samedi, 25 juillet 2009

Marx pour les Nuls

Karl Marx donne exactement la même définition de l'idéologie que celle fournie par Aristote dans ses petits "Traités d'histoire naturelle" ; il s'agit pour le Stagirite à propos de la perception sensorielle des bruits et des odeurs de réfuter l'opinion selon laquelle, comme chacun perçoit l'odeur ou le bruit différemment, le bruit ou l'odeur en question n'est pas unique.

C'est ce qui fait la force de Karl Marx : il est fondé comme Aristote sur une science physique précise.

D'une certaine façon, à une moindre échelle l'antagonisme entre Hegel et Marx ressuscite la querelle entre Thomas d'Aquin et les artistes parisiens (Siger de Brabant) ou les Averroïstes.

Ce qui fait l'isolement de Marx au XIXe siècle c'est qu'il est le seul à défendre une philosophie naturelle vraiment aristotélicienne (sachant qu'Averroès lui-même n'est guère "oriental" malgré les apparences).


jeudi, 16 juillet 2009

Pour un art communiste

L'helléniste-archéologue François Chamoux prétend que l'idée de "l'art pour l'art" est étrangère à la Grèce antique ; il cherche par là à démontrer la supériorité de l'artisanat. Cependant il a tendance à confondre deux choses : l'esthétique et la production artistique elle-même. L'idée d'art cultivé pour lui-même est une idée de la morale existentialiste, c'est-à-dire capitaliste, un slogan qui a commencé d'être forgé au XIXe siècle ; autrement dit l'idée de l'"art pour l'art" coïncide avec l'apparition et le développement de produits industriels, puis l'assimilation de ces produits industriels, la photographie par exemple, à l'art. Dans le sens où l'idée de "l'art pour l'art" participe de la propagande, cette idée est bien entendu étrangère à l'Antiquité. On voit bien d'ailleurs que la religion laïque est écartelée entre sa prétention à une grande spiritualité et l'évidence de son impuissance artistique, baignant dans le formol et la muséographie.

François Chamoux tombe donc au moins en partie dans cette erreur, typiquement allemande, qui consiste à confondre les Grecs avec les Romains. L'art grec n'est pas entièrement imitatif, il échappe en partie à la vocation politique et religieuse que Virgile assigne à l'art pour déborder sur le domaine de la science. A la période moderne, aucune époque n'a mieux que la Renaissance réussi comme les Grecs à "dominer les Muses", celles-ci étant le symbole de l'art artisanal "stricto sensu" ou de la poésie. Comme l'histoire progresse contre le temps, l'art progresse contre la politique et la religion.

L'idée de "désir mimétique" défendue par René Girard à propos de Shakespeare est proche de celle de Chamoux, le pédantisme en plus. Elle est également fausse dans la mesure où elle revient à assimiler la tragédie grecque, hauteur à laquelle Shakespeare prétend manifestement, avec le drame romain.

Le stade ultime de l'imitation avant la mort, c'est le pastiche : les monochromes d'Alphonse Allais par exemple, railleries légères contre la peinture de paysage impressionniste. Les monochromes de Soulages, Klein ou Malévitch en revanche, parodies vides de sens, sont les produits du totalitarisme politique.

(Il est vain comme Chamoux de chercher à comprendre les Grecs à travers Socrate et Platon, puisque comme l'établit François Bacon, Platon et Socrate "ne se connaissent pas eux-mêmes" en quelque sorte et incarnent la décadence grecque.)

 

mardi, 02 juin 2009

No Sport

Tout comme les économistes capitalistes confondent concurrence et économie, les philosophes laïcs ne connaissent pas la différence entre le sport et le jeu. Finkielkraut, Bégaudeau, Zemmour, qui déclarent à la télé leur "passion pour le sport", ne "pensent" pas : ils font allégeance au régime et à ses moeurs.

La "vertu éducative du football" est une de ces vastes blagues capitalistes que seuls des pions peuvent avancer sans rire. Pourquoi pas la vertu éducative des dix-sept kilomètres d'entraînement par jour de la grenouille Manaudou, tant qu'on y est ? Exploitation = éducation, par conséquent, dans la nouvelle morale laïque télégénique.


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Le principe de la compétition n'est bien sûr pas inhérent au sport mais au capitalisme. Je me considère moi-même comme un athlète, puisque je m'adonne au sport depuis vingt ans sans interruption ; mais j'ai toujours eu un souverain mépris pour la compétition. La compétition, c'est le cirque des femelles pour avoir le plus beau mâle, ou des mâles pour avoir le plus de femelles.

