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politique

  • Politique-spectacle

    Jean-Luc Mélenchon est de loin le meilleur tribun de la plèbe, depuis que Jean-Marie Le Pen a pris sa retraite. Mélenchon et Le Pen ont le don de déplaire aux femmes, à cause de leurs signes extérieurs de virilité.

    Au contraire Emmanuel Macron plaît beaucoup au sexe, avec son air de sortir du séminaire ; il ne faut pas beaucoup le prier pour qu'il prononce un sermon, de préférence un éloge funèbre.

    De plus les femmes capitalistes sont prédestinées à aller au paradis, tandis que le sort des hommes est plus incertain. Vous ne me croyez pas ? Regardez la carte du vote Macron ; en dehors des beaux quartiers de Paris qui votent avant tout CONTRE les Gilets Jaunes par réflexe de caste, ce sont les régions où le sexe féminin est le sexe fort qui disent "amen" à Macron, qui a distribué son vaccin miraculeux comme des hosties.

    Mélenchon est encore meilleur que Le Pen, qui était surtout doué pour remporter les joutes télévisées ; Mélenchon est encore meilleur et encore plus ringard que Le Pen, ce qui a le don de plaire aux jeunes militants de gauche.

    L'un de ces militants, tout à son délire et qui m'a entrepris l'autre jour dans la rue à cause de mon air de ne pas aimer les flics, je suppose, me parla d'introduire grâce à Mélenchon un nouveau rapport de force avec la bourgeoisie capitaliste !? D'où sort ce gugusse, dans quel espace-temps est-il resté coincé ? Les différents scrutins présidentiel, législatif et européen, sont conçus comme un moyen pour subjuguer la classe moyenne : ils n'ont aucune autre utilité. Les gros contrats sont signés en coulisse. Pourquoi croit-on que F. Hollande célèbre les institutions bonapartistes et insiste sur leur caractère sacré, à chaque fois qu'on lui tend une perche ? Parce que ces institutions sont démocratiques ?

    Le suffrage censitaire honni était moins antidémocratique que le régime gaulliste-bonapartiste : en 2024, le suffrage censitaire offrirait un meilleur rapport de force à la classe moyenne que le suffrage universel et son clergé abondant de publicistes.

    Or c'est bien la classe moyenne, et non le prolétariat (qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut en Europe), qui peut offrir une résistance à la politique technocratique conduite à partir de Bruxelles, qui ressemble plus à une martingale qu'à une politique véritable. L'indécence du capitalisme n'a jamais été aussi flagrante, qui consiste à jouer à qui perd-gagne avec des vies humaines.

    Subjuguer n'est pas un terme excessif en parlant du régime démocratique actuel, si l'on se réfère au débat entre D. Trump et Joe Biden, dans une nation de tradition démocratique plus pure que la nôtre. Il est fascinant qu'un tel débat puisse fasciner tout un pays ; à côté de Trump et Biden, Mélenchon c'est de la poésie.

  • Chrétien dans la Cité (1)

    Le thème du "chrétien dans la cité" ou du chrétien en politique est la bouteille à l'encre. Il a donné lieu à des débats infinis au cours des siècles et à des conclusions radicalement différentes.

    Je ne vais pas essayer d'élucider cette question en quelques lignes mais je me contenterai de quelques remarques et observations.

    Les chrétiens se sont trouvés et se trouvent confrontés au cours des siècles à des régimes politiques et des gouvernements très différents, tantôt encourageant certaines formes de culte chrétien, tantôt en dissuadant par la force, ou encore les tolérant.

    "Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures ; car il n'y a point de puissance qui n'émane de Dieu, et toutes lui sont soumises." (Rom. 13)

    Quand l'apôtre Paul, lui-même juif et citoyen romain, ordonne à ses disciples de respecter les pouvoirs publics romains, il contredit une idéologie ou une mentalité répandue en son temps parmi les juifs, les portant à croire que le messie allait libérer Israël du joug romain.

    Paul ne fait que confirmer l'avertissement de Jésus-Christ : "Mon Royaume n'est pas de ce monde."

    La manière dont Dieu veut établir son Royaume de Justice n'est pas celle dont rêvent les hommes. Ce n'est pas un procédé éthique ou politique. Il n'y a pas non plus de doctrine sociale ou politique "chrétienne" possible selon l'Apôtre, pour la même raison qu'elle revient à se substituer à la volonté de Dieu qui a été révélée aux Gentils par Jésus-Christ.

    "La sagesse de ce monde est folie devant Dieu." (1 Cor. 3:19)

  • "Words, words, words..."

    Baratin ! Voilà le barrage qu'un chrétien peut opposer à l'extraordinaire déversement de discours politiques dans nos oreilles. Ce flot est comparable à l'envahissement de la musique, qui a lui aussi pour effet d'assourdir.

