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divertissement

  • La valeur divertissement

    On aurait tort d'opposer la "valeur divertissement" libérale à la "valeur travail" nazie. Cela n'a pas plus de sens que d'opposer le néolibéralisme au libéralisme, ou la métastase au cancer. Si le divertissement est désormais sacré au XXIe siècle, comme dans le Brave New World, ce n'est qu'indirectement, par rapport au travail, comme la lune emprunte sa lumière au soleil.

    Un capitaliste qui pleurniche sur la désindustrialisation est un hypocrite ou un imbécile. La désindustrialisation fait partie du processus quasiment mécanique de division du travail à l'échelle mondiale. Le président national-socialiste indien qui prône la "valeur travail" et le président libéral français qui prône le divertissement et les plumes dans le cul sont sur la même longueur d'onde internationale. L'esclavage en Inde ou en Asie (l'enfer) est le principal pilier du divertissement de l'Occident (le paradis). Aldous Huxley était assez civilisé pour comprendre que ce monde-là, régi par l'instinct et la culture de vie primaire, ne l'est pas. De façon humoristique, John Le Sauvage qui préfère mettre fin à son existence, est la seule personne un minimum civilisée. Winston Smith et Julia, s'ils ne se suicident pas positivement, renoncent à leur humanité sous l'effet de la torture. 

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  • Dans la Matrice

    Une des activités qui donne le plus aux sociétés, stagnantes, l'impression du changement ou de l'évolution, c'est le divertissement. Le divertissement est forcément au coeur des religions anciennes, ou du socialisme, qui n'a de neuf que le nom. Il n'y a rien de pire qu'une fête qui paraît identique à celle de la veille ; et pourtant elle l'est forcément. Le singe est le symbole de l'évolution, parce qu'il a l'air de s'amuser plus que les autres espèces.

    Dans le tourbillon moderne, il y a beaucoup du sur-place du derviche tourneur, ou de la ravissante idiote qui croit que son escarpolette va l'envoyer au ciel.

    Bientôt il y aura plus de sérieux dans la cours de récréation du collège qu'à l'Académie, assemblée de polissons régressifs inutile, dont les jeux de langue nous assomment autant que la bave des amoureux sur les bancs publics, quand cette bave ne sort pas de notre propre gésier.

    On les connaît les vieux trucs des barbons pour s'en tartiner une dernière couche. Je ne comprendrai jamais pourquoi Hitler a décidé d'éliminer les juifs plutôt que les vieillards. Les juifs sont très différents les uns des autres, tandis que les vieillards partagent tous la même religion de la décadence. Y compris sur le plan satanique de la civilisation, cette décision s'imposait.