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  • Horreur télévisuelle

    Il faut voir l’air autosatisfait de cet écrivaillon, Ono-dit-Biot, bombardé spécialiste de la Birmanie à la télé sous prétexte qu'il y a passé des vacances et qui, sous couvert d’expertise, en profite pour fourguer sa camelote littéraire. Imitation de BHL, mais cinq ou six kilos en trop pour être aussi “crédible” que le "boss".

    S’il y a des dissidents sincères et éclairés en Birmanie, ce dont il est permis de douter vu la désinformation ambiante, certes leur cause n’est pas honorée ni aidée par ce genre d’énergumène - VRP de soi-même d'abord.

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    Les anarchistes aussi on les imagine plutôt maigres, à force de cavaler pour échapper aux flics. Ce n'est pas le cas du gras Siné, ex-publicitaire reconverti dans l'anarchie de comptoir, qui crachote quelques slogans à la télé contre Tintin-le-facho entre deux réclames avant de repartir se dorer la couenne dans sa villa corse, sous protection gendarmière. La Corse, qui n'est pas une colonie de peuplement, comme on sait, mais plutôt de "peoples" en goguette ou en post-retraite.

  • Censure démocratique

    Je trouve la mise à l’index médiatique de Tintin au Congo caractéristique du néo-colonialisme démocratique. Tous les ingrédients de la propagande sont là.
    Pour appréhender le néo-colonialisme d'un seul coup d'œil ? Eh bien qu’on songe par exemple au rôle capital de “Total” dans la vie politique française. Ou qu’on se souvienne de Chirac dans son costard de représentant de commerce en Chine. Voir encore l’état de l'Afrique après cinquante ans d'humanitarisme moderne tendance Bernard Kouchner. Les propos malthusiens tenus récemment par l’animateur Pascal Sevran sur l'Afrique sont aussi une bonne illustration.
    Il me vient encore une image : celle des massacres entre Hutus et Tutsis sous le regard indifférent des “soldats de la paix”.

    Non, vraiment, la “condescendance” de Tintin vis-à-vis des Africains n’est pas de mise ; lorsqu’on se contente d’exploiter les ressources minières du Tiers-Monde comme font les néo-colonialistes, mieux vaut être le plus diplomate possible et adopter l’attitude de maître Renard dans la fable : « Que mes ancêtres furent méchants avec vous, et comme vous avez eu du mérite à les endurer !… Cette autocritique vaut bien quelques concessions pétrolières, sans doute. »

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    La méthode est caractéristique également de l’hypocrisie néo-colonialiste. Le procès de Tintin au Congo est instruit par les médias. Sur le fond, le verdict est posé d’avance : Tintin est raciste, indubitablement. Pour ce qui est de la forme, on sait d’avance que Tintin au Congo ne sera pas officiellement censuré. Les néo-colonialistes veulent non seulement faire étalage de bons sentiments humanitaires, mais pouvoir réaffirmer de surcroît leur réprobation vis-à-vis de la censure… après avoir matraqué que Tintin et Hergé étaient de vilains colons belges sur toutes les ondes ! Et puis Tintin au Congo, même raciste, contribue à la croissance.

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    Le paradoxe n’est pas que l’extrême-gauche pseudo-marxiste ou pseudo-anarchiste et les libéraux capitalistes s’entendent comme larrons en foire pour dénoncer le racisme d’Hergé et le colonialisme belge. Rien de plus logique à ça. Ils communièrent aussi dans la haine de Saddam Hussein, et je n’ai pas souvenir de vives protestations lorsque Mitterrand prit la décision d’envoyer quelques avions pour bombarder Bagdad dans le sillage des Yankis. Aujourd’hui, tous ces néo-colonialistes rêvent ouvertement d’une guerre civile en Birmanie.

    Probablement les troskistes n’ont pas pardonné à Tintin d’avoir été un des premiers à dénoncer les crimes du régime trotskiste dans Tintin chez les Soviets… et les capitalistes “libéraux” d’avoir dénoncé la brutalité et le cynisme des Yankis, leur morale de gangsters et de journalistes, dans Tintin en Amérique.
    Le paradoxe est plutôt que des Africains éprouvent le besoin de s’impliquer dans ces gesticulations médiatiques de néo-colonialistes contre Tintin. Mais la connerie n’est-elle pas universelle ?