    La politique est comme le cinéma : un art mort qui s'agite tant qu'il peut pour faire croire qu'il vit encore. On pourrait encore parler de stade végétatif de la politique pour décrire ce qui se passe ; au stade où l'économie -c'est-à-dire la nécessité-, fait loi, il n'y a plus de politique, comme il n'y a plus de gouvernail dans une barque qui vogue au gré du vent.

    Le chrétien ne tirera pas de ces observations les mêmes conclusions que l'honnête homme (G. Orwell), doté seulement du bon sens. Car l'Histoire commence en effet pour le chrétien là où la politique s'arrête, suivant les saintes écritures.

    Par conséquent la Révélation met fin à la politique - disons que les forces politiques et ce qui les anime entrent alors en résistance contre la Vérité.

    L'extraordinaire déploiement du mensonge politique, dont la démocratie-chrétienne représente la version la plus accomplie, ce déploiement s'explique par la révélation de la fin du monde, que l'Antiquité n'ignorait pas absolument, mais qu'elle soupçonnait seulement.

    Jamais la politique n'a autant promis, et c'est de ces promesses insensées que vient son impuissance de plus en plus radicale des gouvernements. Or ces promesses insensées peuvent être résumées à la volonté satanique de faire le Royaume de Dieu sur la terre.

    Derrière ce chant des sirènes, il n'y a que mort.

  • De l'Athéisme

    Par un étrange retournement des choses, le chrétien peut être considéré aujourd'hui comme un athée, puisqu'il n'a foi dans aucune des utopies politiques à la mode : ni l'utopie communiste égalitaire, ni l'utopie réactionnaire (retour à l'ordre ancien), ni l'utopie libérale-technocratique, ni SURTOUT PAS l'utopie démocrate-chrétienne, qui fournit la clef pour comprendre notre époque prétendument "complexe".

    L'utopie démocrate-chrétienne peut être définie de façon sommaire comme la version séculière de la doctrine catholique romaine. Elle est centrale ou matricielle, dans la mesure où les utopies politiques citées auparavant sont déterminées par elle ; l'utopie libérale-technocratique, trop froide ou intellectuelle, est la plupart du temps associée à la démocratie-chrétienne, censée l'humaniser (dans le projet de constitution européenne, par exemple) ; l'utopie réactionnaire se définit CONTRE l'éthique et la politique judéo-chrétiennes, dont elle propose parfois de purger le monde, à différents niveaux (Nietzsche, Hitler) ; l'utopie communiste égalitaire est une sorte de christianisme social qui ne veut pas dire son nom, en raison de la compromission ancienne du clergé avec les puissants de ce monde.

    A quoi il faut ajouter l'utopie politique écologiste, sorte de tentative pour redorer le blason de l'utopie politique auprès de la jeune génération. Le paganisme recèle un écologisme véritable ; l'utopie politique écologiste, sur de nombreux points (sa prétention à l'humanisme) trahit qu'elle est d'abord une perspective utopique, encore une fois par contraste avec la culture de vie païenne, qui est une écologie véritable.

    L'utopie réactionnaire pure (Nietzsche) a le mérite de mettre à jour un élément important, à savoir l'absence de but politique véritable dans les utopies auxquelles la doctrine réactionnaire s'oppose, assez énigmatiques du point de vue réactionnaire par conséquent. Au regard de Nietzsche, le christianisme est plus ou moins une erreur funeste.

    Au chrétien, ces utopies politiques en apparence diverses doivent apparaître pour ce qu'elles sont, à savoir une diversion. Elles sont faites pour prendre la place du mythe apocalyptique. J'écris "mythe" à dessein, car l'homme moderne prétend avoir surmonté le mythe grâce à sa science et la raison qui en découle (à l'exception du mythe d'Oedipe) ; or il se trouve que l'homme moderne a foi dans des utopies politiques qui semblent défier non seulement la science, mais parfois le bon sens. Qu'y a-t-il de vraiment rationnel dans le capitalisme, qui détermine l'existence d'une bonne part de l'humanité ?

    On peut résumer la culture moderne à une tentative de faire obstacle au progrès de l'apocalypse dans les consciences. Pourquoi, comment expliquer un tel complot ? N'est-ce pas un peu gros ?

    Ma réponse :

    - Examinez d'abord à quel point les arguments des politiciens modernes sont grossiers, qui se résument presque tous à la promesse d'enrichissement, en-deçà de la jouissance. L'envie, viscéralement ancrée dans l'homme, d'égorger son voisin, disparaîtrait du fait du partage des richesses à égalité ? Qui peut croit à ça ? Il est vrai que la redistribution de l'argent peut avoir un effet de contrepoison, mais il ne résout en aucun cas le problème de la condition humaine, dont tout laisse penser qu'il martyrise l'homme autant que les privations physiques.

