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rome

  • L'enjeu de l'oecuménisme

    Au mois d'octobre prochain, l'actuel évêque de Rome (François) et les représentants des fédérations luthériennes feront une déclaration conjointe afin de mettre symboliquement un terme à un schisme multiséculaire ; l'antagonisme entre luthériens et catholiques romains est une cause de scandale ancienne parmi les chrétiens, consécutive à la rébellion de Luther contre la doctrine catholique romaine.

    L'accord est symbolique, car ses termes demeurent confus ; il y a fort à parier qu'ils le resteront.

    Au préalable il faut dire que l'Eglise est théoriquement indivisible, car elle repose sur dieu et la parole divine (les évangiles), non les interprétations divergentes que les hommes peuvent en faire, à cause de la chair (l'humaine faiblesse est résumée par Jésus-Christ dans ce mot : la chair) ; sont chrétiens et unis ceux qui demeurent fidèles à la parole divine et ne détournent pas son usage à des fins que Jésus-Christ a proscrites.

    Ce ne sont pas les désaccords sur l'interprétation de tel ou tel dit de Jésus-Christ, ni encore moins sur telle ou telle pratique religieuse qui sont la plus grande cause de scandale, mais le prétexte qu'ils ont fourni à des querelles, le plus souvent sanglantes et qui contredisent l'ordonnance principale de Jésus : - Aimez-vous les uns les autres.

    Le grand schisme qui opposa luthériens et catholiques romains peut n'avoir aucun effet sur un coeur pur et simple, obéissant à Jésus. La mission assignée par Jésus aux apôtres, ses frères, est de répandre l'évangile et non de contraindre à adhérer à une institution en usant de la force ou de méthodes violentes plus modernes comme la propagande, où entre une part de séduction.

    - Qu'en est-il aujourd'hui des différences entre le culte luthérien et le culte catholique romain ? Certaines ont été abolies par l'effet du temps, qui a privé l'Eglise romaine du pouvoir de coercition dont elle disposa autrefois ; pour autant, l'Eglise romaine a-t-elle renoncé à l'exercice du pouvoir temporel ? On le croira difficilement dans la mesure où bon nombre de catholiques véhiculent une idéologie séculière... sans même paraître se rendre compte qu'ils le font, confondant ainsi la guerre sainte spirituelle menée par les apôtres contre Satan avec une sorte de folklore païen, de culture nationaliste assez grossière.

    La nation américaine, qui ne relève pas en principe de l'autorité romaine, illustre semblable aliénation nationaliste. Le rêve ou la fantasmagorie est le but poursuivi par la nation américaine, non la vérité.

    Nous vivons une période de trouble, dans la mesure où les choses les plus simples demandent à être éclaircies ; dans la mesure aussi où le christianisme est présenté parfois comme un folklore nationaliste, alors qu'il est le contraire.

    - Une revue luthérienne, à propos de cette future déclaration commune d'unité, fait état d'un relatif scepticisme, notamment en ce qui concerne la question de la pratique religieuse ; le culte catholique romain est en effet organisé autour de la célébration de l'eucharistie par le prêtre catholique ; or cet office, du point de vue luthérien, est le lieu et le moyen d'un détournement de pouvoir au profit du clergé. Le rituel de l'eucharistie se substitue à la découverte de la parole divine. Sans conteste, la hiérarchie catholique romaine est tributaire du rituel de la messe.

    La volonté oecuménique commune des chefs des Eglise catholique et luthériennes paraît donc, elle aussi, assez trouble. On comprend la volonté de mettre un terme à une ancienne querelle ; cependant, en l'occurrence, la querelle est forclose, d'une part, comme une vieille plaie que le temps a refermée ; d'autre part, en revanche, elle demeure ouverte sur certains points cruciaux comme la signification véritable du rituel catholique - points cruciaux qu'il n'est pas question ici de trancher.

    Par ailleurs, les chefs des Eglises chrétiennes institutionnelles ne semblent pas décidés à vouloir prendre des mesures beaucoup plus simples, significatives et symboliques, comme la rupture des liens qu'elles entretiennent avec les élites politiques à travers le monde, entretenant ainsi l'idée antichrétienne que l'on peut servir deux maîtres à la fois, et refusant de "rendre à César ce qui est à César". C'est pourtant le mélange d'une querelle religieuse avec une querelle politique qui rendit le schisme entre l'Eglise catholique et l'Eglise luthérienne aussi violent et néfaste.

