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jacques chirac

  • Envoi

    J'ai croisé le président Chirac une fois, il allait voir des bouddhas,

    Pas moi.

    Marrant comme les dictateurs, du plus dur au plus mou, aiment la poésie ;

    Et comme les dictateurs inspirent les poètes :

    Ode à Staline, ode à Pétain, de Gaulle s'est chanté lui-même

    en un long poème, pour plus de sécurité.

    (Paraît que Philippe Delerm en pince pour Jospin.)

    Comme à l'UMP on fait plutôt dans les cabinets :

    notaire, architecte, assureur, gastro-entérologue, etc.

    Qui va chanter Chirac ?

    Le petit garçon modèle qu'il fut, qu'il est et qu'il restera ?

    Sans presque rien à se reprocher, hors une ou deux putes de la Casbah,

    Et même écolo par-dessus le marché !

    (Villepin est démissionné)

    Je n'ai trouvé que ça, pour l'évoquer :

    "Dans son beau salon de la rue

    Bleue où crève un anthocéras

    madame cause : une verrue

    fleurit son doigt bagué d'un strass ;


    elle parle de ses menstrues,

    du temps, du Pape et de Maurras,

    dit comment on cuit la morue

    chez ses cousins de Carpentras,


    à tous, d'ailleurs, faisant notoire

    qu'elle mit un suppositoire

    laxatif vendredi dernier !


    Elle PARLE !!! et devant sa bouche

    sans cesse un cadavre de mouche

    accroît un immonde charnier."

     

    de Georges Fourest ; bien qu'on pense plutôt à Bernadette à vrai dire.


  • Bacon notre Shakespeare

    "Le conseil adressa une remontrance à la reine Elisabeth relative aux complots ourdis en permanence contre sa personne ; notamment un homme venait d'être appréhendé le soir même, apparemment très dangereux et suspecté de projeter un assassinat ; on lui montra l'arme supposée du crime. Et par conséquent on conseillait à la reine de moins sortir prendre l'air, ainsi exposée, comme elle en avait l'habitude. Mais la reine répondit qu'elle préférait mourir plutôt qu'être mise en prison."

    F. Bacon, "Apophtegmes", 1624.

    Le totalitarisme est bien sûr indissociable de cette haine récurrente dans le peuple vis-à-vis de la personne censée le représenter. La solution qui consistait autrefois à prêter des pouvoirs divins au monarque, au prix du blasphème dans les royaumes chrétiens, cette solution a été remplacée peu à peu par des escouades de gardes du corps dans les régimes dits "démocratiques", où l'on fait logiquement plus confiance au rempart humain qu'au rempart divin.

    J'avoue avoir sursauté l'autre jour en apprenant la libération après sept ans de prison ferme, sans aucune grâce présidentielle, de Maxime Brunerie, le jeune nationaliste qui avait tenté de descendre Chirac avec une carabine de foire. Sept ans ! Autant dire que si la conception du pouvoir a quelque peu changé depuis Bacon et Elisabeth, il n'en est pas moins sacré aujourd'hui qu'hier. La réponse d'Elisabeth fait de Chirac une vraie fiotte, soit dit en passant. Mais Delanoë paya d'un coup de couteau son courage de monarque "élisabéthain".

    "Le Sieur Nicolas Bacon, alors Garde du Sceau d'Angleterre, reçut la visite de la reine Elisabeth en sa demeure de Gorhambury ; elle dit :

    - Milord, comme votre maison est petite ! Sa réponse :

    - Madame, ma  maison est comme il faut, c'est vous qui m'avez fait trop grand pour quelque maison que ce soit.

    F. Bacon (Ibidem)

    Nicolas Bacon fut Garde des Sceaux avant que son fils François ne le devienne à son tour plus tard. Ceux qui ont émis l'hypothèse d'une filiation entre la reine Elisabeth et François Bacon, fait baron Verulam puis vicomte de Saint-Alban, insistent notamment sur le fait que ce dernier, bien que peu doué pour les affaires publiques, dont ses écrits traduisent même le dédain, fut néanmoins appelé au service du régime par la reine Elisabeth, avant d'être écarté par de plus roués que lui. Ce qui est certain, c'est que le théâtre de Shakespeare comme les écrits scientifiques et historiques de Bacon révèlent une très bonne connaissance de l'histoire d'Angleterre, particulièrement riche en troubles religieux et politiques.

    "Les représentants de la religion réformée, après le massacre qui eut lieu à Paris le jour de la Saint Barthélémy, négocièrent la paix avec le roi, la reine-mère, et quelques autres membres du conseil.

    De chaque côté on s'entendit sur les différentes clauses du traité. Le contentieux persistait à propos de la sécurité, la manière de l'assurer. Après le rejet de plusieurs motions, la reine-mère dit :

    - Est-ce que la parole d'un roi n'est pas une sécurité suffisante ? A quoi l'un des députés répondit :

    - Non pas, madame, par Saint Barthélémy !"

