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  • Étuvé

    L'aversion instinctive des artisans et des artistes vis-à-vis de la modernité tient au fait qu'elle est très peu fiable et elle complique beaucoup l'existence.

    Je veux parler de ces murs en briques ou en béton qui protègent pas de la chaleur : faut installer la climatisation qui tombe en rade une fois sur deux et les centrales nucléaires ne suffisent pas à fournir toute l'énergie que ces stupides machines pompent - on est forcés d'acheter de l'électricité à l'étranger !

    La modernité, c'est bon pour les jean-foutres, les gens pas très sérieux, le genre qui se promène avec un i-pod dans l'oreille, ou pour les philosophes encore, qui s'accommodent de tout, qui bouffent à tous les râteliers pourvu qu'on les laisse jouer avec leurs mots-croisés.

    La modernité elle s'use très vite aussi, et ça c'est une note d'espoir… Putain, en attendant, qu'est-ce qu'il fait laid !

  • La France en noir et blanc

    Petite séance de cinoche hier soir chez moi. Je regarde Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls qu'on m'a offert - et vivement recommandé, sachant mes réticences vis-à-vis du cinéma.
    Mon alibi c'est qu'il faisait un peu trop chaud pour bosser dans mon appart', surtout après avoir enfourné quatre cannellonis dans mon four hyperpuissant. Quel couillon !

    Je regarde ces images d'archive avec intérêt quand même, je dois admettre. On apprend en effet dans Le Chagrin que Mendès-France a beaucoup plus d'humour que Laurent Fabius, mais pas seulement.

    On n'en fait plus beaucoup des documentaires comme ça. Ophüls se contente en effet d'aiguiller le spectateur vers ses idées préconçues sur l'antisémitisme viscéral des Français et l'utilité de l'éradiquer en tournant des films, mais il le laisse quand même libre de tirer ses propres conclusions. Tandis qu'aujourd'hui on a basculé dans la manipulation grossière, les bobos applaudissent les tripatouillages de Karl Zéro ou de Michaël Moore (ou de Spielberg, pour les gosses) comme si c'était de véritables "œuvres", on ne se soucie même plus de paraître "objectif". Les cervelles sont préparées, on n'a plus qu'à y déposer les petits principes manichéens qu'on veut et à refermer la boîte.

    Avec Ophüls, je me sens encore libre de préférer le personnage de l'ancien capitaine de la wehrmacht qui ne regrette rien, par exemple.
    Qu'il regrette rien, jusque-là c'est facile à comprendre : son boulot c'était d'être soldat, et après tout c'est un boulot plus honnête que journaliste ou politicien. Non, là où il m'épate vraiment, mon capitaine, c'est qu'il a le culot de pas céder de terrain face au journaliste qui voudrait bien que le méchant perdant se mette à genoux et balbutie une ppetite repentance toute faite. Allez, ça mange pas de pain et ça donne toujours au gars devant son écran un sentiment superficiel de justice et puis que tout est bien qui finit bien… Niet ! Le type est pas Boche pour rien : la wehrmacht meurt mais ne se rend pas.

    Ophüls essaie bien de le rendre caricatural, ce capitaine allemand, et c'est pas trop difficile vu la germanophobie du public français en général, mais il se défend, le bougre, il est tenace, il s'accroche à ses médailles et à sa bravoure. Il regrette que d'avoir perdu la guerre en définitive, et c'est logique. Il trouve pas la civilisation yankie ni la civilisation soviétique qui l'ont vaincu particulièrement édifiantes (Je rappelle que le reportage d'Ophüls date de 1969, depuis quelques voix se sont élevées pour contredire la version en vogue en France à la fin des années soixante selon laquelle l'Union soviétique était en passe de devenir un pays de cocagne laïc.)

