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  • Le Bal des Cocus

    Au fond, le cocu n'est pas victime, comme il croit, de telle ou telle personne, mais de la nature. Et dès que j'ai une conversation avec un écologiste, je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer avec des cornes, très exactement aussi bête que ces aristocrates qui étaient fiers d'avoir le sang bleu et des droits supplémentaires.

    Le romantisme n'est qu'une façon de donner un style grave à des histoires de cocus. C'est pourquoi cet art de bonnes femmes italiennes ou allemandes n'est pas très prisé en France. Pour être Français, il faut, ça me paraît le minimum, ne pas prendre les histoires de cocus au sérieux. Quel Français fait ça ? Pas le titi parisien, je vous assure, qui ne peut pas s'empêcher de se fendre la pipe quand il voit passer un cortège de mariage, tellement tout ça sent le carnaval guindé. Pas les artistes français, en dehors de l'académie et des académiciens français, qu'il faudrait vendre au Japon ou aux Etats-Unis pour apurer les dettes de la France, avec la Tour Eiffel. Sans ces verrues, ne respirerait-on pas aussi bien ?

    Charles Fourier a ainsi peint le tableau d'une société libérale entièrement composée de cocus divers et variés, allant, comme la folie, du cocu léger ou doux, voire volontaire, au cocu vindicatif.

    C'est une description à la fois très française et scientifique du libéralisme ou du néo-nazisme, entièrement soumis à la nature, comme le foetus à sa mère, et qui va par conséquent au devant de la catastrophe naturelle en sifflotant, avec son petit savoir romantique-pédérastique sous le bras.

  • La Question

    La question sociale est le meilleur moyen de noyer les opprimés. Sur ce point, Nitche se trompe : soucieux de préserver les privilèges de sa caste, il voit dans l'anarchie, le christianisme ou le judaïsme, des doctrines détournant le peuple des obligations que ses maîtres lui imposent. Mais il n'y a pas de question sociale dans le christianisme ou le judaïsme. Ce sont des religions pour lesquelles la société ne fait que refléter la nature, porteuse du péché et de la mort.

    La démocratie selon Marx prive l'Etat et ses institutions de tous leurs droits. Autrement dit, il n'y a pas de liberté possible pour Marx sous le régime du droit, entièrement fait pour la défense de la propriété privée ou publique. Marx est le premier à dénoncer l'utopie égalitaire, qui revient à la question sociale. Marx est même l'auteur d'une théorie du pourrissement de la civilisation, sous l'angle économique qui l'absorbe peu à peu.

    Subordonnée aux nécessités temporelles, la civilisation marche à quatre pattes, puis deux, puis trois, avant de mourir de mort naturelle. La nature reprend ses droits sur la civilisation, qui en est issue. Tout au plus peut-on dire que Marx réveille le peuple, en lui criant aux oreilles que ses maîtres sont indignes.

    C'est l'élite qui tire d'abord profit de l'organisation sociale, et accessoirement le peuple quand cette organisation n'est pas trop inique. Les doctrines sociales, qu'elles viennent du pape, des socialistes, des soviétiques ou de la République, sont sans prise sur les métamorphoses économiques, et n'ont qu'un seul but : blanchir l'élite en lui prêtant une intention sociale ou altruiste, qu'elle n'a pas, soucieuse d'abord de maintenir un équilibre social : 1/ qui lui profite d'abord ; 2/ nécessairement précaire et qui repose désormais sur des rapports de force à l'échelle mondiale, dont la puissance illusionniste du socialisme ne parvient plus à masquer la brutalité, et qui ne rencontre plus que l'adhésion d'esprits faibles, qui ont besoin d'y croire.

    C'est la vérité que les opprimés doivent rechercher, à rebours de toutes les illusions sociales placées devant eux comme une galerie de glaces, y compris l'intrigue de la révolution populaire, manigancée par des salauds qui ne font ainsi que jouer aux échecs avec de la chair humaine et n'ont rien d'autre à proposer que des solutions dont l'histoire récente a montré qu'elles n'en sont pas. Endiguer le pouvoir de l'argent ? Qui prouve que l'argent n'est pas un instrument juridique d'aliénation, et que son comportement physique n'est pas naturel ? Shakespeare ou Marx ont établi le contraire.

