Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

blaise pascal

  • Dialogue avec l'Athéisme

    "L'athéisme n'est point. Les grands, qui en sont les plus soupçonnés, sont trop paresseux pour décider en leur esprit que Dieu n'est pas ; leur indolence va jusqu'à les rendre froids et indifférents sur cet article si capital, comme sur la nature de leur âme, et sur les conséquences d'une vraie religion ; ils ne nient ces choses ni ne les accordent : ils n'y pensent point."

    La Bruyère

    Il est vrai que l'élitisme est une des principales causes de l'athéisme. Pour les hommes d'élite qui ont la foi, Dieu n'est le plus souvent qu'un simple principe, ce qui revient au même que l'athéisme (Pascal : "Dieu est un point." ; Napoléon : "Et l'hypothèse de dieu ?").

    Le pouvoir ou la quête de puissance, à quoi les hommes d'élites sont occupés, est une fuite qui ne leur laisse pas de répit pour des choses moins vaines. Dans le peuple, l'athéisme est souvent lié à l'esclavagisme, c'est-à-dire la contribution du peuple à la gloire des élites (y compris cléricales). L'athéisme est aussi dans "la science sans conscience", c'est-à-dire la technique, assujettie elle aussi à la quête de puissance.

    A la thèse classique (dieu est un principe ordonnateur) succède la prothèse moderne (l'outil technique), car si dieu n'est pas indispensable dans le régime technocratique, celui-ci ne peut pas se passer de la transcendance du pouvoir et de l'éthique. La science technocratique ne recule devant aucun paradoxe pour la fournir, aussi dogmatique que l'est le cinéma. C'est pourquoi il n'y a pas de différence essentielle entre une théocratie et une technocratie. Dès que vous entendez parler d'éthique juive ou d'éthique chrétienne, vous pouvez être sûr d'être en présence d'un de ces bricoleurs sournois de la technocratie moderne, habiles à forger des idoles pour méduser le peuple.

  • Science sans conscience

    ... n'est que spéculation.

    Je propose d'inverser la proposition des frangins Bogdanov pour qui dieu est probablement une particule élémentaire. Et si c'était l'homme qui n'était qu'un quantité négligeable dans l'univers ?

    La science égyptienne des Bodganov se ramène peu ou prou à celle de Blaise Pascal, pour qui dieu n'est qu'un point. La paire de jumeaux, en soi, est un système mathématique : l'un existe d'abord relativement à l'autre. J'ai observé à plusieurs reprises la propension des jumeaux à inventer de toutes pièces des univers parallèles et à former un monde séparé.

    Mieux que Pascal, les Bogdanov illustrent d'ailleurs les nombreux paradoxes que la spéculation mathématique fait jaillir, et la théorie du "grand architecte", dont le plus hénaurme est sans doute l'effort continu des mathématiciens pour aboutir à une logique, défaisant et refaisant sans cesse leurs tapisseries comme Pénélope. Les derniers gadgets de la physique quantique en témoignent encore. Encore un paradoxe : tandis que les paradoxes de Pascal sont cause de son inquiétude, le fatras de spéculations algébriques modernes n'empêche pas les chevilles de nos savants d'enfler à chaque nouvelle hypothèse renversante.

    Quant au procès fait par la science laïcarde française, engluée dans le XIXe siècle, aux Bogdanov, il n'a pas lieu d'être et stimule inutilement les ventes des ouvrages de vulgarisation des deux compères. Dans la  science égyptienne, dieu fait office d'hypothèse de travail nécessaire, qui n'empêche absolument pas l'anthropologie et les anthropologues de se multiplier à l'infini. L'hypothèse est le dieu du spéculateur, quel que soit le nom qu'il choisit de lui donner, et la querelle sémantique ne vaut pas le procès. L'effort primordial pour nier dieu fut accompli par les théologiens égyptiens qui lui attribuèrent une existence aussi virtuelle que celle des âmes du purgatoire. La persistance de l'éthique égyptienne dans le monde moderne prouve la persistance de la foi dans un souverain architecte, dont la science moderne, sous diverses bannières, tente de dévoiler le programme.

    A l'interrogation du boucher Napoléon, au soir de quelque génocide : "Et l'hypothèse de dieu dans tout ça ?", son expert scientifique aurait dû répondre plus précisément : "La technocratie s'en passe très bien, avec ses prothèses gigantesques." Pharaon est de tous les oedipes le plus conscient qu'il porte des cornes.

  • Identité, piège à berniques

    "Elle est passée par ici, elle repassera par là, elle court, elle court l'Identité française..." ; serait-ce une cousine de l'Arlésienne? On peut regretter l'absence d'Alphonse Allais, super Français du centre de Paris (Il y a toujours au moins un tiers de Belge, de Boche ou de Rital, dans le provincial), très bien placé pour tirer tout le comique de cette situation algébrique, extraire le PGCD ou la racine carrée de la patrie.

    Car faire rire du néant au lieu d'en tirer des conséquences astronomiques, voilà bien qui distingue le Français de ses cousins germains et qui oblige, si on choisit d'élire comme moi Allais architype français, de reconduire Blaise Pascal et Jean-Paul Sartre à la frontière illico.