    Le christianisme n'est un aspect majeur de la culture occidentale que par l'effet d'un tour de passe-passe et d'un mensonge éhonté auquel les chefs de Eglises autoproclamées chrétiennes ne semblent pas vouloir renoncer.

    Le chef de l'Eglise romaine se présente comme "l'homme de la situation", le plus capable d'amener le processus de mondialisation à une fin heureuse. Il est troublant de constater à quel point ce mobile contredit l'Evangile, sa description réaliste de l'affrontement et de la division des nations sous l'emprise de Satan.

  • Satan dans l'Eglise

    La démocratie-chrétienne, dans la mesure où le christianisme est spirituellement pur de tout idéal politique (c'est notamment cet aspect de la parole divine que Judas et les pharisiens ne voulurent pas entendre), se présente comme la subversion du christianisme la plus subtile aux yeux des chrétiens instruits des vérités divines. Ce qui est visiblement satanique également, c'est la façon dont les représentants de la démocratie-chrétienne ont assumé au nom de Jésus-Christ les entreprises sociales les plus criminelles au cours des temps modernes.

    On peut traduire la démocratie-chrétienne, qui déborde les limites de sa matrice catholique romaine, comme le triomphe des mythes politiques platoniciens sur le message évangélique au sein de l'Eglise institutionnelle. Le démocrate-chrétien, le catholique ordinaire, raisonne suivant les idées de Platon, bien que la lecture de la parole divine, même parcellaire, soit un danger permanent pour ses convictions platoniciennes, en particulier dans le domaine de la morale, car Jésus ne tient aucun compte de la vertu dans son enseignement. C'est en cela que le message chrétien est universel, et en cela qu'il est un bouleversement majeur et définitif : parce qu'il met fin au bonheur comme but ultime, il se situe par-delà la jouissance.

    Comment ne pas croire que l'histoire a un sens, quand on constate à quel point la bourgeoisie démocrate-chrétienne contredit le message évangélique, s'interpose entre l'homme et le salut, affirmant par exemple les droits de la mort sur l'homme quand les évangiles et l'apôtre Paul combattent la mort ?

    De l'évêque de Rome on comprend qu'il contribue à cet antichristianisme en raison de son effort pour affirmer ou réaffirmer sa position de chef de la démocratie-chrétienne, réajustant ainsi le discours catholique romain au niveau de propagande et de démagogie qui convient.

    "Politiquement, la conséquence la plus décisive de l'amalgame des institutions politiques romaines et de la philosophie grecque fut qu'il permit à l'Eglise d'interpréter les notions plutôt vagues et contradictoires du premier christianisme sur la vie dans l'au-delà à la lumière des mythes politiques platoniciens, et d'élever ainsi au rang d'une certitude dogmatique un système élaboré de récompenses et de châtiments pour les faits et les méfaits qui n'ont pas trouvé leur juste rétribution sur terre. (...) cela coïncida avec la chute de Rome, la disparition d'un ordre séculier assuré, la prise en charge des affaires séculières par l'Eglise, et l'émergence de la papauté comme puissance temporelle."

    (Hannah Arendt, "La crise de la culture").


    H. Arendt dissipe ici utilement le préjugé selon lequel l'"au-delà" serait une "invention des religions monothéistes" ; c'est en effet une conception qui découle des mythes politiques platoniciens, c'est-à-dire d'une philosophie païenne.
    H. Arendt donne la raison de cet emprunt parfaitement illégitime à la philosophie de Platon. Le message évangélique ne permet pas de fonder une éthique, ni d'endosser une quelconque politique.
    Le caractère temporel de l'idéologie platonicienne explique d'ailleurs que les cultures athées ou laïques proposent des substituts ou des équivalents au paradis et à l'enfer, comme la démocratie, promesse de récompense future faite au(x) peuple(s) par les élites politiques.

  • Sur la chute de Rome

    Le sermon d'Augustin d'Hippone est célèbre, dans lequel il exprime son indifférence chrétienne à la chute de l'Empire romain en même temps que sa confiance en Dieu.

