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  • Trompette

    "L'éternel retour" ou la musique, dans le fond, c'est la même chose. En même temps que la musique tente de remédier à l'atroce ennui, elle le provoque. La musique est, pour Shakespeare, le symbole de l'illusion dans laquelle vivent les puissants, que leur temps n'est pas compté.

    L'antéchrist Nitche a bien raison de faire valoir la musique : elle est faite pour couper du vrai dieu.

    Celui qui respire mieux grâce à la musique, ne peut pas croire à la fin du monde : c'est précisément le rôle de la musique de faire croire que le monde est infini, et d'entretenir la croyance dans des mondes virtuels rassurants, où l'homme peut s'évader, sous la forme d'une âme légère. La plus belle musique, dit un Allemand un peu moins drogué que les autres, n'est autre que le chant des damnés. Aucune civilisation ne peut se couper de ses morts glorieux, avec lesquels elle communique grâce à la musique.

    - Mais, que fais-tu des trompettes de l'apocalypse ?, me demande mon pote Fodio. Je relève qu'elles jouent le rôle d'avertisseur, contraire à celui, habituel, de la musique, de confort intellectuel, postulant l'harmonie du monde, quand bien l'homme qui est au centre du monde et le définit de cette place, n'éprouve pas l'harmonie mais le déchirement.

  • Liberté chérie

    Les esclaves sont épris de liberté. Les maîtres, eux, se contentent le plus souvent d'une prison dorée ou de quelque lieu d'aisance du même genre.

    "J'ai bien le droit de..." : ce slogan, entendu maintes fois, suffit à me prouver que je vis entouré d'esclaves. Il est pénible d'entendre une telle ritournelle, résultat de l'enseignement religieux républicain. J'ai pitié de celui qui attend qu'on lui rende justice : il y a des chances qu'il se fasse violer par quelqu'un qui n'a pas le temps de croire à ces balivernes. Je crois entendre Sganarelle : "Mes gages ! Mes gages !" Tout le monde se moque de Sganarelle - je ne parle pas des matheux, mais des gens qui savent lire - parce qu'il est stupide d'attendre quelque chose du Séducteur, qui ne promettrait pas s'il pouvait octroyer. 

    La seule chose à laquelle tout le monde a droit, c'est à un cercueil : d'où le teint blafard des hommes de loi. Ce n'est pas très malin d'organiser des messes noires avec des crânes et de l'hémoglobine, puisque, comme le tain du miroir, la mort est partout dans les cultes juridiques. Dans l'apocalypse, le parangon de la justice humaine -ou sociale-, le cavalier porteur d'une balance, est noir.

    - Pour les chrétiens, le désir de liberté n'a pas de sens, car l'homme ne peut pas obtenir la liberté seul - elle est surhumaine. On ne désire d'ailleurs que ce dont on a besoin. Et, toujours pour les chrétiens, la liberté ne répond à aucun besoin, ni manque affectif. La frustration des riches vient de ce qu'ils poursuivent le droit comme si c'était la liberté ; et, comme le droit est infini, les riches peuvent toujours tourner comme des écureuils en cage.

    - Pour un juriste un tant soit peu sérieux (hypothèse incertaine, car les juristes sont aussi loufoques que les matheux), les droits de tous ne peuvent être satisfaits, faute de quoi la société s'écroulerait. La promesse d'égalité sociale joue donc le rôle d'appât, dans les sociétés humaines, comme l'homme n'est pas assez bête pour ne pas imaginer la liberté. On lui propose un ersatz.

  • Le Complot illuminati (1)

    Fut popularisée naguère une théorie du complot dans laquelle l'Eglise catholique romaine jouait le premier rôle néfaste : le célèbre roman de Dan Brown, "Le Da Vinci Code". C'est peu de dire que ce roman piétinait allègrement les faits historiques. Ainsi Galilée, qui remit l'astronomie égyptienne ou pythagoricienne à la mode, bénéficiait de l'appui d'un parti d'Eglise puissant (le même parti que le peintre-photographe-ivrogne Caravage), loin d'être un dissident, à une époque où l'Eglise romaine couvrait tout le spectre politique. Le "Da Vinci Code" n'est donc pas très éloigné du catéchisme ou de la mythomanie laïque républicaine.