    - Voyez comme la doctrine réactionnaire est simpliste, elle aussi, qui réduit le monde moderne à 2000 ans de bêtise chrétienne. Il suffirait de regarder le christianisme pour ce qu'il est aux yeux de l'antéchrist Nietzsche - une illusion -, et la nature pourrait ainsi reprendre ses droits sur l'homme et le ramener à la raison de son créateur, Satan/Prométhée/le feu créateur ?

    - Le complot de la pyramide des intérêts humains contre l'apocalypse chrétienne se comprend très bien du fait de la peur que l'amour de Dieu inspire à l'homme. Quiconque fait un effort pour comprendre la parole de Dieu comprendra qu'elle est un véritable défi lancé à l'homme, complètement inédit et très différent du confort intellectuel procuré le plus souvent par la religion. 

    Celle-ci consiste ordinairement à s'en remettre à un dieu abstrait, ses ordres abstraits, ses visées abstraites (l'algèbre et le calcul abstraits sont des refuges pour les esprits faibles), dont l'Etat moderne est un équivalent.

    Le paganisme est un arrangement avec dieu ; il n'y a pas de transaction, pas de doute possible avec le dieu des juifs et des chrétiens - Jésus-Christ a ainsi énoncé que "Celui qui n'est pas avec lui est contre lui.", et ce faisant il ramène chacun au sens de l'histoire.

    Ce complot, Shakespeare l'a consciencieusement illustré et décrit dans "Hamlet", n'omettant aucune des ruses de Satan. La tenture que Hamlet transperce est le voile du mensonge, cette culture moderne que je mentionne plus haut - Polonius le personnage-clef du complot (celui qui incarne le plus la culture moderne).

    Ce qu'aucune religion n'avait fait avant, le Christ le propose, à savoir aller à la rencontre de son père, dieu lui-même. La parole de dieu bouleverse ainsi les rapports humains, d'une façon que l'on peut croire définitive, et qui bouleverse radicalement l'organisation humaine.

    La culture moderne est un labyrinthe, destiné à emprisonner la conscience humaine dans les lois et les arcanes de la physique, à faire écran à la porte étroite de la métaphysique. Cependant la culture moderne ne peut obstruer complètement cette porte.

    Il faut avoir lu les évangiles pour concevoir la menace qu'ils représentent pour la pyramide humaine ; c'est pourquoi Satan recrute le plus souvent ses disciples parmi les élites cultivées et christianisées. A la doctrine radicalement antisémite et antichrétienne de Nietzsche sont préférées des méthodes de subversion plus subtiles comme la "doctrine sociale" (sic) des papes catholiques, la propagande démocrate-chrétienne, qui épargnent le nom de Jésus-Christ mais vident son enseignement de sa substance.

    Nombre de catholiques qui se croient "chrétiens" aujourd'hui, relèvent d'une double référence à la philosophie païenne de Platon et aux évangiles, références incompatibles. Nous devons les inciter patiemment à purifier leur foi lorsqu'elle est sincère des éléments qui proviennent de la philosophie de Platon.

  • Satan dans l'Eglise

    S'il y a bien une manifestation courante de l'athéisme au sein de la communauté des soi-disant chrétiens, c'est la passion pour le débat politique. Elle trahit la foi ou l'espérance dans un avenir, un "au-delà", en même temps qu'une inquiétude dont les évangiles sont les plus dissuasifs.

    Cette passion pour la politique contredit l'incitation du Messie à se tourner vers les choses de l'Esprit et non les questions temporelles ou sociales.

    L'interdiction de bâtir le royaume du Christ sur la terre est violée lorsque tel ou tel "chrétien" prétend instaurer une "politique chrétienne" ou la prône. On se situe sans doute au niveau de la fornication et du satanisme quand un prêtre, s'exprimant au nom ou dans la suite des évangiles proclame que "C'est un devoir chrétien de voter".

    J'écris "débat politique" et je parle de "passion" pour indiquer à quel point la politique déborde désormais le domaine des choses pratiques. Pour ainsi dire le domaine des choses pratiques est l'affaire de quelques-uns, que l'on nomme "administrateurs", tandis que le débat est l'affaire de tous, bien que l'on puisse douter de son utilité. La politique occupe donc les esprits de ceux qui en ont peu, et la place démesurée accordée au débat ("Ce qui sort de la bouche de l'homme, c'est cela qui souille l'homme.", prononce Jésus-Christ) nuit à l'administration pratique.