D'un certain point de vue la "passion du sport" selon Zemmour, Finkielkraut ou Bégaudeau paraît même cocasse, comme le goût d'intellos malingres pour le spectacle du combat entre des corps d'athlètes, combat qui mène à la mort, au moins symbolique (le capitaliste est un Romain que la vue du sang fait s'évanouir).

Il est vrai cependant qu'on peut faire des comparaisons philosophiques avec le sport. Le rugby ressemble à s'y méprendre à la religion laïque, à la philosophie nationale-socialiste de Hegel, par sa façon de progresser par jets rétrogrades dans un plan rectangulaire, de repartir à zéro après avoir marqué un "essai". Le football, qui a assimilé la tricherie dans son règlement, évoque plutôt, lui, les nouvelles pratiques fiscales et comptables de la City.

L'intérêt du débat est qu'on peut voir que la promotion du jeu romain contre le sport grec vient du puritanisme et d'un excès de sentimentalisme. Jeux pythiques contre jeux olympiques.

Bégaudeau n'est même pas capable d'imposer le respect à ses élèves. Sa notoriété vient du "deal" passé avec eux et du crétinisme des jurés du Festival de Cannes. Comme si les roulements de mécanique de Zemmour, le sémaphore de Finkielkraut, les caniches de Luc Ferry, les sermons d'Enthoven ne suffisaient pas, on a maintenant pour le même prix la tête de ballon rond de Bégaudeau.

dimanche, 24 mai 2009

Saint Marx

Marx et Engels démontrent, notamment dans leur pamphlet intitulé "La Sainte Famille", que le totalitarisme dérive d'une idéologie de la famille. C'est-à-dire que la sacralisation de l'Etat, ses institutions, ses lois, reprend en les développant les formules de la sacralisation de l'organisation familiale (même si d'un point de vue marxiste, bien sûr, les idées ne sont que des coquilles vides qui ne permettent pas de comprendre la logique tortueuse de l'Histoire). La famille n'est donc pas seulement l'organisation première constitutive de la société civile, sur le plan humain et économique, la "religion de l'Etat" est aussi un ersatz de la religion de la famille.

La doctrine de G.W.F. Hegel n'est pas moins médiévale ou romaine que celle de Kant en réalité, même si la "statique" de Hegel, prince des philosophes allemands, est dissimulée derrière un principe d'évolution quasiment algébrique ou fonctionnel. Montesquieu n'est d'ailleurs pas plus capable que Hegel, après avoir posé le principe abstrus de la "loi naturelle", d'expliquer clairement quel rapport les lois entretiennent avec la Nature. Le lien qui s'impose à l'esprit entre la loi et l'artifice n'est effacé par Montesquieu qu'à l'aide d'un décret.

L'analogie entre "l'homme providentiel" du droit laïc, "national-socialiste", et Moïse a déjà été remarquée par tel ou tel historien (A. Hitler lui-même comme certaines de ses notes en témoignent, avait remarqué les connotations religieuses du droit allemand) ; mais les lois de Montesquieu sont elles aussi comme "tombées du Ciel", et l'ésotérisme juridique de Montesquieu précède celui du Souabe Hegel, malgré la différence de style (et le fait que, dans le domaine artistique au moins, Montesquieu émet des idées moins lucifériennes que celles de Hegel.)

 

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On peut penser qu'en dehors de l'influence de Charles Fourier, ce sont les études grecques de Karl Marx qui l'ont amené à s'attaquer à une idéologie fondamentalement romaine de la famille. Trois idéologies se rencontrent ici : non seulement le droit romain, mais aussi la philosophie allemande par conséquent, sans oublier le droit patriarcal juif, pour donner naissance à la religion dite "judéo-chrétienne", devenue "laïque" sous l'effet d'un certain nombre de spéculations et de conflits d'intérêts. La mythomanie de l'"Europe latine" (cf. Rémi Brague) procède encore du même amalgame. Si la thèse de Rémi Brague n'a pas de consistance historique, en revanche elle en dit long sur notre temps, incapable de comprendre quoi que ce soit en dehors des principes qui le déterminent.

