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apocalypse

  • L'Esprit de Jézabel

    Cette note sur l'esprit de la femme Jézabel prolonge ma note précédente sur la "Cité du Chaos" ou Babylone, qui préfigure le règne de l'Antéchrist avant le Jugement dernier.

    Mais voyons d'abord ce qui relie la prophétie de Daniel à celle de l'apôtre Jean...

    A Babylone au début du règne de Nabuchodonosor, Daniel est appelé afin de traduire un songe qui trouble le roi de Babylone et dans lequel une statue "immense", "d'une splendeur extraordinaire" et "d'un aspect terrible" se dresse devant Nabuchodonosor. Avec l'aide de Dieu, Daniel élucide le songe de la statue, composée de métaux et de matériaux différents en partant de la tête jusqu'aux pieds. Il l'élucide comme une succession de cinq royaumes ou empires défiant le Ciel, qui s'écrouleront les uns après les autres pour laisser place au Royaume indestructible du Dieu de Daniel.

    La tête d'or représente Babylone, les jambes de fer représentent l'Empire romain ; entre les deux, la poitrine et les bras d'argent représentent l'empire grec d'Alexandre et le ventre et les cuisses d'airain l'empire médo-persique.

    Mais c'est l'ultime Empire qui concerne les Gentils, puisqu'il s'agit de l'Empire de la fin des Temps, qui coïncide avec l'avènement de l'Antéchrist. Les pieds de la statue représentant cet empire ont des orteils "en partie d'argile de potier et en partie de fer". Et Daniel d'interpréter ce mauvais alliage : "Mais comme les orteils des pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort, et il sera en partie fragile." (Dan. II:42) "Ils seront mêlés de semence d'homme.", ajoute Daniel. Remarquons que le fer, qui représente l'Empire romain, persiste au-delà de la ruine de l'Empire (quel royaume, quel empire, quelle nation ne s'est pas réclamée de l'Empire romain au cours des derniers millénaires ?)

    C'est ici que la prophétie de l'apôtre Jean prend le relais.

    Au premier chapitre de l'Apocalypse, l'apôtre est commis par la force du Saint-Esprit d'écrire une lettre aux jézabel,babylone,vénus,ishtar,jézabel,naboth,achab,baal,église,jean,apocalypse,pergame,éphèse,smyrne,philadelphie,laodicée,thyatire,sardes,daniel,nabuchodonosorSept Eglises d'Asie -Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée.

    Ces lettres, dont l'auteur est Jésus-Christ, reconnaissable à sept définitions différentes (par exemple : "Le Premier et le Dernier, Celui qui était mort et qui a repris vie" pour Smyrne) comportent toutes des félicitations ou récompenses pour les fidèles et des reproches ou admonestations pour les infidèles.

    La sentence unique qui conclut ces lettres : "Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises !", confère à ces encouragements et admonestations adressées en particulier à ces sept Eglises une portée plus grande.

    Certains exégètes chrétiens arguent que ces Sept Eglises, situées en Asie mineure (actuelle Turquie) non loin de Patmos, sont des Eglises "juives messianiques" (comme Jean Le Baptiste), et non des Eglises chrétiennes au sens strict (relevant du ministère de Paul, témoin du Christ auprès des Gentils). Je rejoins cette position qui s'appuie notamment sur le fait que Jésus-Christ se présente de façon à être reconnu par des juifs familiers des prophéties juives messianiques (par exemple : "Voici ce que dit Celui qui tient les sept étoiles dans la main droite, Celui qui marche au milieu de sept chandeliers d'or." -Ephèse).

    Quoi qu'il en soit, les Gentils que nous sommes peuvent tirer profit des lettres adressées aux Sept Eglises en attendant la parousie ou le second avènement de Jésus-Christ (qui sera précédé de l'avènement de l'Antéchrist). Ces lettres sont pleines d'enseignements sur les dérives des Eglises et sur la ruse de Satan, Maître du monde (et qui entend bien le rester indéfiniment).

    L'esprit de la femme Jézabel a gagné l'Eglise de Thyatire. Avant de mieux définir quel est cet "esprit", rappelons brièvement qui est cette mauvaise reine. Elle apparaît dans le "Livre des Rois" aux temps où Israël n'est plus gouverné par des rois juifs mais païens. De par la volonté de Jézabel, qui s'impose sur celle de son époux le roi Achab et dirige un clergé nombreux, les cultes de Baal (dieu de l'orage et de la fertilité) et Astarté (= Ishtar/Vénus/Lucifer) sont devenus la religion officielle d'Israël -le prophète Elie mettra fin à ce culte satanique.

    La volonté inflexible de Jézabel est décrite à travers l'épisode de la vigne de Naboth (Rois, 21) qui avait reçu une vigne en héritage et résista à la demande du roi Achab de la lui céder. Pour obtenir la vigne de Naboth, Jézabel le fit lapider.

    La lettre à l'Eglise de Thyatire (Ap. 2:18) fait mention du rôle de prophétesse de Jézabel et de l'impudicité qu'elle répand au sein de cette Eglise.

    En résumé, l'esprit de la mauvaise reine Jézabel est un esprit religieux qui tend par la ruse à se substituer à la foi authentique dans Jésus-Christ. La ruse est primordiale dans ce satanisme. Les femmes n'ont certes pas le monopole de la vanité, mais c'est un défaut qui est spécifiquement relié au sexe féminin depuis l'Antiquité. Les femmes qui suivent Jésus sont singulièrement dépourvues de ce défaut.

    La vanité entraîne une soif de puissance, sans doute très commune chez l'homme en général, mais particulièrement développée chez la femme. Le satanisme de Jézabel est très proche de celui représenté par Babylone.

    On peut en outre rapprocher Jézabel de la femme assise sur une bête écarlate de la prophétie (chap. 17), femme richement parée, tenant à la main une coupe d'or, remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution. Sur son front est écrit un nom mystérieux qui signifie : "Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre."

    L'apôtre Jean précise qu'il fut saisi en voyant cette femme d'un "grand étonnement", ce qui laisse supposer que cette femme siège là où les fidèles du vrai Dieu ne s'attendraient pas que siège une prostituée semant le mensonge et l'impudicité.

    Ceux qui tiendront ferme contre Satan et sa doctrine ne seront pas éprouvés davantage par le Messie annoncé par les prophètes juifs et qui sauve gratuitement les gentils, étendant le règne de Dieu à toute la terre.

  • "Words, words, words..."

    Baratin ! Voilà le barrage qu'un chrétien peut opposer à l'extraordinaire déversement de discours politiques dans nos oreilles. Ce flot est comparable à l'envahissement de la musique, qui a lui aussi pour effet d'assourdir.

    La politique est comme le cinéma : un art mort qui s'agite tant qu'il peut pour faire croire qu'il vit encore. On pourrait encore parler de stade végétatif de la politique pour décrire ce qui se passe ; au stade où l'économie -c'est-à-dire la nécessité-, fait loi, il n'y a plus de politique, comme il n'y a plus de gouvernail dans une barque qui vogue au gré du vent.

    Le chrétien ne tirera pas de ces observations les mêmes conclusions que l'honnête homme (G. Orwell), doté seulement du bon sens. Car l'Histoire commence en effet pour le chrétien là où la politique s'arrête, suivant les saintes écritures.