    Des pans entiers de la théologie d'Augustin d'Hippone sont sujets à caution, car le résultat d'une spéculation philosophique. Augustin s'interroge à propos de certains aspects mystérieux de la parole divine, et formule quelques hypothèses.

    Mais le dédain de la politique et de la civilisation d'Augustin s'appuie sur l'évangile, qui énonce de façon claire, univoque et répétée que "le royaume de dieu n'est pas de ce monde".

    Il ne saurait y avoir par conséquent de royaume, d'empire ou de nation chrétienne que selon la ruse de Satan, afin d'empêcher l'accomplissement de la vérité. La démocratie-chrétienne n'est autre que la dénomination courante de l'antichristianisme, dans la mesure où la démocratie-chrétienne assume l'asservissement de la vérité chrétienne à la cause de la bourgeoisie.

    Il arrive au clergé catholique romain de citer Augustin d'Hippone, mais en réalité le césarisme catholique romain et la doctrine sociale de l'évêque de Rome contredisent la démonstration d'Augustin qu'il n'y a rien à attendre de la civilisation, du point de vue chrétien ; la civilisation est un pacte scellé entre Satan et l'homme selon la Genèse.

  • Synode sur la famille

    Le plus vain synode qui soit se tient ces jours-ci à Rome. Le plus vain car il porte sur la famille et que les évangiles discréditent les liens du sang au profit du lien spirituel, pur du péché véhiculé par le lien charnel.

    Qui dit famille dit "père de famille", notion sacrée dans le code civil des franc-maçons, édicté sous le règne de Napoléon. La défense est faite aux chrétiens dans l'évangile de Matthieu de nommer quiconque leur "père" en dehors de dieu, afin de prévenir contre les interprétations anthropologiques perfides du nouveau testament (la vocation secrète de l'anthropologie prétendument chrétienne est d'entraîner à l'athéisme les chrétiens sincères).

    Comble d'ironie ou d'absurdité, sur un sujet qui ne relève pas de la foi chrétienne, les catholiques romains ne parviennent pas à s'entendre et sont divisés entre conservateurs et modernes. Ces positions recoupent des positions économiques, on ne peut plus temporelles et triviales. En effet, l'économie capitaliste a eu sur l'organisation familiale traditionnelle un effet de sape. Le clivage homme-femme même a quasiment perdu son efficacité (donc sa valeur) dans le cadre d'une économie dite tertiaire. Mais le catholicisme romain continue d'exercer un rôle de direction morale sur des millions d'individus qui vivent dans des pays demeurés au stade industriel ou paysan, où la famille reste efficace, et la répartition du travail selon le sexe.

    L'axe du discours antichrétien satanique consiste à ramener au plan social des exhortations évangéliques spirituelles afin d'empêcher le royaume de dieu. C'est la vocation de plus en plus nette de l'Eglise catholique romaine.

     

  • Rentrée littéraire

    La puérilité des lettres françaises se concentre dans le phénomène de la "rentrée littéraire". La phénoménologie de l'esprit chère aux philosophes en costard-cravate n'est pas très éloignée, en fait, de la foire commerciale.

    Il s'agit d'être placé en tête de gondole. Valérie Trierweiler dame cette année le pion à la concurrence et berne ainsi le milieu littéraire avec une histoire de chair crue. Les plus "fair-play" ont reconnu qu'en matière de bovarysme, à quoi la littérature bourgeoise se résout, il fallait bien accorder la palme à l'Autrichienne de service.

    L'oisiveté est mère de tous les vices, et le problème c'est que le vice est aussi ennuyeux que la vertu, il suffit de lire Sade ou de fréquenter les salles de cinéma pour s'en rendre compte. Seul le christianisme remet vraiment en cause la vertu, puisque le vice, lui, ne peut pas se passer d'elle pour exister.

    Depuis quelques années, certains plumitifs ont eu l'idée de rehausser leur prose d'allusions chrétiennes, comme on verse un peu de vin dans son eau de rose pour renforcer la couleur. Il faut dire que le catholicisme a presque le parfum du vice en ces temps de moraline laïque ou hygiéniste. Ou bien est-ce parce que les bonnes femmes achètent 80% de la production de nouveaux romans et qu'elles aiment un doigt de foi pour allonger le stupre ?