  • C'est mon choix

    Entre Mitterrand et Edwy Plenel, pas difficile de faire un choix. Pas plus qu’entre Chirac d'un côté, et F.-O. Giesbert ou Karl Zéro de l'autre. Chaque fois que j’ai aperçu la tronche de l’un de ces tristes guignols à la télé, ma défiance vis-à-vis de Mitterrand ou de Chirac s’en est trouvée automatiquement diminuée d’un cran.
    Entre Giscard et Jean-Edern Hallier, ma préférence s’inverse. Mais Hallier était-il vraiment un journaliste ? Il n’en avait pas le style.
    J’avoue d’ailleurs que dans la sympathie que j’éprouve pour Le Pen, la haine que lui vouent les baveux entre pour une bonne part. J’espère que quand il mourra, ils ne lui tresseront pas, malgré tout, des couronnes de laurier. Ça serait vraiment une fin horrible !

    Juppé aussi a eu des mots durs vis-à-vis des journalistes. Mais il en a épousé une, démocrate-chrétienne qui plus est, et il a pondu un petit bouquin faux-cul à mort il y a une dizaine d’années, typiquement dans la veine journalistique.

    Je suis bien en peine, pour l’instant, de dire quel journaliste a Sarkozy dans le collimateur ? Ils sont tous comme subjugués. Est-ce parce qu’il leur ressemble ou au contraire parce qu’ils le craignent ? Si Sarkozy ne profite pas de cet ascendant naturel pour tenter de remettre les journalistes à leur place, au ras du caniveau, mais qu’il se contente de soigner ainsi son complexe d’infériorité, le moins qu’on pourra dire c’est qu’il a manqué de machiavélisme.
    J’ai failli ne pas reconnaître Sarkozy l’autre jour à la télé ; on dirait qu’il a subi comme son confrère Strauss-Kahn une opération de chirurgie esthétique qui l’a défiguré. À moins que ce ne soit le maquillage ? Comme la morale dégénère en éthique, la beauté dégénère en esthétique.

  • Trop d'immigrés à la télé

    À la télé, l’historien Michel Winock avance timidement que le pouvoir des médias dépasse désormais celui des hommes politiques ; vu l’irresponsabilité des médias, ça lui semble inquiétant. Ce danger, Simone Weil le pointait déjà sans aucune timidité il y a plus de soixante-dix ans !
    La démocratie, au plan de la pensée, apparaît comme une sorte d’âge glaciaire. Régis Debray accuse soixante-dix ans de retard ; ce n’est qu’au plan de la syntaxe, complètement décadente, qu’il a dix ans d’avance.
    Même pour défendre l’égotisme bourgeois, il n’y a plus de philosophe du niveau de Sartre.
    La critique de la télé à la télé est forcément timide, quand la télé ne suscite pas carrément des guignols, de Gaccio à Jean-François Kahn en passant par Karl Zéro-talent, pour agiter des chiffons rouges : le fachisme, l’islam, la scientologie, l’antisémitisme, le réchauffement, etc., et faire diversion.

    En l’occurrence c’est F.-O. Giesbert, mi-homme de Cromagnon, mi-brute yankie, qui réplique à Winock que rien n’a vraiment changé sous le soleil depuis les démagogues de la Grèce antique.
    Winock disposait pourtant d’un bon exemple tout frais, celui de la guerre en Irak, déclenchée par les médias yankis d’abord, qui ont forcé la main de l’administration Bush, débordée par l'"enthousiasme populaire".
    Non contents d’avoir semé la zizanie en Irak, les démocrates voudraient voir maintenant l’anarchie régner en Birmanie. La dictature chinoise est beaucoup plus supportable : les Chinois sont de futurs clients - en Birmanie, il n'y a que des bonzes et des soldats.