    - Plus récemment s'est développée sur internet une théorie du complot illuminati. Avec le mouvement de hackers "Anonymous", la thèse du complot illuminati est un des principaux leitmotivs de la contre-culture actuelle, raillée comme il se doit par les médias officiels. Après s'être servi d'une théorie du complot contre les juifs pendant des lustres, les médias osent se moquer de ceux qui voient des complots partout, dont on peut penser que la mentalité dérive du matraquage médiatique d'informations, autrefois baptisée "rumeur", et qui fait partie intégrante du mode de gouvernement totalitaire moderne.

    Même si la théorie du complot illuminati est superficielle (précisément à cause de la fausse définition du complot qu'elle propage), certains aspects, contrairement au "Da Vinci Code", sont véridiques. La politique ou la morale est essentiellement un complot à l'origine. Le secret est une valeur morale ou politique, tandis que la vérité ne l'est pas. Adepte de vieux principes maçonniques démodés, le conseiller du président Guaino, combattant les hackers anonymous qui dévoilent des complots militaires, a plaidé pour l'opacité contre la transparence.

    On entre ainsi dans le coeur de l'imposture décelée par la théorie du complot illuminati, qui a raison de faire de l'Eglise romaine une cible privilégiée et la matrice de nombreux mensonges de l'Occident moderne. En effet, ou bien "dieu et la vérité ne font qu'un", comme dit Jésus-Christ, et dans ce cas l'institution morale et politique, nécessairement chargée de lourds secrets, n'a pas lieu d'être ; ou bien l'Eglise romaine présente une vérité qui n'est pas dieu, mais préserve des pactes et intérêts bien humains, au détriment de celui-ci.

    Ici il faut indiquer que Shakespeare, qui est probablement le plus grand historien de l'ère chrétienne, mène déjà à cette conclusion dès la fin du XVIe siècle. Si on préfère, Polonius (alias Copernic) est déjà symboliquement un de ces "illuminatis", et le rideau derrière lequel il se cache représente la mystique catholique romaine truquée, indispensable pour dissimuler le paradoxe quasiment sexuel ou incestueux sur lequel s'appuie la papauté romaine. Celle-ci ne peut pas prôner le mensonge comme l'antéchrist (Nitche) directement ; ainsi elle prône une éthique christianisée, plus subversive encore.

    La théorie du complot illuminati a donc au moins le mérite de signaler la subversion de la vérité par les grandes nations dites "judéo-chrétiennes" ou "démocrates-chrétiennes" et leurs prêtres, étrangers au message chrétien. L'inconscient collectif moderne, où l'Eglise romaine joue un rôle-clef, a ainsi un usage afin de sidérer les masses et les inciter à participer à une sinistre croisade de plus, un complot "sui generis", c'est-à-dire bestial et anthropophagique. Ce faux ciel de l'inconscient collectif moderne, les plus jeunes gens parmi les nations ne peuvent que tenter de le détruire pour, enfin, y voir clair ; il est en effet la principale cause de l'aliénation moderne, la complexité des arcanes du monde étant pour les jeunes gens forts et purs une sorte de dragon qu'ils ne doivent surtout pas fuir : ou bien ils sont déjà morts et ne vivent plus que dans l'attente de la seconde mort, couloir de la mort qui n'a rien à envier à ceux des pénitenciers


  • Dogme et Vérité

    C'est l'un des meilleurs moments de cinéma des dernières années que l'apologie du nazisme par le cinéaste Lars von Trier, tenant du "dogme" et d'une sorte de puritanisme cinématographique, en présence des deux gourdes ébaubies à son service. Ce lascar boche n'a pas pigé que le but du cinéma est d'occulter, non pas de révéler.