  • Misogynie

    Ce qui rend la fréquentation des femmes aussi pénible, essentiellement, c'est leur croyance dans une âme séparée du corps ; de là viennent la plupart de leurs délires et leur obsession sexuelle, qui mène au désir d'esclavage. Les hommes se montrent généralement moins disposés à subir les inconvénients de la sexualité ; ils ne se montrent pas ainsi plus lâches, mais plus humains.

    Nombre de progrès techniques ont en effet été accomplis dans le but d'atténuer la douleur de la condition humaine et combler le problème de la moindre adaptation de l'homme à son environnement naturel, au regard d'espèces humaines spontanément organisées. L'endurance à la douleur est le propre des espèces animales.

    Les systèmes d'exploitation suscitent une disposition d'esprit favorable à l'aliénation de soi ; non seulement le nazisme, mais tous les systèmes d'exploitation : technocratique, militaire, pornographique, publicitaire, directement intéressés à la chiennerie humaine et au sacrifice du plus grand nombre. Le sacrifice n'est pas un mouvement chrétien mais social.

    - Le christianisme n'impose pas cette croyance dans la séparation de l'âme et du corps. Si on l'a dit "réaliste", et l'art chrétien l'est, c'est pour cette raison. En revanche, cette croyance est typiquement ecclésiastique et fonde, à l'intérieur d'Eglises dites "chrétiennes", un discours mystique étranger au christianisme, c'est-à-dire satanique.

    - Antichrétienne mais ecclésiastique : pourquoi ? Elle vient de l'exigence morale, une morale que le Christ et saint Paul dissuadent de voir comme une voie de salut. Au nom d'un intérêt général mystique, la morale combat l'amour pur et désintéressé. Ainsi les néo-nazis yankees assassinent "au nom de l'éthique", c'est-à-dire d'une conception épurée de leurs intérêts, quand ce n'est pas carrément au nom du christianisme, dans lequel le port d'armes est interdit. Il n'y a pas d'éthique chrétienne.

    La morale requiert en effet de postuler un "au-delà", qu'il soit païen (l'Hadès) ou laïc (la gloire future),  ou bien un en-deçà (la conscience morale, divisée parfois en plusieurs espaces dans les régimes laïcs hyper-puritains : inconscient, subconscient, etc.). Ainsi la médecine freudienne devient-elle une véritable religion anthropologique.

    L'"au-delà" s'avère nécessaire, car les gratifications du droit et de la morale ne sont jamais immédiates. Ainsi l'homme est scindé pour les besoins d'une cause religieuse ou politique ; la meilleure preuve est que la théorie moderne de la "personnalité juridique" n'est qu'une théorie de l'âme autonome ; une disposition pratique, qui prend un caractère divin ou mystique.

    On voit Homère qui, déjà, traduit en images une pensée concrète proche de l'individualisme chrétien, faire d'Achille le dindon de préjugés animistes. Toute la croyance d'Achille dans un au-delà glorieux avait pour seul but d'asservir sa personne physique au besoin de la guerre. Achille a vécu pour mourir, enivré par la perspective d'une vaine gloire, que lui a fit miroiter sa propre mère. Même dans la guerre, Achille n'est qu'un instrument, manipulé par de plus avisés que lui. Shakespeare a forcé le trait, faisant d'Achille et Ajax des brutes sanguinaires ; mais il l'a forcée dans le bon sens, prolongeant l'enseignement d'Homère, qui indique que la perspective religieuse ou politique, contredit la vraie sagesse divine. Shakespeare fait voir à ses compatriotes chrétiens l'indignité qu'il y a à se soumettre à la voie de la chair et son principe de combustion naturelle, quand Homère qui n'était même pas chrétien, avait déjà fait sur le chemin de la sagesse divine, un progrès considérable.

     

     

     

     

  • Dans la Matrice

    "J'ai bien le droit de..." : il n'y a pas plus débile que cette expression banale du credo existentialiste. Quand j'entends cette pétition dans la bouche d'un gosse de plus de trente ans, j'en conclus qu'il n'a pas encore été déniaisé, et je remercie mon paternel de m'avoir fait lire les fables de La Fontaine quand j'avais dix ans. C'est un antidote à la tartufferie des droits de l'homme encore plus efficace que Karl Marx.