    Par conséquent la Révélation met fin à la politique - disons que les forces politiques et ce qui les anime entrent alors en résistance contre la Vérité.

    L'extraordinaire déploiement du mensonge politique, dont la démocratie-chrétienne représente la version la plus accomplie, ce déploiement s'explique par la révélation de la fin du monde, que l'Antiquité n'ignorait pas absolument, mais qu'elle soupçonnait seulement.

    Jamais la politique n'a autant promis, et c'est de ces promesses insensées que vient son impuissance de plus en plus radicale des gouvernements. Or ces promesses insensées peuvent être résumées à la volonté satanique de faire le Royaume de Dieu sur la terre.

    Derrière ce chant des sirènes, il n'y a que mort.

  • Retour des Juifs en Palestine

    D'une manière illégitime assimilable à la fornication (péché contre l'Esprit ou la parole divine), de soi-disant chrétiens n'hésitent pas à se servir des évangiles afin d'appuyer leurs intérêts matériels. On voit l'apôtre Simon-Pierre sévèrement tancé par le Messie à cause de cette erreur, la plus grave de toutes.

    En France nous connaissons bien l'ignoble ruse des "racines chrétiennes de la France", qui trompe les incroyants quant à la nature spirituelle du message chrétien, universel et non français. Cette immonde poésie est imputable à des bourgeois, trop veules pour défendre leurs propriétés et avoirs par leurs propres forces, et qui convoquent ainsi dieu à la rescousse d'intérêts dont il n'a cure : "Mon royaume n'est pas de ce monde." a dit le Messie, fermant ainsi la porte à toutes les récupérations.

    Dans le contexte de la mondialisation, de soi-disant chrétiens américains justifient de manière tout aussi illégitime l'alliance stratégique et militaire des Etats-Unis avec Israël ; ils prétendent que le retour des Juifs en Palestine a une signification apocalyptique. Or on sait que le nationalisme juif (sionisme) est la volonté de Juifs athées, ayant renié Moïse. Il s'agit donc désormais, à travers cette hystérie religieuse manifestement insincère de conforter l'alliance avec la nation américaine, officiellement chrétienne.

    Comme la fuite du peuple hébreu hors d'Egypte a une signification symbolique, d'ordre spirituel, le retour des Juifs en Palestine est, de même, l'expression symbolique de leur adhésion à la loi pure du Messie Jésus-Christ.

    Il convient ici d'observer que, lorsque le Messie utilise symboliquement des mots tels que "guerre", "royaume", "mariage", etc., qui ont dans le vocabulaire courant un sens commun, leur signification spirituelle est radicalement contraire à ce sens commun - c'est pourquoi il est de bonne théologie de dire qu'il n'y a pas d'"anthropologie chrétienne" ou de philosophie chrétienne.

    Ainsi la guerre de Jésus est la paix, qui ne peut résulter que d'un combat surpassant la nécessité politique ; le royaume de Dieu est au Ciel/ses fondations ne sont pas terrestres, comme les royaumes humains ; le mariage de Jésus avec son Eglise ne repose pas sur la chair, ainsi que les mariages humains.

    La ruse des clercs fornicateurs consiste donc à ramener au sens littéral de "royaume", "guerre", "mariage", et nier ainsi le sens symbolique et spirituel de l'évangile ou des messages prophétiques.

    Où la ruse est décelable, c'est lorsque ces mêmes clercs, changeant soudain leur fusil d'épaule, expliquent que la Genèse n'a pas un sens littéral afin d'appuyer leurs convictions transformistes (darwinistes).

    (Si le transformisme darwinien n'est pas une science, ce n'est pas à cause de la Genèse mais parce qu'il n'a pas été prouvé scientifiquement de façon rigoureuse.)

  • L'Apocalypse ou la Mort

    "Chaque fois que nous regardons notre montre, nous accomplissons un geste babylonien." selon une spécialiste des civilisations antiques.

    L'apocalypse de Jean (chap. XIII) évoque une deuxième bête, qui a deux cornes "semblables à celles d'un agneau" et qui parle "comme un dragon", ce qui évoque un discours satanique tenu au nom de Jésus-Christ.

    Plus loin : "Cette bête fit qu'à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front, et que nul ne pût acheter ou vendre, s'il n'avait pas la marque du nom de la bête ou le nombre de son nom."

    Ce passage est évocateur d'une soumission de la terre entière à la deuxième bête ; on pense d'abord à l'argent, qui est devenue à l'heure de la mondialisation la marque commune, qui s'impose même aux tribus les plus isolées. Puis on pense au temps, décrit par le bon sens commun comme un équivalent de l'argent.

    La conception moderne ou anthropologique de l'histoire, celle qui pour faire court substitue à l'apocalypse chrétienne la notion de "progrès social" (radicalement étrangère à l'esprit évangélique), revient à redonner au temps un rôle positif ; autrement dit, le culte du veau d'or et la religion du progrès social ne forment qu'une seule et même religion.

    Si vous entendez vanter le progrès social et Jésus-Christ dans le même discours, c'est que vous êtes en présence d'un suppôt de la deuxième bête, qui a deux cornes "semblables à celles d'un agneau" et qui parle "comme un dragon".  

  • L'Apocalypse ou la Mort

    - L'homme qui se laisse conduire par le hasard n'a pas part au Salut de Dieu.

    - Dans la synagogue de Satan retentit un cantique : "On ira tous au paradis !"

  • Fin du monde

    Les "fêtes de fin d'année", où l'Occident montre son vrai visage de bête vorace, derrière le masque d'une vertu judéo-chrétienne hypocrite, font plus que jamais souhaiter la fin du monde et des tortures que l'humanité pécheresse s'inflige à elle-même.

    Le chrétien fidèle l'est à la parole de Dieu et à son message apocalyptique ; celle-ci seule peut préserver l'homme de sa propre faiblesse ; autrement dit, privé de l'esprit de dieu, l'homme n'est qu'un chien voué à la mort.

    On reconnaîtra les faux prophètes chrétiens, au contraire, à leurs efforts pour prolonger la société des nations et des hommes ; en particulier en ces temps de mensonge ultime, le travail des faux prophètes consiste à faire briller aux yeux des peuples opprimés, avides de paroles de réconfort, des idéaux factices tels que : démocratie, égalité, bonheur pour tous, paix entre les nations, etc.

    La seule paix chrétienne est selon les conditions de dieu, le père du Messie, et non selon les conditions de politiciens judéo-chrétiens cauteleux, dont la force repose sur la plus puissante armée de tous les temps.

    *

    La fin du monde, le chrétien fidèle l'espère, car elle coïncide avec l'apocalypse et l'avènement de la vérité. Le chrétien infidèle qui n'a foi dans le Jugement et le Salut pour lui-même, se raccroche à un espoir terrestre qu'il croit plus solide, et ce faisant il commet le pire péché de fornication, qui consiste à confondre et présenter son rêve personnel comme le Salut universel offert par Jésus-Christ.

