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impérialisme

  • Sionisme et Etat profond

    Un chapitre de mon bouquin "Orwell & les Gilets jaunes" s'intitule "Israël, Etat terroriste ?". Il a été rédigé avant que l'affaire Epstein-Maxwell de trafic d'influence politique à l'échelle internationale soit révélée au grand public dans toute son ampleur. Sur le fond, l'affaire Epstein-Maxwell ne change pratiquement rien. Sans doute les MAGA passent-ils du statut de "complotistes" à celui de "lanceurs d'alerte" indispensables, mais cela n'élargit pas pour autant la marge de manoeuvre de cette révolution libérale.

    Le journaliste-citoyen Nick Bryant résume ainsi cette marge : - Dix pour cent des citoyens états-uniens désireux d'enrayer le système suffiraient pour faire tomber l'Etat profond.

    On peut mettre en relation ce propos avec celui de "1984" ; Orwell souligne à quel point le pouvoir de Big Brother repose sur l'absence de volonté politique -soigneusement entretenue- de la grande majorité des citoyens, à commencer par les militants. Il ne s'agit pas là d'une théorie du complot, car le phénomène de la culture de masse (nouvel opium des peuples sécularisés), est un phénomène palpable. La Guerre froide apparaît même en filigrane dans la culture de masse : l'inévitable "combat du bien contre le mal" en est la petite musique de fond puérile.

    Je plaide dans le chapitre évoqué plus haut que la notion de "terrorisme" n'a plus aucun sens dans le contexte de la Guerre froide - pas plus que le "droit international des nations" n'a de sens dans ce contexte, ou encore, à un niveau de propagande inférieur, les prières du pape X ou Y en faveur de la paix. Le "terroriste" au XXIe siècle est "l'anarchiste" que le bourgeois voulait voir emprisonner et condamner à mort au XIXe siècle... tout en laissant dans l'ombre les causes de l'anarchie.

    La naissance, et surtout le développement du lobby pro-Israël en France à la fin du XXe siècle, indique qu'il n'a rien de "Juif", ni même de "sioniste". Une partie de la classe politique française non-négligeable endosse d'ailleurs la stratégie et la propagande de B. Nétanyahou, de paix par le moyen de la guerre, provoquée par le terrorisme. Cette stratégie et cette propagandes sont analogues à celle de V. Poutine contre l'Ukraine. Symétrie des blocs, de leurs mobiles et de leurs propagandes : "1984".

    On peut se demander, au demeurant, si cette stratégie  est vraiment celle de B. Nétanyahou, ou si la logique de guerre ne s'est pas imposée à un petit Etat dont la militarisation n'a fait que s'accroître au fil des décennies ?

    Certains observateurs l'ont fait valoir à propos de l'Ukraine. L'Ukraine n'est pas tant "nazie" qu'elle est militarisée, une zone de non-droit séparant le  bloc Océania du bloc Eurasia. L'Ukraine militarisée n'est pas la première nation "alliée" que les Etats-Unis laissent tomber au cours de la Guerre froide. La CiA a fait bien pire.

    L'impérialisme est, selon "1984", la cause première de l'Etat profond. La politique impérialiste conduite par la petite caste de technocrates qui dirige l'Etat profond rend nécessaire la création de services secrets intérieurs et extérieurs, mais aussi d'abuser l'opinion publique en permanence sur les véritables raisons des opérations "extérieures", "spéciales", "de maintien de l'ordre", etc.

    Le projet sioniste qui devait finir par dominer toutes les autres formes de sionisme est le sionisme qui contribue à l'Etat profond, en particulier la politique impérialiste du bloc totalitaire anglo-saxon, des deux côtés de l'Atlantique. Il n'y a pas de différence substantielle entre un "sioniste" et un espion soviétique déguisé en conservateur de musée séduisant la reine d'Angleterre pour obtenir des informations sensibles. G. Orwell était pleinement conscient de l'immoralité absolue, si l'on peut dire, de ces hommes ou de ces femmes "de l'ombre", en même temps que de leur raffinement et de leur culture. A la froideur monstrueuse du Léviathan, ces gens-là sont en quelque sorte accoutumés - O'Brien est un tel type sans foi ni loi, un tortionnaire BCBG.

    C'est le type de personnalité que le citoyen lambda découvre avec ahurissement s'il fouille un peu dans les dossiers Epstein : des sous-merdes rompues aux codes mondains : des universitaires, des médecins, des duchesses, composent le premier cercle d'Epstein.

    Une autre histoire confirme que la notion d'Etat profond impérialiste englobe le sionisme, et non l'inverse, c'est celle du Rwanda, Etat produit de la colonisation de l'Afrique de l'Est par les Européens, dont l'évolution politique depuis le génocide de 1993 fait penser à celle d'Israël, puisque le Rwanda est de plus en plus militarisé, et que sa diplomatie repose largement sur la victimisation. De plus en plus la position du Rwanda en Afrique ressemble à celle d'une tête de pont de l'Occident en Afrique, capable de protéger les intérêts extra-continentaux.

  • Lire Lénine en 2025 (4)

    Tout d'abord une remarque sur le roman national, tel qu'il est enseigné à l'école aux gosses entre dix et dix-huit ans. On peut le qualifier de catéchisme républicain ; il vise à la glorification des élites françaises dirigeantes.

    Le roman national répond au besoin, qualifié de totalitaire par G. Orwell, de "contrôler le passé pour mieux contrôler le futur". A la fin des années 1980, il est devenu nécessaire de réécrire le roman national pour l'accommoder au nouveau projet d'Union européenne, gommer en particulier la germanophobie de la version enseignée entre 1950 et 1980 par les "libérateurs" gaullistes et communistes. Cette germanophobie était peu propice à l'accouplement avec la nouvelle Allemagne officiellement dénazifiée.

    Le roman national allemand est encore plus nettement totalitaire que le roman français. Il y a quelques jours, le nouveau chancelier allemand Frédéric Mertz a tenu à Washington ce propos d'un négationnisme invraisemblable lors d'un récent sommet diplomatique avec D. Trump, expliquant que l'Allemagne avait été soumise par le parti nazi... contre son gré (!).

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