    Il y a un an ou deux, ce fut un "Sermon sur la Chute de Rome" qui fut ainsi primé, empruntant à saint Augustin son titre. Dans ce sermon, le théologien explique la raison sacrée de l'indifférence des chrétiens à l'égard de la civilisation, en l'occurrence de l'Empire romain à l'agonie [qui de toutes façons n'avait jamais été grand que par la taille, comme la Russie ou les Etats-Unis]. On voit que l'Eglise romaine a, depuis, entièrement adapté sa théologie aux circonstances, puisque après le Boche de l'école de Francfort, radié pour ses médiocres résultats en termes de propagande, le nouveau pape François est sur le point d'aller se faire baiser l'anneau par les représentants de la ploutocratie européenne réunis à Bruxelles. L'anthropologie chrétienne vise à neutraliser l'Esprit de l'apocalypse, si fort que Satan ne peut l'affronter selon les règles de la guerre conventionnelle, mais doit passer par le maquillage moderne.

    Cette année, Emmanuel Carrère dans le "Royaume" évoque sa lecture de l'évangile de Luc, son athéisme primitif, puis sa conversion, puis son retour à l'athéisme. Comme certains théologiens chrétiens le notent, y compris de médiocres, la foi n'est pas un thème chrétien, puisque la question du salut chrétien éclipse celle de la foi en dieu. Le problème de la foi en dit beaucoup plus long sur la bourgeoisie. La question de la foi concerne beaucoup plus Satan et ses sectateurs, épris par exemple de culture latine. Par exemple : Nitezsche a-t-il vraiment foi dans Satan ? La réponse est : relativement, oui. La doctrine satanique de Nietzsche est en grande partie le fruit d'une illumination ou d'une exaltation religieuse démoniaque.

    E. Carrère : "La comparaison entre le christianisme et le marxisme-léninisme (...) vient d'autant plus facilement à l'esprit qu'il s'agit dans les deux cas d'une forme de religion, avec une visée millénariste, se présentant comme l'avant-garde d'une mutation de l'humanité (...) Les lettres de Paul sont des textes mystiques, bien sûr, mais aussi politiques."

    Notations superficielles pour quelqu'un qui prétend avoir lu attentivement pendant trois ans d'affilé les évangiles une ou deux heures par jour. Lénine fit déjà le parallèle lui-même, non pas entre le marxisme-léninisme et le christianisme, mais plus exactement entre le socialisme soviétique et la religion d'Etat catholique au XVIIe siècle. On voit qu'E. Carrère est obsédé par la politique, et que la religion qui pointe le plus le néant spirituel de l'activité politique ne l'a en rien débarrassé de son obsession. Entre la forme civile du christianisme et les évangiles, il y a un gouffre, dans lequel Paul de Tarse ne tombe pas, dissuasif au contraire de croire dans le "salut par les oeuvres".

    E. Carrère : "(...) Sans parler du concept d'un dieu crucifié, à l'opposé des dieux grecs auxquels il est tellement plus facile de s'identifier, avec leurs passions et leurs comportements qui ressemblent tant à ceux des hommes."

    Ici l'écrivain feint d'ignorer que c'est le Christ ressuscité que les chrétiens s'efforcent d'imiter, reprenant le poncif néo-païen d'un christianisme masochiste. Son point de vue sur la religion grecque est d'ailleurs tout aussi débile, puisqu'il en fait presque une religion romantique.

    Il va de soi que si dieu n'existe pas, la foi dans l'homme et ses oeuvres devient primordiale, la moindre brève de comptoir mérite d'être recueillie. 

     

     

     

  • Apostasie romaine

    Lors de la récente canonisation de deux de ses chefs, l'Eglise romaine est apparue telle qu'elle est, comme une construction juridique athée.

    Il n'est pas difficile aux adversaires du culte catholique romain de démontrer qu'il est purement rhétorique, que l'on se place du point de vue de Satan et du droit naturel (Nietzsche), ou bien encore du point de vue chrétien apocalyptique (la bête de la terre est représentative des puissances qui tirent leur légitimité de la loi), ou bien encore du point de vue athée laïc dérivé du catholicisme romain, majoritaire en Occident - le culte républicain moderne, dans le cadre de l'Etat totalitaire moderne, plagie en effet le culte catholique romain dans ses rituels et célébrations.

