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  • Par-delà bien et mal

    Les remerciements chaleureux de la pauvre cloche à qui on vient de filer une piécette sont toujours gênants et excessifs. Ils rappellent cette vérité "par-delà bien et mal" énoncée par Léon Bloy, antipoète montmartrois, selon laquelle il n'y a pas de riches, mais seulement des voleurs.bloy.jpg

    Le minimum de christianisme est de dire que la société est et restera toujours inique, et que cette iniquité causera sa perte. La société est un gibier de potence.

    L'utopie égalitaire ou sociale est le dernier panneau à la mode inventé par les riches pour soumettre les pauvres à leurs désirs. La doctrine sociale de l'Eglise, c'est l'aumône de Don Juan au pauvre. Molière est le plus grand théologien de langue française.

  • Bacon, notre Shakespeare

    Un commentateur du théâtre de Shakespeare fait cette remarque avisée, une fois n'est pas coutume, que l'art de Shakespeare est le plus "impersonnel". A elle seule, cette remarque devrait suffire à interdire de qualifier Shakespeare de tragédien baroque et de le traiter de "barde", outre que le XVIIe siècle a tenté de faire disparaître Shakespeare.

    Dans ses sonnets, à vocation apocalyptique, dirigés en partie contre le christianisme ésotérique de Dante Alighieri, Shakespeare affirme qu'il n'est pas un styliste, pas un artiste, quand le moindre petit barde cherche au contraire à éprouver l'ivresse de se sentir artiste.

    "Impersonnel", c'est-à-dire qu'il n'est pas psychologique. On trouve l'explication du dédain de la matière psychologique dans la prose scientifique matérialiste de Bacon. De piètres philosophes font croire que le matérialisme est synonyme d'athéisme, alors qu'il n'y a pas plus psychologique que l'athéisme moderne.

    Pour un humaniste de la Renaissance, la psychologie a moins d'intérêt que le thème astral d'un individu, suceptible de fournir le plus d'informations sur le tempérament d'un individu. Le thème astral est figuré dans les  contes par les bonnes ou mauvaises fées qui se penchent sur le berceau d'un enfant à sa naissance. Comme cette détermination physique, qui prime sur les états d'âme qui en découlent, est du domaine des choses prévisibles, voire patrimoniales, elles n'ont pas d'intérêt dans le domaine artistique, mais tout au plus dans le domaine médical. C'est ultérieurement que celui-ci a pris une place prépondérante, dans les régimes totalitaires où la promesse de bonheur, l'hédonisme, a pris la place de la métaphysique.

    C'est le propre des imbéciles ou des aveugles d'être mûs par la psychologie ou les sentiments selon Shakespeare. Les sentiments sont le bois dont on se chauffe dans les casernes, précise Bacon avec sang-froid. Un autre savant, sachant que les escrocs et les voleurs sont des personnes mues par l'instinct ou la psychologie, par conséquent les plus prévisibles, a même mis au point une méthode astrologique pour les coincer, qui n'est pas, assure-t-il, dépourvue d'efficacité.

    Ophélie est un tel personnage, jouet de la nature par le biais du rôle social qui lui a été assigné, dont Shakespeare souligne, ainsi que chez son frère Laërte, le ressort cupide ou érotique, en un mot "patrimonial", derrière les grandes déclarations lyriques.

    On peut encore citer le thème pictural, caractéristique de la Renaissance, de la femme se mirant dans un psyché, croyant ainsi faire la nique à la mort, jolie rose fière de son teint printanier, tandis que la gueuse se moque d'elle dans son dos.

  • Fin du monde

    J'ai su la profonde vérité spirituelle de Karl Marx en lisant ce passage, publié après sa mort, où il observe, non sans effroi, la propagation d'une conception de plus en plus virtuelle du monde, y compris dans les domaines scientifique ou artistique, qui devraient combattre cette tournure d'esprit macabre et vaine, faute de quoi l'art sombre dans la multiplication de l'infini, qui n'est lui-même qu'un principe multiplicateur, ou dans la relativité absolue, déjà contenue dans les signes mathématiques élémentaires.