 

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Pas besoin par ailleurs d'avoir fait des études de théologie très poussées pour savoir que la théorie chrétienne du sacerdoce du prêtre est elle aussi bâtie contre l'institution matrimoniale ; non pas par puritanisme comme les journalistes disent parfois, mais parce que la famille, institution éminemment patrimoniale, se heurte à la vocation spirituelle de l'homme et aux nécessités de l'évangélisation. Les théologiens du sacerdoce n'ont pas pu ne pas remarquer que Jésus exige des apôtres qu'ils quittent tout sur le champ, y compris leur famille le cas échéant.

Le journaliste C. Terras (de "Golias") n'a pas tort de relever que le sacerdoce lui-même n'est pas exempt de raisons patrimoniales et qu'il a eu parfois pour effet d'empêcher l'éparpillement des biens du clergé ; mais cette remarque n'a pas de sens sans le corollaire que le mariage, lui, ne déborde pas (d'un point de vue chrétien) le cadre patrimonial (même si la généralisation du salariat a eu tendance à gommer, dans l'après-guerre 1939-45 surtout, cet aspect essentiellement patrimonial, dont seul le monde des affaires ou le monde rural conserve la compréhension).

L'aberration est donc la suivante : non pas d'inciter l'Eglise à abroger le sacerdoce pour une forme d'action plus moderne, mais de l'inciter à abandonner le principe du sacerdoce pour permettre aux prêtres... de se marier, c'est-à-dire d'endosser les conventions et les rites d'une institution particulièrement archaïque et païenne.

Cette invitation faite à l'Eglise de se moderniser dans le sens du paganisme (!) a d'ailleurs pour effet de montrer que l'idéologie du mariage n'a rien perdu de sa vivacité, bien au contraire, dans le régime laïc totalitaire. Le "mariage gay" est certainement d'un point de vue matérialiste la conception la plus spirituelle du mariage qu'on ait jamais inventé. Les démocrates-chrétiens puritains, disons "boutinistes", qui combattent le mariage homosexuel, éprouvent d'ailleurs beaucoup de difficultés à lutter contre une conception encore plus "fleur bleue" que la leur de la réalité sociale.

 

 

 

 

 

mardi, 19 mai 2009

Déphilosopher

Moi je suis vacciné depuis le premier jour contre la philosophie. Quelqu'un qui ne le serait pas encore, je lui conseille de regarder l'émission de philo. sur "Arte" de l'ex. de Justine Lévy et de Carla Bruni, dont le nom m'échappe à chaque fois et qui doit sûrement être féministe vu son habileté à grimper de femme en femme.

Chaque fois que je tombe sur ce type en zappant, et parfois ça peut être marrant quand son "répliquant" est bien branquignol, il me fait penser au héros de Stendhal, dont le nom m'échappe aussi, avec son cou de jeune séminariste janséniste tendu en avant, les mains comme faites pour trimballer un bréviaire tout en causant avec une demoiselle dévote à la sortie d'une paroisse BCBG.

lundi, 18 mai 2009

Marx et l'Eglise

Encore un curé qui, dans son sermon, glisse une citation de Nitche ! Un truc imbitable comme quoi les églises seraient plus remplies si les chrétiens avaient l'air plus... joyeux !?

C'est d'autant plus cocasse que la mode du "judéo-christianisme" voudrait que les chrétiens lisent désormais non plus seulement le Nouveau, mais aussi l'Ancien Testament, pas exactement très rigolo et même rempli de meurtres et d'assassinats. On voit que, dans les faits, les chrétiens ne lisent plus du tout la Bible mais préfèrent regarder des dévédés, comme tout le monde.

Frédéric Nitche décrète la mort de Dieu. Karl Marx, quant à lui, juge plus objectif de décréter la mort de l'Eglise. On comprend aisément pourquoi Nitche rencontre plus de succès dans le clergé. Le côté pédérastique de Nitche doit certainement jouer aussi.



samedi, 02 mai 2009

Misère de la philosophie

Quand je dis que je tiens mon boulanger et mon tripier pour de plus grands savants qu'Axel Kahn ou Claude Allègre, personne ne me prend au sérieux.
Pourtant le commis boulanger m'a confié hier dans une boulangerie très bonne (fréquentée par Besancenot) : "Une gonzesse, c'est comme le ministère de l'Intérieur." Il est comme son pain, ce gars. Je le lui ai dit, bien sûr. Et j'ai eu droit aux mines affligées des secrétaires faisant la queue derrière en prime...