  • Identité, piège à connards

    ... et à motards, puisque le ministre Christian Estrosi a déclaré récemment qu'un débat sur l'identité nationale dans l'Allemagne des années trente aurait peut-être évité aux Juifs d'être victimes des nazis, quelque chose dans ce goût-là.

    Seul problème, il faut soi-même être nazi pour accepter de participer à un tel débat. Un communiste ne peut pas croire à l'"identité", pure figure rhétorique du domaine de la religion. Karl Marx ne s'est pas décarcassé pour rien à démanteler l'architecture vectorielle nationale-socialiste (Hegel) et à dénoncer son ésotérisme ("Sein-dasein"), n'en déplaise aux staliniens d'hier et d'aujourd'hui (C'est indubitablement le culte de la politique qui a poussé des fonctionnaires de l'université française, Althusser en tête, à accommoder la dialectique marxiste avec une idéologie temporelle, répétant la trahison janséniste d'une manière que Marx et Lénine avaient prévue.)

    A cet égard les Allemands semblent mieux renseignés que les Français eux-mêmes sur l'appartenance de Heidegger au parti nazi (la philosophie de sa maîtresse H. Arendt n'est d'ailleurs pas moins typiquement nationale-socialiste que celle de son mentor) ; aussi sur le fait que Heidegger ne fait qu'ajouter à Hegel une dose de byzantinisme supplémentaire, susceptible seulement de méduser un peu mieux les crétins dans le genre du frère prêcheur Enthoven ou de son confrère Onfray, armés de leurs petites fiches de philosophie pour tenter de donner au service de la propagande télévisée une coloration kulturelle. La dernière chose qu'un Français qui a lu Molière ou Rabelais fera, c'est gober l'idée de "culture", essentiellement romaine ou germanique.

    Pour un catholique, de la même façon, l'identité n'est qu'un fantôme néo-païen et le Messie ne se distingue guère par son patriotisme ou son goût de la généalogie. A tel point que c'est le manque d'ambition temporelle de son Maître, qui va pousser Judas Iscariote à le vendre pour trente deniers aux autorités religieuses juives. Judas Iscariote est le saint patron des nationalistes chrétiens dont la trahison s'accompagne systématiquement d'une subversion des Evangiles à base de droit (J. de Maistre) et de mathématiques (B. Pascal, Galilée).

    Il n'est pas inintéressant d'observer que c'est le courant janséniste où s'est élaborée une doctrine théocratique incompatible avec les avertissements solennels du Christ, et dont dérive l'existentialisme, religion de la bourgeoisie capitaliste, ce courant qui est le plus hostile à l'islam alors même qu'il s'y apparente nettement par sa dérive théocratique nette (gallicanisme). On pense ici à l'appropriation de la théorie de la race élue par les nazis, évoquée par Mircéa Eliade après Léon Bloy* (La théorie raciste de Darwin qui a servi aux nazis est elle-même imprégnées de préjugés judéo-chrétiens et d'un goût -bien peu "naturel" de la part d'un naturaliste- pour la généalogie et les mathématiques.), théorie de la "race élue" qui survit dans l'idéologie libérale. Afin de souligner que les conflits les plus violents ont souvent lieu entre tenants d'idées semblables, le parti minoritaire ou le moins bien armé faisant les frais de la concurrence.

    L'Eglise catholique est désormais à peu près exsangue, mais les partis démocrates-chrétiens ont joué naguère un rôle non négligeable dans une manipulation "identitaire" d'ampleur, cousue de fil blanc capitaliste : le "nationalisme européen" ; cette manipulation ne s'est pas faite sans l'occultation de larges pans du Nouveau Testament, dont une ligne vaut mieux que les cinquante encycliques bavardes des dix derniers papes et au-delà. L'indignation de François Bacon à propos de l'enfouissement des Evangiles sous des tonnes de spéculations théologiques est plus que jamais valable, même si l'Eglise n'est plus qu'un vaisseau dérivant au fil du vague depuis longtemps.

    *

     

    Le débat ne peut avoir lieu qu'entre partisans et adversaires du nationalisme et ce débat opposera immanquablement les païens à ceux qui ne le sont pas. Ce seul critère (sérieux) a suffi aux théologiens pour condamner les doctrines nationalistes par le passé, celle de Maurras notamment. Le débat n'a donc d'intérêt (outre qu'il sert au gouvernement à jeter de la poudre aux yeux, comme Chirac auparavant avec le débat sur le voile islamique) que de permettre de mesurer à quel point la France ressemble à l'Allemagne désormais. Etant donné que la chaîne bobo "Arte" est le symbole du pacte monétaire franco-boche, on peut prendre le goût de la pornographie et du cadavre attisé par cette chaîne comme la marque de la nouvelle identité française.

