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  • Lettre ouverte à une jeune idéologue tradi

    Mademoiselle,

    Dans les chapelles "tradi", l'idéologie sévit aussi ; surtout dans les chapelles tradi, suis-je même tenté de dire, car l'idéologie s'épanouit dans les milieux où, faute de disposer de moyens d'action, de pouvoir imprimer un mouvement à l'extérieur, il ne reste plus que les discours, théologiques ou idéologiques.

    De même, si dans l'Église pro-conciliaire, on se défend par principe de tenir un discours politique, c'est par hypocrisie : en réalité, l'Église n'a plus les moyens de tenir un discours politique distinct et original. La société civile le lui interdit. La preuve, tous les discours politiques ou presque que j'ai pu entendre, tenus par des curés conciliaires (l'homme ne peut pas s'empêcher de faire de la politique), tous ces discours étaient des discours à la mode : "À bas la pauvreté !", "Accueillons les immigrés", "À bas Le Pen !", "Vive Sarkozy !"…
    Ces discours politiques, qu'on a pu entendre dans la bouche de curés ou d'évêques conciliaires français, ce sont des discours à la mode. Plutôt que "conciliaire", il vaudrait mieux dire "conciliant". N'importe quelle concierge inspirée par le journal de 20 heures peut faire le même genre de sermon à ses locataires.

    *

    Prenez le supérieur de la Fraternité saint Pie X, maintenant, Mgr Fellay : la position qu'il défend, pour la résumer, c'est que l'abandon de la liturgie latine ancienne est la cause de la déroute du catholicisme en Europe. La rétablir, cette liturgie, si possible partout, serait par conséquent la meilleure façon de restaurer le catholicisme dans ses territoires…
    C'est le point de vue inverse de la majorité des "conciliaires", du moins des "conciliaires" au début, car il est plus difficile pour eux de nier la déroute désormais ; ceux-ci pensaient que la réforme liturgique, immédiatement catastrophique au plan artistique, attirerait une foule plus nombreuse dans les églises (L'art est l'ennemi du peuple, c'est ça que les conciliaires ont défendu, consciemment ou pas.)
    La position de Mgr Fellay est donc l'exact pendant, mais même si les faits semblent lui donner raison, ça reste une position idéologique qui ne rend pas compte, ou très faiblement, de la réalité.

    La réalité est que le régime politique et social en place, de type oligarchique et capitaliste, inspiré du modèle américain, est fondamentalement hostile au développement de la spiritualité chrétienne, probablement même de toute forme de spiritualité, excepté la spiritualité "zen" peut-être, et le tantrisme.
    Le capitalisme poursuit aveuglément un autre but et est amené à combattre tout ce qui va à l'encontre des "mécanismes" capitalistes que sont la croissance, le gaspillage, l'amoralité, la consommation de gadgets fabriqués par des esclaves dans des pays "émergents", etc.
    Prenez la critique violente du colonialisme. Elle n'a pour but que de légitimer les brutalités du néo-colonialisme capitaliste. Prenez la critique violente du nazisme. Elle n'a pour but que de donner un vernis moral au régime démocratique.

    L'art, la belle liturgie, ne sont "que" le produit d'une organisation sociale et politique donnée. Ce n'est pas Michel-Ange qui a fait le rayonnement de la papauté, c'est le pouvoir temporel de la papauté qui a permis à Michel-Ange de donner la pleine mesure de son talent et de rejaillir ensuite sur la papauté.

    Pour vous donner une preuve supplémentaire que vous voyez les choses à l'envers, Mlle : ce ne sont pas, quoi qu'ils disent, des raisons d'ordre théologiques qui retiennent les traditionnalistes de Mgr Fellay (les autres comptent pour du beurre, ils sont une poignée qui ne savent pas bien ce qu'ils veulent), qui les retiennent hors de l'Église romaine, ce sont des raisons concrètes, politiques, économiques, beaucoup plus fortes que les raisons théologiques invoquées. D'ailleurs le fondateur de la Fraternité saint Pie X, Mgr Lefebvre, ancien évêque de Dakar, n'était pas un théologien mais un meneur d'hommes, un organisateur.

