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victor hugo

  • Choses vues

    ...lors de la journée du 17 octobre 2026, sur la rive droite de Paris ; quelques jours auparavant les porte-parole des Gilets jaunes ont lancé un appel à renverser le monarque Emmanuel Macron, huit ans après la grève historique nationale des Gilets, qui avait poussé l'appareil d'Etat dans ses derniers retranchements.

    En fin de matinée je cherche à gagner la place de la République, point de jonction entre des mouvements poursuivant des buts différents, certains "jusqu'au-boutistes" comme les Gilets, d'autres pas. La surveillance policière est déjà en place pratiquement sur la largeur de Paris, plus dense à mesure que je me rapproche. Il fait un temps magnifique. J'enfile mon gilet jaune réfléchissant. Je comprends vite que je ne pourrai pas atteindre la place de la République, où la bagarre a déjà commencé entre les "robocops", comme j'appelle cette police dédiée à la répression des foules, et des grappes de jeunes types masqués pour n'être pas identifiés grâce aux caméras de surveillance. Les grenades pleuvent, inondant la place de gaz irritant. Les détonations font vibrer l'air et certaines femmes ne peuvent s'empêcher de pousser de petits cris à chaque fois. On se croirait sur le tournage d'un film de guerre.

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  • En hommage à la critique

    Parce qu'à cause des grimaces de Beigbeder ou Daniel Picouly, Philippe Sollers, on pourrait finir par croire que la critique est une affaire de chimpanzés accrochés aux branches de la littérature, j'ai jugé bon de recopier ici un exemple de jugement honnête, d'avant le parasitisme, en hommage à la Critique :

    "Victor Hugo vint, Alexandre Dumas vint, et avec eux le troupeau de leurs imitateurs ; la monstruosité des Iphigénie et des Athalie céda la place à la monstruosité d'une Lucrèce Borgia, à l'engourdissement succéda une fièvre chaude ; on prouva que les classiques français avaient plagié les anciens, - et voici qu'apparaît Mlle Rachel et tout est oublié, Hugo et Dumas, Lucrèce Borgia et les plagiats ; Phèdre et le Cid se promènent à pas comptés sur la scène, en débitant des alexandrins bien tournés, Achille parade avec ses allusions à Louis le Grand, et Ruy Blas et Mademoiselle de Belle-Isle ne sortent plus des coulisses que pour se réfugier aussitôt dans des fabriques allemandes de traduction et sur des scènes nationales allemandes.

    Ce doit être un sentiment bienheureux pour un légitimiste, en écoutant les pièces de Racine, de pouvoir oublier la Révolution, Napoléon et la grande semaine ; la gloire de l'ancien régime surgit du sol, le monde se couvre de tapisseries de haute lice, Louis l'absolu se promène en veste de brocart et en perruque à queue à travers les allées taillées de Versailles, et l'éventail tout-puissant d'une maîtresse régit la cour heureuse et la France malheureuse."

    Avouez que si on tombait là-dessus dans "Le Figaro" ou "Le Monde", au milieu des pitreries habituelles de je ne sais quel mercenaire, on sursauterait. Le critique résume ici magistralement les trois-quart de la littérature allemande dans sa formule : "une fabrique de traduction". Et parmi les traducteurs, un sacré paquet de traîtres.

    (Qui devine l'auteur recevra mes félicitations immédiates et mon propre ouvrage dédicacé un peu plus tard.)