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    Plus divertissant que le directeur du Point sur un plateau de télé, son chroniqueur Patrick Besson qui tente désespérément de “se faire adapter au cinéma” et pond ainsi des romans de plus en plus plats. On devine que Besson ne sera pas parfaitement heureux tant qu’il n’aura pas atteint le niveau de Marc Lévy.
    D’après Patrick Besson, on a tort d’être aussi sévère avec la littérature française, qui a de beaux restes. Qui a lu les sept cents romans de la rentrée et peut prétendre qu’ils sont unanimement mauvais ?
    Jusque-là l’argumentation de Besson est assez habile, même s’il doit être le dernier à mettre le nez dans cette surproduction de navets nouveaux.
    Mais après Besson dérape ; les Serbes sont souvent comme ça, d’un culot épatant dans un premier temps ; après, ils finissent par prendre leurs propres coups de bluff pour la réalité.
    Lui-même, dit Besson, est parfaitement capable de citer sur-le-champ une bonne vingtaine de noms d’écrivains contemporains compétents ! Une vingtaine ! Bigre, je sens qu’on va rire… Le chiffre est vite ramené à trois. Parmi les trois, Besson cite Frédéric Beigbeder. Ça aurait pu être pire, vu que Beigbeder a beaucoup lu et beaucoup pompé sur les “anciens”, mais quand même, le coup est un peu gros (sauf pour un plateau de télé).
    Laissons de côté les petits romans publicitaires de Beigbeder, qui n’ont aucune espèce d'intérêt. Lorsque Beigbeder est à son meilleur niveau, c’est-à-dire lorsqu’il se raconte, il est incapable de couper, sur trois pages, les deux qui sont ratées. C’est pourtant le b.-a.-ba du métier, et Besson le sait bien. Même si Céline n’est pas parfait, il y a dans Mort à crédit trente à quarante pages de trop, Céline a conscience de son métier et de ses propres limites, contrairement à Beigbeder. Il y a cinquante ans, on pouvait au moins dénombrer encore une petite dizaine d’écrivains et une petite dizaine d’éditeurs qui dominaient leur art.

    Plutôt que de continuer à entendre ce genre de grossièretés, je me demande parfois si je ne ferais pas mieux de demander l'asile politique à la junte birmane.

  • Revue de presse (XVII)

    L’hebdomadaire démocrate-chrétien Famille chrétienne, dans la logique de son soutien à la politique démago-libérale de Sarkozy, ouvre ses colonnes à un sociologue yanki pour démontrer à ses lecteurs que le capitalisme a son fondement dans le christianisme qui ne fait pas seulement valoir la foi mais aussi la raison. Comme s'il n'y avait pas assez de fantaisistes comme ça de ce côté-ci de l’Atlantique ! Comme si le capitalisme n’avait pas fait la preuve de son caractère complètement déraisonnable depuis belle lurette !
    Ce matin, dans mon supermarché, des pommes pas mûres à un euro cinquante le kilo en provenance d’Australie : quel homme un tant soit peu rationnel ne trouvera pas ce genre de trafic absurde ?

    Rodney Stark : ce gugusse diplômé ignore tout manifestement, non seulement du catholicisme, mais aussi du capitalisme et de la Révolution française de 1789 ; celle-ci a porté au pouvoir la classe bourgeoise qui faisait pression pour l’obtenir et renversé à la même époque l’Église catholique, saccagé l’art chrétien, traqué ses prêtres. Même s'il est impossible de faire complètement table rase du passé, les Jacobins avaient bien compris les bénéfices du colbertisme ; et le changement de cap est net comme le couperet de la guillotine.

    Marx l’a longuement décortiquée, la dynamique du capitalisme repose sur l’accumulation du capital, l’argent produisant de l’argent en dehors du processus classique d’échange d’une marchandise contre une somme d'argent. Cette “plus-value” qui grossit le capital indéfiniment est inséparable, non seulement du salariat généralisé, de la division accrue du travail et du machinisme, mais aussi du système bancaire actuel, très récent.

    Prétendre que ce type d’économie et la course aux gains de productivité étaient contenus en germe dans l’Occident médiéval chrétien, c’est faire comme si l’usure n’y était pas réprouvée. Le crédit à la consommation, le crédit immobilier trentenaire, techniques financières caractéristiques du capitalisme, sont des formes d’usure et, à ce titre, l’Église devrait catégoriquement persister à les condamner. Si elle ne le fait plus, c'est parce qu'elle n'a plus voix au chapitre.
    Le système d’épargne boursière également devrait être scandaleux pour le clergé contemporain, et, sûrement, il l’aurait été pour un clerc du Moyen-âge pour qui le commerce devait être subordonné à des fins extérieures et qui aurait forcément trouvé le système spéculatif insane.
    Un autre historien, un vrai cette fois, François Furet, a magistralement mis en lumière le fait que le capitalisme surgit dans toute son originalité dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, qu’il n’est pas lié au progrès scientifique mais à un contexte politique et social bien différent de celui du Moyen-âge ou même de la France catholique de la même époque.