    L'absence de pragmatisme de la politique moderne peut se traduire par une forme de mysticisme, assez creux -disons le mysticisme de l'Avenir-, mais qui fascine un grand nombre de personnes. Ce mysticisme frelaté a un but de subversion du christianisme, reconnaissable à deux traits caractéristiques : - d'abord le mysticisme fait perdre à la politique son caractère pragmatique en lui assignant des missions qui ne relèvent pas de la politique ; deuxièmement ce mysticisme est une sorte de philanthropie, à laquelle de nombreux clercs disent adhérer, mais qui n'a aucun fondement évangélique.

    La nécessité que les sociétés humaines ont de s'organiser est un besoin banal auquel le message évangélique ne s'oppose pas. Jésus-Christ ne propose pas d'abolir la peine de mort ou la guerre en appliquant une morale extraite de son enseignement. De même, auparavant, Moïse ne régna pas sur l'Egypte en souverain, mais incita symboliquement le peuple juif à fuir l'Egypte.

    La politique n'est pas l'affaire des chrétiens fidèles en tant qu'ils sont chrétiens ; en revanche la corruption et la subversion du message évangélique à travers un discours politique prétendument chrétien doit mobiliser contre elles tous les chrétiens qui ne sont pas athées, portant le déguisement des racines chrétiennes de la France, ou de telle ou telle autre insanité de propriétaire bourgeois.

     

  • Rendre à César

    La politique est le domaine de César, ainsi que toutes les questions sociales contiguës.

    C'est à propos des impôts, question éminemment sociale (on dit que l'argent est le nerf de la guerre, mais il permet aussi d'acheter la paix) que les scribes et les grands prêtres juifs décident de tendre un piège à Jésus-Christ. -Nous est-il permis, ou non, de payer l'impôt à César ? (Luc, XX,20), font-ils demander à Jésus.

    La réponse de Jésus est célèbre : -Ainsi donc, rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

    Jésus stigmatise ainsi la confusion des choses matérielles et des choses spirituelles ; sa réponse est facile à comprendre ; elle l'est d'autant plus que Jésus indique clairement que son Royaume n'est pas de ce monde.

    Il est sans doute humain de se préoccuper des questions sociales avant tout ; mais Jésus-Christ nous adresse un message divin, spirituel, qui ravale les problèmes humains à un rang inférieur. Dans la plupart des religions païennes, les questions religieuses et les questions sociales sont emmêlées.

    La réponse de Jésus est sans ambiguïté, mais l'Eglise catholique romaine s'efforce de l'occulter pour justifier les pactes qu'elle a passé et passe avec les puissants de ce monde. On peut lire ici ou là sur des sites de propagande catholique que Jésus ne prohibe pas l'engagement politique et social (!). Il faut ici toutes les ressources de la casuistique enseignée dans les séminaires pour faire dire au Christ autre chose que ce qu'il dit : l'engagement politique et social est dépourvu de fondement spirituel.

    - Un chrétien peut-il participer à un scrutin électoral ? Jésus-Christ ne dispense pas de payer l'impôt. Il arrive que les scrutins électoraux aient un aspect d'organisation pratique. Cependant le populisme et la démagogie jouent un rôle primordial dans le gouvernement des grandes nations désormais ; rares sont les élites dirigeantes qui ne recourent pas à la mystification du peuple, et cette mystification implique une forme de religion mystique parfaitement étrangère au christianisme (le mysticisme de Tocqueville ou celui de Hegel sont, au XIXe siècle, deux formes de mysticisme qui, pour se référer au christianisme, n'en sont pas moins parfaitement étrangers à l'esprit du christianisme).

    Ce qui est interdit au chrétien, c'est de faire valoir des solutions politiques ou sociales chrétiennes. C'est là le péché de fornication, le plus grave, car il est dirigé contre le salut, la parole et l'esprit de dieu. La démocratie-chrétienne procède entièrement de la fornication. Plus ou moins manipulés ou manipulateurs, les acteurs de la démocratie-chrétienne s'exposent à la damnation.

     

  • Dieu vomit les tièdes

    Il semble que la spiritualité soit l'affaire des personnes extrémistes, comme la politique est l'affaire des médiocres et des centristes.

    Tandis que "dieu vomit les tièdes", la politique exige au contraire de tels hommes, "vertueux", non pas au sens catholique dépourvu de signification, mais au sens romain qui veut dire quelque chose.

    Que peut bien faire l'homme politique de choses comme l'amour, la liberté, la vérité, hormis les graver hypocritement en lettres d'or sur ses billets de banque ou au fronton de ses palais ? La notion d'intérêt général fait oublier celle de liberté, et la notion de liberté éclipse celle d'intérêt général.

    C'est sans doute ce qui explique que les princes chrétiens sont particulièrement exposés à l'aliénation mentale, étant donné que deux courants opposés qui se rencontrent créent un tourbillon.