    L'impression que laisse cette séance est une impression de dégoût, très nette. Dégoût des Français bien plus que des Boches. Même les Résistants sont pas reluisants. Cet ex-colonel fantoche de la Résistance qui emmène l'équipe d'Ophüls sur les lieux de ses exploits passés, dans sa grosse Mercedes, a beau avoir une gouaille paysanne sympathique, en fait d'exploit il se souvient que de la tentative désespérée de trois gamins de son équipe d'échapper aux soldats Allemands. Ceux-ci ont déboulé à l'improviste dans le village tenu par le "colonel", en son absence, pendant qu'il était en vadrouille dans la cambrousse avec son "état-major". Un véritable officier se vanterait pas d'avoir perdu trois "hommes" aussi bêtement.

    Il semblerait que l'exaltation du martyre juif puisse pas se faire sans que la France soit traînée dans la boue.

  • Dans Paris libéré

    Fortes chaleurs. Mais dans Paris enfin libéré des bobos, je respire beaucoup mieux. Je me prends à espérer qu'un tsounami les emporte, eux et leurs gadgets… Si Paris pouvait rester à jamais une ville peuplée de touristes allemandes !

    Je ne désespère plus de dénicher la rousse idéale qui posera pour moi, ma "Lizzie". L'idée m'est en effet venue de la remplacer par un nègre. J'en ai repéré un l'autre jour, planté à quelques mètres de sa bagnole d'où sortaient quelques notes d'un rap quelconque, qui ferait l'affaire. Fier comme Artaban, il exhibait son torse nu au soleil sur le trottoir et cette occupation, écouter du rap à poil, n'avait pas l'air de l'ennuyer.

    Vu qu'il a l'air assez désœuvré, donc, je vais aller le trouver pour lui proposer de poser pour moi. Je pense pouvoir le convaincre avec une offre assortie de quelques compliments sincères sur son anatomie exceptionnelle - il ne ressemble pas à un de ces singes qui ressortent les muscles déformés des salles de musculation, vous voyez le genre ?

    Naturellement, je connais les préjugés que peuvent avoir certains nègres vis-à-vis des pédés, et je n'ai pas l'intention d'aborder ce type sans lui annoncer franchement la couleur, que je n'ai jamais eu envie de me faire enculer ni d'enculer personne et que c'est pas lui, malgré son physique avantageux, qui me fera changer d'opinion.

    C'est que si je veux l'amener à se foutre à poil devant moi pour une poignée d'euros, j'ai intérêt à me montrer plus diplomate que d'habitude. Il y en a qui ont des reflets bleus, celui-là en a des rouges.

  • Une muse sinon rien

    Par cette chaleur, je m’efforce de porter un regard intéressé sur les jolies femmes, ça m’aide à garder mon sang-froid. Suffit que je me pose la question de savoir si telle ou telle aurait l’aptitude pour poser pour une Vierge, une Marie-Madeleine, ou un morceau plus profane, pour que mon enthousiasme retombe un peu. Assez pour pas dire ou faire une connerie.
    Celle-ci, en bermuda moulant, alors que je me serais enflammé pas plus tard que l’hiver dernier pour ses yeux, je l’inspecte de la tête aux pieds et je finis par lui trouver une disgrâce, une démarche pataude, des gestes brusques, un truc rédhibitoire. Et comme la rousse idéale, à la fois élancée et charnue, à la peau d’albâtre, ne croise pas souvent ma route…

    La petite anecdote qui suit me paraît propre à expliquer à quoi tient la hargne féroce des féministes à l’encontre des derniers misogynes, alors même que les hommes sont réduits désormais à échanger entre eux discrètement quelques vannes vaseuses sur la cupidité ou la jalousie des femmes, voire à noyer ce qui leur reste de virilité dans l’alcool.