    Le débat sur l'"identité" a quand même le mérite de rappeler le lien étroit entre la musique/mathématiques et le totalitarisme, qui ne peut s'empêcher ici de s'exprimer dans le vocabulaire albégrique, ainsi que, comme Marx l'a démontré, le caractère profondément religieux du raisonnement mathématique et de la passion musicale. Non loin d'Homère et de Shakespeare, Marx est bien l'auteur d'une véritable démonologie. Accessoirement ça permet d'observer que Marx est le tenant d'un aristotélisme véritable puisque l'ontologie matérialiste permet de déceler le caractère luciférien de la "loi naturelle" (sous-jacente dans le droit républicain moderne) ; "luciférien" s'entend en termes plus laïcs de la façon suivante comme la projection sur la "Nature" du rapport humain anthropologique. Les tenants de la "loi naturelle" (le clergé républicain est l'artisan du maintien de cette architecture juridique qui constitue un élément essentiel de la religion libérale après la religion nazie, et ce n'est qu'à titre de fétichistes et d'ignares que des chrétiens défendent le sophisme du droit naturel) peuvent se réclamer de Platon, et surtout de Pythagore : ils ne peuvent se réclamer d'Aristote comme Marx.

    C'est le fait d'appartenir lui-même à une famille d'ingénieurs biologistes proche de la théorie raciale transformiste qui a sans doute empêché Aldous Huxley en revanche dans son essai (raté) "Brave New World" sur le totalitarisme d'en relever l'ingrédient mathématique et musicale essentiel. Le totalitarisme repose sur la foi et la raison. Le capitalisme/écologisme parie sur l'avenir comme Pascal parie sur Dieu ; la grâce janséniste, son providentialisme assassin de l'Esprit : le satané hasard capitaliste n'en est que le produit dérivé.

    *Il faut être bien peu historien pour dater la naissance du nazisme de l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler.
  • Nid d'hirondelles

    Ce n'est pas Sarkozy qui change le discours sur la croissance et le PIB, mais la croissance et le PIB en berne qui modifient les discours de Sarkozy. Tel est l'homme "sorti de l'histoire" : une hirondelle qui zigzague dans le vent en attendant la tempête.

    Si Claude Allègre défend la notion de croissance industrielle, c'est que l'économie capitaliste est comme la science physique dans laquelle Allègre a foi, entièrement "virtuelle". Peut-on tourner sa veste et inverser la morale cyclique capitaliste, prôner la décroissance ? Théoriquement c'est possible ; vu que la fausse dialectique du progrès scientifique ou économique, indexée sur le temps, est entièrement de l'ordre de la rhétorique binaire, négatif et positif se valent, et en tant que dispositions de l'entendement sont interchangeables. Mais, sur le plan religieux, la perspective de la décroissance risque de n'être pas "porteuse" comme celle de la croissance, même si l'effort des écologistes pour présenter le nouveau capitalisme centripète comme une ascèse puritaine séduit les quelques bobos crétins qui votent Cohn-Bendit.

    *

    Cette affaire de croissance-décroissance fait furieusement penser à ces mondains du XVIIe siècle, Pascal ou Racine, qui endossèrent l'habit de Tartuffe au dernier moment pour tenter de sauver leur peau. Et ce d'autant plus que ces cacouacs ont inventé ce dérivatif à la charité qu'on appelle la grâce, courant alternatif qui circule entre l'oint et sa divinité. Or la grâce n'est autre que l'ancêtre du hasard. Avec la grâce disparaît l'esprit comme le hasard dissout la science. La science-fiction de Dieu engendre la science-fiction tout court. Pascal, Mersenne, Descartes, Gassendi, grenouilles à qui l'eau bénite sert de prisme, réintroduisent le poison du destin et du culte des morts romains dans l'Occident chrétien qui l'avait presque vaincu. Seul le prophète Shakespeare a vu que l'obsession sexuelle fonde aussi bien la putain que le puritain, que la même ferveur les anime ; pornographie et puritanisme sont des états unis.

    Il n'est pas faux de dire que dès le XIIIe siècle le capitalisme est en branle. Le désir de Dante Alighieri, qui possède une longueur historique d'avance sur Thomas d'Aquin, n'est-il pas déjà de préserver l'Eglise, dont la figure est prise entre les astres, de tout commerce avec le temps ? Mais ce n'est que trois siècles plus tard que la mécanique devient cet engrenage infernal et prend le pas sur l'histoire.

  • L'Aréopage

    Blaise Pascal est comme ces philosophes épicuriens et stoïciens de l'Aréopage d'Athènes qui, lorsque saint Paul leur parle d'immortalité, haussent les épaules et s'en retournent à leurs spéculations quotidiennes (Actes des apôtres). Pascal ne conçoit rien qui ne soit extérieur à lui-même.

  • Brave New World

    "Hyperdémocratie", "hypermarché", "hyperboréen", "hyperprésident"... on peut dire que le surdiplômé Jacques Attali possède le maniement de l'hyperbole comme un chirurgien-dentiste possède le maniement de la roulette. Elisabeth Tessier peut aller se rhabiller avec son tarot caduc. Avec toujours une carte dans la manche gauche en cas de coup dur, Attali est le roi du bluff !

    Toutes ces années à lécher la sainte fente matricielle et à jongler avec les infinis ont contribué à roder le sens du calcul de ce Blaise Pascal de série Z ; sa manière de faire l'apologie du "bon temps" et de l'opposer à l'Apocalypse est d'un exact rapport quantité/prix.