    Cela explique que le Messie a surtout combattu Satan parmi ses apôtres, avant qu'ils ne bénéficient de l'appui de l'Esprit, spécialement la fidélité aveugle de Simon-Pierre et la fidélité sous condition de Judas l'Iscariote, excessivement attaché à l'ordre juif ecclésiastique ancien. Il ne paraît pas inutile de le mentionner, car on peut penser que ces deux manières de ne pas faire "un" avec Jésus-Christ et son père divin, celle de Simon-Pierre et celle de Judas l'Iscariote, jusqu'à la fin des temps demeurent caractéristiques. L'apôtre des gentils, Paul de Tarse, combat dans ses épîtres ces deux façons de demeurer à distance de Jésus-Christ : la fidélité aveugle, d'une part ; de l'autre l'incompréhension du message du Christ comme un message apocalyptique définitif, entraînant la fin du monde.

    Si le chrétien ignore le jour et l'heure exacts de la fin du monde et du Jugement, il est cependant averti par Christ et les apôtres de l'apogée de l'Antéchrist, précédant la fin des temps. Le chrétien sait en outre que le jour du Jugement est pour bientôt, ce qui le sépare du reste du monde et de toutes ces existences conditionnées par l'illusion (macabre, comme toutes les illusions), d'un avenir meilleur.

     

  • Pacte avec la mort

    Ce "pacte avec la mort", dont j'ai montré précédemment qu'il se rapporte au nombre de la bête 666 (apocalypse de Jean), est déjà décrit dans l'ancien testament des juifs (Livre de la Sagesse) comme la coalition ultime contre dieu, la coalition des derniers temps.

    Deux notions sont liées à la mort dans le langage symbolique des Anciens : l'argent et la terre (royaume de Pluton) : cela permet de mesurer l'étendue du complot, car tous n'affichent pas comme les soldats de la SS une tête de mort sur leur uniforme, ou le slogan "Le travail rend libre" à l'entrée des camps de prisonniers, slogan que l'on pourrait écrire "La mort rend libre".

    Un soi-disant "pape" et prêtre chrétien qui baise la terre est une chose qui devrait stupéfier quiconque est un tant soit peu familier des saintes écritures. Devant quel sorte de dieu le pape se prosterne-t-il ainsi ? La bestialité et l'antichristianisme sont doublement rapportés dans la vision apocalyptique de Jean à la mer, puis à la terre.

    Le pacte avec la mort est "transversal", et se manifeste plus ou moins ouvertement dans des cultures différentes, parfois même opposées en apparence, non seulement les jeunes gens adeptes de la culture et de la musique dite "gothique". Il est aussi très répandu dans le clergé chrétien, et se dévoile notamment dans l'apologie de la souffrance, détournement de la parole divine parfaitement satanique, puisque poursuivant un but social prohibé.

    Bien sûr les nations dites "ploutocratiques", entre les mains de consortiums bancaires et industriels sont encore un exemple de l'étendue du pacte avec la mort. Il n'est guère difficile de faire ressortir la connotation macabre des cultes organisés autour de l'argent, quand celle-ci n'est pas affichée clairement.

    La sagesse des anciens fait également état de la complicité de la gent féminine avec la mort, non seulement des soldats dont c'est le métier de tuer pour de l'argent.

    Les notions d'athéisme et de foi rendent assez peu compte de l'effectivité des croyances mondaines en comparaison de la notion de "pacte avec la mort", si répandu qu'il touche même ceux qui, comme les chrétiens authentiques, pensent contre la mort et la bêtise. Le monde moderne où nous évoluons paraît en effet comme l'antichambre d'un cimetière.

     

  • Assomption & Apocalypse

    L'Assomption, c'est-à-dire l'enlèvement de Marie, mère de Jésus, au Ciel, est une fête et un dogme catholique romain sans fondement scripturaire. De nombreux chrétiens s'abstiennent pour cette raison de tenir l'assomption de Marie pour un élément de foi.

    Disons d'abord que le message évangélique est dépourvu de caractère dogmatique. Le dogme a en effet une fonction inquisitoriale, que les évangiles n'ont pas. Il faut comprendre que la parole de dieu n'a nul besoin du renfort ou du secours du dogmatisme, dont la fonction est anthropologique. L'autorité romaine qui siège à Rome peut dire : "L'anthropologie catholique existe !", et en rapporter la preuve dans le dogme. A contrario le chrétien peut dire : "Il n'y a pas d'anthropologie chrétienne !", car le message évangélique est dépourvu du caractère dogmatique.

    Un historien ne tarderait pas à mettre à jour le rôle du dogmatisme dans les schismes qui ont fait voler l'unité de l'Eglise romaine en éclat. Et même : l'athéisme moderne est en grande partie le produit du dogmatisme. En devenant dogmatique, le christianisme devient une cause à défendre.

    D'une part l'Eglise romaine semble mourante, car ses dogmes traditionnels ont perdu leur fonction coercitive pour ne plus servir que de prétexte à un folklore anémique. D'autre part l'Eglise romaine reste vivace, car les lois civiles occidentales sont très fortement imprégnées du dogmatisme catholique romain. Ceux qui en doutent n'auront qu'à fouiller les entrailles du code civil moderne, en particulier sur le point du mariage ; seule la "civilisation chrétienne" pouvait concevoir le mariage entre hommes ou entre femmes. Autre exemple : la sociologie ; ce discours pseudo-scientifique envahissant n'est autre que le résidu de la doctrine catholique romaine.

    Le dogme de l'assomption de Marie est non seulement intéressant parce qu'il est entièrement dépourvu de fondement scripturaire, mais aussi parce qu'il est une des rares occasions pour le clergé catholique romain de se risquer à une exégèse de l'apocalypse de Jean. L'apocalypse décrit le combat difficile d'une femme enceinte d'un grand roi contre le grand dragon Satan (Ap. XII). L'assomption de Marie n'est pas ici représentée, mais Israël, le peuple choisi par dieu, en proie à Satan, mais sauvé à la fin des temps par la fidélité de ses membres au Messie, venu de son sein, sous l'aspect de la Jérusalem céleste, ou encore du "camp des saints".

    Il n'est pas complètement illogique de rapprocher Marie, mère de Jésus et exemplaire de fidélité à son fils, comme une femme peut l'être à son mari, de cette représentation d'Israël. A condition de souligner qu'il n'y a aucune connotation sexuelle, et par conséquent aucun lien d'ordre social entre Marie et Jésus-Christ. C'est le sens de la "virginité" de Marie. Contrairement à l'amour d'une mère ordinaire, celui de Marie est pur. La comparaison du mariage de chair humain avec le mariage du Christ avec son Eglise, parfois osé par certains clercs romains, relève de la pure mondanité ou apostasie.

    Or l'apostasie est représentée elle aussi dans l'apocalypse, sous les traits d'une femme (Ap. XVII), appelée "la grande Babylone", ou dite encore "la grande prostituée", vêtue de pourpre et d'écarlate (dans ses contes, Shakespeare en propose une version moderne : Gertrude, mère de Hamlet, qui découvre le complot antichrétien ; de même les sonnets de Shakespeare opposent les deux figures féminines évoquées ci-dessus).

    L'effet regrettable de l'identification de la femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, portant une couronne de douze étoiles sur sa tête, à la vierge Marie, est d'ôter au récit de l'apocalypse sa dimension historique. Or, c'est là presque une tradition du clergé catholique romain, de travailler à oblitérer la conscience historique dont les apôtres veulent doter les chrétiens, et qui fait partie des dons de l'Esprit (je pourrais prendre ici l'exemple de Bossuet et le développer, mais ce n'est pas le moment). Un des aspects du complot antichrétien contre lequel le mage Hamlet lutte, transperçant pour cette raison de son épée Polonius, c'est l'effort du clergé romain pour placer l'humanité en face d'une perspective de temps infini et tenter d'abolir ainsi la conscience de l'histoire.