    "J'ai bien le droit de..." est très proche de l'argument publicitaire cosmétique "Parce que je le vaux bien !", par lequel la femme-féministe s'affirme comme un objet sexuel de luxe, une putain intouchable, hormis par le gratin de la politique ou du clergé. Si l'existentialisme est pire que le nazisme, c'est parce que l'immondice en est mieux caché.

    L'apprentissage naturel du cynisme par les gosses de banlieues les prépare mieux qu'un école de commerce à la compétition capitaliste, sur fond de droits de l'homme républicains parfaitement hypothétiques. Ne reste plus à ces gosses qu'à savoir manipuler les droits de l'homme à leur tour de façon cynique pour devenir des prédateurs encore plus redoutables, à l'instar des politiciens.

    Bien que le clergé chrétien renégat a préparé la tartufferie existentialiste, le christianisme est un message qui exclut le raisonnement en termes de droits, typiquement païen ; mieux vaut dire, typiquement théocratique, car de nombreux penseurs païens ont vu les limites du raisonnement juridique, quand c'est la caractéristique d'un régime théocratique de le prolonger à l'infini.

    En termes de droits, et donc d'obligations. La spiritualité n'est une obligation pour personne. De même qu'elle n'assure aucune position d'ordre juridique à quiconque. Jésus communique son expérience d'un Esprit divin, non pas abstrait, mais étranger aux préoccupations humaines, purement gratuit physiquement et moralement. C'est Satan au contraire qui, pour le chrétien, est source de droits et d'obligations, donne avant de reprendre, comme Balzac le souligne bien ; le pacte passé avec Satan est identique au pacte passé avec la Nature.

    Avant que le Christ ne vienne communiquer son expérience de dieu, la loi de Moïse, déjà, ne faisait naître aucun droit ; de sorte que le dieu des anciens Hébreux s'était penché sur eux en échange de la plus complète abnégation de leur part, les disposant à l'Esprit tout en les désarmant pour la vie. Les complaintes de Job vont dans ce sens : la Nature sacrée des païens lui paraît une matrice moins dure et inique que le dieu des Juifs. Beaucoup d'hommes ne renoncent-ils pas à Dieu pour une formule maternelle de l'amour ? Le judaïsme, et Jésus-Christ encore plus nettement, disent que cette formule matricielle est totalement illusoire. La connotation jurique ou mathématique de ces prétendues spiritualités suffit à indiquer leur caractère d'hypothèse religieuse absurde, de subversion de l'esprit.

    La terre et la mer passeront avant que la parole du Christ ne passe. Enfants, n'écoutez pas les vieillards, qui ont payé leur confort intellectuel du prix de votre esclavage.

  • Moralité

    En matière de morale comme en matière d'assassinat, il faut chercher à qui profite le crime. Celui qui prêche la morale sans en tirer un profit personnel ne sera jamais payé de ses gages.

    Allez savoir pourquoi, quand il n'y a plus d'argent, il n'y a plus de morale non plus ?

  • Sonnet 144

    144 est dans le christianisme le nombre sacré (12x12) de la Jérusalem céleste, aux antipodes des cités de chair bâties par les hommes qui, à la fin des temps, doivent s'écrouler sous le poids de leurs mensonges, comme s'écroula le temple de Jérusalem, rebâti en trois jours par Jésus-Christ, sous la forme spirituelle de son Eglise.

    - Attardons-nous sur le sonnet n°144 du poème théologique de Francis Bacon Verulam alias Shakespeare. On peut le comparer aux poèmes des rois juifs Salomon et David.

    La "Divine comédie" de Dante Alighieri est une autre comparaison possible, si ce n'est que Shakespeare se démarque nettement du catholicisme de Dante - "maçonnique" dirait-on aujourd'hui ; "ésotérique" est le mieux pour qualifier les théologies chrétiennes qui tentent la conciliation impossible du christianisme et des institutions judiciaires.