    Nul hasard si, en face, Shakespeare aiguise son arme contre l'abcès du temps : "Eh, toi, stridente hirondelle, infâme pie de Satan augurant l'été, ne t'approche pas de la sainte milice !"

  • Misère de la religion

    Affirmation grotesque du cardinal Y. Congar (1904-95) dans un dico. de théologie de la supériorité de Martin Luther sur saint Augustin !, Thomas d'Aquin !! ou... Blaise Pascal ? Mme de Staël ou Jean-Paul Sartre ne sont pas aussi sottement germanophiles et rétrogrades que ce Congar.

    Qu'est-ce que l'infâme carreur de cercle préhistorique de Blaise Pascal vient faire dans cette loterie ? Difficile de prendre le concile de Vatican II au sérieux, dont ce Congar incarne la légèreté ; plus difficile encore que de prendre "Mai 68" et le ludion Cohn-Bendit au sérieux.

    "(...) les commerçants ont entre eux une règle commune, qui est leur sentence principale et le fondement de toutes les pratiques financières. Ils déclarent en effet : 'J'ai le droit de céder ma marchandise aussi cher que je peux.' Et ils considèrent cela comme un droit. En fait, c'est faire place à la cupidité et ouvrir toutes grandes les portes et fenêtres de l'Enfer."

    Martin Luther, "Du commerce et de l'usure".

    Aussi limité et attardé soit Luther sur le plan théologique (par rapport à l'humanisme et même la scolastique péripatéticienne), il n'est pas malhonnête ; plus proche en vérité de la politique menée à Cuba aujourd'hui que des manigances de ces banquiers d'affaire boches capitalistes imbéciles qu'on voit à la télé persister à défendre leur religion de la plus-value après deux guerres mondiales et une guerre froide meurtrière entre les Etats-Unis et la Russie qui continue de tuer.

    Dans son traité sur le commerce et l'usure, Luther propose d'ailleurs un système de contrôle des prix (assez utopique) tel que celui que F. Mitterrand tenta de mettre en place en 1981 et que les banquiers firent capoter illico.

  • Presse people

    Le petit-fils de Jacques Chirac, Martin Rey-Chirac, ressemble beaucoup à Blaise Pascal. Peut-être un futur contrôleur de gestion ou un politicien soumis à l'alternance ?

  • G20 revisited

    Le compte-rendu du G20 avant le G20 par Paul Lafargue :

    "Capital, mon Dieu et mon Maître, pourquoi m'as-tu abandonné ? (...)

    N'ai-je pas vécu selon ta loi ? Mes actions n'ont-elles pas été droites et légales ?

    Ai-je à me reprocher d'avoir jamais travaillé ? N'ai-je pas pris toutes les jouissances que permettaient mes millions et mes sens ? N'ai-je pas tenu à la tâche nuit et jour, des hommes, des femmes et des enfants tant que leurs forces pouvaient aller au-delà ? Leur ai-je jamais donné mieux qu'un salaire de famine ? Est-ce que jamais je me suis laissé toucher par la misère et le désespoir de mes ouvriers ?

    Capital, mon Dieu, j'ai falsifié les marchandises que je vendais, sans me préoccuper de savoir si j'empoisonnais les consommateurs ; j'ai dépouillé de leurs capitaux les gogos qui se sont laissé prendre à mes prospectus. (...)

    Mais, Seigneur, se peut-il que tu frappes si impitoyablement un homme qui n'a jamais désobéi à un de tes commandements ?

    Mais c'est mal, c'est injuste, c'est immoral que je perde les biens que le travail des autres avait si péniblement amassés pour moi.

    Les capitalistes, mes semblables, en voyant mon malheur, sauront que ta grâce est capricieuse, que tu l'accordes sans raison et que tu la retires sans cause.

    Qui voudra croire en toi ?

    Quel capitaliste sera assez téméraire, assez insensé pour accepter ta loi, - pour s'amollir dans la fainéantise, les plaisirs de l'inutilité, si l'avenir est si incertain, si menaçant, si le vent le plus léger qui souffle à la Bourse renverse les fortunes les mieux assises, si rien n'est stable, si le riche du jour sera le ruiné du lendemain ?

    Les hommes te maudiront, Dieu-Capital, en contemplant mon abaissement ; ils nieront ta puissance en calculant la hauteur de ma chute, ils repousseront tes faveurs.

    Dieu farouche, Dieu aveugle, Dieu stupide, prends garde que les riches n'ouvrent enfin les yeux et ne s'aperçoivent qu'ils marchent insouciants et inconscients sur les bords d'un précipice ; tremble qu'ils ne s'y jettent pour le combler, qu'ils ne se joignent aux communistes pour te supprimer !

    Mais quel blasphème ai-je proféré ? Dieu puissant, pardonne-moi ces paroles imprudentes et impies.

    Tu es le maître, qui distribue les biens sans qu'on les mérite et qui les reprend sans qu'on les démérite, tu agis selon ton bon plaisir, tu sais ce que tu fais.

    Ô Dieu doux et aimable, rends-moi tes faveurs : tu es la justice et, si tu me frappes, j'ai dû commettre quelque faute ignorée. (...)"

    "Lamentations de Job Rothschild, le capitaliste", 1887.