    Les Italiens savent un peu mieux le machiavélisme ou le satanisme des arts politiques.putain,apocalypse,rome,eglise,païen

    C'est parce que le pape Benêt XVI est de nationalité allemande qu'on peut craindre qu'il ne prône la doctrine païenne de Pangloss en croyant sincèrement qu'elle est chrétienne, ou qu'il est sorti autre chose de l'école de philosophie de Francfort que de la charcuterie idéologique.

    En tant qu'art ou science, le cinéma est en effet le plus juridique, c'est-à-dire dogmatique. En ce qui me concerne, je reconnais un Français à ce qu'il se méfie du cinéma ; l'Allemand au contraire, que le Français a du mal à ne pas voir comme un homosexuel ou un "identitaire", se sentira au cinéma comme dans les bras de sa mère. C'est pure vanité féminine que la recherche du temps perdu dans les salles de cinéma. Maudits soient les chrétiens qui propagent ce culte égyptien parmi leurs frères !

    - La présentation de la vérité sous la forme du dogme est la plus familière qui soit aujourd'hui. La démocratie est, par exemple, une sorte de dogme ; une probabilité (le pouvoir de tous à égalité), traduite comme un but ou une espérance. La formule de l'art moderne est une formule abstraite, religieuse et dogmatique. L'existentialisme est une des philosophies les plus dogmatiques, etc.

    La formulation de dieu comme une hypothèse ou une probabilité est typiquement païenne, et les chrétiens qui ont parfois repris cette formule, imitant les pharisiens juifs contemporains de Jésus, ont coupé l'Occident de Dieu, et fourbi les armes de l'oppression moderne. Chez certains comme J. de Maistre, le mobile satanique est ostentatoire et éclate dans le culte de Napoléon ; chez d'autres il est plus discret, comme Blaise Pascal, qui aurait mieux fait de s'en tenir à la sommation du Christ au jeune homme riche, plutôt que de tenter la conversion des grands de ce monde, prédestinés à mordre la poussière.

    En effet L'esprit de dieu fait appel à l'imagination, comme l'indique l'apôtre Paul, et non à la discipline ou au calcul qui mène au néant, celui-ci étant, de toutes les hypothèses religieuses, la plus probable. Sartre est l'héritier direct des moines crétins du moye-âge, mais dans la Sorbonne qui n'a pas cessé d'être une enclave chinoise depuis Rabelais, il fait illusion avec ses pirouettes. Le dogme est à l'usage du clergé, et de lui seul ; il s'en sert comme d'un garde-fou ; c'est la frontière subtile que le peuple est invité à ne pas dépasser.

    La coupe de la prostituée représentant l'Eglise romaine dans l'apocalypse est pleine de ces vérités dogmatiques, qui sont des blasphèmes, car elles contribuent au morcellement de la vérité divine, à la manière du cinéma qui détruit l'imagination en ramenant l'art à un code. Si la représentation artistique de dieu est proscrite dans le judaïsme, c'est pour la bonne raison que le risque est grand pour un artiste sans esprit de traduire dieu de façon abstraite, selon son désir. Sauf à faire partie de lui, il est impossible de se représenter dieu correctement.

    La tentative de faire passer le dogme ou la géométrie algébrique pour la science est d'ailleurs la caractéristique du totalitarisme moderne en général, et non seulement du nazisme.

    - On est informé de fonction du dogme par celle du clergé. L'omniprésence de la rhétorique cléricale aujourd'hui, le besoin de justification morale incessante qu'elle signifie, viennent de la nécessité d'organiser le monde ; c'est ce qui fait que la vérité aujourd'hui est de nature statistique, ce qui contraint chacun à être solidaire des billevesées mathématiques d'Einstein, sans même les comprendre.