    Comme les hommes politiques sont ordinairement indifférents aux questions spirituelles, qu'ils croient parfois naïvement "l'affaire de spécialistes", les personnes guidées par la spiritualité regardent le jeu politique avec indifférence. Il n'y à là-dedans que des motivations psychologiques.

     

  • Dans la Matrice

    Si l'homme est un animal politique, la femme, elle, est un animal religieux.

    Si les temps modernes sont aussi féminins, c'est en raison de l'importance de la fiction ou de la religion pour soumettre les masses, en renfort de la violence physique.

  • Science politique

    La science politique moderne est l'art de dissimuler le complot politique derrière la philanthropie.

  • Vérité

    J'ai lu un jour sous la plume d'une femme ce postulat que politique et vérité sont deux domaines étrangers l'un à l'autre. C'est la seule fois, ou presque, que je me suis retourné sur l'esprit d'une femme.

  • Intolérance chrétienne

    Le Christ se montre le plus intolérant avec la bêtise humaine. Pour ma part je songe avec assez d'effroi à la bêtise qui fut la mienne lorsque j'avais une vingtaine d'années et que je poursuivais plusieurs lièvres à la fois sans m'en rendre compte : le bonheur, l'art, l'amour, l'art, la liberté, etc., égaré dans le labyrinthe de la culture moderne.

    Ainsi le Christ est parfaitement intolérant là où la politique, cette science humaine, par l'homme et pour l'homme, se montre, elle, tolérante. Non seulement la bêtise humaine ne nuit pas au gouvernement des hommes, mais les hommes intelligents sont plus difficile à gouverner. Au stade totalitaire, l'encouragement à la bêtise constitue même un mode de gouvernement inspiré du machiavélisme démagogique romain.

    Une querelle divisait les savants de la chrétienté, avant notre ère totalitaire (dont on peut dater le début au XVIIe siècle et l'avènement des mathématiques dites "modernes"), à propos de la Genèse et de "l'arbre de la connaissance". Le clergé catholique, artisan de la compromission avec le pouvoir politique et moral civil tenta d'associer la science au péché, quand bien même c'est la bêtise qui l'est, "science politique" y compris. Francis Bacon répond que "l'arbre de la connaissance du bien et du mal" n'est pas le symbole de la science, mais de l'éthique, de la philosophie naturelle. Le serpent dans l'arbre le confirme, symbolique lui aussi de la culture de vie.

    La philosophie naturelle satanique de "l'éternel retour" est un veto opposé à la science et à l'histoire. La nature indique un "bon sens" moral et politique ; la science en montre un autre.

     

  • Politique et christianisme

    Il y a en politique peu d'appelés et beaucoup d'élus. Peu d'hommes ou de femmes sont prédestinés à faire de la politique, domaine qui exige en principe une grande vertu, c'est-à-dire une grande force de caractère.

    Combien d'hommes, ainsi, n'hésiterons-t-il pas devant la trahison de leurs principes ou ami, pour une question de sentiments, quand bien même l'intérêt commun doit prévaloir sur le sentiment ou la faiblesse particulière ?

    Et beaucoup des hommes ou des femmes prédestinés à faire de la politique sont élus, à moins qu'une force supérieure au destin vienne contrecarrer leur élection.

    L'évangile énonce au contraire que "beaucoup sont appelés, mais que peu sont élus". On comprend que rien ne prédestine quiconque à être chrétien, aucun don naturel, ni aucune culture particulière. Il y a de quoi rire pour un païen, obéissant au droit naturel et à lui seul. A une telle "égalité des chances", la nature lui paraîtra opposer un démenti formel. Mais peu sont élus, car les hommes ou les femmes échappent rarement au destin et à la flèche du temps. Encore moins, nous dit Shakespeare, ceux qui ayant conçu le dessein d'échapper au destin, se précipitent au-devant de lui (S. décrit ici un mouvement suicidaire propre à l'Occident).

     

  • Christianisme et politique

    La démocratie-chrétienne est, dans l'ordre des idéaux politiques, le plus facile à contester. Il l'est suivant le raisonnement politique : "On ne trouve nulle trace de démocratie dans la nature ; une fourmilière n'est pas une démocratie." ; il l'est suivant la logique chrétienne : "Mon Royaume n'est pas de ce monde."

    En dépit de cela, les nations et les élites les plus puissantes de ce monde sont "démocrates-chrétiennes" - puissantes non par le raisonnement, la constitution ou la science, mais par les armes, l'argent et la propagande.

    Méfiez-vous comme de la peste des "chrétiens en politique" : c'est une engeance de fous sincères, dépourvus du sens commun, dominés par des esprits fourbes.