    L'actualité de ce texte n'est pas la seule chose remarquable. Bien que Lafargue ne soit pas un historien et un savant comme son "beau-père" K. Marx, il a su parodier intelligemment le ton janséniste dans son pamphlet.

    De fait, avant que la religion capitaliste telle que nous la connaissons ne devienne un refuge d'hypocrites et d'ignares diplômés, le jansénisme réduisit Dieu à une marionnette. Car les fils de la "grâce" (devenue l'"aléa", le "hasard" dans la religion laïque) ne relient pas l'homme à Dieu mais enchaînent Dieu à des martingales terrestres. Blaise Pascal a d'ailleurs parié sur Dieu comme on parie sur un cheval de course ou la remontée du cours boursier. On peut dire que les railleries de Diderot et de Voltaire, Pascal les a plus que méritées ! Si Voltaire avait pris la mesure de la débilité profonde et concordante avec sa théologie des travaux "mathématiques" de Blaise Pascal, rétrograde "carreur" de cercle, il aurait été plus sévère encore.

    - Qu'on note ceci : ramener le christianisme au problème de la Foi, est une manière pour Blaise Pascal de saboter perfidement la Charité. C'est-à-dire de briser la dynamique chrétienne. L'esprit du monde n'a jamais quitté Pascal, en réalité, qui n'est qu'un poseur, le produit de son époque. Précision : la théologie dite "millénariste", celle de Bacon-Shakespeare par exemple, est combattue actuellement par l'ensemble du clergé catholique ou quasi, QUI NE VEUT PAS EN ENTENDRE PARLER. Lorsque le pape accuse François Bacon d'être le père de la science "prométhéenne", c'est, au choix : un menteur ou un ignorant. Le cardinal Barbarin, devenu pape sous le nom d'Urbain VIII, en soutenant l'arriviste G. Galilée et ses tours de passe-passe algébriques a certainement oeuvré beaucoup plus pour la mécanique et la science prométhéenne que François Bacon ou Karl Marx.

    Or la perfidie de Blaise Pascal, la religion capitaliste en "hérite" qui de son côté ramène l'économie au niveau des équations et des principes comptables et abolit ainsi l'examen des conditions de l'activité économique réelle.

    Baudelaire, assez éloigné du communisme, est pourtant assez concret pour souligner que l'honnêteté du commerçant n'est même pas l'honnêteté, elle est simplement le bon sens. Ce que les prêtres capitalistes n'héistent pas à présenter comme "neutre sur le plan moral" n'est autre que le crime.

    Que penser d'un clergé catholique qui a entériné en France récemment sans broncher la généralisation du boursicotage et donc de L'ENRICHISSEMENT "SANS CAUSE" !? Si ce n'est qu'il se vante de n'être pas matérialiste, à l'instar du Job Rothschild de Lafargue, pour mieux se livrer aux mêmes calculs crapuleux qu'un banquier.

    Un chrétien qui croit que l'enrichissement peut ne pas avoir de cause n'est autre qu'un possédé, sans l'ambiguïté de Baudelaire, un innocent les mains pleines de sang.

     

     

     

     

  • Climat d'apocalypse

    Toute éruption volcanique ou tremblement de terre, surtout quand il a lieu au cours de la Semaine sainte non loin de Rome, la marraine des nations, ne peut que contribuer à entretenir le climat présent d'apocalypse.

    Ce ne sont pas les romans ou les films apocalyptiques qui manquent en effet en ce moment, liés au changement de climat ou au nouveau millénaire, apparemment. J'ai déjà dit ici à quel point les thèses de Maurice Dantec, lèche-cul capitaliste, me paraissent ineptes et fournir des arguments à ceux qui tentent de tourner le Nouveau Testament en dérision. Travesti le plus souvent en suppôt de Satan, Dantec doit d'ailleurs avoir pas mal de lecteurs au sein de chapelles satanistes à qui le développement de la sous-littérature dite "de science-fiction" doit beaucoup.

    *

     

    Dans le style "emberlificoteur" de Dantec, on peut citer aussi le feuilleton yanki 'Lost-away' ('Les Disparus', de J.J. Abrams & Damon Lindelof, produit par la chaîne ABC et diffusé en France par TF1), feuilleton qui relègue les prophètes et saint Jean auxquels il se réfère au rang du divertissement pour enfants gâtés.

    Vision d'ensemble de l'histoire ramassée en quelques pages, l'Apocalypse de saint Jean est extrêmement synthétique et donc parfois mystérieuse ; mais cela n'empêche pas l'Apocalypse d'être aussi d'une très grande cohérence dans ses rappels des prophéties de l'Ancien Testament et des phases de la vie de Jésus, contrairement à Maurice Dantec ou aux scénaristes de "Lost", qui font tout pour brouiller les cartes.

    *

     

    Mircéa Eliade relève bien le rôle des prophètes puis de saint Paul et saint Jean dans la formation de la pensée historique moderne. Mais son erreur, typiquement "laïque", tient à ce que Eliade oppose beaucoup trop radicalement l'histoire au mythe, alors même que certains mythes grecs possèdent un aspect historique marqué, notamment ceux d'Homère, que Shakespeare-Bacon après Dante Alighieri a incorporé à sa propre vision chrétienne apocalyptique, dans le style typique de la théologie néo-platonicienne dite "millénariste" par ses détracteurs.