    Par le dogme tardif de l'assomption, l'Eglise romaine ne cherche pas tant à affirmer la place prépondérante de Marie dans le Ciel que sa propre sainteté. En effet, parmi les chrétiens qui dérogent à la fête de l'Assomption, peu nieront la sainteté de Marie, bien que beaucoup, parvenus au stade de la sociologie chrétienne, aimeront dire qu'elle n'était pas vierge. Si l'Eglise romaine s'identifie ainsi à Marie, c'est afin de faire pièce aux deux représentations de l'Eglise dans la vision de Jean, celle inaugurant l'histoire : Israël ; et celle la concluant : la Jérusalem céleste.

    Ce dogme tardif traduit la désuétude de l'appareil judiciaire catholique romain.

    La logique chrétienne de l'assomption est la suivante : les saints ne meurent pas. C'est ce que signifie la résurrection des corps. Contrairement à la plupart des religions païennes animistes qui conçoivent la mort comme un passage obligé vers l'au-delà, le christianisme n'admet pas cette dissociation de l'âme et du corps physique, thèse peu scientifique, mais dispositif religieux ET SOCIAL conventionnel. Si j'insiste sur ce dernier terme, c'est parce que la culture anthropologique moderne ne peut pas se débarrasser de cet animisme (entretenu aujourd'hui surtout par les psys), faute de quoi la volonté commune, le ciment social s'effriterait. La culture socialiste athée s'est contentée de substituer l'avenir à l'au-delà, c'est-à-dire de prolonger ce dernier.

    Qui s'étonnera, venant d'une religion qui se dit "universelle", que le salut ou la résurrection soit effective dans l'univers plutôt que dans les thèses hasardeuses des hommes ?

    La "résurrection des corps" marque donc une prévention contre ce que l'on peut qualifier de "religions psychologiques", qui dans le meilleur des cas contribuent à soutenir la volonté, et dans le pire peuvent s'avérer des psychotropes puissants. La culture de l'avenir est l'une de ces drogues, particulièrement néfaste, dont les ravages ne sont pas à démontrer.

    Par "corps" on n'entend pas le corps au sens trivial de la chair, matière moins noble que le feu et qui n'y résiste pas. Le corps du ressuscité est sans nul doute un corps spirituel ; cela ne veut pas dire abstrait ou théorique, comme le corps social ou l'âme. Les savants ont toujours admis et admettent toujours l'existence d'une matière invisible, imperceptible à l'oeil nu. En raison précisément des limites du corps et des sens humains, cette science des corps invisibles en est encore à ses balbutiements ; si la plupart des savants s'accordent sur l'existence d'une matière invisible (excepté les savants mécaniciens qui plaquent sur la réalité le schéma de la mécanique), ils peinent beaucoup à décrire la forme que revêt cette matière, son organisation ou sa structure.

    Quoi qu'il en soit, pour les chrétiens les prophéties et la révélation ne contredisent pas la science, surtout quand cette dernière est bien affirmée, ce qui est très loin d'être le cas de toutes les sciences qui composent le barnum de la science moderne ; mais la révélation aux yeux des chrétiens devance la connaissance ou la découverte scientifique. Cela explique le mouvement de tous les savants chrétiens du XVIIe siècle, de Galilée à Newton en passant par Leibnitz, Descartes, etc., afin de chercher la confirmation de leurs intuitions, calculs ou théories dans la Bible, suivant une méthode contestable. Ce n'est qu'à la fin des temps que la science rejoindra la révélation chrétienne.

  • Pourquoi Shakespeare

    est apocalyptique ?

    Parce que Shakespeare montre que la doctrine sociale de l'Eglise est, nécessairement, un élitisme. Que sont, au stade de décomposition ultime de la société occidentale, les politiciens qui se réclament de la démocratie-chrétienne, si ce n'est, manifestement, des pitres qui cherchent à dissimuler l'arbitraire sous des tonnes d'arguties ?

    - Thème tiré d'un torchon démocrate-chrétien : comment rendre le capitalisme honnête ? Luther morigénait déjà en vain les commerçants allemands qui spéculaient sur les denrées alimentaires.

    - Dans la même veine : comment sauver la planète en consommant chrétiennement ? Le végétalisme chrétien est en marche.

  • Féminisme et apocalypse

    L'anthropologie moderne féministe se confond avec le cléricalisme. On en prend conscience en étudiant la littérature religieuse du moyen-âge et de la renaissance, où le sens du sacrifice social des femmes est exalté par des cardinaux (italiens) ou des saints catholiques romains officiels. L'aptitude particulière des femmes au sacrifice est censée imiter le sacrifice du Christ Jésus lui-même. Cette propagande se heurte à un obstacle majeur : cet obstacle est théologique, puisque le sacrifice du Messie est dépourvu de vocation sociale. Le point de vue social est celui des pharisiens, dont la tactique consiste justement à tenter de mettre le messie en porte-à-faux avec les lois religieuses juives ou le civisme romain.

    La mort et la résurrection du Sauveur, en faisant reculer les frontières de la mort, compromettent définitivement l’ordre social. Celui-ci trouve en effet sa consistance dans la perspective de la mort. L’éternité n’est d’ailleurs concevable du point de vue éthique ou social que sous la forme d’un au-delà parfaitement virtuel, c’est-à-dire d’une théorie de l’espace-temps, formule qui permet de recomposer l’au-delà au gré des métamorphoses de la société. Il faut comprendre l’invention du purgatoire, en l’absence de fondement scripturaire, comme la réponse du clergé à un besoin social dont le christ n’a cure.

    On peut se demander où sont passés l’au-delà et le purgatoire dans une société laïcisée, voire athée, qui semble s’être affranchie de ces idéaux ? On les retrouve dans les différentes théories de l’âme, et surtout c’est la vocation de l’art moderne de faire croire à l’au-delà. Sans la mystification de l’avenir ou du progrès de l’art, il n’y a plus d’art moderne, ni d’artistes modernes, martyrs de cette cause religieuse. L’art païen, produit de la culture de vie païenne, refuse au contraire de se tourner vers l’avenir et le progrès au profit d’une jouissance présente ; le prêtre réactionnaire païen Nitche assimile à juste titre l’anthropologie moderne à un dolorisme. Peu d’artistes modernes sont conscients comme Nitche ou Hegel de la détermination anthropologique chrétienne de l’art moderne.

    L’erreur d’appréciation de Nitche à propos de la morale puritaine est de la croire dirigée contre les femmes. Elle fut au contraire conçue par le clergé puritain comme une mesure protectrice des femmes des débordements de la sexualité masculine, en des temps où celle-ci présentait un danger majeur d’accident. La monogamie est donc une loi religieuse féministe. Ce faisant le clergé féministe commet, sous prétexte de combattre la fornication, le péché de fornication, puisque celui-ci n’est pas moral, dans le coït ou l’acte de chair lui-même, mais dans l’attribution à l’acte de chair d’une dimension mystique amoureuse, qui du reste va bien au-delà de la mystique païenne dans ce domaine, qui n’outrepasse pas les limites de la raison et du droit naturel.