  • Mélenchon contre Arendt

    Lors d'un "talk show" sur une chaîne publique française, où des politiciens mélangés à des membres du "show-business" répondent aux questions de journalistes plus ou moins impertinents, l'un de ceux-ci apostrophe Jean-Luc Mélenchon, candidat communiste représentant les derniers ouvriers du pays ; celui-ci venait de traiter de "menteurs" un certain nombre de politiciens concurrents.

    - Le mensonge n'est-il pas inhérent à la politique, comme le dit Hannah Arendt ?

    - Non, on n'est pas obligé de croire tout ce que dit Hannah Arendt.

    A l'appui de cette affirmation de Hannah Arendt, des milliers d'années de politique et de gouvernement des hommes jusqu'à aujourd'hui. Dans "La Crise de la Culture", où l'essayiste allemande fait de la culture de masse dans laquelle nous baignons actuellement un élément caractéristique du totalitarisme, Arendt précise que l'affirmation de Mélenchon, la prétention des politiques modernes à dire la vérité ou s'y conformer est également une caractéristique des régimes totalitaires modernes.

    Le mensonge de Mélenchon (qui n'a rien de "marxiste", contrairement à ce qu'il semble penser), est facile à déceler : c'est l'égalité. La promesse du droit moderne d'un monde égalitaire, promesse dont l'usage principal est de tenir les peuples opprimés en haleine. Si K. Marx n'est pas un philosophe totalitaire, c'est parce qu'il se garde d'énoncer la liberté ou la vérité en termes juridiques.

    Le mensonge contenu dans l'utopie égalitaire, bien plus démocrate-chrétienne que marxiste, que ce mensonge soit volontaire ou non, est au service d'un autre mensonge plus puissant - le machiavélisme bourgeois. Le populisme est, entre les mains des élites bourgeoises, une arme à double tranchant. La manipulation du peuple est proche de celle des explosifs. Les élites s'en servent comme d'une arme contre leurs rivales, en même temps qu'il peut leur arriver d'être désarçonnées brutalement par la violence populaire, entretenue aujourd'hui notamment à travers la culture de masse.

    C'est l'apparence de démocratie qui exige d'un politicien qu'il s'exprime "au nom de la vérité", c'est-à-dire qu'il dissimule bien mieux son mensonge que les tyrans de l'antiquité.

    A noter que le tribun communiste, qui a écrit un pamphlet contre l'Allemagne de Mme Merkel, se sent obligé de rendre hommage à la "pensée allemande" et de citer des philosophes qui lui ont servi de pères spirituels, aussi divers que Marx et Kant.

    Marx, s'il est de nationalité allemande, a rejeté l'idéalisme allemand de Hegel à l'aide de la philosophie matérialiste anglaise du XVIIIe siècle, principalement. Marx n'est donc pas très allemand. La pensée allemande mérite surtout l'éloge des technocrates et des représentants d'institutions technocratiques. Il semble que la mécanique influe sur les Allemands jusque dans leurs écrits philosophiques. Il est plus juste de faire à cette nation crédit de l'automobile.

  • L'Utopie

    L'utopie en général fait l'objet de la condamnation des fainéants, c'est-à-dire de tous ceux dont les efforts sont concentrés sur les moyens d'exister ou de survivre, ne possédant ainsi pas plus d'imagination que l'animal.

    Il reste que la condamnation de l'utopie politique est utile, car cette sorte d'utopie est nécessairement catastrophique. Elle s'ouvre sur l'infini et toutes les choses inconsistantes. Elle s'incline devant le Temps, ennemi de l'esprit humain.

    L'utopie doit rester le domaine réservé de la science.

  • Apophtegme

    Une thèse mensongère de Nietzsche est l'imputation de l'idéologie du progrès politique et social au christianisme. Autrement dit l'idéal égalitaire, qui aurait paru absurde au temps de la civilisation antique et de philosophies politiques plus écologiques, serait un "apport chrétien", néfaste selon l'apôtre du retour à la raison païenne, car facteur d'anarchie en incitant l'homme à revendiquer plus que la part que la nature, source unique du droit, lui réserve.

    Cette thèse superficielle se renforce presque exclusivement de la preuve que de nombreux chrétiens ont la prétention, formulant des propositions sociales chrétiennes, de faire le royaume du Christ sur la terre, autrement dit pour employer une phraséologie plus moderne, prétendent qu'il existe une "anthropologie chrétienne" (Joseph Ratzinger), ou encore que les chrétiens ont part à la civilisation. La religion chrétienne se caractérise au contraire par l'absence d'intérêt pour l'homme et la satisfaction de ses besoins naturels, c'est-à-dire pour l'homme en tant qu'animal politique, ce qui fait toute sa difficulté spirituelle - une difficulté que rencontre la science dès lors qu'elle s'élève au dessus de la recherche de moyens techniques.