    En espérant, mais sans trop y croire, vous avoir débarrassé un peu de votre voile idéologique, je vous prie d'agréer Mlle l'expression de mes sentiments dévoués à votre conversion au catholicisme.

    Lapinos

    PS : il me semble que les femmes ont un penchant plus net que les hommes pour l'idéologie - c'est net surtout chez les femmes célibataires. « L'homme est un animal politique. » a dit le penseur ; on est tenté d'ajouter « Et la femme un animal idéologique/théologique. ») ; si vous le souhaitez, je développerai ultérieurement quelques arguments sur ce thème et celui de la féminisation progressive et excessive de l'Église, depuis le XIXe siècle.

  • Un peu d'exotisme

    Le motu proprio, la décision personnelle du pape d’accorder à ses ouailles qui le désirent la liberté d’assister de nouveau à la messe en latin est… un non-événement.
    Il n’y a pas besoin d’avoir l’oreille de Mozart pour reconnaître la beauté spéciale du grégorien ; on se souvient que Brassens lui-même déplore qu’on célèbre dorénavant la messe sur des airs pas très solennels (Depuis Georges Brassens, l’image de la solennité s’est dégradée, c’est vrai, on imagine un discours du président de la République un 14 juillet, quelque chose dans ce goût-là forcément, alors que la solennité peut-être plus profonde que ça.)

    Que ce non-événement fasse couler beaucoup d’encre, chez les détracteurs comme chez les partisans du motu proprio, en revanche, il n’y a là rien de surprenant, dans un pays et à une époque où on a jamais autant aimé se gargariser de mots, où l’idéologie règne, à côté des lois fondamentales du capitalisme.
    Pour les lecteurs du Monde, l’expression de motu proprio a presque une saveur exotique et on peut compter sur les rédacteurs du quotidien pour exploiter le filon à fond.
    Que le concile de Vatican II ait provoqué une sorte de "Babel liturgique" au sein de l’Église d’Occident, quiconque s’est trouvé dans la cacophonie d’une cérémonie internationale modernisante ne peut le nier. Le pape a dû être le premier à s’en apercevoir (Il est allemand, en outre, et les Allemands supportent mal la cacophonie.)

    *


    La réalité - politique -, quelle est-elle ? Les églises, les séminaires sont presque vides. Quel que soit le rite liturgique qui l'emporte, il n’y aura bientôt plus personne pour le célébrer.
    Les évêques les plus conciliaires, les plus démocrates-chrétiens, ont déjà laisssé entendre qu’ils feront en sorte de ne pas appliquer la mesure du pape ; ils savent qu’il y a assez de forces médiatiques, en France, pour appuyer leur rebellion.
    Ils entendent ainsi, disent-ils, défendre leurs prérogatives, leur pouvoir d’évêque, contre la montée du fachisme liturgique. Comme si ce pouvoir des évêques n’était pas déjà presque totalement mouché…
    Si d’aventure un évêque se montre réticent à ratifier un des dogmes de la nouvelle religion d’État capitaliste et laïque, il se fait immédiatement rappeler à l’ordre par les médias et peut ainsi mesurer l’étendue de ses prérogatives.
    Il n’y a que les démocrates-chrétiens pour oser prétendre le contraire, car dans le fond, qu’est-ce qu’un démocrate-chrétien si ce n’est quelqu’un qui aime les évêques tels qu’ils sont actuellement, à savoir impuissants ; quelqu’un qui se satisfait de la société civile telle qu’elle est, et qui a plus confiance dans Sarkozy pour procéder à quelques ajustements, à quelques économies, que dans le pape lui-même. Dans une perspective démocrate-chrétienne, un pape philosophe, c’est l’idéal.

