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  • Le Christ anarchiste

    Pas de société sans culpabilité. Même certains criminels parlent de "payer leur dette" à la société, salope dont le crédit paraît ainsi illimité.

    Le christianisme est déculpabilisant : c'est en quoi il est anarchiste et menace l'ordre social.

    C'est un piège de Satan -assez grossier- de faire passer le sentiment de culpabilité et la résignation devant la mort pour des mobiles chrétiens. C'est dans ce piège que Satan tombera lui-même.

  • La question juive

    La question juive demeure au centre de presque tous les débats politiques, éthiques, religieux, voire économiques.

    Sous ce titre, Karl Marx traite surtout de la question des Juifs d'Europe de l'Est. On sait que Marx, s'inspirant de Shakespeare, définit l'argent comme un agent corrupteur et un instrument d'auto-aliénation, a contrario de Freud et des psychanalystes, ignorant l'histoire et le fait de la circulation de l'argent au sein des sociétés modernes, comme le sang circule dans le corps.

    La vocation professionnelle des Juifs dans ces contrées, en raison de la honte et de la méfiance vis-à-vis des métiers où l'on est amené à manipuler l'argent, compte tenu de ses facultés corruptrices (la plupart des crimes de sang ont pour cause l'argent), conduit Marx à souligner la corruption particulière des milieux juifs assignés à ce type de fonction.

    On constate d'ailleurs que lorsque l'art est assimilé à sa valeur marchande, comme c'est le cas désormais aux Etats-Unis, dans le même temps l'aliénation mentale de l'artiste ou de l'art qui traduit une telle détermination macabre, est porté au crédit de cet artiste ou de cet art. Le nécrophile Salvador Dali feint la folie, bien plus qu'il n'est véritablement fou, mais il a conscience de la nécessité de feindre la folie et de produire un art "surréaliste" dans une société ploutocratique.

    Bien sûr les milieux d'affaire, à qui ne manquent pas les scribes dévoués, s'efforcent de faire passer Marx pour un antisémite proche d'Adolf Hitler. Suivant une loi anthropologique constante, l'homme pointe l'ignominie d'autrui, réelle ou supposée, afin de dissimuler la sienne.

    La question de l'antisémitisme est liée à la première. Du lien entre les élites capitalistes et les Juifs, Karl Marx ne fait pas une nécessité, et son opprobre s'étend au patronat chrétien, bien plus actif encore à faire passer à l'aide de "doctrines sociales" plus spécieuses les unes que les autres la propriété pour une "valeur chrétienne", quand la vérité évangélique impose renonciation à tout ce à quoi les hommes attribuent de la valeur.

    Plusieurs essayistes modernes ont tenté d'élucider la question de l'antisémitisme. Bernard-Henry Lévy est sans doute le plus connu aujourd'hui. La rhétorique antisémite lui semble omniprésente dans la culture occidentale ; mais la démarche apparemment scientifique de Bernard-Henry Lévy cache mal que son effort est d'abord clérical, pour faire passer l'antisémitisme pour un péché, et non pas tant pour comprendre ses causes ou ses buts.

    Tandis que Marx souligne la corruption de certains milieux juifs, pour Bernard-Henry Lévy le judaïsme est une sorte de concept philosophique très proche du baptême catholique romain. On le décèle notamment au fait que son rapport à l'Etat d'Israël est analogue à celui des catholiques romains français "ultramontains" à Rome. On a pu voir d'ailleurs Bernard-Henry Lévy adopter des positions quasiment "christiques", comme s'il était le Messie tant attendu par Israël.

    On peut attribuer à Marx la même détermination messianique, étant donné sa volonté de faire franchir à l'humanité l'étape ultime qui la sépare de la vérité. Marx connaît trop bien l'ancien et le nouveau testaments pour ignorer que la vérité est l'autre nom de dieu, d'une part, et d'autre part que la puissance étatique est représentative de la force satanique qui s'oppose à la vérité.