    F. Bacon (Ibidem)

    Le commentaire scolastique de Michèle Le Doeuff, qui n'hésite pas à faire de Bacon un adepte du continuisme judéo-chrétien sous prétexte que celui-ci a lu l'Ancien Testament est parfaitement grotesque. D'une manière générale, le fait de ranger Bacon ou Shakespeare comme cela est fait régulièrement dans tel ou tel parti religieux "catholique", "anglican", etc., n'a de sens qu'au plan de la religion laïque actuelle elle-même, qui ignore à peu près tout du christianisme comme en témoignent les gaffes répétées des représentants de la religion de l'Etat, dont le souci n'est pas d'abord scientifique, mais d'établir leur propre religion réactionnaire (par rapport au christianisme). On peut citer l'exemple des préjugés de Claude Allègre, plus clergyman que savant, dans ses bouquins, à peu près aussi grossiers que ceux du "biologiste" anglais Richard Dawkins.

    L'adéquation entre les différentes théologies chrétiennes et les différents partis chrétiens n'existe pas dans les faits, mais seulement dans l'idéologie laïque consolidée en religion de l'Etat au XIXe siècle. Autrement dit, le catholicisme aujourd'hui, qui n'est plus qu'une sorte de syncrétisme, de mélange de folklore chrétien et de principes laïcs, n'a rien de commun ou presque avec le catholicisme de Dante, celui de Thomas d'Aquin, pas plus que les luthériens n'envisagent de prendre encore au sérieux les malédictions de Luther à l'encontre des commerçants allemands qui osent sacrifier aux lois du marché plutôt qu'à Dieu, qui perturberaient bien trop de plans si elles étaient entendues.

     

  • Presse people

    Le petit-fils de Jacques Chirac, Martin Rey-Chirac, ressemble beaucoup à Blaise Pascal. Peut-être un futur contrôleur de gestion ou un politicien soumis à l'alternance ?

  • Marx pour les Nuls

    L'affirmation comme quoi "la Femme est la pire ennemie de la Femme" fait écho selon moi à l'axiome de Marx selon lequel "le Capital est le pire ennemi du Capital".

    Dans la société patriarcale juive ou prostestante, musulmane, la femme joue un rôle décisif dans la perpétuation du patriarcat par le biais de l'éducation des enfants de sexe mâle. Le code moral juif, protestant ou musulman est inculqué aux jeunes garçons dès leur plus jeune âge par leurs mères.

    Le patriarcat repose autant sur les femmes que sur les hommes, si ce n'est plus. Lorsque la loi interdisant le voile fut promulguée, par exemple, provocation de la part de Jacques Chirac pour détourner l'attention de la corruption au plus haut niveau de l'Etat, alors on vit surtout des femmes musulmanes affronter le clergé laïc déchaîné. On se souvient notamment de deux soeurs d'origine juive converties à l'islam, trimballées sur tous les plateaux de télé par leur père de confession laïque, vantant le voile comme le meilleure remède contre la prostitution capitaliste.

    Qu'en est-il de la femme laïque, la femme féministe, censée être l'antithèse de la femme au foyer, cet être quasi-générique, fée du logis sans grande individualité ni sexualité et à laquelle les jeunes Juifs ou les jeunes musulmans, les jeunes protestants restent souvent particulièrement attachés jusqu'à un âge avancé de leur vie ?

    On voit bien qu'il s'agit là d'une parodie de féminité. Sylviane Agacinski, par exemple, avec ses petites fiches de philosophie peut bien essayer de faire oublier qu'elle doit tout à la notoriété de ses compagnons successifs, Derrida et Jospin, il n'est pas certain qu'elle parvienne à s'abuser elle-même.

    Le féminisme laïc n'est qu'une attitude réactionnaire vis-à-vis du régime patriarcal. Quel plus bel exemple que le droit de répudiation, apanage exclusif de l'homme dans la société de droit patriarcal, accordé désormais aux femmes par le divorce laïc ? Toute la profonde stupidité de la religion laïque est dans cet exemple, ainsi que dans les philosophies existentialistes de Nitche ou Kierkegaard, tous ces pasteurs chrétiens avortés, reconvertis en pasteurs laïcs et qui ne croient qu'en un seul dieu : leur mère.

    Si le féminisme est plus redoutable encore que le patriarcat, c'est parce qu'il est un archaïsme hypocrite, déguisé. Et rien ne peut dégoûter plus un homme de la modernité que sa parodie laïque capitaliste.

    Qu'est-ce qui peut bien dans ce cas préserver la femme d'aller se jeter sur l'un de ses deux écueils, tant que les législations archaïques ou laïques s'imposent ? La Science. Dans le cas exceptionnel d'une femme moderne telle que Simone Weil, on voit bien que ce qui l'a préservée des dangers d'une éducation laïque, c'est la science. Le cinéma et les romans de Proust, susceptibles de faire même d'un homme une femelle, sont à proscrire absolument de l'éducation d'une femme, portée naturellement à se vautrer dans la fiction. Si Sarkozy a eu un mot intelligent dans toute sa carrière, il est involontaire et c'est contre "La Princesse de Clèves".

    Un autre exemple c'est la méthode de Marx qui consistait à faire apprendre par coeur à ses filles de longs extraits de Shakespeare ou de Dante.