    En tant que tel, le culte catholique romain est ultra-minoritaire en France, mais dans sa version technocratique modernisée, il est largement répandu ; c'est ce qui explique la fascination pour un clergé et des cérémonies qui semblent désormais appartenir au folklore - l'Eglise catholique romaine est la matrice de l'appareil judiciaire moderne.

    - L'Eglise romaine apparaît donc comme un leurre parfait, qui d'une part se présente comme une démonstration juridique facile à réfuter. Il est aussi facile de démontrer que le mobile de l'Eglise romaine n'est pas spirituel, mais moral et politique, qu'il est facile de démontrer que la théorie de la relativité d'Einstein n'est pas scientifique mais arbitraire. D'autre part la doctrine romaine fait écran au message évangélique, dont il n'est possible de déduire aucune règle de vie sociale.

    - La transition opérée de la "légende dorée" catholique romaine à une procédure judiciaire stricte n'est qu'une illusion. Il faut des miracles pour faire un saint du culte latin : mais la transformation quotidienne par les prêtres romains du vin en sang du christ et du pain en corps du Christ n'est-elle pas un miracle alchimique suffisant ?

    On sait d'ailleurs la réticence du Messie à opérer des miracles, dont les magiciens sont aussi capables. La capacité de Satan à accomplir des miracles est attestée dans l'Evangile par l'annonce des miracles de l'Antéchrist.

    Les peuples primitifs prennent les technologies occidentales dites "avancées" lorsqu'ils les découvrent pour des miracles. La technologie occidentale est bel et bien miraculeuse au sens naturel, et donc démoniaque. L'univers est lui-même un miracle permanent du point de vue de la science technique et des mathématiques modernes (largement tributaires de la science scolastique catholique), dans la mesure où cette science technique n'explique pas l'univers autrement que par ses effets.

  • Salut romain

    Le dernier évêque de Rome a fait dernièrement dans une homélie une étonnante déclaration, qui trahit l'acharnement de l'Eglise romaine à se situer en dehors de l'histoire. Cet évêque a en effet repris une critique adressée par Luther au clergé et à l'institution romains, sans paraître se douter que Luther décèle ainsi la clef de voûte de l'édifice juridique catholique romain.

    "Il faut combattre le "syndrome de Jonas" qui nous porte à penser hypocritement que, pour nous sauver, nos oeuvres suffisent.

    (...) Jonas avait les choses bien au clair à l'esprit : la doctrine c'est cela et c'est cela qu'il faut faire, que les pécheurs se débrouillent, moi je m'en vais. Ceux qui vivent selon ce "syndrome", Jésus les appelle hypocrites, parce qu'ils ne cherchent pas le salut des petites gens, des ignorants et des pécheurs. (...)

    Tellement de chrétiens pensent qu'ils seront sauvés par ce qu'ils auront fait, par leurs oeuvres. Les oeuvres sont nécessaires, mais sont une conséquence, une réponse à cet amour miséricordieux qui nous sauve. Car les oeuvres seules, sans cet amour miséricordieux ne servent à rien. Et ce syndrome de Jonas, justement, n'a pas seulement confiance qu'en la justice personnelle, dans ses oeuvres."

    Or le salut par les oeuvres est une invention de l'Eglise romaine, qui sans elle n'aurait pas connu la puissance qu'elle a connue ; l'impuissance et la ruine actuelles de cette Eglise autrefois triomphale résultent de la concurrence accrue de nouvelles oeuvres sociales. Elles indiquent le caractère organique et temporel de l'Eglise romaine, et non historique de l'Eglise des saints véritable, telle que présentée par les saintes écritures.

    Cette invention du salut par les oeuvres est par où cette Eglise répète ou prolonge la synagogue des juifs, condamnée par le Messie et l'apôtre Paul.

    "Car nous tenons pour certain que l'homme est justifié par la foi, à l'exclusion des oeuvres de la Loi." (Romains, III, 28)

    Cette subversion de la parole divine - le mot n'est pas trop fort puisque le salut par les oeuvres prend la place de la charité véritable - a une cause institutionnelle et sociale. Autrement dit, le "salut par les oeuvres de la loi" répond à la vocation d'un corps ecclésiastique constitué, à qui il permet de postuler un monopole sur le salut.