    "Il est des idées d'une telle absurdité que seuls les intellectuels peuvent y croire." complète Orwell, suggérant que les rênes du monde sont entre les mains d'aliénés, entièrement requis à la justification d'un système, destiné à l'exploitation de l'homme par l'homme. Le fou est la personne du monde la plus persuadée qu'elle marche droit.

    Si Shakespeare prête aux souverains d'Angleterre les symptômes de la folie, c'est en raison de leur position juridique, pour ainsi dire "pharaonique". Elle place ces personnes, croyant toucher au ciel, au bord de l'abîme. Réduites à la personnalité morale ou à "l'identité", selon le vocabulaire totalitaire, elles ne s'appartiennent plus ; cette schizophrénie fait d'eux les jouets du hasard et de croyances superstitieuses.

    "Dieu et mon droit" : il n'y a pas pour l'humaniste chrétien de devise plus satanique. C'est un aspect essentiel de l'humanisme chrétien de dénier toute valeur spirituelle ou métaphysique au droit et à la morale, et de les indiquer comme des instruments de perdition universelle. Sur cet instrument de torture romain, particulièrement significatif du droit - une croix - la vérité a été assassinée par les défenseurs du droit et de la morale. Le Dieu des chrétiens n'accorde aucun droit à ses fidèles, pas plus que le Dieu des juifs ne leur en a accordé ; la nature seule accorde des droits, et c'est le sens des rituels païens de les marchander avec elle. Le droit à la vie n'est un droit divin que pour des démocrates-chrétiens imbéciles ; bien des religions païennes moins stupides reposent sur l'évidence qu'une telle "libéralité", non seulement est parfaitement naturelle, mais que comme tout crédit, elle implique nécessairement remboursement. De tous les usuriers, la Nature démoniaque est la plus ferme.

    L'appui du droit et de la religion, de la pensée virtuelle démystifiée par Marx, est sur la biologie ou la chair ; du lien de chair et de sang se déduisent tous les mondes virtuels. Invisibles, ils sont conçus comme le prolongement de la vie, ainsi que leur aspect règlementaire en témoigne. Le purgatoire est, pour Shakespeare, peuplé d'aliénés. Dans la vision chrétienne, pure de droit, il n'y a qu'une seule vie, et c'est tout le problème, qui n'offre en lui-même, aucune solution. 

     

  • Table rase

    Chrétiens, faisons table rase de la civilisation, afin que la vérité apparaisse. N'ayons aucune pitié pour les apôtres de la "civilisation chrétienne" : ils se jettent dans la gueule de Moloch sans que personne ne les y pousse, entraînant dans leur sabbat de sorcières tous ceux qui ne savent pas lire les avertissements du Christ et de ses apôtres contre la civilisation. Simon-Pierre dit ces chrétiens qui ont connaissance du Christ, mais se soucient comme d'une guigne de ses paroles, plus profondément enfoncés dans le péché que les païens eux-mêmes.

    Le procédé de la civilisation consiste à déguiser le viol en banals faits de société tels que le mariage et la prostitution. Non seulement la nature est cruelle pour l'homme et l'oblige à ériger des défenses physiques afin de se protéger, mais le reflet que la nature renvoie à l'homme de lui-même est si atroce qu'il ne peut pas, comme la lumière du soleil, le regarder en face.

    Si Jésus abandonne les pharisiens à leurs préoccupations sociales et leurs exercices de dévotion dignes d'une idole égyptienne, c'est parce que la vérité, dont il a l'expérience, exige de regarder l'atrocité des rapports sociaux en face ; non pas pour le plaisir pervers et typiquement social d'éprouver le frisson du meurtre par procuration, mais pour mieux comprendre l'équation du monde et de l'enfer, qui engloutit la plupart des hommes.