Si ça c'est pas bien observé, sans microscope ni salaire ! Les observateurs de la vie politique, payés par le contribuable à ne rien foutre, ne l'ont même pas encore pigé, eux, que Sarkozy n'est qu'une femelle hystérique, Fillon son mari sado-maso, et que les Français ont élu la plus féminine des deux candidates en 2007. Pour coller une capote (de flic anglais) sur le sexe français : pas du tout pour le libérer.

Et "Nique ta mère !" : la finesse de la rébellion de la part de tous ces enfants abusés ! J'aimerais bien savoir combien Eric Zemmour est payé par la télévision publique à côté pour débiter sa morale d'homosexuel amoureux de Napoléon et des coups de trique.

Les petits beurs de mon quartier n'ont pas eu besoin de lire "Génitrix" pour piger.

vendredi, 10 avril 2009

Vu à la télé

Vu Alain Badiou à la télé. Bonne tête de philosophe grec. Quand on voit le niveau moyen des profs de philo. censés avoir passé un concours élitiste et qui sont pour la plupart incapables d'exprimer une idée générale cohérente, on peut dire que Badiou "redore" le blason de sa corporation.

Il faut dire que je soupçonne Raphaël Enthoven, l'ex. de Carla B., de n'inviter dans son émission de philo sur "Arte" (poilâde garantie !) que des sombres crétins, et laids si possible, afin de paraître brillant par comparaison.

Surtout il n'y a pas chez Badiou le côté "Marx pour les bobos" comme il y a chez Debord, Baudrillard ou Daniel Bensaïd, qui aurait sûrement fait dégueuler Marx et Engels. C'est une menace de mort qui pèse sur le prolétariat que défendent Marx et Engels, comme aujourd'hui en Chine ou en Afrique, en Inde, et pas une menace de baisse du pouvoir d'achat.

Ce qui fait la supériorité de Badiou, au-delà de ses capacités rhétoriques, c'est la teneur scientifique de son propos, notamment dans le domaine historique. Un des traits caractéristiques du capitalisme, c'est d'étouffer l'histoire pour la ramener au niveau de la chronologie ou de l'expertise-comptable.

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Là où on ne peut pas cautionner les propos de Badiou, c'est lorsqu'il parle de "discipline du raisonnement mathématique". Bien sûr le raisonnement algébrique est essentiellement puritain et contraire au matérialisme de Marx. Toutes les prétendues "lois économiques libérales", monétaires ou autres, dont Marx a dégagé les ressorts une par une, sont sous-tendues par une algèbre puritaine. On constate d'ailleurs que l'argument télégénique indépassable d'un crétin comme Guy Sorman : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes possibles", vient directement de la "science" boche de Leibniz, science méprisable qui a pour effet de réduire les réalités physiques à de simples slogans.

Badiou ne va pas jusqu'à faire des mathématiques un mode de pensée communiste privilégié, heureusement, mais même lorsqu'il qualifie le raisonnement mathématique de "rigoureux" et "discipliné", il va trop loin ; il est en-deça de Simone Weil qui avait détecté le caractère irrationnel des travaux de Max Planck et l'avait dénoncé comme un usurpateur. Le raisonnement algébrique est fondamentalement binaire et paradoxal, c'est-à-dire chaotique. Le chaos des modèles astronomiques par exemple (abusivement qualifiés d'astrophysiques), ce chaos est extrapolé des modèles algébriques eux-mêmes.

Qu'est-ce que ça signifie ? ça signifie que dès lors qu'une modélisation algébrique d'une réalité physique présente un caractère de "finitude" ou de "continuité" (par ex. le monde fini de Kopernik ou l'univers en forme de soucoupe des frères Bogdanoff), il est fondamentalement truqué et on peut le réfuter. Les fameux "trous noirs" ne sont que du rapiéçage, rapiéçage d'un grand 'patchwork' algébrique débile.

Ce que Platon n'avait pas compris, c'est que la symétrie n'est que le masque de la laideur ; la symétrie cache le chaos comme le miroir cache l'image, et la poésie est complètement réversible. C'est ce que révèle Aristote, dans sa "Physique", et en quoi il surpasse Platon.

En somme, Badiou est un communiste qui fait l'éloge de la musique, alors que c'est du côté du dessein que Marx, Engels ou Simone Weil se situent, plus près des étoiles par conséquent.

