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  • Cerveau reptilien

    De Job Rothschild à Olivier Dassault : "Je crois que c'est un peu trop facile, comme ça, de crier haro sur les patrons." Cette réplique de Dassault dans un PMU aurait provoqué l'hilarité générale, avant évacuation du comique-troupier à coups de pieds au cul. Mais là Dassault se trouve sur la chaîne parlementaire qui est censée faire gober aux Français qu'ils ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale par des guignols.

    Pourtant il se raconte jusque dans les milieux politiques qu'on est doté dans la famille Dassault exclusivement de cerveaux reptiliens, rapport au plafond tellement bas qu'il n'a pas été possible d'insérer grand-chose dans la boîte crânienne (la démonstration que la taille du cerveau n'a pas d'importance, basée sur celui d'Einstein, ne vaut pas pour moi puisque je tiens Einstein pour un crétin de première bourre, dont la seule intelligence est d'avoir caché à de plus crétins que lui qu'il n'avait aucun talent autre que publicitaire).

    Médiocrité confirmée par le niveau intellectuel des journalistes qui bossent ou ont bossé pour le compte de la famille Dassault au cours des trente dernières années, dont on ne peut pas dire que ce soit "la crème de la crème".

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    Bien sûr on ne peut que se féliciter que les "patrons" se soient pris les pieds dans le tapis, mais, j'ai envie de dire "hélas", personne ne les y a poussés ni n'a crié "haro" sur le baudet. Dassault c'est le mec qui fait une demi-tentative de suicide et qui crie ensuite "à l'assassin, on m'égorge !" : patience.

    Bien que ça ne l'ai pas fait marrer, la sortie supersonique de Dassault, j'ai un petit faible pour la jeune journaliste à cheveux courts de la chaîne parlementaire, qui a quand même essayé d'asticoter O. Dassault, strictement toujours déguisé en maquereau maltais, tenue de rigueur apparemment pour fourguer des mirages et des rafales à des émirs. Il faut dire qu'avec des types comme PPDA sous Chirac et Drucker sous Sarkozy, on a placé le niveau de servilité des journalistes tellement bas, que dès qu'il y en a une qui fait semblant de poser des questions qui fâchent, je commence à avoir une érection.

    Si je m'attarde autant sur le rase-motte Dassault, c'est qu'il est un peu différent du cas décrit par Lafargue du capitaliste accroché à son Capital comme la bernique à son rocher et qui ne veut pas démordre de son "élection". Quand Olivier Dassault dit que sa famille s'est rendue utile à la France, il a l'air sincèrement d'y croire !? Comme si on n'avait pas en France tout ce qu'il faut, des jolies filles et des plages, etc., tout ce qu'il faut pour se passer de "jet-set" et d'armes de destruction massive ?

    Et la défense nationale ? Gross Rigolad, là encore. On sait que le terrorisme en cas de besoin est beaucoup plus efficace et beaucoup moins coûteux que le gros matériel qui tombe en rade tout le temps, systématiquement en retard d'une guerre.

     

     

  • Vu à la télé

    Vu Alain Badiou à la télé. Bonne tête de philosophe grec. Quand on voit le niveau moyen des profs de philo. censés avoir passé un concours élitiste et qui sont pour la plupart incapables d'exprimer une idée générale cohérente, on peut dire que Badiou "redore" le blason de sa corporation.

    Il faut dire que je soupçonne Raphaël Enthoven, l'ex. de Carla B., de n'inviter dans son émission de philo sur "Arte" (poilâde garantie !) que des sombres crétins, et laids si possible, afin de paraître brillant par comparaison.

    Surtout il n'y a pas chez Badiou le côté "Marx pour les bobos" comme il y a chez Debord, Baudrillard ou Daniel Bensaïd, qui aurait sûrement fait dégueuler Marx et Engels. C'est une menace de mort qui pèse sur le prolétariat que défendent Marx et Engels, comme aujourd'hui en Chine ou en Afrique, en Inde, et pas une menace de baisse du pouvoir d'achat.

    Ce qui fait la supériorité de Badiou, au-delà de ses capacités rhétoriques, c'est la teneur scientifique de son propos, notamment dans le domaine historique. Un des traits caractéristiques du capitalisme, c'est d'étouffer l'histoire pour la ramener au niveau de la chronologie ou de l'expertise-comptable.

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    Là où on ne peut pas cautionner les propos de Badiou, c'est lorsqu'il parle de "discipline du raisonnement mathématique". Bien sûr le raisonnement algébrique est essentiellement puritain et contraire au matérialisme de Marx. Toutes les prétendues "lois économiques libérales", monétaires ou autres, dont Marx a dégagé les ressorts une par une, sont sous-tendues par une algèbre puritaine. On constate d'ailleurs que l'argument télégénique indépassable d'un crétin comme Guy Sorman : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes possibles", vient directement de la "science" boche de Leibniz, science méprisable qui a pour effet de réduire les réalités physiques à de simples slogans.

    Badiou ne va pas jusqu'à faire des mathématiques un mode de pensée communiste privilégié, heureusement, mais même lorsqu'il qualifie le raisonnement mathématique de "rigoureux" et "discipliné", il va trop loin ; il est en-deça de Simone Weil qui avait détecté le caractère irrationnel des travaux de Max Planck et l'avait dénoncé comme un usurpateur. Le raisonnement algébrique est fondamentalement binaire et paradoxal, c'est-à-dire chaotique. Le chaos des modèles astronomiques par exemple (abusivement qualifiés d'astrophysiques), ce chaos est extrapolé des modèles algébriques eux-mêmes.

    Qu'est-ce que ça signifie ? ça signifie que dès lors qu'une modélisation algébrique d'une réalité physique présente un caractère de "finitude" ou de "continuité" (par ex. le monde fini de Kopernik ou l'univers en forme de soucoupe des frères Bogdanoff), il est fondamentalement truqué et on peut le réfuter. Les fameux "trous noirs" ne sont que du rapiéçage, rapiéçage d'un grand 'patchwork' algébrique débile.

    Ce que Platon n'avait pas compris, c'est que la symétrie n'est que le masque de la laideur ; la symétrie cache le chaos comme le miroir cache l'image, et la poésie est complètement réversible. C'est ce que révèle Aristote, dans sa "Physique", et en quoi il surpasse Platon.

    En somme, Badiou est un communiste qui fait l'éloge de la musique, alors que c'est du côté du dessein que Marx, Engels ou Simone Weil se situent, plus près des étoiles par conséquent.