Le culte de la personnalité trahit au yeux des citoyens les moins endormis un mode d'organisation politique primitif déguisé en "république" ou en "démocratie". Le culte de la personnalité de de Gaulle a posteriori est conçu par les pouvoirs publics pour étouffer la critique du régime de restauration bonapartiste qu'il incarne.
Les critiques contemporains de la Ve république vacillante s'accordent à dire que le chef de l'Etat n'a presque plus aucun pouvoir désormais. L'exécutif français a passé le flambeau à l'exécutif bruxellois. Le chef de l'Etat conserve tout de même le pouvoir de détourner l'attention d'une fraction de l'opinion publique - un pouvoir de diversion par conséquent. L'hostilité que suscite E. Macron n'est pas moins utile que l'idolâtrie primaire, car les personnes haineuses sont aussi privées de jugement que les dévots. L'échec de la révolution bourgeoise de 1789 est largement imputable à la haine du peuple de Paris, sur laquelle la Convention s'est appuyée. La restauration républicaine doit être "de sang-froid" : jusqu'à présent, on peut dire que les Gilets jaunes ont brillé par cette qualité, privant à peu près les médias de masse d'images d'exactions violentes susceptibles d'effrayer les citoyens passifs devant leurs écrans de télé.