    Je matais deux jeunes Anglaises dernièrement à la piscine, justement d’un regard froid. Concentré, j’en oubliais tout le reste, j’inclinais la tête, hochais les épaules, croquais ces filles en mon for intérieur - je les soupesais comme on soupèse des modèles dûment rétribués, quand la plus effrontée des deux fonce vers moi, l’air agressif, s’arrête à deux brasses et me somme de lui fournir une explication sur mes regards appuyés en fronçant les sourcils et en encensant pour m’impressionner. J’ai eu qu’une phrase à dire pour désarmorcer le courroux de la miss : « But it’s just because you are pretty! », et la voilà qui se met à glousser et à se rengorger. Et sa copine qui s’y met à son tour, rassurée sur mes intentions purement esthétiques.

    Voilà pourquoi les chiennes de garde sont aux abois. Elles savent bien qu’un petit compliment ou un clin d’œil peuvent suffir à démolir tout le féminisme d’une gonzesse. Une femme c’est pas fiable idéologiquement, surtout quand elle est pas laide. Conséquence que je tire : les pires féministes sont des hommes (et parmi eux un certain nombre de prêtres).

  • Malgré la canicule

    L’empressement de Chirac à se couvrir de la gloire de Zidane à Berlin, puis à se couvrir de l’innocence de Dreyfus à Paris… toute ces déplacements de notre Président, joyeux vieillard ingambe malgré la canicule, me font douter qu’il se résigne à partir à la retraite.
    Il ne rêve que de faire mordre la poussière au premier de la classe, le petit Nicolas Sarkozy, quitte à léguer son sceptre à Ségolène, pour être galant jusqu’au bout. Cette analyse politique me séduit.

    À propos de l’innocence de Dreyfus, le vicomte de V., qui a un peu de sang juif, me fait remarquer à la terrasse d’un café que si cette innocence est à peu près établie en ce qui concerne les faits dont il était principalement accusé, cela ne signifie pas son innocence complète. La justice des hommes a peut-être été trop prompte à peindre en blanc ce qu’elle avait peint en noir la veille ? Les maîtresses de Dreyfus, son goût pour les jeux d’argent ne le rendaient-ils pas facilement corruptible ?

    Je trouve que mon ami le vicomte de V. abuse de sa position ! Sous prétexte qu’il a une grand-mère juive, il peut énoncer à haute voix ses opinions, et moi je suis à la merci du premier délateur venu au cas où je franchirais la ligne rouge ? Quelle injustice ! Je lui pardonne parce qu’il est peut-être le dernier Français juif à avoir de l’humour.

    Pour moi, je préfère m’en tenir à la présomption d’innocence de Dreyfus. Pas le temps pour me faire une opinion particulière en me plongeant dans les milliers de pages des opportunes biographies qui lui sont consacrées.

    Pourquoi autant de pages, bon sang, est-il si difficile que ça à discupler, Dreyfus ?

  • L'anti-journal d'Elkkabach

    • Petite noblesse : le vicomte de Villiers, heureux qu'on lui tende enfin un micro sur "Europe 1" pour s'exprimer sur sa vision du foot. Il songe à rebaptiser son club de supporteurs "Mouvement pour le foot".

    • Démocratie : vingt millions de téléspectateurs qui veulent forcer les quarante millions restants à se réjouir devant leur poste.

    • Ferveur : l'indice de ferveur est actuellement de cinq morts en France. On est encore loin du score obtenu à La Mecque.

    • Catch : il paraît qu'il y a seulement une poignée de supporteurs de catch à croire encore que les matchs de catch ne sont pas truqués. Plus naïf, tu meurs… ou tu cries « Allez Zizou ! »

    • Italiens : peuple d'Europe du Sud à peine sorti du fascisme ; Berlusconi a encore quelques-uns de ses hommes dans l'équipe nationale : No pasaran !

  • Didier, Pierre, Sébastien, etc.