    *

    Un dernier argument en faveur de ce motu proprio que j’ai pu lire, c’est qu’il indique le caractère “bienveillant” de Benoît XVI à l’égard de TOUS les fidèles, aussi peu appréciés des médias soient-ils.
    On se console comme on peut, mais, à propos de “bienveillance”, on se souvient que les papes qui protégèrent Michel-Ange, d’Alexandre VI à Pie IV, en passant par Jules II et Clément VII (pas moins de dix papes en tout !) n’étaient pas spécialement “bienveillants” ; il paraît même au contraire que Jules II avait un caractère sacrément despotique (Jésus a décidé de bâtir sur Pierre et pas sur Jean). Ces papes n’en avaient pas moins un sens aigü de leur mission apostolique et la volonté farouche de conserver les moyens de la mettre en œuvre. Combien d’âmes d’artistes ont-elles été aspirées vers la voûte de la Sixtine ?

  • Picq de la Roccambole

    Dans ma précipitation j’ai oublié, hier, de citer un extrait du sermon évolutionniste du père Picq, qui donne une idée assez exacte de cette religion à la mode. Fustigez l’obscurantisme (catholique ou islamique) aujourd’hui, et vous aurez le droit ensuite de vous vautrer dans l’idéologie pure, brute de poésie qui plus est, sous les applaudissements du public.

    Chargé de critiquer le bouquin de Picq, Lucy et l’obscurantisme, dans le dernier numéro de la Quinzaine littéraire, le critique Jean-Paul Deléage ne songe pas une seconde faire son boulot simplement et relever les insuffisances et les contradictions du bouquin de Picq. Avec fanatisme, il reprend l’argument de Picq à son compte :

    « L’évolutionnisme est aussi une science historique. Retraçant l’origine de l’arborescence du vivant profondément enraciné de la passé de la Terre, l’évolution est représentée avec bonheur par la métaphore de l’arbre. Ses racines constituent le passé, ses branches l’avenir (…) »
    C’est creux comme un sermon post-conciliaire !
    Et maintenant, l’envolée lyrique, qui vaut son pesant de… cacahuètes :
    « Pour les évolutionnistes, par contre, une certitude : il n’y a que co-évolution, car ce sont les communautés écologiques, et non les espèces isolées, qui évoluent [vachement scientifique, le mec]. C’est donc la responsabilité humaine qui s’avère scientifiquement impliquée dans les drames écologiques de notre temps.
    La mondialisation inclut des femmes et des hommes de différentes cultures ou croyances qui devront, en tout état de cause, construire le monde à venir. Or si aucune culture ne peut prétendre imposer ses valeurs propres à toute autre dans ce processus, force sera cependant de construire un socle commun de valeurs aussi universelles que fondamentales.
    Ainsi devrons-nous agir pour que continue l’évolution. Cette situation inédite confère un sens profond à la grande idée de laïcité, seule garante de la diversité culturelle dans le désir que survive l’humanité dans une communauté de destin avec la planète Terre et sa biosphère.
    La laïcité est donc bien le nouvel enjeu de l’évolution : [citant Picq] “L’évolution nous dit d’où nous venons, l’enseignement de l’évolution nous dit comment nous pouvons aller (sic). De Lucy à la laïcité, il n’y a qu’un long récit universel entre notre passé à tous et notre avenir à tous.” »


    Si j’ai bien compris ça pose un problème MORAL à l’Église évolutionniste démocratique si le singe ou Lucy, devenu homme, évolue ensuite en gros connard barbare au lieu de circuler sur les vélos écolos de Bertrand Delanoë ??
    Au point où la théorie évolutionniste est rendue - la métaphore de l’arbre cache une forêt d’énigmes pour les généticiens, les paléontologues, les zoologues -, les évolutionnistes ont colmaté la brèche en invoquant l’opération du saint Hasard pour expliquer les mutations. Le saint Hasard est peu compatible avec le programme écolo-laïc du père Picq, les nazis inspirés par le struggle for life de Malthus et Darwin étaient plus cohérents ; mais ce n’est pas la rigueur scientifique qui étouffe les fidèles de l’Église évolutionniste.

