un avenir meilleur, au soleil plutôt que sous les néons, ce temps est très bref - du speed dating, selon l’expression consacrée. Alors, pour me convaincre en un éclair qu’elle a du caractère et de la vertu, Stéphanie ajoute cette confidence : « Ce matin il y a un mec qui m’a mal parlé dans un rayon. Redis-ça encore, je lui ai dit, et je te démonte ta gueule ! Cash ! »
Je suis censé émettre un sifflement admiratif ; je n'y arrive pas. Stéphanie ne peut pas savoir que j’ai vécu quelques mois “à la colle” avec une gonzesse qui, bien qu’elle professât des idées très traditionnelles et antiféministes, était capable de briser des éléments de vaisselle en faïence peints que je lui avais offerts, sur un mur à quelques centimètres de mon visage, lorsque je rentrais du turbin plus tard que prévu ; par conséquent le “caractère” de Stéphanie ne m’impressionne pas ; à vrai dire j’ai même depuis lors une attirance particulière pour les femmes masochistes qui accepteraient par principe de se faire fouetter par leur homme ou qui accouchent huit ou neuf fois à intervalles resserrés sans rechigner (le problème, c’est que ce genre de femme est toujours plus ou moins mariée, et qu’à moins d’une jeune veuve…).
Cependant, bien qu’elle soit encouragée par les tribunaux actuellement, où les magistrats de sexe masculin se font de plus en plus rares, je ne crois pas que la violence des femmes soit un phénomène nouveau. L’amour courtois, les gentilles damoiselles qui tombent en pâmoison pour un rien : c’est déjà les prémices de l’idéologie féministe !
Je tâcherai de changer de caisse la prochaine fois. -
Revue de presse (XI)
Le dernier numéro de “Beaux-Arts magazine” est consacré à l’érotisme. Un numéro comique. De grands penseurs ont été sollicités par ce magazine destiné à tresser des guirlandes au “marché de l’art” à grands coups de badigeons de litotes et de syllogismes bobos.
Pour faire passer la dynastie Pinault pour une dynastie d’humanistes, il ne faut pas lésiner sur le maquillage, le stuc et les chromes… même si on peut considérer la collection d’actrices sud-américaines entamées par l’héritier Pinault comme un progrès par rapport à la collection de merdes contemporaines de son papa. « Chassez la nature, elle revient au galop », on ne peut pas s’empêcher de penser à cette vieille prophétie en observant les courbes de Salma Hayek, l’élue du millionnaire rouquin.
Nul doute que même Baudelaire, bien qu’il prétende préférer l’art à la nature brute, entre une après-midi à la fondation (sic) François Pinault et une soirée avec Salma Hayek, eût fait le bon choix.
Parmi les grands penseurs sollicités par ce torchon décadent sur papier glacé, cette face de Philistin de Guillaume Durand. Pour qui Guillaume Durand est-il érotique en dehors des pétasses mi-frigides mi-intellos de la Rive Gauche qui lisent “Elle” avec ferveur ? Dans le fond elles rêvent toutes, ces salopes ruminantes, de se faire saillir par un taureau, mais elles ne savent pas faire la différence avec un bœuf.
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Au détour d’un paragraphe, une citation de Malraux : « Il faut faire de l’érotisme une valeur ! »
Avec le recul, c’est le côté grotesque de Malraux qui s’impose, cette tête de batracien du monolithique qui éructe des sentences de Sorbonnard incongrues. Complètement déphasé, le Malraux : est-ce la proximité avec l’art de messieurs les professeurs Picasso, Chirico, Derain & Cie qui l’aveugle, au point de ne pas voir, qu’entre le Ve siècle avant J.-C. au moins, jusqu’à Manet ou Renoir, malgré quelques éclipses, l’art occidental fut naturellement érotique ? Malraux était-il capable de VOIR un tableau de Raphaël ou d’Ingres, de Rubens ou de Delacroix, en dehors de la perspective d’en tirer une incantation gaullienne abstraite ?
Il faudra un jour s’attarder sur le caractère typiquement grotesque du gaullisme, qui ne touche pas seulement Malraux, car DeGaulle a aussi un grand corps caverneux, une tournure monstrueuse, non pas de batracien mais pachydermique. Le grotesque gaulliste est complètement involontaire, contrairement à celui de Brueghel ou de Teniers.
S’imagine-t-on à la Renaissance de tels laiderons tenir les rênes du pouvoir ? En coulisses, peut-être, mais certainement pas au grand jour, en face du peuple, qui aurait jeté des pierres à ces gargouilles contemporaines. -
La putain et le démocrate
Le résultat de quarante années de féminisme en France, c’est l’érection de la pute en idéal moral commun : pute-chanteuse, pute-actrice, pute-écrivain ou pute-pute… quelle fillette ne réclame pas à sa mère une panoplie de pute, ne rêve pas ouvertement de devenir une pute célèbre ?
Mais attention, pas n’importe quelle pute, on est en démocratie : ces demoiselles veulent devenir pute de luxe, c’est-à-dire récolter un maximum d’argent et de célébrité pour un minimum d’efforts, pas comme la pute venue de Roumanie qui travaille comme une ouvrière à la chaîne sur les “maréchaux”, dans l’anonymat le plus complet ; non, on veut être une pute propre, une pute libre, qui bosse en “free-lance”, sur papier glacé, à la télé ou sur internet, un pute sans maquereau, coupée de la clientèle libidineuse par un écran pudique.
Un rêve de pute, en somme, habite la plupart des jeunes gonzesses abreuvées de féminisme chic par Elle, Madame Figaro, Christine Ockrent ou Claire Chazal.
Dans ce contexte, le succès de Jean d’Ormesson, largement entretenu par les magazines féminins, Le Figaro, et les prestations télévisées de l’homme de lettres, ce succès est parfaitement logique.
Cet académicien poli, aux dents blanches et aux yeux myosotis, qui ne bande plus très dur, représente l'homme exquis, le partenaire achevé pour une jeune fille d’aujourd’hui. S'il épousait Lorie, Alizée ou la Schtroumpfette en dernières noces, quel beau couple ça ferait !