    • Didier s’est marié alors que Delphine était déjà enceinte. Elle voulait pas qu’il l’épouse sous l’emprise du devoir, de son point de vue à elle c’était une mauvaise idée. Mais Didier avait le sens du devoir trop aiguisé, il a passé outre cette objection.
    La première fois que Didier a voulu échapper un peu à la promiscuité de la vie moderne qu’il menait dans le XVIIe arrondissement de Paris avec sa femme et son fils - escapade avec une jeune préposée de passage -, sa femme en a profité à son retour pour grimper sur un perchoir de moralité en soulevant sa robe à fleurs, et, de là-haut, elle lui a tenu un discours nettement condescendant, comme si c’était un gosse qui se branlait trop souvent après le couvre-feu, et elle sa mère ! Didier n’a pas supporté longtemps ce ton : il a dû se résoudre à trahir son devoir et à demander le divorce.

    • Quant à Pierre, pas loin d’être aussi critique que moi à l’égard de l’Église, qui envoie de jeunes innocents au massacre matrimonial en se contentant de leur bourrer le trousseau avec quelques slogans pseudo-évangéliques, quelques trucs et astuces psychologiques, il voulait juste pas qu’on puisse l’accuser d’avoir trahi son camp. Il avait la fleur au fusil, mais c’était juste pour la photo. Je suis sensible à l’argument du patriotisme religieux, mais il semble que le divorce de Pierre en cours ne lui donne pas entièrement raison. « À moins que je parvienne à convertir mon divorce en annulation de mariage !… Mais autrefois il suffisait de graisser la patte de l’official, aujourd’hui il faut le séduire, le draguer. C’est dégueulasse… » J’ai rien répondu pour une fois, je me suis contenté de hocher la tête et de remplir son verre.

    • Sébastien est un cas un peu à part. Un gars spontané, peintre impressionniste. La théologie moderne, il s’en tamponne le coquillard. Pas assez sensuelle. Ce qui l’a rapproché de l’autel où son union a été célébrée, par un vendredi très froid de novembre, la nef était entièrement blanche, fraîchement ravalée, l’impression de pureté bien rendue, Séverine la mariée que je découvrais pour la première fois, elle, était d’une finesse de bouche et de jambes remarquable, je crois pouvoir dire que c’est la peinture, les grands maîtres, les caravagesques surtout.
    Les grands sermons n’avaient pas beaucoup d’effet sur mon pote, mais un tableau de trois mètres sur deux, il se sentait tout minable à côté. L’humilité lui nouait la gorge, le mettait à genoux.
    Séverine était violoniste, elle, aussi le jeune vicaire a-t-il beaucoup abusé de métaphores artistiques dans son homélie romantique. Sébastien et Séverine ont conjointement demandé le divorce au bout de six mois. Pas le genre à se contenter de métaphores ?

    • Erwan, lui, s’est marié par intérêt avec une aristo toulousaine - petite noblesse -, assez riche pour subvenir à ses caprices. Moi, les foucades de mon pote Erwan m’ont toujours pas mal diverti, mais il n’y a jamais eu de contrat entre nous qui m’oblige à supporter ad vitam aeternam ses coups de fil en pleine nuit pour tenter de m’enrôler dans telle ou telle guérilla sud-américaine ou africaine. Le jour où j’en aurai ma claque de ses coups d’État, où il voudra déclencher une grande offensive informatique contre la Maison Blanche, je pourrai toujours dire stop, raccrocher et brûler tous les documents.
    Claire, elle, a pris la poudre d’escampette, un train en pleine nuit, pour rentrer chez ses parents. Elle est revenue un peu plus tard récupérer ses deux mômes.

    • Pour pas qu’on dise que c’est Lapinos qui porte la poisse, je me sens obligé de citer aussi le cas de mon pote Ludovic, qui n’a pas divorcé du tout. Bien sûr, je lui en veux un peu, à Ludovic, d’ailleurs, parce qu’avec son physique à la Alain Delon (en plus viril), ses onze enfants, il entretient un peu artificiellement le mythe de Tristan et Iseut, du Prince charmant (avec une grosse bite), il me donne tort.
    Mais Ludovic s’est marié très jeune parce qu’il avait très envie de baiser. On voit bien ce que son cas a d’exceptionnel.
    Je ne parle même pas de quelques autres couples que je fréquente plus ou moins, qui sont encore mariés, eux aussi. Parce que dès le départ ils ont montré un pragmatisme, un sens de la préservation de leurs intérêts très solide, ou bien on pouvait deviner une quasi-absence de besoins sexuels. Des mariages tout juste valides, en somme.