    Contre la civilisation les chrétiens ont conçu la peinture d'histoire, genre à peu près incompréhensible des païens, et le plus radicalement opposé au cinéma, dont l'accord avec le viol, le sadisme, la guerre et la bêtise est si parfait, qu'il figure au nombre des manifestations magiques de Satan dans l'apocalypse de saint Jean. Voyez que lorsque le cinéma dénonce la guerre et le sadisme, il le fait selon la vocation de la justice des hommes, dont le but essentiel est le blanchiment de la société à travers l'inculpation de boucs émissaires, fléau de la justice humaine représenté quant à lui par le cavalier noir de l'apocalypse. Quand les chrétiens ont osé se mêler de la justice des hommes au cours de l'histoire moderne, les plus tragiques conséquences ont découlé de cette imposture. Il ne faut pas hésiter, pour arracher le masque de la démocratie-chrétienne à ses actionnaires machiavéliques, à les placer face à la négation des écritures saintes que leur doctrine implique. Il ne faut pas hésiter non plus à retourner les moins lâches s'il en est, car c'est avant tout la couardise qui fait le lit de la démocratie-chrétienne.deruetsabines.JPG

    La peinture d'histoire ne consiste pas à peindre tel ou tel épisode dramatique du passé avec les plus belles couleurs ; elle n'est pas l'esthétique de la guerre ou l'éloge de la charogne comme la musique de Wagner ou Verdi pour les bonnes femmes italo-boches en mal de sensations. La peinture d'histoire est faite pour dévoiler les dessous malodorant de la civilisation. Elle est très proche du dévoilement similaire de la mythologie. Représenter la prédatrice Diane, mi-inquiétante, mi-séduisante, c'est indiquer la perspective sociale fausse dans laquelle l'humanité est enlisée, jusqu'à la guerre. "L'Iliade" est bien sûr le plus ancien exemple de peinture d'histoire. Homère ne met pas la guerre en musique, mais dévoile au contraire sa mécanique et, pratiquement, le caractère bestial de la musique, requise comme le hasard pour la justification de tous les crimes humains. La guerre est dans tous les plans humains, exactement comme la mort détermine la volonté humaine. La leçon de Homère est complétée par Bacon-Shakespeare. Homère a fait d'Achille l'incarnation de la volonté de puissance, systématiquement liée au désir de gloire ; comme la gloire n'est que vanité, la puissance s'achève toujours dans l'impuissance la plus complète. Shakespeare ajoute que la guerre, étant une fuite en avant, elle pousse nécessairement aux avant-postes les volontaires les plus froussards, dont la volonté est raffermie par la peur et le danger, qui leur donne des ailes. Derrière la volonté de puissance, la lâcheté, montre Shakespeare, et c'est pourquoi il est aussi politiquement incorrect, contenant la démonstration que c'est une puissance infernale qui anime la démocratie-chrétienne.

    NB : Cette peinture de l'enlèvement des Sabines par Deruet souligne que la perspective politique repose originellement sur le viol. L'ordre n'est qu'un artifice destiné à le masquer. En ce sens, le totalitarisme démocratique est complètement artificiel.

  • Dans la Matrice

    La dictature vous ôte la vie ; le totalitarisme vous ôte la vie spirituelle : il n'est même pas prouvé que cela soit moins douloureux, car la folie ou la bêtise, chez l'homme, a le don d'accroître la douleur.

  • Satan judéo-chrétien

    L'amalgame du judaïsme et du christianisme est un défi à la théologie juive, comme à la théologie chrétienne. Les juifs, en principe, attendent encore le messie ; pour les chrétiens, le sacerdoce juif, reposant sur la loi de Moïse, est révolu ; celui-ci n'a même pas permis que les prêtres juifs reconnaissent l'Esprit de dieu, la pierre d'angle, le rocher de scandale posé par Dieu en Sion ; de simples pêcheurs issus du peuple ont été plus lucides.