  • Créationnisme (4)

    Parlons un peu de la manière révélatrice dont les évolutionnistes font passer les créationnistes pour une menace grandissante pour la science, et par conséquent pour l’humanité tout entière - car pour ce qui est d’extrapoler les évolutionnistes sont fortiches.

    La sortie d’un bouquin de Pascal Picq, Lucy et l’obscurantisme, me fournit l’occasion. Pascal Picq est, disons, un vulgarisateur scientifique médiatique à l’audience assez large, quelques millions d’auditeurs.
    Dans ce bouquin, l’artillerie lourde est de sortie contre les blasphémateurs créationnistes, pêle-mêle les islamistes, les électeurs de George Bush et de Le Pen, en gros tout ce qui inspire des cauchemars au lecteur lambda de Libé, avide comme on sait de progrès, de justice et de liberté.
    Moi j’entends Picq un peu partout exprimer ses vues ; jusqu’à preuve du contraire je ne suis pas fou. En revanche, je prétends que ceux qui entendent des islamistes prêcher un credo créationniste dans les médias ont “des voix”, et qu’ils feraient bien de se faire ausculter. À commencer par Picq.

    *

    Le “danger créationniste”, ça fait doucement marrer… Alors que les évolutionnistes ont été en mesure d’obliger le pape, en dehors bien sûr de ses fonctions, de son rôle et de sa spécialité habituels, à admettre officiellement que la théorie évolutionniste est une théorie plausible. Un tel geste aurait eu du sens pour protéger un art ou une science menacée, mais nul ne peut prétendre que le darwinisme n’a pas un très large écho, y compris chez les catholiques eux-mêmes, qui l’admettent souvent comme une vérité immanente.
    Les évolutionnistes ont ainsi remporté une victoire, puisque les médias se sont empressés de traduire la déclaration du pape comme une caution, un peu ringarde, certes, à leurs yeux, mais une caution quand même, fournie à la théorie de Darwin. Un comble de la part d’évolutionnistes qui se réclament de la science, de la logique et d’une certaine forme d’athéisme !
    C’est exactement comme si on avait forcé le pape à se convertir à l’esprit du temps.
    Car il ne s’agit pas vraiment d’un complot évolutionniste, mais plutôt d’une manifestation de la force de l’esprit du temps, des préjugés contemporains, qui n’ont jamais été aussi univoques et indiscutables que depuis que les moyens de propagande moderne, télévision, cinéma, journaux “gratuits”, se sont imposés en Occident, au point de contraindre un pape à légiférer “in nihilo”.
    Il faudrait être un scientifique bien naïf pour prétendre que l’esprit du temps, les croyances communes, qui forment en définitive une religion nouvelle, n’ont pas une influence déterminante sur la recherche scientifique. Il faut avoir une cervelle bien kantienne pour isoler Copernic, Newton, Darwin ou Poincaré du socle de leurs croyances ou de leurs convictions.

  • Une belle histoire de l'Oncle F.

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    La comparaison avec l’Augustin de Jerphagnon est tentante. Même format, même volume, même volonté de survoler son personnage et de l’éclairer sous un jour nouveau chez François Brigneau avec Mussolini.
    La comparaison s’arrête là, car la tentative de Jerphagnon d’offrir un panorama de la pensée grecque en quelques pages afin de resituer saint Augustin dans son contexte s’enlise à demi dans l’académisme. On bâille très tôt. Brigneau marche d’un pas plus alerte dans les pas du Duce. Peut-être parce que Brigneau ne traîne pas une grosse valise pleine de livres avec lui ? Peut-être parce que le sujet était plus facile ? Pas si sûr. Pas si facile de mettre de l’ordre dans le chaos de l’histoire récente pour dégager une trame.
    Sûrement parce que Brigneau est très bon conteur. D’ailleurs ça s’appelle exactement Si Mussolini était conté. Comme s’il racontait pour ses petits-enfants. Une belle histoire de l’Oncle François (Auto-éditions FB).