    On note que dans mon petit conciliabule de crise, je tiens à éviter autant que possible le style administratif ecclésiastique dont je suis pas un spécialiste, et à examiner le problème sous l’angle de la politique. Je sais bien qu’Aristote a moins la cote aujourd’hui que les paragnostiques ou les fumistes complets, mais je préfère m’en tenir au constat que l’homme est un animal politique et ne pas multiplier les références inutiles.
    Ma manière de présenter les quelques cas vivants ci-dessus peut manquer au goût de certains de neutralité. C’est que je ne crois pas beaucoup à la pensée neutre, je suis plutôt adepte de la théorie des pics et des saillies. La neutralité est un concept bio-physique. Il ne faut jamais faire confiance à la bio-physique pour régler un problème grave.

  • Mes divorces

    Je suis passé très vite de l’âge où tous mes potes se mariaient les uns après les autres, faisant fi de mes conseils amicaux de prudence, à l’âge où ils sont contraints désormais d’entamer de douloureuses procédures de divorce.
    Compte tenu de la crise de la féminité*, pas sûr que j’atteindrai l’étape suivante un jour, l’âge où ils se remarieront ! À vrai dire, je prie même pour que ça leur serve de leçon, que ce soit “la der des der”. Parce que moi, un homme aux prises avec des avocats et des magistrats, ça m’émeut comme l’hallali (Les femmes sont faites pour s’entendre avec la gent judiciaire, bavarde, procédurière, irrationnelle, en robe, mais les hommes se perdent facilement dans les arcanes de la Justice, eux.)

    Qu’est-ce qui a donc poussé mes potes à se jeter dans la gueule du loup, à se marier, au fait, je tâche de me rappeler aujourd'hui ? Il faudrait que j'examine leurs raisons spéciales, à Didier, Erwan, Pierre et Sébastien…

    Mais avant ça, je tiens à mettre les points sur les “i”, à préciser que mes potes ne sont pas des lopettes, qu’ils ont pas hésité à embrasser la logique maritale : après avoir rempli toutes les formalités civiles et religieuses, promis au maire, à leurs parents, à Dieu, etc., zou, ils n’ont pas hésité à faire à leurs femmes autant de gosses qu’elles voulaient. Ils n’ont pas pris prétexte du trou dans la couche d’ozone ou de je ne sais quelle transformation hypothétique de la planète en pomme-de-terre radio-active pour se branler confortablement à l’intérieur de leurs gonzesses en attendant la fin du monde.
    Non, mes potes se sont mariés comme les pious-pious de 1914 montaient au front, la fleur au fusil, le sourire aux lèvres ! Et moi j’aimerais être leur général Pétain, quelque chose comme ça, mobiliser toute mon astuce pour éviter la débâcle totale, pendant que le Haut Commandement tire des plans sur la comète.


    *Bien sûr, je balaie d’un revers l’argument qu’inévitablement quelque bonne femme qui se targue d’être un peu cartésienne ne manquera pas de m’opposer, pour tenter de me déstabiliser, que la crise de la féminité se double d’une crise de la virilité. Mais de quoi et à qui croit-elle causer, cette féministe ? On ne peut pas être plus convaincu que moi que le commandement revient à l’homme. Et, par conséquent, si tout est parti en quenouille, a dégénéré jusqu'au "mariage gay", c'est forcément à l’homme qu'il faut l'imputer, il n'a pas su tenir son rang (l'homme en général, parce qu'en particulier il y a des cas de résistance héroïque notoires).
    Je ne m’inquiète pas de chercher des coupables mais de trouver une solution ou des remèdes. Dans cette perspective le redressement de la femme par l’homme me paraît être la seule voie- clouer le bec aux hystériques un préalable
    sine qua non.