    L'apôtre Pierre s'adresse ainsi aux juifs : "Et maintenant, frères, je sais bien que vous avez agi par ignorance, ainsi que vos magistrats, mais Dieu a accompli ainsi ce qu'il avait prédit par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés (...) Moïse d'une part a dit : Le Seigneur notre Dieu nous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. Et quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du peuple. (...)" (Actes III, 17-24)

    Immédiatement après, Pierre et Jean furent arrêtés par les prêtres juifs et les Saducéens pour leurs paroles. Très clairement, on comprend que ce qui dérange les juifs traditionnalistes, c'est le caractère prophétique de la religion juive. Or, c'est précisement au même besoin que répond le "judéo-christianisme" : empêcher la prophétie, d'être connue et de s'accomplir. Quel besoin les nations dites "chrétiennes" ont-elles de se référer à la loi de Moïse ? La raison est que les évangiles sont apocalyptiques de a à z : plus prophétique encore le Christ que les anciens prophètes juifs, en raison de l'imminence de la fin des temps. C'est une nécessité de la civilisation de reculer le terme le plus possible - 1000 ans pour Hitler - afin de mieux couler la petite once de métal que l'âme de chaque citoyen lambda dans ce grand moule macabre. La civilisation a besoin de gagner du temps ; le Christ, lui, réduit au maximum son emprise.

    La position du clergé chrétien est, par conséquent, encore plus intenable que celle du clergé juif ancien.

    - Un blogueur estime le "judéo-christianisme" qui justifie le pacte entre Israël et les Etats-Unis, la religion la plus dangereuse au monde actuellement.

    Ce judéo-christianisme, à peu près inconnu en Europe, sans doute parce qu'il requiert d'être à peu près analphabète, a ceci de particulier qu'il tente le rapprochement du judéo-christianisme avec la prophétie, d'une manière plus scabreuse encore que la vieille insulte de la monarchie dite "de droit divin" contre la parole divine, ou le serment des chefs d'Etat yankees sur la Bible.

    Simon-Pierre parle en apôtre authentique du Christ contre les imposteurs judéo-chrétiens, tenanciers de la synagogue de Satan ; les juifs se sont abstenu d'étendre la bénédiction de dieu à toutes les familles de la terre, dit Pierre, selon l'intention divine. Dans la postérité d'Abraham, Jésus-Christ a accordé le bénéfice de l'Esprit à toutes les familles de la terre, sans aucune restriction. La mission spirituelle du peuple hébreu s'achève avec le Christ ; comme il n'avait pas d'autre mission, le peuple hébreu est dissout. L'idée que Dieu protège la propriété des juifs ou des chrétiens est un authentique blasphème contre l'esprit de dieu.

    - Ce blogueur a raison, mais il omet de dire que ce stratagème immonde a son équivalent en Europe : la démocratie-chrétienne et les droits de l'homme, idéologies moins grossières, certes, mais forgées également contre l'esprit du christianisme par de petits génies de la magouille juridique. Les droits de l'homme jouent le même rôle dans la république bourgeoise que le droit divin monarchique dans le régime paysan précédent. Si la république est "laïque et neutre", comment fait-elle pour s'accommoder aussi bien des "droits de l'homme", purs produits de la tartufferie démocrate-chrétienne ? La république laïque et neutre se paie la tête des peuples sans vergogne. Bien sûr la nature est la seule source du droit ; le droit n'a rien d'égalitaire ; ni de juif ; ni de chrétien. Les droits de l'homme sont un stratagème d'exploitants et de producteurs. Point final.

    Pierre ajoute à l'attention de ces imposteurs judéo-chrétiens à travers le temps : "(...) Ceux qui, par la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, s'étaient retirés de la corruption du monde, se laissent vaincre en s'y engageant de nouveau, leur dernier état devient pire que le premier. En effet mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de retourner en arrière, après l'avoir connue, en abandonnant la loi sainte qui leur avait été enseignée. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe avec beaucoup de vérité : "Le chien est retourné à son propre vomissement." et : "La truie lavée s'est vautrée dans le bourbier." (2e épître, II, 20-22)

    "Non, le Seigneur ne retarde pas l'accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns se l'imaginent ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous se repentissent.