    J’ouvre une parenthèse : je devrais sans doute présenter Brigneau, vu que c’est un journaliste-écrivain maudit qu’on ne risque pas d’entendre sur “France-Culture” pérorer sur tel ou tel hors-sujet tiré au hasard. Mais n’y a-t-il pas désormais une pudeur, une réserve à avoir vis-à-vis du tout-venant, sur le sujet des écrivains maudits ? Ils ne sont plus très nombreux, alors on aime autant ne pas les partager avec le premier démocrate-chrétien venu.

    « Je voudrais, mes petits poussins, attirer votre attention sur ceci. Depuis cinquante ans, et plus, les “munichois” sont couverts d’opprobre. “Munichois” signifie abject et lâche. Quand, à 13h30, Daladier atterrit au Bourget, une foule énorme a envahi l’aéroport qui n’est encore qu’un aérodrome. Jusqu’à la rue Saint-Dominique où se trouve le ministère de la Défense, des centaines de milliers de Parisiens, toutes classes sociales confondues, l’acclament. Albert Lebrun, le président de la République, adresse ses félicitations à Daladier. Les messages de compliments affluent. Dans le Populaire, le quotidien de la SFIO, Léon Blum parle de “lâche soulagement”. Se soulager, c’est parfois lâcher. « Depuis la négociation on peut jouir du soleil d’automne », ajoute-t-il, toujours poète. La commission administrative de la CGT déclare que « l’accord de Munich a évité le pire ». Afin de remercier Chamberlain, France-Soir (rédacteur en chef Pierre Lazareff) ouvre une souscription pour lui offrir une résidence secondaire en France. Les dons arrivent en masse. Le président de l’assemblée de la SDN félicite Daladier et le Premier ministre anglais. Ils ont sauvé la paix ! A Paris le 5 octobre 1938 la chambre du Front Populaire approuve par 536 voix contre 75 les accords de Munich. Les députés communistes, qui l’année suivante approuveront le pacte germano-soviétique, ont voté contre. Vive Mussolini ! »

    Je m'attendais à un éloge plus franc de Mussolini dans l'ensemble, mais Brigneau a la prudence de prendre un peu de hauteur et de fustiger plutôt l’impuissance de la France ou le bellicisme d’Hitler et des Anglais.

    Bref, le bouquin léger de Brigneau est parfait si on ne veut pas bronzer idiot à la plage en lisant du Beigbeder ou du Harry Potter (ou du Littell, pour ceux qui n’ont pas encore fini)… avec cette réserve : si on fréquente une plage démocratique, Palavas-les-Flots ou Canet-en-Roussillon, plutôt qu’une petite crique aristocratique isolée, on risque d'indisposer son voisin ou sa voisine de serviette en slip de bain, voire le CRS en faction.

  • Revue de presse (VIII)

    « La bonne me fait entrer dans le salon à dominante de teintes gris souris et parme. Aucun désordre, pas le moindre grain de poussière, des étagères impressionnantes remplies de livres méticuleusement ordonnés.
    Et, dans un coin, une lampe sur pied et une méridienne.
    L’atmosphère rappelle plutôt celle d’un cabinet de psychanalyste. »
    Florence Belkacem (“Vous pouvez répéter la question”, 2007)
    Extrait du préambule à l’interviou de Finkielkraut par F. Belkacem, de VSD.
    On en apprend plus entre les lignes de ce recueil d’intervious (Marine Le Pen, Alain Juppé, Maurice Dantec, Dieudonné, etc.), car la journaliste sacrifie largement au “politiquement correct”, saluant ainsi la grande “capacité d’indignation” (?) de Finkielkraut.