    La Bible en général, et l'Apocalypse en particulier, concilient justement le mythe et l'histoire.

    D'où vient le préjugé laïc d'Eliade ? D'une conception chronologique de l'histoire, alors même que la caractéristique des grands historiens, Karl Marx en tête, est d'échapper à la chronologie, qu'elle soit linéaire ou cyclique. Marx fait d'ailleurs bien mieux qu'échapper à l'ordre chronologique ; en s'attaquant aux puissances temporelles, l'Etat et la religion laïque issue du christianisme, il parachève le style historique en participant lui-même de sa vision historique (G.W.F. Hegel, lui, si admiré, si "pompé", n'est même pas un historien !)

    Le 'cycle' simule en réalité lui aussi la chronologie, et ce sont bien au contraire les mythes primitifs les plus anciens qui sont les plus "moraux" et les plus "chronologiques" (Nitche a commis la même bévue qu'Eliade ; il faut souligner que le secret de la bévue de Nitche réside dans son ignorance ne serait-ce que de la trame de l'histoire). S'il convient de qualifier l'apocalypse de saint Jean de "mythe historique", précisons en outre que G.W.F. Hegel précède Hitler, Nitche ou Lévi-Strauss dans la mythomanie laïque d'inspiration génitale.

    Il y a une autre façon de le formuler : Plus on s'approche de l'art vrai, plus on s'approche de l'histoire et de l'apocalypse ; plus on s'éloigne de l'art, plus on s'approche en revanche de la sorcellerie. Il n'y a aucune modestie dans la révérence de la secte laïque vis-à-vis des civilisations primitives ; l'attraction est de l'ordre du magnétisme. L'hommage que Lévi-Strauss rend au tribalisme, c'est en réalité à lui-même qu'il le rend. C'est autre chose de dire qu'un sorcier vaudou est plus émouvant qu'un membre de l'Académie française. Il est certain que lorsque le tribalisme se donne à fond, il est plus émouvant, plus féminin. Les fétiches des Dogons sont plus émouvants que ceux de Jeff Koons, ça ne fait aucun doute. C'est bien parce que le tribalisme de Sarkozy et de Guaino est extrême que leur position de donneurs de leçon est intenable, outre le racket capitaliste dont le tiers-monde est victime.

    *

     

    On pourrait multiplier les exemples de sous-littérature apocalyptique, au rayon SF de la Fnac ou à l'affiche des cinémas. Peut-être la fortune accumulée par les Evangélistes yankis n'est-elle pas étrangère à ce tombereau de niaiseries cinématographiques qui dévaluent l'aspect historique de l'apocalypse ?

    Sur le ouaibe sont publiées des théories qui ont le mérite d'être plus originales que celles que la sous-culture officielle développe. En vrac quelques exemples de thèses assez "fouillées" par leurs auteurs :

    - La démonstration par l'héraldique que le Prince William d'Angleterre est l'envoyé de Satan (il est vrai que la mythologie bretonne, contre laquelle Bacon-Shakespeare se bat, a de nombreuses connotations sataniques, le mythe des Chevaliers de la Table Ronde et du graal en particulier) ; l'Angleterre après Shakespeare est devenue "latine" peu à peu, après avoir été touchée par l'"héllénisme", contrairement à l'Allemagne qui ne l'a jamais été ; la difficulté de la science laïque à "situer" François Bacon vient de là, de ce qu'il est un sommet et qu'après lui, avec J. Locke ou D. Hume, l'humanisme retourne à la caverne.

    - La démonstration par la guématrie que Benoît XVI, cette fois, obéit au Prince des Ténèbres (par un admirateur de Blaise Pascal, ce qui m'incite à prendre la démonstration avec des pincettes, comme tout ce qui touche à l'idiot archaïque de Clermont-Ferrand. M. Luther, moins superstitieux que B. Pascal, vit lui aussi dans la papauté une entreprise diabolique, et rien n'indique que Luther souhaiterait aujourd'hui être "réhabilité" par l'Eglise catholique.) ;

    - La démonstration que New York est la "nouvelle Babylone" sous prétexte que de nombreuses nationalités y sont réunies et que la communauté grecque y est importante (?) ;

    - La démonstration que Barak Obama est l'envoyé de l'Esprit-saint (Vu le nationalisme yanki de Barak Obama, et la condamnation sans appel des nations dans l'Apocalypse, cette théorie semble plutôt bancale ; l'alliance souhaitée par l'Allemagne et les Etats-Unis avec la Turquie a tout l'air d'une stratégie d'attaque contre les Russes.) ;

    - La démonstration que le soleil est entré dans une phase d'activité et de rayonnement plus intense, d'ordre apocalyptique, et qui doit atteindre son maximum autour de 2012 ; certains climatologues pensent de fait que, loin d'accélérer le réchauffement, la pollution atmosphérique le ralentirait plutôt ; difficile de trancher étant donné le brouillard médiatique autour de cette question ; aucun des camps, "pour" ou "contre", ne paraît d'ailleurs atteindre le minimum scientifique requis comme la superstition laïque dans l'"effet papillon" l'établit assez ; l'"effet papillon" n'est autre que la poésie des imbéciles laïcs ;