    Nombre de Juifs, à l'instar de BHL, parlent d'un judaïsme largement fait de l'éducation qu'ils ont reçue de leurs parents, sans grand rapport avec saintes écritures, et que les circonstances du martyr des Juifs d'Europe de l'Est a transformé en religion d'Etat, suivant le procédé des nations occidentales qui consiste pour elles à tenter par divers stratagèmes et blanchiments à se présenter comme des nations civilisées. On censure ainsi Marx autant que possible, pour occulter qu'il présente la civilisation occidentale, soumise aux mutations économiques, comme une civilisation décadente au regard de celles qui s'appuient, par exemple, sur le conservatisme artistique. Et on promeut en revanche Hegel, le philosophe de la modernité sereine, le moins susceptible de prévenir contre les effets de la barbarie occidentale.  

     

  • Les Athées

    Tous les athées ne sont pas des anthropologues convaincus de leur raisonnement comme l'Allemand Feuerbach, qui fait du progrès de l'humanité le prolongement logique de la religion chrétienne. Dans l'athéisme moderne, le raisonnement compte pour beaucoup.

    Les athées n'expriment pas toujours des convictions, mais parfois aussi des doutes ; plus facétieux que Feuerbach, bien que "Jacques le Fataliste" soit aussi une démonstration que dieu n'est autre qu'une construction de l'esprit humain, Diderot s'est amusé à inverser les données du pari de Pascal (pari qui n'a rien de chrétien, mais est proprement pascalien).

    On oublie souvent de relever que les athées du XVIIe ou XVIIIe siècle ont reçu une éducation religieuse, c'est-à-dire cléricale. La plupart du temps, ils ne font que démolir des arguments théologiques en usant de formules et de démonstrations rhétoriques qu'ils ont apprises au cours de leur scolarité. Or les évangiles sont tout sauf rhétoriques, puisqu'ils contiennent au contraire des avertissements contre le verbe humain.

    Cette manière athée-là fait penser à ces fils ou ces filles qui croient s'émanciper de leurs pères ou de leur mère par l'expression de convictions différentes, mais qui adoptent une conduite ou une existence similaire, ordonnée par des causes et des but économiques similaires. C'est d'ailleurs une démarche consciente, de la part de Voltaire comme de Feuerbach, de substituer la philosophie au catéchisme catholique romain. Il est tout aussi faux, sur le plan historique, de faire de la Révolution française un moment-clef de l'athéisme, que de lui attribuer comme fait Hegel un sens spirituel chrétien. Ce type d'interprétation trahit l'incompréhension, bien plus grave de la part des chrétiens que des athées, que le christianisme n'est pas plus anthropologique que les religions païennes antiques n'étaient.

    On me rapporte le propos, plus récent, d'un athée, membre de l'Académie française, qui dit voir, ou plutôt entendre dans la musique une preuve contraire que dieu existe bien. Ce type est un benêt : loin de prouver dieu, la musique justifie au contraire l'homme et l'humanité, comme tous les arts où il n'est pas fixée de limite à l'abstraction ; la musique épouse donc la cause de l'athéisme moderne, qui est d'abord et avant tout un relativisme. D'ailleurs s'il y a une religion que les sceptiques peuvent railler comme une invention de l'homme afin de se rassurer, c'est bien la musique. La musique est un placebo. 

     

     

  • Désir et curiosité

    On confond souvent désir et curiosité, afin d'embrouiller un peu plus l'explication du mythe de la Genèse (qui a rarement été aussi bien expliqué que par Francis Bacon, à l'aide d'une comparaison avec le mythe analogue de Prométhée). De fait l'éthique judéo-chrétienne, dirigée contre la lettre et l'esprit des saintes écritures, requiert une interprétation erronée de cette fable, ouvrant droit à la morale judéo-chrétienne.

    La curiosité ou la soif de connaissance est au contraire la plus forte incitation à ne pas se fier au désir, qui fait prendre les rêves pour la réalité. Un savant se méfiera donc du mouvement érotique de l'humanité, et de son propre mouvement érotique le cas échéant, car si l'histoire a un sens, il ne saurait être économique ou érotique, ni même artistique ou technologique ; la science naturelle est le meilleur moyen pour infirmer l'histoire et la caractériser comme une illusion judéo-chrétienne.

