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  • Le juste titre

    Ça vous dirait un petit jeu-concours pour la sortie de La Possibilité d’une Île ?

    Là d’où je viens, l’Ouest de la France, on aime bien les jeux-concours de toutes sortes, le loto, le PMU, le Grolo, les mots croisés dans les journaux. Des jeux où il y a un truc à gagner, de préférence. Plus que dans le Midi, il me semble. Rapport au climat, peut-être ?

    Bon, voilà, Houellebecq a l'habitude, ça fait partie de sa touche perso maintenant, de choisir pour ses romans des titres ineptes voire insanes. C’est fâcheux. Pour lui parce que les bons romans ont en général de bons titres. Tenez, “Voyage au bout de la nuit”, par exemple, c’est lyrique, profond ; “Hissez le grand pavois !”, “La Jument Verte”, “Les Deux étendards”, “Le Sagouin”, “Sous le soleil de Satan”, etc., ça donne envie tout ça !
    Pour nous aussi, c'est fâcheux, parce que les mauvais titres sont souvent prétentieux et stupides et que l’on risque de passer pour tel en s’affichant dans le métro avec eux.

    Mais Houellebecq (dit Michel Thomas, quand on veut le faire chier de façon mesquine) n’a pas le monopole des titres ineptes. D’autant que c’est en grande partie le boulot de l’éditeur de choisir le titre d’un bouquin, ou d’amener son auteur à en choisir un moins tarte, et que s’il restait quelques éditeurs à faire leur boulot correctement, ça se saurait.

    Donc je propose de décerner sur ce blogue à un roman le Prix du Titre le plus Con de l’année. Sont admis à concourir tous les romans français, récents ou pas, puisque c’est la première année. La rentrée littéraire devrait nous fournir matière à ironiser.

    Je suggère pour ma part :

    - Dors, ange amer (calembour débile) de Cathy Bernheim ;

    - Les pourritures terrestres (vanne vaseuse) de Henri-Frédéric Blanc.

    Et qu’est-ce qu’on gagne ? Ah oui, j’allais oublier… Eh bien, un bon titre, ça s’impose, non ?

  • En lice

    La sélection du jury unipersonnel, partial, omnipotent et presque incorruptible :

    - La possibilité d'une île (pédant comme un concept).

    - Dors, ange amer (calembour débile) de Cathy Bernheim.

    - Les pourritures terrestres (vanne vaseuse) de Henri-Frédéric Blanc.

    - Betty Monde, de Coralie Trinh Thi (sorti en 2002).

    - Pourquoi le Brésil ? de Christine Angot. On se demande bien pourquoi un tel titre.

    - La véranda au coucher du soleil parce que plus nunuche tu meurs.

    - Clitomotrice parce qu'après les Monologues du Vagin, la Vie Sexuelle de Catherine M., ils vont nous servir quoi maintenant, du ragoût de pertes blanches ?

    - Partouz de Yann Moix, pour fayoter, Lapinos…

    - La Loire, Agnès et les garçons de Maurice Genevoix, parce que l'on dirait un titre d'AB productions.

    - La pluie ne change rien au désir de Véronique Olmi… Irrésistible, qu'il pleuve ou non.

    - Spinoza encule Hegel de Jean-Bernard Pouy (sans commentaire).

    - Biographie de la faim d'Amélie Nothomb, le choix a été difficile.

    - La Vanité des Somnambules de Chloé Delaume, qui écrit sans doute pour gagner ce concours.

  • Cluedo

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    Et si la †énébreuse Jus†ine qui sème des croix par†ou† comme le Pe†i† Pouce† ses cailloux était retrouvée morte ?… assassinée comme Mademoiselle Rose près du fumoir, la tête fracassée par le gros gland d’ébène qui borne la rampe de l’escalier d’honneur du manoir de Highandstrong ?…

    Lapinos, dont la prunelle misogyne fait s’évanouir les gouines, les petites et les grandes branleuses qui l’approchent de trop près, ferait alors un coupable idéal !
    Décidé à ne pas se laisser marcher sur le pompon, aidé de sa fidèle Pimpeleu, il est bien décidé à mener l’enquête, à démasquer le vrai coupable de cette machination diabolique.

    Mais la tâche de notre pauvre rongeur sera rude, car la liste des suspects s’allonge de jour en jour.

    Il y a bien sûr ce mystérieux Axël qui n’a pas l’air d’avoir toute sa raison et qui s’exprime lorsqu’il a un peu trop bu dans un anglais qui n’est visiblement pas sa langue maternelle, exactement comme s’il confondait Villiers de l’Isle-Adam et Edgar-Allan Poe.

    Isabelle L., ne forme-t-elle qu’un seul oiseau de malheur avec cet Axël, un corbeau qui hante les couloirs du manoir la nuit, perché sur l’épaule du fantôme de la Comtesse I. ?

    Il y a aussi cette Tastayany, qui, allongée nue, de dos, ressemble étrangement à Mata-Hari. Lapinos la sent capable de tout, du meilleur comme du pire.

    Et Ève la naïve, l’est-elle autant qu’elle le prétend ? N’est-ce pas à cause d’elle que tout a fini par mal tourner ?

    « Il ne manquait plus que Hansel et Gretel pour faire de cette énigme un vrai pucier ! » fulmina Lapinos, en tirant rageusement une bouffée de sa Victory white. Pimpeleu perplexe hocha les épaules en signe d’approbation.

  • Tri sélectif

    L’hiver la sélection se fait toute seule, naturellement ; quelques belles plantes rares qui se moquent des saisons continuent à fleurir à travers le frimas.

    Mais par ce temps radieux, faut bien s’obliger à avoir des préjugés, à faire le tri soi-même… Ce n’est pas très masculin, mais dame tant pis, sinon toutes ces chairs dorées à point, ces épaules nues, ces fesses qui sourient me dispersent la sensibilité aux quatre coins en deux minutes d’innocente flânerie et je me sens tout raplapla.

    Donc j’élimine, je trie. Pas un regard pour les peaux roussies, d’abord : j’aime les filles piquantes mais pas croustillantes ; j’élimine aussi les strings qui dépassent, les “fixe-crevette” ; qu’on souhaite épurer la ligne de son cul, c’est pas saugrenu, mais l’artifice doit rester caché, nom d'un pétard ! Tout aussi absurde, la robe ou la jupe par-dessus le pantalon (j’espère au moins qu’elles ne portent pas de culotte) ; j’élimine aussi celles qui traînent au rayon “Développement personnel” de la Fnac, celles qui ont des écouteurs dans les oreilles, et les bobos bien entendu - je les flaire de plus en plus loin.

    À la fin, il ne reste plus que cette grande blonde au nez busqué, mais elle est accompagnée. Bien ou mal, c’est pas à moi d’en décider. Je reste seul.
    Je ne vais tout de même pas insérer une annonce dans le Chasseur français ?

    Si tu parles couramment quatre langues, que tu nages le 50 mètres en moins de trente secondes, que tu sais faire un “tumble turn” sans éclaboussures, que tu te déhanches comme un ex-petit rat (pieds menus souhaités), n’hésite pas à me rejoindre sur MSN-Messenger (le téléphone m’écorche les oreilles).