  • Sous-humanité

    L’animateur d’Europe 1, Pierre-Louis Basset, voulant balayer définitivement le soupçon qui pèse sur l’internationale des supporteurs de foot d’être qu’un ramassis d’oblitérés, balance à ses compères sur le plateau, starlettes, politiciens et autres baveux qui tentent de s’approprier une parcelle de la gloire de l’Équipe de France, de sa voix gouailleuse :

    « Faut pas croire que le foot ça intéresse pas les intellos. Y’a même des écrivains qui aiment le foot, par exemple Philippe Claudel et Philippe Delerm ! »

    Ben je suis pas un spécialiste de la culture bobo, mais quand même, ça doit pas être difficile de trouver des arguments plus sérieux que Philippe Claudel et Philippe Delerm, si ?

  • Jolies Jambes de retour

    Mais non, Jolies Jambes, "Madame de" ne cherche qu'une seule chose : à renouer le fil de nos petits dialogues qui devaient la délasser un peu naguère. Ça va pas chercher plus loin !

    Et vous, vos jambes sont-elles toujours aussi jolies ? J'espère que vous pensez à les aérer par cette canicule ! Hum, j'ai une entrée en matière difficile, mais il faut dire que ça fait un bail maintenant que notre relation virtuelle est en suspens (Vous travaillez sans doute trop pour une femme, si je peux me permettre).

    Pendant tout ce temps, figurez-vous que j'ai pas mal pensé à vous. J'ai fait de vous l'héroïne d'une de mes nouvelles : une bobo trentenaire fait appel à un site de rencontres par internet, ultraperfectionné, afin de trouver enfin l'âme sœur. « Un service qui permet de trouver l'alter ego qui s'emboîte parfaitement dans un délai raisonnable de six mois » (pour 150 euros par mois), dit le bandeau publicitaire sans ambages.
    Mais vous ne parviendrez pas ensuite à départager les deux hommes qui vous ont séduite - à égalité parfaite d'après le test de compatibilité : ils sont tous les deux très intelligents, très beaux, vous baisent de la façon que vous préférez, et tout le reste à l'avenant.
    S'ensuivent tout un tas de péripéties dont je vous fais grâce, comiques pour le lecteur (évidemment cette nouvelle est en partie imitée de The Beloved One), mais tragiques pour la donzelle que vous incarnez et qui se fait piéger tour à tour par les deux types. Mais je n'ai pas trouvé de chute qui soit vraiment convaincante ; vous faire entrer chez les carmélites, après tous ces déboires, m'a paru tout compte fait une fin un peu "téléphonée". Or, une nouvelle sans chute, c'est comme une femme coincée du cul. J'ai donc renoncé, désolé.

    Tout ça part du contrepied qu'un échange de regards est un préalable nécessaire à toute rencontre amoureuse. - contrepied au business des sentiments. Se fonder sur l'aspect extérieur, même si ça peut paraître à beaucoup d'hommes et de femmes peu spontanés qui se lancent dans la grande aventure de l'amour à deux une base fragile, c'est sans doute plus raisonnable qu'une approche moins empirique, plus psychologique. Notre société moderne exige des garanties, pour ne pas dire des assurances. Elle est naïve d'y croire dans ce domaine.

    Entre parenthèse, notre société est aussi très arrogante et satisfaite d'elle-même, aussi est-elle bien incapable de s'apercevoir que les mariages d'amour ne cachent la plupart du temps qu'une somme de petits raisonnements mesquins. Et, tandis que le mariage de raison à l'ancienne n'empêchait pas l'éventualité que survienne entre deux êtres qui se connaissaient peu un sentiment aussi fort que l'amitié entre deux hommes virils, seul sentiment véritablement désintéressé ici-bas, eh bien la somme des petites raisons mesquines, elle, s'effondre souvent comme un château de cartes sur un sentiment amoureux indistinct - quand il n'est pas carrément vulgaire, les supporteurs de football se marient aussi ! (J'en ai après eux en ce moment, et l'orage qui approche n'arrange rien).