    Chrétiens, détruisons les mondes virtuels d'où les suppôts de Satan, derrière le masque chrétien, tirent leur pouvoir de sidération, posons l'équation de tous leurs paradis artificiels avec le néant. Fracassons le dogme et le cinéma des violeurs d'enfants à l'aide de la vérité.

  • Les Athées

    Si l'athéisme m'a toujours paru une bizarrerie, voire un "handicap" comme je disais étant plus jeune, c'est surtout pour des raisons littéraires. Je ne lisais, étant gosse, aucun bouquin moderne, mais seulement des livres remontant au moins au XIXe siècle.

    Que peut bien comprendre un athée à Voltaire, Racine - ou Molière, surtout, qui me frappait le plus, étant donné l'authentique description qu'il fait de la société comme une immonde salope inguérissable ? C'était la question que je me posais alors. Quiconque a quelque notion d'histoire sait que l'athéisme et le socialisme sont synonymes ; par conséquent, l'athéisme n'est que le produit dérivé de la philosophie chrétienne médiévale ; c'est particulièrement net de la part de philosophes nazis comme Heidegger ou Sartre.

    J'ai donc été vacciné contre le socialisme par Molière. Celui-ci excelle en effet à montrer comment la brute humaine a besoin du socialisme ; la séduction joue un rôle important dans la partie de chasse planétaire ; et cette part de séduction s'appelle "le socialisme". La débilité profonde des fachistes, c'est d'avoir voulu inventer un socialisme honnête, calqué sur le modèle animal. C'est aussi débile que d'associer, comme Jaurès, le socialisme et la paix.

    J'ai déjà oublié quels étaient les écrivains en vogue quand j'avais quinze ans, et que j'apercevais dans l'émission "Apostrophe", mais ceux qui ont lu "Tartuffe" ou "Don Juan" comprendront peut-être que Philippe Sollers puisse apparaître comme une simple hypothèse de travail à côté de Molière. Les fantômes d'aujourd'hui sont les personnes dans le poste de télé.

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    Certes, je vivais dans un milieu d'obédience catholique, mais la domination sans partage des femmes dans ce milieu m'a très tôt fait suspecter le mensonge ; de même que je soupçonne 95% des pédés en France d'être issus de milieux catholiques romains, même si c'est sans doute exagéré (pédé = identitaire).

    Je crois que c'est grâce à Stendhal - comme quoi on peut retenir certaines choses des auteurs les plus vulgaires - que j'ai pigé le truc de l'indéfectible alliance des curés et des femmes, ou des pharisiens et des veuves, comme dit Jésus-Christ. Sur le terrain social, la misogynie est défaite d'avance.

    Donc la religion de mon enfance était assez banale pour un Français, puisque c'était celle de la littérature, dépourvue de l'aspect culturel ou religieux que la modernité implique. En quoi on voit que la République est une idée bien plus allemande que française, puisqu'il n'y a pas de littérature républicaine à proprement parler, sauf Stendhal qui fait coïncider le bourgeois avec le cochon, sous couvert du style. Bien que le gros Beyle se cache à peine, comme tous les ritals, de téter encore sa mère bien après l'âge de raison. "Molti che tengono la fede del figlio e sol fan tenpli nel nome della madre." (De' cristiani) reconnaît déjà Léonard. ("Beaucoup (de chrétiens) qui disent croire dans le fils, n'érigent des temples qu'au nom de la mère (nature).")

    Et encore, Stendhal est attaché à l'uniforme et au code napoléon, c'est-à-dire au régime dictatorial qui précéda la République des tartuffes d'aujourd'hui, qui ne peut se passer de l'opération de blanchiment des charniers dont elle fut l'actionnaire. Le curé républicain doit l'avouer (Jean-Claude Milner) : l'histoire marxiste n'a eu aucune influence en France. La raison en est qu'elle n'est pas faite pour le blanchiment.