    L'évêque de Rome fait donc preuve d'une grande tartufferie, ou bien d'une grande ignorance de l'histoire de son Eglise. En effet, le pape ne trône sur rien d'autre que sur le salut par les oeuvres, et s'il y a bien quelqu'un qui est concerné par le "syndrome de Jonas", c'est celui devant lequel les catholiques romains se prosternent comme leur père.

  • Delenda est Roma

    L'évêque de Rome J. Ratzinger a partiellement appuyé ses dernières encycliques philosophiques sur une pensée germanique moderne nettement athée (Horkheimer, Adorno, Popper) ; pratiquement cette casuistique moderne de la charité, de la foi ou de la liberté n'a été approuvée en France que par "Les Temps Modernes", gazette dont l'effort consiste à répandre la philosophie bourgeoise allemande en France par des moyens où la propagande médiatique joue le premier rôle.

    La France est sans doute le pays le moins prédisposé à recevoir cette pensée totalitaire germanique comme une pensée véritable. L'esprit français parviendra vite à la conclusion que rien d'autre ne soutient les "temps modernes" que le néant. L'erreur de Nitche est de ne pas discerner que la modernité est le résultat, non seulement de l'entortillement sur elles-mêmes des valeurs de la civilisation, jusqu'à faire des élites modernes captieuses et irresponsables les détentrices des valeurs civilisatrices, sous la forme de concepts éthiques creux et adaptés aux nouvelles modalités de prédation des élites, mais que les temps modernes résultent aussi de la négation de la parole divine et de l'esprit chrétien. Un chrétien n'a pas moins de motifs de discerner dans l'hégélianisme la subversion de la vérité, qu'un suppôt de Satan n'en a d'accuser Hegel d'inverser les valeurs, et d'affecter à l'histoire un mouvement, et un terme à ce mouvement, on ne peut plus macabres. Cette cinématographie totalitaire de l'histoire est la plus imperméable à la critique, à l'instar de tous les objets d'art qui n'ont qu'une vocation décorative. 

    Les temps modernes constituent une bulle spéculative. Les fonctionnaires de la casuistique moderne ne seraient rien sans l'appui des institutions capitalistes.

    Par de telles références à la pensée athée, l'évêque de Rome déborde du cadre de la tradition catholique qui a servi de justification pendant plus d'un millénaire à l'introduction dans le christianisme d'une rhétorique anthropologique essentiellement païenne (Dante est un cas typique, que le motif existentialiste coupe de la théologie authentique). Involontairement ou maladroitement, J. Ratzinger trahit ainsi l'origine judéo-chrétienne de l'existentialisme moderne athée. Bien loin de répondre aux accusations de Nitche, il corrobore ainsi la doctrine antichrétienne.

    L'indéfinissable modernité, en dehors des cris hystériques de louange que l'homme moderne s'adresse à lui-même, expose l'homme moderne à la folie. Le sevrage de la modernité s'opère par le retour à la réalité.


  • Rome ou la Prostituée

    Un certain nombre d'esprits réactionnaires, au sein de l'Eglise romaine, se sont élevés au cours de l'histoire de cette institution contre son clergé. Pour plus de commodité, je les qualifient "protestants", bien que leurs critiques visent les hommes : clercs, évêques ou papes, et non l'institution elle-même.

    Le cas le plus connu est celui de Dante Alighieri, qui retourne la morale catholique elle-même, puisque, pour ainsi dire, il projette les papes dans l'enfer. D'une certaine manière, les derniers évêques de Rome prouvent que Dante s'était lourdement trompé : le pouvoir politique ne peut être scindé du pouvoir moral ; l'économie est capitaliste, par conséquent les moeurs portent son empreinte, donc les démocrates-chrétiens sont des chiens, puisque leur puissance repose sur la sueur et le sang d'autrui et la négation de l'amour. Cette erreur de jugement de Dante -sa foi dans un régime laïc, dont l'Eglise sortirait purifiée-, n'est pas la seule raison pour Shakespeare de rejeter Dante : - que vient faire Virgile dans le christianisme ?

    On peut indiquer aussi parmi les "protestants", plus récemment, Léon Bloy et Georges Bernanos. Bloy n'hésite pas à vitupérer le clergé catholique, qu'il accuse d'être mondain. Bernanos ne ménage pas ses confrères catholiques, et affiche utilement son dédain du métier d'écrivain ou d'intellectuel, sentant sans doute trop le rapport que ce genre de "métier" peut avoir, dans le monde moderne, avec le pharisaïsme.

