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  • La valeur divertissement

    On aurait tort d'opposer la "valeur divertissement" libérale à la "valeur travail" nazie. Cela n'a pas plus de sens que d'opposer le néolibéralisme au libéralisme, ou la métastase au cancer. La valeur du travail rejaillit sur le divertissement.

    Un capitaliste qui pleurniche sur la désindustrialisation est un hypocrite ou un imbécile. La désindustrialisation s'inscrit dans la logique de division du travail à l'échelle mondiale. Le président national-socialiste indien qui prône la "valeur travail" et le président libéral français qui prône le divertissement et les plumes dans le cul sont sur la même ligne politique internationale.

    L'économiste David Graeber ("Bullshit Jobs") a utilement décrit la menace politique majeure que représente cette division du travail à l'échelle mondiale mise en place par les élites ploutocratiques : les flux migratoires incontrôlés n'en sont qu'une conséquence. Mais D. Graeber ne souligne pas comme Aldous Huxley l'immoralité profonde de la valeur divertissement ("Le libéralisme est pire que le nazisme"). Il ne s'agit pas "d'accueillir la misère du monde" : de très nombreux immigrés cherchent tout simplement à atteindre le paradis occidental, le Meilleur des Mondes appuyé sur l'asservissement des epsilons.

    Le régime nazi a le mérite de la franchise, puisqu'il a affiché la "valeur travail" sur les camps de travail où étaient parqués les esclaves juifs et polonais du régime.

    L'Antiquité associe le travail à l'esclavage, c'est pourquoi elle ne met pas en valeur le travail ; la bourgeoisie capitaliste industrieuse, au stade de l'esclavage sournois du prolétariat, sanctifie le travail ; s'il y a bien quelques bourgeois à faire des "burn-out" pour donner l'exemple du stakhanovisme, la bourgeoisie trahit quand même son penchant pour le divertissement, c'est-à-dire la consommation des biens culturels produits par les ouvriers. Le paradis démocrate-chrétien, ce sont les vacances, cet instant où le temps semble s'arrêter (la fin de l'Histoire).

    "Réindustrialiser", suivant le programme économique de Donald Trump (très vite abandonné, semble-t-il), c'est faire marcher l'économie capitaliste à l'envers, remettre les citoyens epsilons au travail pour créer cette richesse que l'économie tertiaire, largement parasitaire, ne crée pas, mais des esclaves-salariés indiens, chinois, vietnamiens... Il faut pour croire possible une telle inversion concevoir l'économie capitaliste comme un mécanisme. L'histoire du capitalisme états-unien enseigne que l'économie capitaliste dicte leur conduite aux hommes d'affaires et aux oligarques, et non l'inverse. Les technocrates du G20 ont tout intérêt à faire croire qu'ils gardent la main, mais l'histoire enseigne que les dirigeants capitalistes naviguent à vue, tout comme le commandant du "Titanic".

    La guerre -divertissement suprême des élites barbares- se présente comme la seule solution pour s'extraire de la crise capitaliste. Les dirigeants de l'UE y aspirent pour cette raison. L'opération spéciale d'annexion de Poutine dissimule probablement une crise de l'économie capitaliste russe bridée par les sanctions internationales. Pour tenir la promesse faite à ses électeurs de démanteler l'Etat profond totalitaire actionné par les faucons depuis un quart de siècle, D. Trump devrait renoncer à la politique impérialiste des Etats-Unis, ce qui aurait pour effet de plonger cette nation de citoyens assujettis au dollar dans l'inconnu.