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De l'Athéisme

Par un étrange retournement des choses, le chrétien peut être considéré aujourd'hui comme un athée, puisqu'il n'a foi dans aucune des utopies politiques à la mode : ni l'utopie communiste égalitaire, ni l'utopie réactionnaire (retour à l'ordre ancien), ni l'utopie libérale-technocratique, ni SURTOUT PAS l'utopie démocrate-chrétienne, qui fournit la clef pour comprendre notre époque prétendument "complexe".

L'utopie démocrate-chrétienne peut être définie de façon sommaire comme la version séculière de la doctrine catholique romaine. Elle est centrale ou matricielle, dans la mesure où les utopies politiques citées auparavant sont déterminées par elle ; l'utopie libérale-technocratique, trop froide ou intellectuelle, est la plupart du temps associée à la démocratie-chrétienne, censée l'humaniser (dans le projet de constitution européenne, par exemple) ; l'utopie réactionnaire se définit CONTRE l'éthique et la politique judéo-chrétiennes, dont elle propose parfois de purger le monde, à différents niveaux (Nietzsche, Hitler) ; l'utopie communiste égalitaire est une sorte de christianisme social qui ne veut pas dire son nom, en raison de la compromission ancienne du clergé avec les puissants de ce monde.

A quoi il faut ajouter l'utopie politique écologiste, sorte de tentative pour redorer le blason de l'utopie politique auprès de la jeune génération. Le paganisme recèle un écologisme véritable ; l'utopie politique écologiste, sur de nombreux points (sa prétention à l'humanisme) trahit qu'elle est d'abord une perspective utopique, encore une fois par contraste avec la culture de vie païenne, qui est une écologie véritable.

L'utopie réactionnaire pure (Nietzsche) a le mérite de mettre à jour un élément important, à savoir l'absence de but politique véritable dans les utopies auxquelles la doctrine réactionnaire s'oppose, assez énigmatiques du point de vue réactionnaire par conséquent. Au regard de Nietzsche, le christianisme est plus ou moins une erreur funeste.

Au chrétien, ces utopies politiques en apparence diverses doivent apparaître pour ce qu'elles sont, à savoir une diversion. Elles sont faites pour prendre la place du mythe apocalyptique. J'écris "mythe" à dessein, car l'homme moderne prétend avoir surmonté le mythe grâce à sa science et la raison qui en découle (à l'exception du mythe d'Oedipe) ; or il se trouve que l'homme moderne a foi dans des utopies politiques qui semblent défier non seulement la science, mais parfois le bon sens. Qu'y a-t-il de vraiment rationnel dans le capitalisme, qui détermine l'existence d'une bonne part de l'humanité ?

On peut résumer la culture moderne à une tentative de faire obstacle au progrès de l'apocalypse dans les consciences. Pourquoi, comment expliquer un tel complot ? N'est-ce pas un peu gros ?

Ma réponse :

- Examinez d'abord à quel point les arguments des politiciens modernes sont grossiers, qui se résument presque tous à la promesse d'enrichissement, en-deçà de la jouissance. L'envie, viscéralement ancrée dans l'homme, d'égorger son voisin, disparaîtrait du fait du partage des richesses à égalité ? Qui peut croit à ça ? Il est vrai que la redistribution de l'argent peut avoir un effet de contrepoison, mais il ne résout en aucun cas le problème de la condition humaine, dont tout laisse penser qu'il martyrise l'homme autant que les privations physiques.

- Voyez comme la doctrine réactionnaire est simpliste, elle aussi, qui réduit le monde moderne à 2000 ans de bêtise chrétienne. Il suffirait de regarder le christianisme pour ce qu'il est aux yeux de l'antéchrist Nietzsche - une illusion -, et la nature pourrait ainsi reprendre ses droits sur l'homme et le ramener à la raison de son créateur, Satan/Prométhée/le feu créateur ?

- Le complot de la pyramide des intérêts humains contre l'apocalypse chrétienne se comprend très bien du fait de la peur que l'amour de Dieu inspire à l'homme. Quiconque fait un effort pour comprendre la parole de Dieu comprendra qu'elle est un véritable défi lancé à l'homme, complètement inédit et très différent du confort intellectuel procuré le plus souvent par la religion. 