    Cette réticence à critiquer l'institution, ses fondements, sa mécanique institutionnelle, est le fait de l'ignorance historique, principalement. Bloy invente ainsi un âge d'or chrétien, médiéval, qui n'a pas existé, et qu'il aurait été le premier à détester, étant donné son peu de goût pour la casuistique et la philosophie platonicienne, dont les effets pernicieux se font particulièrement sentir en ce temps-là.

    La lecture de l'apôtre Paul renseigne aussi sur le fait que l'épouse du Christ, à laquelle l'Eglise est comparée, ne peut avoir une forme institutionnelle, puisque "les oeuvres de la loi", dit saint Paul, ne sauvent pas. L'Eglise romaine est donc dans le prolongement de la synagogue.

    Couramment les institutions politiques païennes sont représentées sous les traits d'une femme : ville, état, voire continent ; de médiocres artistes ont d'ailleurs souvent représenté Marie, mère de Jésus-Christ, dotée de symboles païens, oubliant que c'est ce que la soldatesque romaine fit avec Jésus-Christ, confondant sa royauté avec la monarchie divine des païens, qui repose sur le droit naturel et la providence. On observe ainsi que le symbolisme chrétien inverse le symbolisme païen élémentaire ou naturel. Comme le royaume de Jésus-Christ renverse les valeurs babyloniennes ou égyptiennes des royaumes humains dits "de droit divin", l'Epouse du Christ est un symbole historique qui renverse celui de la tentatrice primitive, Eve, dont la grande Prostituée ne fait que prolonger le discours.  Les siècles doivent s'achever avec l'union de l'épouse véritable, c'est-à-dire l'Eglise véritable, et non celle qui passe son temps à se justifier comme une prostituée, avec son époux.

  • Contre la psychanalyse

    Contre la tentative de Carl Jung de concilier psychanalyse et humanisme judéo-chrétien pour fonder une sorte de syncrétisme moderne (essai sur lequel la théologie des derniers évêques de Rome est bêtement recopiée), je voudrais rappeler une évidence chrétienne (à laquelle Jung fait seulement allusion, pour mieux l'enterrer) : la détermination au péché et à la mort est "inconsciente" ou "religieuse" : la Genèse des juifs ne place pas inutilement la force vitale à côté du tentateur, ni les Grecs le feu entre les mains du titan Prométhée.

    Au contraire, selon les apôtres chrétiens véritables, au premier rang desquels saint Paul et Shakespeare, le combat contre la mort et le péché est celui de la "science consciente". Au contraire de ce que prétendent des thaumaturges imbéciles, encore plus néfastes que Freud et Jung : de tout ce que l'homme, sous l'effet de l'inconscience, de la religion ou de l'opium, est capable, l'homme conscient le peut aussi. Simplement comme toute potion ou comme tout remède, tout alcool, au-delà de la dose nécessaire, l'inconscient est un pur poison.

    Ainsi l'inconscient et l'éthique pure, vidés du sens pratique qu'ils possédaient dans les religions païennes, sont d'une valeur spirituelle nulle et non avenue. Heidegger et ses disciples ne sont que de vieilles grenouilles de bénitier qui marmottent des prières pour se rassurer. 

    Damnés seront les hommes qui auront incité leurs semblables à la folie, au seul prétexte de leur propre vanité et faiblesse, et plus encore s'ils se disent chrétiens ou juifs que s'ils avouent, comme Nitche, leur haine de Jésus-Christ ou de ses apôtres. Ils les méprisent encore plus que moi, ceux qui dissimulent que Einstein ou Freud ont renié le dieu des juifs. Ils fabriquent de l'opium pur, et l'injectent directement dans les veines du peuple, ceux-là même qui ont l'audace de se récrier contre la folie du peuple et sa violence sanguinaire, dès lors qu'ils ne sont plus capables de la canaliser. A qui barre la route de l'homme vers la vérité et la sagesse, dieu et ses saints réservent leur colère.

