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jurgen habermas

  • Charcuterie chrétienne

    L'école de philosophie de Francfort, dont Joseph Ratzinger a subi l'influence, est le haut-lieu de la charcuterie chrétienne moderne. Le dernier pape romain est considéré par beaucoup comme un conservateur. Ceux-là ignorent que la modernité est le principe religieux le plus conservateur, c'est-à-dire le plus efficace à empêcher le progrès de l'esprit. 

    "Pour l’autocompréhension normative de la modernité, le christianisme a représenté plus qu’un simple précédent ou canalisateur. L’universalisme égalitaire - dont on découlé les idées de liberté et de solidarité sociale, conduite autonome de la vie et émancipation, conscience morale individuelle, droits de l’homme et démocratie – est un héritier direct de l’éthique juive de la justice et de l’éthique chrétienne de l’amour. Ce legs a fait l’objet d’une appropriation constante et d’une interprétation critique, sans subir de transformations substantielles. À l’heure où nous sommes, il n’existe aucune alternative."

    Jürgen Habermas, Conversation sur Dieu et le Monde, 2006.

    Ne croirait-on pas tous les personnages de Molière réunis dans ce cacouac démocrate-chrétien : Trissotin, le bourgeois gentilhomme, Tartuffe, Sganarelle, Don Juan, etc. ?

    Heureusement l'esprit français prédispose à flairer l'hypocrisie dans le style même du prêcheur. Je me demande quel genre d'imbécile une formule telle que "l'autocompréhension normative de la modernité" est censée impressionner ? Un des usages les mieux attestés de la modernité est de servir l'autojustification du chien de guerre qui assassine son prochain au nom de l'éthique. Si un chrétien vous parle de "modernité", vous pouvez être sûr qu'il s'agit d'un faisan.

    - La modernité est comme la musique. Je veux dire par là, d'abord, que la production musicale obsède les inventeurs de la modernité : l'antichrist Nitche, comme le possédé Baudelaire ; or la musique, pas plus que la norme juridique, n'a pour fonction d'élucider le monde, mais de le conforter. Si bien qu'on peut parler d'"arcanes" de la musique ou du droit.

    La bande de cervelas de Francfort a la prétention de combattre le nazisme, mais comme par hasard elle se soucie peu de souligner l'arrière-plan musical et juridique du nazisme. Il est si flagrant qu'on peut voir dans Hitler l'incarnation parfaite du muscien de Hamelin (le diable), qui débarrassa les bourgeois qui avaient signé un pacte avec lui des rats qui mangeaient leurs biens... avant que le pacte des bourgeois ne se retourne contre eux.

    L'effort le plus certain de l'école de Francfort est donc pour blanchir la bourgeoisie allemande qui a "fait" Hitler.

    - L'universalisme égalitaire : même Lénine ne croit pas à cette hénaurme tartufferie, puisqu'il conçoit le socialisme comme une étape vers l'abolition de l'Etat, principale source moderne du droit. Lénine a de bonnes raisons de ne pas gober l'attrape-couillon égalitaire, puisque Marx en a dénoncé la vocation de subterfuge républicain ou national-socialiste.

    L'égalitarisme occupe en effet dans la théogonie républicaine la place du purgatoire romain. De fait, on peut voir le clergé républicain prêcher l'égalité dans un monde manifestement soumis aux règles de la concurrence sexuelle ou commerciale les plus lourdes. L'arcane juridique consiste ici à dissimuler que le droit ne fait qu'enregistrer des rapports économiques a posteriori : autrement dit, l'égalité est une utopie juridique dont l'économie bourgeoise ou libérale ne peut se passer, pas plus qu'elle ne peut se passer d'un Etat. L'égalité est parfaitement hypothétique, comme l'infini algébrique : c'est un préambule et non un but concret. Compte tenu de l'appui du droit sur la biologie, on peut parler d'aspiration macabre du droit. Plus un régime est proche de la folie ou de la mort, plus il raisonne en termes de droit ; la même monomanie est perceptible chez l'aliéné, marqué des stigmates de la mort.

    - L'éthique juive de la justice ? Ici on voit que cet Habermas n'a probablement jamais ouvert une Bible, et que la démocratie "judéo-chrétienne" est entièrement "sui generis" - un vrai formol. Il y a deux illustrations de la justice juive dans les testaments juif et chrétien. La loi de Moïse, qui ne donne lieu à aucune éthique, puisqu'elle est surnaturelle. Le livre de la Genèse illustre que la voie spirituelle ou surnaturelle est à l'opposé de la voie naturelle, dont l'éthique participe. La loi de Moïse NE PEUT PAS SERVIR à justifier le meurtre ou la propriété. L'éthique est, elle, entièrement asservie à cette fonction, dans un but d'équilibre social. L'autre illustration de la justice juive est le procès truqué de Jésus. Celle-ci est exemplaire du mécanisme de l'éthique, puisque c'est au nom de la secte des pharisisiens que le Christ a été condamné, puis au nom de l'état civil romain.

    Nitche est un professeur d'éthique ou de morale bien moins débile que Habermas, puisque parfaitement conscient de la menace que la vérité représente pour l'éthique comme pour l'esthétique, ou bien encore pour ce que le païen moderne nomme "culture de vie". Mon opinion est que Nitche, en revanche, feint de ne pas comprendre Bacon alias Shakespeare, et que le voile derrière lequel Polonius-Copernic se dissimule symbolise l'éthique, que Hamlet transperce de son épée. F. Bacon emprunte cette métaphore au nouveau testament chrétien, qui nous montre le rideau du temple de Jérusalem se déchirant.

    - L'éthique chrétienne de l'amour ??? Si la charité chrétienne est la plus distante de l'éthique, c'est pour la raison que la charité ne répond à aucune nécessité ni obligation humaine ou terrestre, tandis que l'éthique est censée répondre au besoin de l'intérêt général. Pas plus que l'éthique, les sentiments ne sont libres et gratuits. Ceux qui croient se tenir à l'avant-garde de la morale ou de l'esthétique, mouvement similaire, ne s'aperçoivent pas qu'ils ne sont que les cobayes de la société, qui tour à tour prend un cap plus libertin ou plus puritain, en perpétuelle recherche d'équilibre. Si le puritanisme a le vent en poupe actuellement, qu'il soit musulman, écologiste, chrétien-démocrate, républicain, etc., c'est d'abord parce que la parenthèse du gaspillage libéral et du libre-échangisme, qui reflétait la morale de la caste dominante, se referme à cause du scandale, non pas de façon délibérée ou afin de partager des biens dont l'Occident a perdu le profit. L'éthique est donc aussi oscillante que l'esthétique et ne déborde pas le motif de la décoration d'intérieur. La France est redevable à Molière de l'avoir débarrassée de la saloperie éthique.

    L'éthique démocrate-chrétienne est un stratagème afin d'inclure dans l'amour la sexualité, et par conséquent le commerce, quand l'amour chrétien exclut le rapport humain, et ne peut s'expliquer par lui. Le suicide d'Ophélie est celui de l'"éthique chrétienne".

    L'éthique démocrate-chrétienne participe bien comme le nazisme ou le libéralisme à la mise en valeur de l'instinct. Comme le nazisme, l'éthique démocrate-chrétienne mérite la qualification de pornographie.