    Le purgatoire est l'élément central dans cet ésotérisme. Dépourvu de fondement scripturaire, il est en revanche nécessaire à un clergé soumis à la charge de faire respecter la morale en vigueur, comme toute projection virtuelle dans l'espace et le temps est nécessaire afin d'agréger les foules. De ce point de vue-là, l'Europe n'a pas beaucoup évolué depuis le moyen âge.

    Sans la compréhension de ce progrès sur la théologie médiévale et ses enjeux politiques effectué par Shakespeare - et plus largement la Renaissance -, on ne peut guère comprendre cet art.

    Politiquement incorrect, puisque privant les pouvoirs publics de références au christianisme, Bacon-Shakespeare nous propose, au travers de tragédies et sonnets, plus proches des paraboles que la filandreuse philosophie monastique (aussi filandreuse qu'il est nécessaire pour noyer le poisson), sa théologie ; il procède ainsi à la manière d'Homère, non comme Dante Alighieri par l'ajout d'éléments empruntés aux religions païennes romaine ou égyptienne.

    Pour simplifier, on peut citer le célèbre conte, plus sommaire que ceux de Shakespeare, "Blanche-neige", où l'on retrouve les mêmes figures, inspirées de l'apocalypse. Une mauvaise reine opposée à une jeune fille pure, sans oublier le prince charmant christique ; les bonnes ou mauvaises fées, symbolisent l'influence des astres lors de la naissance.shakespeare,bacon,verulam,nostradamus,apocalypse,blanche-neige

    Ces différentes figures opposées sont un des thèmes principaux de la mythologie chrétienne de Shakespeare, ainsi que des sonnets.

    (Le dessin ci-contre, attribué à Nostradamus, montre ces trois figures emblématiques : à gauche, l'Epouse de Jésus-Christ, c'est-à-dire l'Eglise ; au centre la prostituée, symbole du détournement de la parole à des fins iniques, et Marie, mère de Jésus, à droite.)

    "J'ai deux amours, l'un confortable, l'autre désespéré.

    Qui, comme deux forces opposées, me sollicitent."

    [Amour érotique des biens de la terre, contre amour chrétien spirituel. On ne conçoit pas que Shakespeare, qui a par ailleurs écrit une tragédie narrant les conséquences funestes de l'amour passionné, et souligné la bêtise romantique de l'aristocratie, avant qu'elle ne devienne un procédé commercial systématique, mette en scène son goût des amours charnels multiples, comme dans un roman de gare. Les anthropologues modernes prennent leur désir pour la réalité, ce qui est l'inverse du christianisme, qui exige au contraire de prendre pour la réalité tout ce qui n'est pas de l'ordre de la biologie et de sa reformulation morale ou politique.]

    "Le bon ange est parfaitement clair.

    Le mauvais esprit une femme aux couleurs malsaines.

    Afin de me précipiter en enfer cette diablesse,

    Pousse mon bon ange à s'éloigner de moi,

    Et, le corrompant, tente d'en faire un démon."

    ["Puis je vis le ciel ouvert, et il parut un cheval blanc ; celui qui le montait s'appelle Fidèle et Véritable ; il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme ardente ; il avait sur la tête plusieurs diadèmes (...)" (Ap. XIX,11) La force de l'esprit de dieu est ainsi représentée dans l'apocalypse par une sorte de "prince charmant". La prostituée aux vêtements pourpres et écarlates incarne, elle, l'esprit de chair légitimé, celui qui préside à la chute du genre humain, et persiste à égarer les impies jusqu'à la fin des temps.]


    (A suivre)

  • Moralité

    La morale a le don de s'autodétruire, comme les moralistes, qui se suicident gaiement.

  • L'iconoclasme

    Aujourd'hui l'irréligion consiste à se moquer de la publicité et des publicitaires. Chez tous les pédophiles on retrouve ce mouvement de consommation désordonnée, imprimé d'abord par la publicité.

    L'autre jour j'ai vu un type dans le métro, rageur, arracher une affichette publicitaire : c'était un iconoclaste.

  • Civilisation

    La civilisation a été beaucoup trop peinte en France avec une casquette et un bâton de flic pour que cette vieille lune y soit vraiment prise au sérieux.