  • Dogme et Vérité

    C'est l'un des meilleurs moments de cinéma des dernières années que l'apologie du nazisme par le cinéaste Lars von Trier, tenant du "dogme" et d'une sorte de puritanisme cinématographique, en présence des deux gourdes ébaubies à son service. Ce lascar boche n'a pas pigé que le but du cinéma est d'occulter, non pas de révéler.

    Les Italiens savent un peu mieux le machiavélisme ou le satanisme des arts politiques.putain,apocalypse,rome,eglise,païen

    C'est parce que le pape Benêt XVI est de nationalité allemande qu'on peut craindre qu'il ne prône la doctrine païenne de Pangloss en croyant sincèrement qu'elle est chrétienne, ou qu'il est sorti autre chose de l'école de philosophie de Francfort que de la charcuterie idéologique.

    En tant qu'art ou science, le cinéma est en effet le plus juridique, c'est-à-dire dogmatique. En ce qui me concerne, je reconnais un Français à ce qu'il se méfie du cinéma ; l'Allemand au contraire, que le Français a du mal à ne pas voir comme un homosexuel ou un "identitaire", se sentira au cinéma comme dans les bras de sa mère. C'est pure vanité féminine que la recherche du temps perdu dans les salles de cinéma. Maudits soient les chrétiens qui propagent ce culte égyptien parmi leurs frères !

    - La présentation de la vérité sous la forme du dogme est la plus familière qui soit aujourd'hui. La démocratie est, par exemple, une sorte de dogme ; une probabilité (le pouvoir de tous à égalité), traduite comme un but ou une espérance. La formule de l'art moderne est une formule abstraite, religieuse et dogmatique. L'existentialisme est une des philosophies les plus dogmatiques, etc.

    La formulation de dieu comme une hypothèse ou une probabilité est typiquement païenne, et les chrétiens qui ont parfois repris cette formule, imitant les pharisiens juifs contemporains de Jésus, ont coupé l'Occident de Dieu, et fourbi les armes de l'oppression moderne. Chez certains comme J. de Maistre, le mobile satanique est ostentatoire et éclate dans le culte de Napoléon ; chez d'autres il est plus discret, comme Blaise Pascal, qui aurait mieux fait de s'en tenir à la sommation du Christ au jeune homme riche, plutôt que de tenter la conversion des grands de ce monde, prédestinés à mordre la poussière.

    En effet L'esprit de dieu fait appel à l'imagination, comme l'indique l'apôtre Paul, et non à la discipline ou au calcul qui mène au néant, celui-ci étant, de toutes les hypothèses religieuses, la plus probable. Sartre est l'héritier direct des moines crétins du moye-âge, mais dans la Sorbonne qui n'a pas cessé d'être une enclave chinoise depuis Rabelais, il fait illusion avec ses pirouettes. Le dogme est à l'usage du clergé, et de lui seul ; il s'en sert comme d'un garde-fou ; c'est la frontière subtile que le peuple est invité à ne pas dépasser.

    La coupe de la prostituée représentant l'Eglise romaine dans l'apocalypse est pleine de ces vérités dogmatiques, qui sont des blasphèmes, car elles contribuent au morcellement de la vérité divine, à la manière du cinéma qui détruit l'imagination en ramenant l'art à un code. Si la représentation artistique de dieu est proscrite dans le judaïsme, c'est pour la bonne raison que le risque est grand pour un artiste sans esprit de traduire dieu de façon abstraite, selon son désir. Sauf à faire partie de lui, il est impossible de se représenter dieu correctement.

    La tentative de faire passer le dogme ou la géométrie algébrique pour la science est d'ailleurs la caractéristique du totalitarisme moderne en général, et non seulement du nazisme.

    - On est informé de fonction du dogme par celle du clergé. L'omniprésence de la rhétorique cléricale aujourd'hui, le besoin de justification morale incessante qu'elle signifie, viennent de la nécessité d'organiser le monde ; c'est ce qui fait que la vérité aujourd'hui est de nature statistique, ce qui contraint chacun à être solidaire des billevesées mathématiques d'Einstein, sans même les comprendre.

    Chrétiens, détruisons les mondes virtuels d'où les suppôts de Satan, derrière le masque chrétien, tirent leur pouvoir de sidération, posons l'équation de tous leurs paradis artificiels avec le néant. Fracassons le dogme et le cinéma des violeurs d'enfants à l'aide de la vérité.