    Il n'est que de lire les évangiles, ou seulement les paraboles de Jésus-Christ, pour constater l'indifférence du Christ aux questions sociales qui lui sont posées. On voit dans la Bible le peuple juif fuir la civilisation, symbolisée par l'Egypte, pour gagner une "terre promise" dont la signification est spirituelle. Les chrétiens ne font pas le chemin inverse, puisque le Messie est encore plus net sur le caractère spirituel du message divin, octroyé à l'homme pour faire son salut en dépit des déterminations du monde, bousculant au passage l'éthique juive pharisienne, subversive du sens de l'histoire indiqué par les prophètes juifs.

    La thèse du socialisme, nouveau déguisement de la morale chrétienne, la plus abstraite et nihiliste de tous les temps, repose donc surtout sur la prétention de nations ploutocratiques à se dire "chrétiennes". L'invention de l'anthropologie chrétienne est le propos le plus subversif qui soit du message évangélique. Plutôt que de nier que l'histoire à un sens, à l'instar de Nietzsche et de sa vaine tentative de restauration du bonheur antique, les athées ou néo-païens feraient mieux de se demander d'où vient la nécessité pour des nations ploutocratiques de se réclamer du christianisme avec autant d'insistance, quand bien même elles forment par leurs actions visant à dominer le monde, le plus bel exemple de l'hypocrisie des doctrines sociales chrétiennes ?

    Au cours de l'ère dite "chrétienne", formant un parti réfractaire à la doctrine sociale chrétienne dominante, bénéficiant de moyens de propagande extraordinaire, se sont toujours élevées des voix chrétiennes contre le "discours social chrétien", soulignant son caractère subversif.

    Francis Bacon Verulam, célèbre savant chrétien promoteur du progrès scientifique, a ainsi écrit de nombreux aphorismes destinés à illustrer sa démonstration que le progrès de l'esprit humain, englobant la métaphysique afin de ne pas réduire la portée de la science à la simple ingéniosité technique, ce progrès ne pouvait avoir de bénéfice au plan politique. La révélation chrétienne est de même exempte d'applications sociales, morales ou politiques dans ce monde, suggère également Bacon, conscient que la vanité de l'Occident repose sur une vantardise d'un progrès qui n'en est pas un.  

    "Quand l’empereur Vespasien quitta la Judée pour s’en aller prendre possession de l’Empire, il passa par Alexandrie, où demeuraient les deux fameux philosophes Apollonius et Euphrates. Alors que devant une importante assemblée il les eut écoutés discourir longuement du gouvernement politique, à la fin lassé de leur dispute il se retira. Mais en s’en allant il ne put s’empêcher de se moquer d’eux, ayant trouvé leurs discours un peu trop spéculatifs, et impossible à mettre en oeuvre. Ainsi dit-il pour les blâmer : - Je voudrais, dit-il, pouvoir gouverner des hommes sages, ou qu’eux-mêmes me gouvernassent."

  • Contre H. Arendt

    H. Arendt tente de trouver un remède politique au totalitarisme. C'est la part la plus médiocre de son analyse, et en quoi elle n'est pas chrétienne. Un chrétien analysera le totalitarisme globalement comme une radicalisation de la politique. De même l'antichrist C. Maurras fait fausse route avec son slogan "Politique d'abord !" : la logique démocratique est plus politique encore que ne l'est la logique monarchique, c'est-à-dire plus hermétique à la métaphysique ; c'est au stade bourgeois ou démocratique que l'Etat acquiert la qualité de divinité supérieure.

  • Liberté politique

    L'espoir de libération politique est une illusion, nous disent le Messie, ses apôtres et Shakespeare.

    La démocratie-chrétienne est le fer de lance de l'antichristianisme, et il nous faut combattre ses actionnaires chrétiens à l'aide du glaive de la parole de dieu, confronter cette immonde parodie du salut chrétien au message évangélique. Dieu ne viendra pas en aide à des hommes qui ont traîné sa parole dans des lieux de corruption, et s'en sont servi pour berner les peuples.

    Le refus du Messie de cautionner la moindre action politique, ou la moindre action de rébellion afin d'instaurer un nouvel ordre, est doublement contredit par la démocratie (la démocratie, dans les temps modernes, s'appuie nécessairement sur une rhétorique pseudo-chrétienne) : en effet, l'argument démocratique sert de caution à des gouvernements oligarchiques ploutocratiques, en même temps qu'il permet de justifier, à l'aide de la rhétorique la plus spéculative, des mouvements de libération.