    C’est cette mystique charnelle chrétienne dont Shakespeare s’attache dans « Roméo & Juliette » à montrer le véritable ressort ; non pas en vertu d’un quelconque athéisme ou paganisme, comme prétend Nitche, mais parce que l’anthropologie chrétienne est la pire atteinte possible à l’eschatologie chrétienne, et au message évangélique, le moins anthropologique qui soit, et le plus dissuasif pour l’homme de « s’installer dans le temps ».

    Nitche a bien compris, du reste, que l’aspiration de l’homme à l’éternité, seule justifie la science, et que si cette aspiration n’est qu’un vain fantasme, alors l’art est bien suffisant, qui se contente d’imiter la nature et renonce à l’élucider au-delà de ce qui est nécessaire à la jouissance ou la moindre souffrance.

     

    Le mensonge de Nitche, relayé par de nombreux historiens pétris de culture latine, est d’inventer une antiquité païenne hostile à la métaphysique et convaincue de l’éternel retour, procurant force de loi au destin, alors que les témoignages sont nombreux dans l’antiquité, à commencer par Homère, d’un goût pour la métaphysique, de sorte que l’aspiration de l’homme à l’éternité est de tous temps. Le christianisme ne fait qu’affirmer que cette aspiration est la seule logique, en dehors de laquelle tout est anthropologiquement absurde et efforts acharnés pour s’adapter à cette absurdité. L’homme a conçu depuis la nuit des temps que l’anthropologie est un serpent qui se mord la queue.

  • Misogynie & apocalypse

    Nous nous plaçons ici du point de vue de l'eschatologie chrétienne et des différents symboles féminins qui l'illustrent. Leur contradiction Adam/Jésus, Eve/l'Eglise-camp des saints, s'explique par le fait que la spiritualité chrétienne contredit la foi et la raison humaine.

    La défense de l'Occident par le théologien luthérien Jacques Ellul, se double ainsi d'une tentative coordonnée de prouver que le message évangélique est "féministe". Reste à savoir si la féminité exacerbée de l'Occident, et notamment des peuples germaniques, se rattache au symbole positif de "l'épouse du Christ" ou de l'Eglise, ou bien au contraire à celui de la putain de l'apocalypse ?

    On observe que, chez ce théologien, la primauté institutionnelle de l'Eglise romaine s'efface au profit des institutions démocrates-chrétiennes - d'où les efforts d'Ellul pour démentir l'affirmation marxiste d'un pacte entre le clergé et la bourgeoisie libérale capitaliste afin d'asservir les masses populaires.

    - Un autre exemple illustré, plus français, celui d'un disciple d'Alain Soral, Sani. Je dis plus "français", car le féminisme est une idéologie importée d'Allemagne, qui trouve peu d'appui dans la pensée française en raison de son idéalisme débridé. Il est assez transparent que le féminisme fait avant tout le jeu du mercantilisme et de puissants laboratoires pharmaceutiques qui, sous couvert de défendre le féminisme, se sont servi des femmes comme de cobayes humains afin de développer de nouvelles molécules. Rien ne prouve que les femmes sont plus malheureuses en France que dans les pays où les femmes ont un net ascendant sur les hommes, comme les Etats-Unis ou le Japon, la Bretagne (je mentionne cet exemple à cause du lobby breton dans les médias).

    Je cite Sani : "Le féminisme moderne méprise le rôle biologique de la femme, et veut en
     faire un homme comme les autres, sans tenir compte de ses aspirations naturelles."misogynie,apocalypse

    L'intérêt de déconstruire l'idéologie féministe est d'abord parce que le discours féministe est mis au service du néo-colonialisme des nations occidentales. Après avoir mis en avant ses "moeurs chrétiennes", l'Occident met en avant ses "moeurs laïques", parmi lesquelles le féminisme et l'émancipation des femmes.

    Sani se place ici du point de vue misogyne nietzschéen, qui accuse l'idéologie moderne de détruire les valeurs de la civilisation au nom d'idéaux macabres et sans consistance. 

    De fait, le mépris affiché du rôle biologique de la femme est un emprunt au christianisme (S. de Beauvoir), dont la spiritualité est antisexuelle (l'idée de "liberté sexuelle" est une ruse capitaliste ou mercantile grossière), et PAR CONSEQUENT ANTISOCIALE ou anarchiste.

    Autrement dit, le christianisme, dans son message évangélique, ne tient aucun compte de la différence biologique sexuelle ; mais, en toute logique, la chair n'ayant pas de vocation spirituelle dans le christianisme, les institutions sociales et la culture n'en ont pas non plus. C'est l'idéologie moderne totalitaire qui propose de fonder un ordre moral nouveau sur l'égalité des sexes, et non le christianisme. L'image de la civilisation et des nations dans la révélation chrétienne est presque symétrique de l'image fournie par Moïse dans le judaïsme des chars égyptiens à la poursuite des Hébreux.

    - Le plus intéressant à noter, c'est que l'idéologie totalitaire, qu'elle soit nazie, stalinienne ou anglo-saxonne, est toujours élaborée selon ce schéma, à savoir : un élément de logique chrétienne, ou un symbole chrétien, mis au service d'une utopie morale ou politique, alors même que l'esprit évangélique s'oppose le plus radicalement à l'utopie morale ou politique, qualifiée de "fornication". La rhétorique démocrate-chrétienne est la plus éloignée possible du message évangélique - un mensonge absolu, et probablement la subversion la mieux adaptée à notre temps, c'est-à-dire la plus séduisante, et, dans ce sens, féminine. La misogynie et le culte de Zarathoustra/Satan/Prométhée vantés par Nietzsche sont sans doute plus esthétiques et plus féconds artistiquement, mais ils sont définitivement inadaptés à notre époque et son besoin politique massif de produits stupéfiants.

  • Histoire et Salut

    "(...) Le péché de l'homme et l'intention de la rédemption de Dieu, cela seul exige et justifie le temps de l'histoire. Sans péché originel et sans rédemption finale, le temps intermédiaire serait inutile.

    Cet "intérim", c'est-à-dire toute l'histoire, n'est ni un temps vide dans lequel rien ne se produit, ni un temps affairé où tout peut arriver, mais le temps décisif destiné à séparer le bon grain de l'ivraie. Son contenu constant est fait de variations sur un seul thème : l'appel de Dieu et la réponse de l'homme."

    Karl Löwith

    Précisons qu'il faut entendre par "péché", non le sens social habituel, variable selon les sociétés, auquel les sociétés modernes, à partir de la résurrection, ont commencé d'attribuer des buts chimériques, tels que "l'égalité" ou la "démocratie", mais l'erreur ou l'ignorance, tel que les anciens Grecs comme Homère, déjà, l'avaient conçu, faisant d'Ulysse un apôtre de la sagesse, qui seule peut procurer à l'homme la force qu'il n'a pas. La justice ecclésiastique infernale du moyen-âge, en introduisant le droit de l'Eglise, a renversé le sens des paraboles et du sacerdoce selon l'apôtre Paul.