    *

    Entre la poésie de Char et celle de Chard (dans "Présent" du 7 juillet), le soldat Villepin est cerné :
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    *

    « Il ne s’agit pas de la tombe de Jésus (…) à cause de la banalité des prénoms inscrits sur la tombe. Si vous aviez crié les prénoms, sur un marché de la Jérusalem antique, des dizaines de personnes se seraient retournées.
    Pour que la thèse soutenue dans le documentaire soit crédible, il aurait fallu trouver des indices plus tangibles, comme, par exemple, “Jésus de Nazareth” inscrit sur la tombe.
    - Estimez-vous que vous avez été utilisé par Cameron et Jacobovici ?
    - Comme je leur ai donné des conseils, ils ont fait croire que je partageais leurs idées. Je ne trouve pas le procédé très honnête. »
    Shimon Gibson, archéologue (“Le Monde des religions”, juillet-août 2007)
    Le journaliste du Monde [athée] des religions demande à Gibson s’il a été “utilisé”, il n’ose pas lui demander s’il a été “manipulé”, ce qui serait poser la question comme il faut. Il ne fait aucun doute en effet que Gibson a été “utilisé” ; il a même dû être payé comme conseiller. Il est un peu tard pour venir pleurnicher. Les intentions des auteurs de ce “documentaire” étaient manifestement malhonnêtes. Ce n’est pas la première fois que ce genre de coup est monté pour tenter de battre en brèche l’historicité de Jésus ou de faire croire que le récit des évangélistes n’est pas conforme à la réalité.
    Le Monde des religions participe d’ailleurs à la manipulation en titrant largement “La tombe de Jésus a-t-elle été découverte ?”, alors que le témoignage tardif de S. Gibson publié dans ses pages dit qu’il n’y a aucun indice sérieux pour penser que cette tombe familiale, éloignée du lieu de résidence de la famille de Jésus et d’un “standing” nettement supérieur soit le tombeau du Christ.


    *

    « L’historien René Rémond, décédé le 14 avril à 88 ans a été encensé par une presse quasi-unanime. Certes, il avait pris sur le tard position contre la loi Gayssot et contre l’anticatholicisme agressif de Michel Onfray. Mais lorsqu’il présidait les Intellectuels catholiques dans les années de connivence avec le FLN et le communisme (des années 50 aux années 70), il pratiqua l’exclusion totale des catholiques traditionnels (…) ; et plus récemment il se déshonora avec quelques autres en violant le secret des archives ecclésiastiques et privées, allant jusqu’à reprocher à Paul Touvier une inscription de son faire-part de mariage, qui se révéla être une citation du livre de Tobie…
    René Rémond était le neveu de Mgr Rémond, évêque de Nice, qui fut sous l’Occupation un des évêques les plus pétainistes et en même temps l’un des plus efficaces protecteurs des juifs (les deux choses allaient en général de pair, comme le montre le cas des évêques de Lyon, Clermont, etc. Voir le Dictionnaire des Justes de France.) »
    (Échos de l’Entente catholique, juillet-août 2007)
    La quasi-unanimité de la presse, gauchiste, libérale ou démocrate-chrétienne, c’est le signe certain désormais qu'il vaut mieux aller S’INFORMER ailleurs.