Celle-ci consiste ordinairement à s'en remettre à un dieu abstrait, ses ordres abstraits, ses visées abstraites (l'algèbre et le calcul abstraits sont des refuges pour les esprits faibles), dont l'Etat moderne est un équivalent.

Le paganisme est un arrangement avec dieu ; il n'y a pas de transaction, pas de doute possible avec le dieu des juifs et des chrétiens - Jésus-Christ a ainsi énoncé que "Celui qui n'est pas avec lui est contre lui.", et ce faisant il ramène chacun au sens de l'histoire.

Ce complot, Shakespeare l'a consciencieusement illustré et décrit dans "Hamlet", n'omettant aucune des ruses de Satan. La tenture que Hamlet transperce est le voile du mensonge, cette culture moderne que je mentionne plus haut - Polonius le personnage-clef du complot (celui qui incarne le plus la culture moderne).

Ce qu'aucune religion n'avait fait avant, le Christ le propose, à savoir aller à la rencontre de son père, dieu lui-même. La parole de dieu bouleverse ainsi les rapports humains, d'une façon que l'on peut croire définitive, et qui bouleverse radicalement l'organisation humaine.

La culture moderne est un labyrinthe, destiné à emprisonner la conscience humaine dans les lois et les arcanes de la physique, à faire écran à la porte étroite de la métaphysique. Cependant la culture moderne ne peut obstruer complètement cette porte.

Il faut avoir lu les évangiles pour concevoir la menace qu'ils représentent pour la pyramide humaine ; c'est pourquoi Satan recrute le plus souvent ses disciples parmi les élites cultivées et christianisées. A la doctrine radicalement antisémite et antichrétienne de Nietzsche sont préférées des méthodes de subversion plus subtiles comme la "doctrine sociale" (sic) des papes catholiques, la propagande démocrate-chrétienne, qui épargnent le nom de Jésus-Christ mais vident son enseignement de sa substance.

Nombre de catholiques qui se croient "chrétiens" aujourd'hui, relèvent d'une double référence à la philosophie païenne de Platon et aux évangiles, références incompatibles. Nous devons les inciter patiemment à purifier leur foi lorsqu'elle est sincère des éléments qui proviennent de la philosophie de Platon.

Commentaires

  • Mine de rien, plus je vous lis Lapinos et plus je comprends pourquoi les cours de religion et l'église que j'ai eu à l'école n'ont laissés indifférents voire, incroyant.

  • La multiplicité des théologiens chrétiens, leurs divergences parfois radicales, mène à cette conclusion : ou bien les évangiles ne contiennent aucune vérité supérieure ; ou bien l'homme éprouve de très grandes difficultés à s'approcher de la vérité ; or, si l'on se concentre sur la seule notion du "péché" et de ce qu'il est selon les apôtres, on verra : 1/que la notion chrétienne de péché ou de faute est très proche de ce que l'on qualifie communément de "mensonge", tandis que la plupart des autres religions (païennes) prônent un bien commun, à savoir la vertu ; 2/que l'hostilité particulière des pharisiens -c'est-à-dire du clergé-, à l'égard de Jésus-Christ, s'explique pour cette raison : la vérité se passe d'intermédiaires entre elle et le peuple, ce qui n'est pas le cas de la vertu ou de la raison, qui nécessitent un apprentissage, une éducation, une méthode.

  • Le mensonge prend toute sorte de forme, et la vertu est sans doute la forme la plus pernicieuse car elle donne l'illusion à cause de la raison, de l'apprentissage, de la méthode, qu'elle est plus vraie que la simple révélation qui a bien du mal à se justifier. La vertu rend tiède, ni froid, ni bouillant, elle donne l'illusion d'être riche, de n'avoir besoin de rien, elle rend aveugle, ce qui du point de vue de la vérité revient à être dans l'erreur, le péché. C'est pourquoi il est écrit " je te conseille d'acheter de moi [...] un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies." Apoc 3:18

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