 

samedi, 07 mars 2009

Déphilosopher

Je constate que Platon et David Hume (1711-1776) sont au programme cette année de l'agrégation de philosophie. Il paraît curieux de proposer à l'étude deux philosophes décadents simultanément ; l'un symbolisant la décadence grecque, l'autre la britannique. Confronter une philosophie décadente à une philosophie vivante est plus fécond : stupidité des concours universitaires et des bêtes qui s'y affrontent. On peut dire que la gauche laïque a bien englué le "peuple" avec ce système universitaire !

La comparaison de deux systèmes décadents ne peut que conduire à se perdre dans des détails algébriques et tracer des fonctions comme un courtier insane ; c'est le cas de le dire concernant deux philosophes, Platon et Hume, assez "binaires". Le crétinisme informatique actuel a en effet Platon pour "grand ancêtre".

En théorie et jusqu'à preuve du contraire, il paraît impossible que dans l'Université capitaliste française on puisse porter aujourd'hui un regard éclairé sur David Hume, qui fait partie d'ailleurs, à l'instar de Feuerbach, des quelques monstres que Marx et Engels au cours de leur combat pour la science, ont dû affronter et vaincre.

En dehors d'une poignée d'historiens, l'Université européenne est presque entièrement sinistrée.

Le professeur Gilles Deleuze, par exemple, adversaire déclaré de l'apologétique chrétienne, conclut son bouquin consacré à Hume, "Empirisme et subjectivité", un bouquin qui n'est pas complètement nul mais ne date pas d'aujourd'hui ainsi :

"Voilà où la philosophie de Hume rencontre son point ultime : cette Nature est conforme à l'Être ; la nature humaine est conforme à la Nature, mais en quel sens ?" Alphonse Allais n'aurait pas dit mieux, mais il aurait sans doute ajouté un petit sourire ironique. Deleuze n'est pas nul, sauf que ce qui fait office de conclusion aurait dû servir à Deleuze d'introduction, voire de résumé et de "point final, passons à autre chose".

Une philosophie qui pose des questions au lieu de donner des réponses, voilà qui confirme le diagnostic d'infantilisme porté par Simone Weil.

Il eût été plus intelligent de proposer de comparer François Bacon (alias Shakespeare) et David Hume. Comme Marx l'a compris très tôt, la plupart des contradictions ne se résolvent qu'au niveau astrologique. Il n'est possible de comprendre à quel point Hume diffère de Bacon et de sa mystérieuse "méthode d'induction" (qui n'en est pas une au sens cartésien), qu'à condition d'avoir des connaissances en astrologie voire en alchimie ; or l'idéologie de cet "arriviste" de Kopernik, comme dit Luther employant ici le mot juste*, a dégradé l'astrologie en astronomie. La difficulté de Hume, comprise par Deleuze, difficulté par rapport à de purs crétins comme l'abbé Kant ou l'abbé Berkeley, c'est que l'apparence de sérieux de Hume lui vient précisément de Bacon et des véritables savants d'Oxford dont il continue d'imiter le style.

David Hume c'est Narcisse photographié au moment où sa figure entre en contact avec le miroir argenté, juste avant d'être englouti.

 *L'arrivisme de Kopernik, et plus encore celui de Rhéticus, Galilée ou Newton ensuite, outre le fait que l'algèbre est à la portée du premier crétin venu, est très certainement comme Luther l'a vu une des "clefs" du triomphe du "copernicianisme" sur la science véritable.

La rencontre de l'algèbre et de l'arrivisme, en quelque sorte, bien avant l'invention de la Bourse de Francfort, de Londres ou de Paris. Hume est lui-même un arriviste. De là vient qu'aujourd'hui un curé laïc comme Claude Allègre est obligé dans ses prêches de laver l'arrivisme du soupçon de fraude scientifique qui pèse légitimement sur tout énergumène qui s'improvise savant. Il n'est pas inutile d'ajouter que, lorsque la débilité algébrique rencontre la théologie, comme c'est le cas chez Blaise Pascal, on frise la catastrophe humanitaire.

 

jeudi, 11 décembre 2008

La vie des bobos

Je passe devant une librairie bobo spécialisée dans la philosophie : "L'Eternel retour". Une idée de boutiquier. Je me demande en effet quel philosophe est plus consensuel que Nitche, de mon curé en passant par les baveux de "Libé" jusqu'aux plateaux de télé -à part Eric-Emmanuel Schmitt bien sûr.

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