    Ces diverses théories "underground" peuvent paraître au moins aussi étranges que les méli-mélo et le vortex de Dantec ou le divertissement "Lost" ; le plus bizarre est à mes yeux le mutisme de l'Eglise catholique sur le sujet de l'apocalypse, quand ce n'est pas carrément la condamnation de la théologie "millénariste" qui a donné pourtant à l'Eglise, sans remonter jusqu'à Joachim de Flore ou Dante Alighieri, les plus dynamiques impulsions. Si la scolastique ne possède pas d'ailleurs toujours le même dynamisme, c'est surtout en raison du cléricalisme et du monachisme sévères qui règnent encore au XIIe et au XIIIe siècle.

    Que sont les confidences de parloir de sainte Thérèse de Lisieux ou l'hystérie étrange de Thérèse d'Avila, les pirouettes de Jean Guitton, à côté de la science de François Bacon alias Shakespeare ? Les invectives de Léon Bloy font-elles peur au clergé ? Simone Weil est-elle beaucoup trop indépendante pour des Eglises sous la coupe de potentats locaux ou internationaux pour qu'on veuille lui enfiler une camisole, comme Polonius à Hamlet ?

     

  • Théorie de la relativité

    Peut-on lire Blaise Pascal ou Montaigne après avoir lu François Bacon ? Je m'y suis efforcé la semaine dernière, mais rien à faire ; même si l'on s'en tient au style, je trouve que Pascal ne vaut pas la Rochefoucault, dont les pensées de jurisconsulte romain mélancolique ne me font déjà pas beaucoup bander. Probable que c'est parce que La Rochefoucault est un athée plus sincère que Pascal qu'il a plus de style. Pascal balance trop.

    Quant à Montaigne, comme le titre l'indique, ce ne sont que des "essais". Il faut pour trouver une perle ouvrir beaucoup trop d'huîtres vides. L'idée qu'il puisse y avoir des "moralistes chrétiens" n'est acceptable que pour un janséniste et elle est aussi farfelue que l'idée qu'il puisse y avoir des romanciers catholiques. Evelyn Waugh tenait à cette étiquette d'"écrivain catholique", mais il ne l'est pas plus que L.-F. Céline, ce qui n'est déjà pas si mal. Waugh comme Céline valent d'ailleurs pour n'avoir pas ou peu versé dans l'"existentialisme", c'est-à-dire pour s'être tenus à l'écart d'une morale officielle qui doit autant, si ce n'est plus, à Pascal qu'à Voltaire ou Rousseau.

    Quand François Bacon ressuscite le théâtre grec "in extremis" sous le nom de Shakespeare, Montaigne fait, lui, l'apologie des systèmes métriques romains. Les meilleurs d'entre les Boches sont français. Montaigne a deux siècles d'avance sur ses cousins germains et il ne s'exprime pas de façon entièrement conventionnelle. Sans le côté "autodidacte" qui fait son charme buissonnier, Montaigne serait aussi scolaire que Nitche.

  • Signes sataniques du temps

    L'ennui ou la mélancolie est un des symptômes les plus sûrs de possession satanique. Celle-ci peut être plus ou moins puissante. Tous les possédés n'ont pas comme Don Juan une âme à se damner sans détours et affronter le spectre en face, ni même à flanquer le feu à quelque chapelle bretonne.

    Les divertissements divers et variés, à commencer par le cinéma, mensonge fascinant, fournissent autant de dérivatifs, de façons de se traîner à reculons vers le gouffre.

    A propos de dérivatif, qu'on ne dise pas d'ailleurs que le morbide Pascal, pour en être réduit à carrer des quarts de cercle et bidouiller des ellipses, ne crève pas d'ennui. Le modèle de Molière pour son Don Juan fut, dit-on, un mondain tombé en dévotion sur le tard. 'Don Juan' et 'Tartuffe' sont deux pièces, mais en un seul homme peuvent être réunis.

  • Depuis Pascal

    Depuis Blaise Pascal on sait que le pessimisme n'est qu'une pose mondaine, une saute d'humeur due à l'excès de boisson, de viande ou de spéculations.

    C'est déjà assez dur de supporter un poète lorsqu'il ne joue que des notes gaies, Paul Valéry par exemple, alors Cioran je n'en parle même pas !

    Le vrai défi pour un homme de peu de foi et de peu de science c'est, comme Alphonse Allais, de tirer chaque jour de la merde une perle afin de distraire ses contemporains de la routine.

    Je sépare les athées en deux groupes : les lecteurs de Cioran, Muray, Houellebecq, etc. d'un côté ; et le goupe de ceux qui lisent plutôt Allais. Au premier groupe je prédis l'Enfer, un enfer très proche de celui qu'ils se fabriquent pendant leurs loisirs. Le deuxième groupe, plus modeste, devrait se contenter du purgatoire.

  • Marx pour les Nuls

    Compter sur les résultats d’un match de foot pour rééquilibrer la balance commerciale d’un pays, voilà qui résume bien l’esprit du capitalisme ; c’est cocasse lorsqu’on sait que la plupart des matchs sont truqués.