    De cette "histoire du salut", les chrétiens ont une représentation mythologique, en images, l'apocalypse, que les institutions ecclésiastiques chrétiennes ont toujours tenté d'escamoter (Bossuet, par exemple), en raison de sa délégitimation du pouvoir temporel et de la représentation du jugement de l'homme par l'homme sous l'apparence d'un cavalier noir, entre autres fléaux. La volonté de Swedenborg, pour fournir une explication du symbolisme apocalyptique, de se placer en dehors de toute institution, qu'elle soit catholique romaine, protestante, ou autre, s'explique ainsi. Quant à Shakespeare, il n'y a rien d'énigmatique à ce qu'il précipite les rois de la terre au sol ou dans la confusion mentale. Plus l'homme s'élève dans l'ordre institutionnel ou juridique, plus il s'aliène à la loi du destin. Les géants politiques consultaient des astrologues, les nains politiques modernes se fient aux statisticiens. 

  • Art et apocalypse

    Juifs et chrétiens sont dissuadés par les prophètes de pratiquer un art qui ne soit pas apocalyptique, c'est-à-dire qui ne contribue pas à la révélation de dieu, et à couper l'homme de ses racines, par où les faibles se sentent renforcés.

    C'est donc l'art par où l'homme se justifie et se renforce contre les éléments, c'est-à-dire l'anthropologie ou la religion des élites, représentée par un veau d'or dans la Bible. La philosophie occidentale, dénoncée par Rabelais ou Francis Bacon, est largement un effort pour renforcer l'anthropologie et la menace que le message eschatologique fait peser sur elle. L'anthropologie occidentale peut paraître une folie aux peuples païens, et de fait elle l'est. Sa débilité n'a d'égal que son arrogance. Mais cette débilité extrême s'explique par la nécessité d'un mensonge extraordinaire. Le mépris de Jésus-Christ des institutions humaines est bien trop grand et explicite pour que les élites actionnaires du monde ne s'efforcent de censurer les évangiles.

    Parlez d'apocalypse à l'intérieur d'une cathédrale gothique, vous y entendrez craquer les articulations de Satan. Ces nefs monstrueuses sont notamment destinées à proclamer le triomphe de la philosophie platonicienne sur l'apocalypse chrétienne.

    Récemment, la religion de l'art hégélienne ou nazie est bien plus rassurante que dieu, donc elle fait le consensus dans les élites occidentales, y compris en France malgré son apparence de pur syllogisme germanique ou monastique. Cette religion présente un aspect polytechnique majeur. Sur le plan de la raison pratique, elle consiste banalement à tirer parti de la nature, suivant une recette où les Egyptiens se montrèrent bien plus économes et efficaces que les polytchniciens hyperboréens. Sur le plan de la foi ou de la raison pure, elle consiste dans une mystique ubuesque.

  • L'Occident sucre les fraises

    Le but de l’art occidental est d’empêcher l’apocalypse. Ainsi ne peut-il simplement exalter la vie et la beauté, l'imitation de la nature, comme les civilisations antiques.

    Mais l’art occidental ne peut que retarder l’apocalypse. Fortinbras, ton heure vient.

  • Pissenlits

    La civilisation occidentale mange des pissenlits par la racine judéo-chrétienne.

    La manière sournoise dont l'Occident exerce son empire sur le reste du monde évoque la manière dont les femmes exercent leur pouvoir sur les hommes les plus faibles.

    L'Occident évoque la figure de la prostituée de l'apocalypse, et les juifs qui cherchent la protection de l'Occident sont certainement des renégats.

  • La Femme et l'Histoire

    L'apocalypse chrétienne décrit l'histoire de l'humanité encadrée par deux femmes : Eve, symbole de la chute, et l'Epouse du Christ, dont l'ascension coïncide avec la fin des temps.

    La culture de vie égyptienne ou païenne, symbolisée par un serpent dans la mythologie de Moïse, est source d'un symbolisme religieux que le christianisme renverse, comme on abat des idoles. La vie éternelle est une voie opposée à celle de la vie biologique. C'est certainement l'inspiration chrétienne qui fait dire au philosophe Léopardi que "le suicide prouve dieu", signifiant par là la capacité de l'homme à penser différemment du plan éthique ou social. Léopardi sait aussi que l'objectif du bonheur ne peut satisfaire que des esprits sous-alimentés spirituellement ou scientifiquement.

    A l'inverse, les païens nieront l'aspiration spirituelle pour affirmer le destin ou la providence, c'est-à-dire que la nature vivante est le point de départ et la solution finale de l'existence humaine.

    Il faut signaler ici que la subversion de nombreux clercs du moyen-âge consiste à transformer le christianisme en providentialisme, ce qu'il n'est pas. Il n'est pas difficile de deviner la détermination biologique ou érotique du providentialisme. De même que "l'au-delà" païen antique, c'est-à-dire la vie après la mort, comme l'inconscient moderne, est entièrement spéculatif. Disons que l'au-delà païen antique traduit le prolongement de la volonté politique. Certains poètes païens, d'ailleurs, n'ont pas foi dans cet au-delà, mais seulement dans sa nécessité politique et sociale. Tandis que la théorie de l'inconscient moderne, selon Freud ou Jung, prolonge et renforce la volonté personnelle, au stade de la décomposition politique libérale, suivant le principe identitaire, qui consiste à diviser pour mieux régner sur les consciences.

    Ces symboles féminins sont ceux utilisés par Bacon-Shakespeare dans ses pièces, par conséquent dépourvues de ressort psychologique, et négligeant cet aspect à cause de son peu d'intérêt historique et apocalyptique. Une lecture attentive permet de voir que Shakespeare attribue l'abus de langage et le style, c'est-à-dire l'habileté, aux imbéciles. Polonius, par exemple. Le style traduit souvent la haute estime que l'homme a de lui-même, en dépit de la médiocrité de sa condition.

    La psychologie est une détermination trop hasardeuse pour Shakespeare. Et si l'artiste ou le savant cède ainsi au hasard, il n'a aucune chance de triompher de la nature, ce qui constitue le but de l'art chrétien, et explique la détermination de Bacon contre l'idolâtrie scientifique. Le paganisme, lui, s'accommode parfaitement de l'idolâtrie, c'est-à-dire de la production d'objets d'art. Le progrès de l'homme vers dieu, au contraire, implique la destruction de toutes les flatteries et réconforts que l'homme s'adresse à lui-même à travers le motif de la civilisation ou de la culture.

    L'absence de passion du Messie n'est pas un signe de passivité, ainsi que le traduisent les Romains, ni encore moins de féminité selon le propos de Nitche, qui semble méconnaître totalement les femmes, mais la connaissance du Christ que la nature gouverne toutes les passions, bonnes ou mauvaises.

  • Contre Bernanos

    En réponse à Fodio, qui cite Bernanos sur son blog, sincère royaliste sans doute, mais étrange cependant dans une religion qui ne reconnaît de pouvoir royal que celui de dieu, ou celui du christ, qui a défendu à ses apôtres de l'appeler "maître". Etrange Bernanos, qui semble ignorer que le XVIIe siècle des rois tyranniques est marqué dans son propre pays du sceau de Satan.

    Bernanos citant le curé d'Ars : "Ce que je sais du péché, je l'ai appris de la bouche même des pécheurs."