    Cependant le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre sera consumée avec les ouvrages qu'elle renferme." (2e épître, III, 9-10)

     

     

     

     

  • Krach de l'art

    1. L'art moderne est essentiellement spéculatif.

    2. Bien qu'il paraît répondre à un besoin plus pratique, l'argent est doté de la même valeur mystique que l'art moderne. Molière souligne dans son "Avare" le caractère religieux de l'argent. La même pièce pourrait être écrite, mettant en scène un collectionneur attaché à ses objets.

    3. Une réévaluation de la devise chinoise permettrait de hisser l'art moderne chinois au niveau de la concurrence new yorkaise, londonienne ou berlinoise.

    4. La valeur spéculative de l'art ancien est largement tributaire de la valeur spéculative de l'art moderne, qui joue le rôle de locomotive.

    5. Si l'art moderne perdait sa valeur spéculative, il resterait seulement la valeur décorative.

    6. Le rituel romain de l'eucharistie fournit le modèle-type de l'art moderne, dont le processus sacrificiel est identique. Ce n'est pas un hasard si deux fils de prêtres romains, Delacroix et Baudelaire, ont inventé en France l'art moderne. D'autant moins un "hasard", que le hasard est le dieu commun des imbéciles qui se sacrifient égoïstement pour la société (le cinéma devrait être gratuit pour les SDF, comme l'hostie l'était pour les pauvres).

    7. Si l'homme du peuple se méfie de l'art moderne, c'est parce que celui-ci a un effet euphorisant dont sa constitution le détourne, pour des plaisirs charnels moins virtuels.

    8. Il n'est pas vrai que l'art moderne est une valeur refuge en temps de crise économique. Dans le domaine de l'alchimie, rien ne vaut mieux que l'or.

  • Satan ou la Civilisation

    Comme j'ai coutume de dire aux athées généralement ignares en la matière :

    - Si vous voulez comprendre Satan et la civilisation du même coup, visitez Versailles ; si vous voulez comprendre le christianisme aux prises avec la civilisation, lisez Molière.

    - Le miroir est un ustensile sacré dans presque toutes les religions démoniaques. Tout simplement parce qu'il représente la réflexion et le langage humains, l'instrument par lequel l'homme peut tirer profit de la nature, voire de façon moins pragmatique et plus religieuse encore, se croire en symbiose ou en accord avec elle. Tous les outils dérivent donc du miroir et possèdent la même force érotique, la même incitation à la cupidité - qui sont aussi des propriétés du langage.

    Si la civilisation démoniaque égyptienne est d'une beauté inégalable, auprès duquel New York, Versailles ou Rome font piètre figure, c'est parce que l'Egypte reflète directement la nature. Les civilisations ultérieures ne sont le plus souvent que des reflets indirects, ce qui explique la quasi-nullité de l'art des Etats-Unis, ultime photocopie.colombe.jpg

    - On peut se demander comment la prophétie de l'apocalypse chrétienne peut décrire près de deux mille ans à l'avance les instruments de la puissance satanique : chars, hélicoptères et avions de chasse, comme des "insectes géants", semant la mort autour d'eux ? Tout simplement parce que le potentiel de la nature, que la technocratie ne fait qu'imiter, était parfaitement connu dans l'Antiquité, si ce n'est mieux. Tout ce qui est "potentiel" est parfaitement prévisible et descriptible par des images. L'insecte sert déjà de modèle aux soudards d'Achille. Il n'y a somme toute entre nous et Homère que le temps, facteur d'une accumulation de détails inutiles.

    Le Frankenstein ou le Dr Folamour moderne, descendant du médecin selon Molière, a une conception trop restrictivement fonctionnelle de la nature (dont l'athéisme moderne, qui n'a pas de racines au-delà du XIXe, est la conséquence) ; la civilisation égyptienne, elle, ne perd pas de vue que la Nature reprend toujours les droits qu'elle accorde, sur les dynasties apparemment les plus solidement établies.