    Les Français, qui veulent “moraliser” le capitalisme, lutter contre le dopage, refusent d’admettre que le capitalisme repose sur la tricherie. La “concurrence loyale” est un fantasme de crétin.
    Les “économistes” français Claude Bébéar et Philippe Manière doivent bien faire rire à leurs dépends dans les salles de marché yankies. Ces deux lascars partent du constat que “Wall Street” blanchit des milliards d’argent sale chaque année et qu’il faut par conséquent redresser ce système mafieux pour éviter sa chute.
    Dans le même ordre d’idée géniale, on pourrait aussi réformer la roulette au casino, afin que chacun ait une chance raisonnable de remporter le “jack pot”.

    *

    Il y a pourtant une fable de La Fontaine qui prévient aussi contre le libéralisme, c’est Pérette et le pot-au-lait. Voilà ce que les adhérents de l’UMP feraient mieux de lire plutôt que les niaiseries de Nitche ou de Heidegger.
    On peut voir aussi le libéralisme comme une sorte de pari pascalien sur l’avenir. Le blasphème qui consiste à parier sur l’existence de Dieu, l’idéologie libérale le remplace par un autre, contre la réalité cette fois.
    On aurait tort de croire qu’il n’y a aucun rapport. Au plan psychologique, c’est la même démarche. L’idéologie libérale, comme celle de Pascal (auquel les capitalistes français ont justement rendu hommage en imprimant sa face de renégat sur leurs billets de banque), repose sur l’algèbre et la géométrie euclidienne, c’est-à-dire sur des extrapolations.
    L’illogique pascalienne, l’illogique libérale, ce raisonnement de croupier, est né dans la peur.
    Jérôme Kerviel est bien un bouc émissaire. On initie hic et nunc dans certaines universités françaises de jeunes veaux aux “mathématiques financières”. A côté des “mathématiques financières”, l’astrologie est une véritable science ! Au moins elle inclut un phénomène concret : le mouvement des astres, tandis que les mathématiques financières sont purs jeux de l’esprit excluant l'histoire et la géographie.
    Cette angoisse que Pascal entend diminuer, au bout du compte ce scélérat ignorant des plus élémentaires recommandations évangéliques, cette angoisse il ne fait que l’accroître vu que l’algèbre et la géométrie sont des systèmes parfaitement incohérents. Le garde-fou se dérobe et le néant s’ouvre sous les pieds du barbare janséniste, libéral, gaulliste, laïc ou démocrate-chrétien.

  • Le Jansénisme pour les Nuls

    A propos du style de saint Augustin : il est certain qu’on n’entendrait plus parler de la théologie de saint Augustin aujourd’hui sans le style si personnel, si vivant, des Confessions, qui fait appel aux sens du lecteur.

    Les admirateurs de saint Augustin : Calvin, Luther, Jansénius, Feuerbach, Lucien Jerphagnon, Joseph Ratzinger, n’auraient-ils pas mieux fait d’écrire à leur tour leurs confessions, comme Rousseau ?

    L’originalité de Rousseau, c’est que de sa position de puritain genevois, sa biblique frayeur des sodomites, des prêtres catholiques, "a fortiori" des prêtres catholiques sodomites (!), il évolue vers une doctrine quasiment “pélagienne” plus conforme au Nouveau testament, dans laquelle le péché n’est plus l’axe primordial. Il fait le chemin de la morale à la politique.
    Au contraire de son ami Denis Diderot, sympathique catholique langrois aimant la bonne chère et boire dans la compagnie de ses amis,
    qui en théorie est un moraliste acharné, allant jusqu’à théoriser un théâtre moral et une peinture morale.
    L’héritier de Pascal au XVIIIe siècle et des jansénistes, c’est Diderot, non pas Rousseau bizarrement.
    Diderot et Pascal ont en outre ceci en commun d’être de piètres scientifiques. Diderot en est resté à la science de Lucrèce, d’où il tire son athéisme. Quant à Pascal, il est en retard sur les découvertes astronomiques. Tous les deux sont fascinés par la géométrie qu’ils assimilent à l’espace. Diderot est considéré généralement comme un “matérialiste”, mais il n’est pas difficile de voir que son matérialisme est en fait un idéalisme. Diderot a le bon goût, de mon point de vue, de proférer ses blasphèmes à l’extérieur de l’Eglise et non à l’intérieur comme Pascal fait.

    Ce sont les communistes français qui ont forgé le mythe de l’emprunt du matérialisme de Marx à Diderot. Alors que le matérialisme de Marx vient de Locke, de Shakespeare, de Balzac.
    Benoît XVI perpétue ce mythe dans son encyclique, alors qu’il n’est pas difficile de comprendre que l’idéalisme cauteleux des penseurs libéraux ne fait que servir de prétexte à la gabegie des bâtards capitalistes qui ne jurent que par le gadget : gadget scientifique, gadget littéraire, gadget moral, gadget politique - c’est là que se situe concrètement le matérialisme, chez ces gens qui n’ouvrent leur gueule que pour parler d’éthique.