    À la veille, peut-être, de vous marier, Jolies Jambes, qui sait ? et comme l'Église catholique elle-même, qui a longtemps servi de garde-fou à nos passions, a renoncé désormais à donner des conseils avisés à ses ouailles pour se lancer à son tour dans des discours idéologiques, y compris à l'attention des jeunes fiancés, j'en sais quelque chose, j'espère que vous aurez lu ce message jusqu'au bout, en ne retenant pas que les flatteries qui peuvent l'émailler ici ou là (C'est qu'à mon âge, voyez-vous, je vous rappelle que j'ai à peu près trente deux-ans, je commence à peine à comprendre que si je ne leur fais pas de temps à autre un petit compliment, je n'arriverai jamais à rien avec les femmes.)

    Veuillez m'excuser, je ne suis qu'un incorrigible bavard qui ne parvient pas à aller au but directement, sans passer par de longs préliminaires. Je vous prie d'agréer, Mademoiselle, mon sentiment le plus viril,

    Lapinos.

  • Douce France

    C’est après le match, sur les Champs-Élysées, j’aurais mieux fait d’aller me coucher, cette communion démocratique, toute cette insincérité, c’est ignoble ! Et on montre ça à des gosses !

    Je croisais les doigts pour que le Brésil gagne, même si le Brésil c’est quand même le pays le plus raciste au monde, de très loin… Mais comment prévoir ? Les matchs sont truqués, rien n’est vraiment sûr, sauf que l’Allemagne doit pas perdre.

    La rumeur enfle, le Brésil a perdu, de toutes façons j’aurais pas pu fermer l’œil, vacarme assourdissant de l’hystérie de ces sous-hommes, les supporteurs. Tous les prétextes sont bons, dès le quart de finale, les enculés ! Des grappes de connards illusionnés se répandent dans les rues.

    C’est un beauf qui prend, bedonnant, la quarantaine, le bouc bien taillé, portant un tee-shirt vert. Ils s’y mettent à dix ou quinze, je sais pas au juste, un trapu, un Zidane, un Thuram manqué a dû lui mettre un coup de boule et l'envoyer au tapis, et puis les autres supporteurs, surtout des bougnoules, ils lui mettent des coups de tatane dans le bide, ils crachent dessus. Mais ça dure pas. Le mec est pas assez résistant, trop mou, peut-être. Je sais pas s’il fait exprès, mais il fait bien le cadavre. La bande se débine alors, fait cinquante mètres. Le beauf bouge toujours pas. Ils se retournent, ils canardent des bouteilles de loin, des gravats, ça fait une belle cible.

    Les éclats de verre l’ont saigné, le mec, à la tête, à la jambe gauche. Deux petites flaques de sang, qui attirent les badauds. On est plus seuls, y’a des gonzesses aussi dans le lot maintenant, ça semble les exciter aussi. Je me méfie quand même de pas ramasser un coup par-derrière. Je veux buter un supporteur un jour, pour l’exemple, alors y manquerait plus que je me fasse démolir avant par un de ces sagouins. Mais l’odeur du sang est pas assez forte, ils débandent un peu.
    Je sens pas ma haine monter. C’est bon signe, je tombe pas dans le piège. Je m’économise. Je vais pas gaspiller de la rancœur pour une bande de bougnoules idiots. Je suis pas raciste, bien sûr. Ah, ah, il faudrait être con. Ça leur ferait trop plaisir. Non, je choisirai un supporteur blanc, un Français de souche si possible, un qui soit instituteur ou magistrat, de préférence. Pour bien montrer que je suis pas dupe.