    Ce que les disciples de Jésus-Christ savent du péché, il ne l'ont pas appris de l'homme, qui n'en sait rien de plus qu'Adam et Eve; ils l'ont appris de Moïse et de Dieu. Le pécheur, moi, vous, tout mortel, ne peut pas regarder le péché en face, car cela reviendrait à regarder la mort en face, et non dans un miroir comme la basse condition humaine l'impose. Sauf peut-être au seuil de se résigner à mourir, nul homme n'est capable sans l'aide de dieu et ses prophètes de voir le péché en face. On a tous besoin de sentir qu'on est quelque chose, et non pas un tas de molécules en combustion. La culture de vie des païens les plus terre-à-terre charrie le péché comme le torrent charrie les gouttes d'eau. Jésus-Christ est assassiné - il est haï par Nitche, pour avoir définitivement rendue caduque la culture de vie, et il ne faut pas beaucoup plus de lucidité que des suppôts de Satan comme Baudelaire ou Nitche pour reconnaître dans l'argent moderne le dernier souffle de vie du monde.

    Donc seule la parole de dieu, qui est son Esprit, permet de voir le péché en face sans être anéanti par cette vision. L'aspiration à la connaissance de la parole divine est l'aspiration à être pur et lavé du péché - avant d'atteindre cette pureté éternelle, à être secouru par une force contraire à celle soutenant l'homme ordinaire, qui est sa foi ou son espoir, plus ou moins puissante suivant la vertu de cette homme ou de cette femme. Les rois sont faibles, nous dit le prophète Shakespeare, car ils sont appuyés eux-mêmes sur une masse mouvante, et prête à les noyer à chaque instant.

    Autrement dit : l'apocalypse ou le péché. C'est tout le crime du clergé romain (que Bernanos ignore obstinément, condamnant l'intellectualisme sans voir la part immense des clercs dans la casuistique, jusqu'à faire du catholicisme une religion de philosophes), le crime du clergé de faire écran à l'apocalypse, et de contraindre ainsi l'humanité au péché; de restaurer la mort dans ses droits en même temps que le péché, dont le Messie des chrétiens a levé l'hypothèque, rendant toutes les choses nécessaires à sa survie, inutiles pour son salut.

    Le péché et la mort confèrent au clergé un pouvoir immense sur les hommes, en particulier les ignorants, exactement celui que la maladie et la mort confèrent aux médecins aujourd'hui, en un sens plus vrai, car plus concret que celui du clergé démodé, qui d'ailleurs s'incline désormais devant la médecine, vaincu sur un terrain où aucune parabole du Nouveau Testament ne l'incitait à s'aventurer, pataugeant dans la plus barboteuse thérapie de l'âme et les syllogismes kantiens de crétins patentés, docteurs de l'Université.

    Ce pouvoir immense sur les foules, il a été ôté au clergé par le Messie, s'affranchissant lui-même de la chair et du péché. Niant que dieu réclame à l'homme des sacrifices, quand il ne lui demande que de l'aimer, ce qui n'est pas un sacrifice mais une libération. Celui qui réclame des sacrifices, et procure en échange certaines récompenses plus ou moins illusoires, maintenant l'homme dans un cercle infernal de douleur et de plaisir, de labeur et de fruit de ce labeur, n'est autre que Satan. Et la confiance en lui est comme naturelle et spontanée. Elle l'est chez le paysan, plus encore que chez l'intellectuel, qui croit pouvoir rivaliser par ses propres oeuvres avec le diable. Satan et le monde vacillent de la concurrence que les intellectuels font à Satan.

    Confronté à la philosophie, le paysan a souvent le pressentiment que la métaphysique est une imposture, une pure casuistique, qui parle moins vrai que la nature. En quoi il n'a pas tort, le plus souvent, car la culture est toujours inférieure à la nature. Plus elle prétend surmonter la nature, plus la culture est amère et médiocre - au bout du compte il ne reste plus dans la vaste porcherie bourgeoise que la gastronomie à l'intérieur, et les missiles en direction des affamés à l'extérieur.

    Mais, de ce que la nature est toujours supérieure à la culture, il ne faut pas déduire que la métaphysique n'est que du vent. Que les intellectuels simiesques en sont les plus éloignés, ne prouve pas que les choses surnaturelles n'existent pas. Homère, Shakespeare qui trucide des intellectuels dans ses pièces, Molière, ou même Balzac, ne sont pas des intellectuels. Molière sait que la charité véritable est toujours une insulte pour les cacouacs.

    Bernanos, lui, est un intellectuel, qui reconnaît la vanité de l'intellectualisme. Mais c'est Shakespeare qui mène la bataille contre la race de fer, la plus vaniteuse de tous les temps.

     
  • La Subversion romaine

    "Martin Luther (1483-1546), moine et prêtre de l'ordre des Augustins, professeur à l'université de Wittenberg en Saxe, poussa jusqu'à l'extrême les conclusions d'Erasme contre le sacrement du mariage. Dès 1518, il abandonne l'affirmation classique du sacrement efficace par lui-même. Puis il affirme que le texte de saint Paul aux Ephésiens (V, 32) : "Ce mystère est grand, je veux parler du Christ et de l'Eglise.", ne désigne pas le sacrement de l'homme et de la femme, mais seulement le mystère qui unit le Christ à l'Eglise. (...)"

    Michel Rouche, professeur à la Sorbonne, dans l'hebdomadaire européen et démocrate-chrétien "Famille chrétienne" (19-15 janvier 2013).

    Tous les éléments sont là, et pourtant l'éminent professeur de la Sorbonne (il y a peu de professeurs de la Sorbonne parmi les apôtres), à l'aide de quelques arguments spécieux tirés de la vie personnelle de Luther, conclut quelques lignes plus loin que Luther finit par rejoindre la "tradition catholique", synonyme ici de trahison. M. Rouche ajoute même cette parole grotesque : "Il s'agit ici d'un des inconvénients du refus de l'Histoire, au nom de l'adage "Sola Scriptura", l'Ecriture seule."

    Grotesque, car l'Eglise romaine est une spécialiste du négationnisme de l'Histoire, suivant une tradition constante qui consiste notamment à vider l'Apocalypse de son sens (cf. Bossuet), alors même que la vision de Jean est le récit symbolique ou mythologique de l'histoire de l'humanité; grotesque, car Paul ne dit pas "Sola Scriptura", il parle d'un grand mystère, par conséquent à élucider.

    On voit que l'Eglise romaine accomplit une double manoeuvre : elle prête à l'acte de chair un sens mystique qu'il a seulement dans les religions païennes les plus archaïques, tout en empêchant l'élucidation eschatologique du grand mystère indiqué par Paul et Martin Luther, pour laquelle  l'apocalypse fournit de nombreux indices, pointant sa nature historique. Ce procédé de canoniste romain relève selon E. Swedenborg de la "fornication", au sens véritable qui n'est pas charnel, mais celui de prêter à la chair des vertus qu'elle n'a pas. Le symbolisme chrétien et les métaphores chrétiennes renversent habituellement le symbolisme et l'ordre païens érotiques. Il n'y a de christianisme "érotique" ou "dionysiaque" que dans la cervelle de clercs allemands ou italiens aliénés, dangereux suppôts entraînant les gosses qui leur sont confiés à la perdition démocrate-chrétienne.

    Il est sidérant de voir l'Eglise romaine fonder sa défense de la famille païenne (en réalité, c'est surtout la défense du droit de propriété derrière cette manoeuvre) sur le mince argumentaire d'un Sorbonnard.