    Famille chrétienne se moque bien de la science et des vrais historiens et préfère gober le discours évolutionniste de M. Stark, qui vaut son pesant de beurre de cacahuète :
    « Malheureusement, il faut admettre qu’il y a dans l’Église des anticapitalistes, sans doute victime d’une désinformation [sic]. Pourtant, il ne faut pas confondre capitalisme et matérialisme ! Je ferai plus simplement remarquer au passage que les plus importantes manifestations de générosité individuelles proviennent de la nation la plus capitaliste au monde : les États-Unis d’Amérique. »
    (“Famille chrétienne”, 22-28 septembre)

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    Plus loin, dans le même hebdo, on peut lire ceci, cette question d'un journaliste, à propos du rugby, qui dénote bien du niveau spirituel atteint par les héritiers de Frédéric Ozanam (1813-1853) :
    « Alexandre Arnoux compare le ballon de rugby à une "hostie volante partagée entre deux tabernacles". N'y a-t-il pas une sorte de parabole "eucharistique" dans un match où des hommes se sacrifient en frères pour un Corps qui est l'équipe ? »
    Probablement le genre de "catholiques" qui crièrent au scandale lors de la parution il y a 150 ans des Fleurs du Mal de Baudelaire. La "raison" que les démocrates-chrétiens vénèrent sans même s'en apercevoir, c'est la raison du plus fort, celle qui permet par exemple aux capitalistes yankis de dire et de faire n'importe quoi sans être contrecarrés.

  • Vieilles gloires littéraires

    Sur le plan littéraire, Drieu est tout aussi lucide, si ce n’est plus. Emmanuel Berl, Julien Benda, Porto-Riche, Bernstein, tous ces ex-écrivains célèbres qui faisaient chier Drieu, ils n’intéressent plus personne en dehors de quelques maniaques bibliomanes désormais.
    Et pourtant, Dieu sait qu’on réédite tout et n’importe quoi aujourd’hui ! Rien ne serait plus facile que de payer un critique du “Monde”, de “Match”, du “Figaro” ou de “France 2” pour dire tout le bien qu’il pense de Porto-Riche et pousser le quidam à l'acheter…

    Lira-t-on encore Modiano ou Weyergans dans trente ans, dans vingt ans ? Houellebecq restera sans doute, mais plutôt en raison de son anticonformisme que de sa prose (Aussi, quelle erreur de se fondre dans le moule en faisant du cinéma produit par Lagardère.)

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    Préjugé favorable, tout de même, de Drieu en faveur de Nitche. Nul n’est parfait. Un préjugé partagé d’ailleurs par t’Sterstevens. Préjugé d’une époque. Et puis Drieu n’est pas un catholique conventionnel. Le superhomme, Zaratoustra, toute cette bimbeloterie… le goût pour les arts premiers n’est pas très catholique. Pour un catholique, les schémas marxistes de Simone Weil sont beaucoup plus raisonnables que la trahison par un Allemand francophile des grands moralistes français. Pourtant, Drieu le sait, le dit et le répète : les Allemands font de bons soldats, mais en politique ils sont nuls.
    Quant à Marx, beaucoup plus anglais qu’allemand, Drieu l’ignore presque complètement ; il est occulté par le communisme.

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    Apparemment sur un point Drieu s’est trompé. À la fin, estime-t-il, les Russes l’emporteront sur les Anglo-Saxons, pourris jusqu’à la moelle par le capitalisme.
    Dès le milieu du XVIIIe siècle, Grimm, le La Boétie de Diderot, aussi antipathique et visionnaire que Diderot est sympathique et aveugle, Grimm prévoyait que l’empire russe jouerait un rôle de premier plan à l’avenir, ce qui était loin d’être évident.
    Mais la dislocation récente de l’empire soviétique semble donner tort à Drieu. À moins qu’il faille attendre encore un peu ? Une chose est sûre, outre la haine du catholicisme et le mépris des Yankis, bref de tout ce qui n'est pas russe - un signe de santé psychologique -, les Russes ont ce que les "musulmans" n’ont pas et qui les condamne à demeurer sous la domination occidentale : l’unité, l’argent, les armes, et toutes les ressources énergétiques nécessaires.
    À tout prendre, Drieu aimerait mieux tomber sous le joug des Russes plutôt que sous celui des Yankis. Moi aussi : entre les gonzesses yankies et les gonzesses russes, il n’y a pas photo.