    A l'hypothèse païenne de l'éternel retour biologique du même, le chrétien ou l'historien répondra en faisant valoir que cette science naturelle n'explique qu'une part de l'homme, à savoir sa détermination érotique commune avec les autres espèces. Mais qu'une telle science naturelle moderne, non seulement ne se préoccupe pas de ce qui distingue manifestement l'homme des autres espèces, mais rend la démarche scientifique inexplicable ou absurde, lui faisant perdre sa vocation d'élucidation pour la ramener à une simple quête de moyens techniques, c'est-à-dire de solutions qui n'en sont pas.

    La réponse du chrétien ou de l'historien n'est pas dans l'énoncé de concepts abstraits, censés prouver le libre-arbitre humain ; la capacité d'abstraction, typique des femmes, loin de permettre l'émancipation du conditionnement naturel, ne fait que renforcer les droits de la nature, ainsi que l'art le plus conceptuel ou rhétorique, à force de casuistique et d'effets de manche, finit par être l'éloge le plus vibrant aux bonnes imitations antiques de la nature. En raison de la capacité d'abstraction qu'elle traduit, la théorie de la relativité trahit une conscience technocratique de la réalité, et non à proprement parler une conscience scientifique.

    La science fait toujours reculer les droits de l'érotisme et de la morale, qui opèrent conjointement. Si le christianisme est pur de tout mouvement érotique, c'est parce que c'est un message scientifique.

     

  • Culte du Progrès

    Le culte du progrès a peu à peu remplacé les anciens cultes, jusqu'à devenir presque universel. Comme tout culte, ce dernier repose sur d'importants moyens de coercition et de censure.

    - Ainsi les institutions françaises "progressistes" censurent une littérature française globalement très sceptique vis-à-vis de l'idée de progrès social.

    - L'idolâtrie du progrès social est un culte en apparence chrétien.

    - Un païen ne peut en effet croire au progrès social en vertu de la matière, qui assigne à l'homme des limites spatio-temporelles. Les poètes païens vont parfois jusqu'à dire, conscient que le temps est représentatif du plan humain, que le temps n'existe pas. Autrement dit, l'idée que la volonté humaine peut s'imposer sur une volonté d'ordre cosmologique, selon sa formule zodiacale (666), est impossible dans la philosophie naturelle païenne rationaliste où l'homme est relatif à la nature et non l'inverse.

    L'hypothèse du transformisme biologique est peu crédible du point de vue païen essentiellement conservateur, dans la mesure où la philosophie naturelle évolutionniste semble déterminée par l'idée de progrès social.

    - Le chrétien, quant à lui, ne peut croire au progrès social dans la mesure où le plan social, introduit par Eve et auquel l'Epouse du Christ mettra un terme définitif, est indiqué par la parole divine comme une voie sans issue.

    L'histoire récente a montré l'aptitude extraordinaire des théoriciens du progrès social à remplir les charniers de cadavres. Dans la doctrine hitlérienne, apparemment la plus païenne, c'est encore l'aspect du progrès social qui constitue la part la plus illusoire et dangereuse.

    Le procédé de la propagande en faveur du progrès social est celui de l'illusionnisme ou du cinéma : il consiste à attirer l'attention sur un détail secondaire, afin de distraire l'attention du mouvement général. La théorie du progrès social se nourrit d'indices statistiques et non de preuves.

    L'humour est certainement la meilleure arme contre le culte du progrès social et ses prêtres, car il entraîne la prise de conscience inverse de l'idolâtrie du progrès, à savoir la faiblesse et la nudité de l'homme, son athéisme essentiel.

    Si l'idolâtrie du progrès social résulte d'une faiblesse particulière de la psychologie chrétienne, comme prétend Nitche, ou bien d'une ruse de Satan, je vous laisse en décider.