    Sur le plan moral, l'Eglise romaine poursuit l'entreprise de subversion qu'elle mena sur le plan politique, conférant aux puissants de la terre une légitimité chrétienne.

     

     

  • Christianisme exotique

    Le christianisme est devenu aujourd'hui la chose du monde la plus exotique. Quel rapport entre le christianisme et la défense des valeurs familiales, par exemple ? Aucun. Pourtant l'idée que la famille et le christianisme sont liés semble arranger tout le monde, modernes comme conservateurs.

    L'apparente défaite des apôtres véritables de Jésus-Christ, supplantés par de grossiers imposteurs qui n'hésitent pas à présenter la fornication comme la doctrine de l'Eglise, est un des signes d'apocalypse les plus sûrs.

    Si le sens de l'histoire de l'humanité est indiqué par le sens de la vie du Messie, ses étapes décisives, alors nous vivons sans doute les moments d'obscurité totale que les apôtres connurent après la crucifixion, quand le pouvoir politique romain et le pouvoir religieux juif semblaient avoir triomphé ensemble de la Vérité.

    La vie de chaque personne humaine depuis la chute est essentiellement tragique. L'apocalypse est une peinture réaliste, insupportable aux yeux de ceux qui ont fait le choix du rêve et sa lente euthanasie confortable. S'il n'y a plus de tragédiens après Shakespeare, c'est parce que le goût du rêve a remplacé chez les artistes celui de la réalité... pour le très grand dommage du peuple.

    Mes contemporains de la race de fer sont sans doute parmi les plus bêtes, avec tous leurs gadgets. Des morts vivants. Il faut dire à tous les opprimés de la terre que haïr l'Occident est inutile. Cela n'en vaut pas la peine. L'Occident est riche et propriétaire. Et alors ? C'est ce qui lui vaudra d'être foudroyé par la puissance dont il tire sa force. Laissez cette puissance agir seule et ne perdez pas votre temps à haïr la race de fer.


     


  • Marx et l'apocalypse

    Karl Marx mêle à sa prose des citations de l'ancien ou du nouveau testament. Il imite en ça Shakespeare-Bacon, insurpassé dans cette méthode grâce à sa science des symboles et des métaphores, qui donne aux tragédies de Shakespeare leur densité extraordinaire.

    Un des éléments qui m'aida à reconnaître dans les ouvrages de Shakespeare l'esprit de Francis Bacon Verulam, fut que cette méthode, afin de fonder une mythologie chrétienne, requiert une connaissance approfondie de la Bible. Or Bacon contribua largement à la traduction de la bible du roi Jacques Ier.

    Le penseur argentin Enrique Dussel a consacré une étude à la diffusion par Karl Marx de l'esprit évangélique dans ses discours et essais, d'une manière à signifier que c'est le capital qui a pris la place de dieu dans l'esprit du chrétien bourgeois moderne.

    Grosso modo, Marx utilise les métaphores chrétiennes dans deux sens différents : - leur sens authentique, qui est celui d'une dévaluation de l'ordre social satanique, au profit des choses spirituelles - et d'une manière ironique, typiquement shakespearienne, afin de montrer à quel point le message évangélique a été subverti par le clergé chrétien. Même si la manière de Shakespeare frappe beaucoup plus fort les esprits, Marx fait jouer lui aussi à la bourgeoisie européenne le rôle du diable.

    "(...) On trouve dans le livre I du Capital une métaphore encore plus transparente, quand en expliquant les situations de crise, Marx écrit : "Comme le cerf altéré brame après la source d'eau vive, ainsi l'âme du bourgeois appelle à grands cris l'argent, la seule et unique richesse."

    L'analogie métaphorique ouvre une fois encore un nouveau champ de signification qui n'existe pas dans le texte biblique. Dans la Bible, l'équivalence est entre le cerf et l'âme, l'eau vive et Dieu. A présent elle est entre le cerf et le capitaliste, entre l'eau fraîche et le fétiche (l'argent, le capital). Au lieu du désir de l'âme, du mystique qui aspire à être avec Dieu, on a maintenant affaire à la cupidité, à l'irrépressible désir d'argent, de capital, cette "nouvelle divinité".

    (...) Il est un autre texte des Ecritures, le psaume 115, qui traverse - comme l'Evangile selon Matthieu 6, 19 - toute la réflexion de Marx sur la question du fétichisme : "Leurs idoles, c'est de l'argent et de l'or, /oeuvres des mains de l'homme :/elles ont une bouche et ne parlent pas,/des yeux et ne voient pas,/des oreilles et n'entendent pas,/ un nez et ne sentent pas,/ elles ont des mains et ne touchent pas,/ des pieds et ne marchent pas,/ elles n'émettent aucun son de leur gosier" (115, 4-7). (...) L'idole, ce "produit" fabriqué par l'homme, peut être faite de matière, par exemple le bois. On lit dans Isaïe : "Le bois est pour l'homme bon à brûler ; il en prend et se chauffe ; il l'allume et cuit son pain ; il fabrique aussi un dieu et se prosterne ; il en fait une statue et l'adore." (44,15). Dans son article de la "Rheinische Zeitung" déjà cité, Marx a certainement ce texte en tête quand il écrit : "Il est possible que quelques jeunes arbres soient maltraités, mais il va sans dire que les idoles de bois triompheront et que des hommes seront offerts en sacrifice (Menschenopfer)." On rencontre ce genre de métaphore dans toute l'oeuvre de Marx, en particulier dans Le Capital.

    L'Apocalypse est un autre de ses textes de prédilection. Il écrit par exemple dans les "Grundrisse" : "L'or est indépréciable nominalement, non parce qu'il exprimerait seul une valeur authentique (...), mais parce que, en tant que monnaie, il n'exprime aucune valeur du tout, mais exprime sa propre déterminité quantitative, porte inscrit sur son front un quantum déterminé de sa propre matière." Les esclaves portent sur leur front la marque de leur Maître. Marx n'ignore pas l'évangile de Luc 20, 24-25 ; "Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'image et l'inscription ? Ils dirent : De César. Il leur dit : Eh bien, rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu." Il n'ignore pas davantage le texte de l'apocalypse 7,2 : "Ne nuisez pas à la terre ni à la mer ni aux arbres tant que nous n'aurons pas marqué du sceau le front des esclaves de notre Dieu." Et le verset 13, 16, de l'apocalypse de Jean est cité explicitement dans "Le Capital" (1873, livre I, chapitre 2) : "Et elle a fait que leur soit donnée une marque sur la main droite ou sur le front."

    Il est impossible ici d'évoquer toutes les références de Marx à la Bible. Elles sont trop nombreuses. On pourrait provisoirement conclure en disant que l'on trouve en permanence dans son oeuvre des références "métaphoriques" aux Ecritures. A certains égards, elles sèment un trouble sémantique dont la logique est de montrer au chrétien qu'il est en contradiction avec "l'évangile" en transformant fréquemment métaphoriquement son dieu en fétiche. Dans le même ordre d'idées, on peut ajouter que pour Marx, le capital était "l'antéchrist", Moloch, Mammon, le Fétiche."

    (Extrait de la revue "Europe", août-sept. 2011, traduit de l'espagnol par J.-B. Para)