    *

    Ce genre de procédé est devenu monnaie courante dans la presse et la littérature contemporaine, mais le cas de Beigbeder est exemplaire dans la mesure où c’est un hypocrite contempteur de la publicité et du marketing capitaliste.
    Beigbeder est à la fois chroniqueur à Lire et auteur d’un nouveau best-seller. Que va faire Lire, s’abstenir de parler du bouquin de Beigbeder, pour éviter de tomber dans la flagornerie ? Ah, ah, je plaisante, évidemment… Bien sûr Lire parle du dernier roman extra-light de Beigbeder, plutôt deux fois qu’une. Il organise même un “pour et contre”. Passons sur le “pour”, on devine les arguments d’ici : “Ce n’est pas parce que Beigbeder est un collègue de travail que j’ai trouvé son dernier roman d’une profondeur inexpectée de la part d’un homme qui affecte, etc., etc.” pour aller directement au “contre”. Tout l’effort du mec de corvée vise à démontrer que Beigbeder n’est jamais si bon que dans les mots d’esprits enlevés et que la forme romanesque nuit un peu à cet esprit brillant(issime).
    Conclusion : si par le plus grand des hasards personne n’a la bonne idée de vous offrir le dernier bouquin de Beigbeder, vous pourrez toujours vous rabattre sur sa chronique dans “Lire”, taillée à la mesure de cet écrivain dont l’Anleterre nous enviera bientôt les traits d’humour, etc., etc. ; c’est le b.a.-ba du merchandising, lorsqu’un client ne veut pas d’un produit, il ne faut pas le laisser quitter le magasin sans lui en avoir fourgué un autre.
    Lire, l’hebdo qui prend pas son lecteur pour la moitié d’un crétin !”


    *

    Un autre hebdo qui prend ses lecteurs pour ce qu’ils sont, à savoir des bobos, dans leur grande majorité, c’est Charlie-Hebdo. On ne s’en cache plus désormais, après Johan Sfar, le petit philosophe chiant illustré, c’est Amélie Nothomb qui débarque en pleine page pour raconter aux lecteurs de “Charlie-Hebdo”… en fait je ne sais pas quoi, car je n’ai pas eu le courage d’aller au-delà de la deuxième ligne de la prose de Nothomb. Il faudrait me payer pour lire du Nothomb, comme il faudrait me payer pour relire du Harry Potter (Je m’y étais astreint l’année dernière dans un effort de compréhension de mes semblables, maintenant que j’ai compris, je suis exempté - le succès de Potter est “para-scolaire” et il y a toujours des fayots pour se réjouir de l'arrivée des “cahiers de vacances”.)
    La page en face de Nothomb, Siné continue de faire semblant d’être anarchiste tout en défendant sa propriété privée dans le maquis Corse bec et ongles. Mais au moins, quand Siné se prend pour Montesquieu, c’est plus drôle que du Juppé ou du Nothomb ; donc je cite :

    « “En philosophie, comme en politique, c’est une impossibilité logique que de dire que l’on consent librement à un amoindrissement de la liberté. On ne peut consentir librement qu’à une consolidation ou une progression de la liberté.”
    C’est Philippe Val qui écrit cela dans son dernier édito, à propos des élections palestiniennes qui ont donné une victoire au Hamas. Bien qu’il la reconnaisse légitime, il ne la juge pas “démocratique”, car il l’estime due à une “aliénation antidémocratique”. Cela vous étonnera peut-être [?], mais je suis on ne peut plus d’accord avec lui. Où il ne le sera peut-être pas avec moi, en revanche, c’est que je dresse absolument le même constat quant au résultat des élections israéliennes désignant le criminel de guerre Ariel Sharon à la tête du gouvernement, pas plus que celle, récente, française, nommant Nicolas Sarkozy à nos commandes. »
    La démocratie, c’est vraiment l’art de justifier l’absurde par la logique. Je décode, à l’attention de ceux qui se refusent à lire un canard aussi “branché” que Charlie Hebdo : tout le monde à Charlie-Hebdo défend - un comble ! -, la politique américaine au Moyen-Orient, de Johan Sfar à Philippe Val en passant par Cabu ; alors Siné, forcément, le dernier des gauchistes pro-palestiniens, râle pour la forme. Alain Minc devrait l’embaucher au Monde, comme le schtroumpf Plantu, pour servir d’alibi et redonner une image pluraliste à un quotidien qui n’abuse plus grand-monde de ce point de vue-là.