    S'il y a bien un type d'homme chez qui le péché n'est pas aboli, c'est bien le politicien, qui doit nécessairement en passer par la trahison et se comporter en bête pour parvenir à ses fins. Si, de surcroît, ce politicien ose se dire chrétien, présenter son pacte avec la fortune et avec Satan comme un pacte avec Dieu, alors il accomplit la part la plus obscure du plan de satan, et son châtiment en portera la marque.

    Shakespeare montre à ses lecteurs et auditeurs chrétiens dans "Jules César" qu'il était encore permis aux antiques romains de se laisser bercer par l'espoir de justice politique, porté par l'honnête Brutus, mais que les chrétiens, eux, grâce au Messie, savent qu'il est vain d'attendre ici-bas autre chose en politique que l'accomplissement des lois naturelles cruelles à travers les institutions.

    (Billet dédié spécialement à Fodio, exilé en Ukraine)

  • Politique, jamais plus

    N'écoutez pas les vieux barbons qui prônent l'engagement politique pour parer aux faillites du système. Il n'y a là que des vieux tocards nostalgiques d'âges d'or rêvés, ou des publicitaires d'un futurisme débile. Ce que les vieux barbons veulent, c'est empêcher les jeunes gens de vivre à présent.

    Ils comptent sur les générations futures pour empêcher ce qu'ils ont permis, autorisé, cautionné, ce avec quoi ils ont temporisé toute leur vie, en particulier la censure. Si l'on essorait leurs discours plein d'emphase sur l'engagement politique, il n'en sortirait qu'un vieux jus sentimental de fils à maman sur le déclin.

    Le fait est que des idéaux, il y a en beaucoup trop, et qu'on croirait l'Occident un parterre de vieilles filles la gueule pleine d'éthique et de radotages.

  • Politique et Evolutionnisme

    Les chrétiens soupçonnent le lien permanent entre la thèse évolutionniste (transformiste) et le totalitarisme ; non seulement la thèse raciale d'amélioration de la race humaine décriée, mais celle encore prônée du progrès d'institutions occidentales, conçues pour favoriser le commerce international, d'une manière où subsiste l'équilibre naturel entre dominants et dominés. L'oppression et la guerre économiques requièrent des arguments où l'idée de déterminisme biologique prévaut. Le totalitarisme se renforce, derrière les belles formules humanistes hypocrites de la démocratie-chrétienne libérale, de l'incitation à la compétition et à la concurrence, à laquelle la science évolutionniste fournit des arguments d'ordre mystique.

    Le totalitarisme s'avance sous des drapeaux différents, mais il se présente toujours comme une réponse politique au désir du peuple - réponse entièrement écrite par des hommes d'élite. La pensée totalitaire, dont Georges Orwell a raillé justement les tournures de phrase typiquement cléricales, destinées par la sophistication à masquer l'imbécillité, cette pensée totalitaire substitue l'anthropologie à la métaphysique de façon typique.

    Scientifiquement, ce qui est incongru dans l'hypothèse transformiste de Darwin, c'est qu'elle place l'espèce humaine au sommet de la pyramide des espèces, ou au terme de l'évolutionnisme, bien qu'on trouve quelques prosélytes de l'homme bionique super-évolué.

    Dans l'anthropologie, tout part de l'homme et revient à l'homme. Or la pensée chrétienne est la plus hostile à l'anthropologie, en raison du caractère obligatoirement macabre de celle-ci, et du manque de sérieux des sciences humaines, marquées par une foi benoîte dans l'homme, extraordinairement peu scientifique compte tenu de son impuissance et sa dépendance vis-à-vis de "puissances naturelles" qu'il ne contrôle pas et dont il sait peu de choses. 

    Placez les épîtres de saint Paul ou les évangiles entre les mains d'un anthropologue, et sa cervelle se liquéfiera sur place, car il est fait par les apôtres un portrait de l'anthropologue comme un pharisien qui protège sa caste des effets de la vérité. Qu'on l'impute à l'islam (J. Ellul), ou bien au platonisme (F. Bacon) ce qui revient au même, la subversion du message évangélique par le clergé passe par l'ensevelissement de la vérité sous un amas de concepts philosophiques creux (comme dirait K. Marx).

    Science et religion se confondent donc dans le mode de pensée totalitaire, de nature anthropologique : c'est-à-dire que le souci de justifier la société et ses institutions l'emporte sur l'expérimentation scientifique, d'une façon qui frise souvent le ridicule.

    Le christianisme s'accorde avec la science qui met à jour l'antagonisme des raisonnements moral et politique d'une part, et scientifique de l'autre. La science moderne, comparée à la science antique, a largement l'aspect d'une prothèse, c'est-à-dire d'une mise à l'échelle humaine d'un monde ou d'un univers qui échappe largement à l'entendement humain, que celui-ci peine à comprendre au-delà de ses plus petites parties.