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Science

  • Preuve de dieu

    Le suicide prouve dieu. Encore une fois j'aime beaucoup cette preuve, qui me paraît particulièrement adaptée à notre temps de confusion entre science et enquêtes policières. L'idée moderne de la civilisation est en effet une idée de la civilisation qui se situe au niveau de la police, très proche de l'idée d'une théologie qui consisterait à prouver l'existence de dieu, c'est-à-dire d'une théologie sans métaphysique. Le calcul humain transpire en effet à grosses gouttes dans le problème de la preuve de dieu.

    Le suicide prouve que la volonté de l'homme est plus indécise que celle de toutes les autres espèces ; s'il semble régner dans les groupes de singes une forme de "suspens", une indécision propice aux sentiments et aux loisirs, c'est très probablement en raison d'une forme de fascination pour lui-même, qui fut baptisée "existentialisme" par la philosophie bourgeoise, que l'homme pense cela. En réalité, si le singe est plus philosophe et moins aristocratique que le lion, il n'en a pas moins un instinct de survie qui résume la plupart de ses actions.

    Au passage le suicide prouve aussi que la théorie transformiste est fausse. Elle l'est du point de vue de l'individu qui a tendance à lever la tête vers les étoiles et se trouver bien ignorant des choses essentielles. On voit que la société moderne a perdu le sens de l'individualisme, qu'elle confond avec le relativisme. L'évolutionnisme n'a pas engendré par hasard dans différentes cultures totalitaires différentes formules de "darwinisme social".

    Le suicide prouve dieu, mais les chrétiens savent que cette preuve est parfaitement inutile, et c'est pour cette raison qu'il vaut mieux s'en débarrasser en une courte phrase. On voit que Jésus-Christ n'use pas de théorèmes, mais de paraboles. Les théorèmes sont des lois sataniques, et le monde moderne serait moins complexe si les hommes de loi rendaient un hommage moins officieux à Satan.

    Nietzsche ou Hitler brillent par leur franchise, mais ils ne comprennent pas bien la stratégie de la terre brûlée mise en oeuvre par leur maître, c'est-à-dire le sens officiel, moderne, de l'histoire. Cette stratégie de la terre brûlée, c'est-à-dire le suicide de la civilisation, prouve d'ailleurs encore dieu (inutilement). Nietzsche a d'ailleurs partiellement compris la signification sous-jacente de cette incroyable baudruche à quoi s'apparente la rhétorique moderne, et que la culture moderne est une "culture de la preuve de dieu".

  • Crise de l'évolution

    La crise de la société ou de la civilisation moderne peut-elle entraîner une crise de la théorie du transformisme darwinien ? Je le pense, ayant très souvent entendu des savants évolutionnistes évoquer l'avenir de l'humanité en des termes flatteurs et typiquement religieux, c'est-à-dire prenant leurs désirs ou leurs hypothèses pour la réalité. Le fait que l'homme, sur le plan physique terrestre, domine toutes les autres espèces, débouche sur l'idée un peu facile que cet animal parviendra nécessairement à s'adapter à toute nouvelle circonstance, y compris sous la forme d'un suicide collectif de l'humanité, qui mettrait un peu de sel à mon goût, ou de variété, dans le fastidieux et lent processus de l'évolution des espèces vivantes.

    La modernité elle-même, idéologie négationniste récusée par tous les historiens sérieux, c'est-à-dire dégagés de l'obligation de démontrer que nous vivons dans le meilleur des mondes possible, où l'on n'élimine ses ennemis avant d'avoir souhaité avant qu'ils connaissent un jour la démocratie, la modernité se nourrit largement de la foi évolutionniste dans le bonheur : les animaux ne sont-ils pas toujours, invariablement... heureux de vivre, surtout quand ils ne servent pas le dessein intelligent de l'homme ?

    Un lecteur attentif m'a fait remarquer que, contrairement à mon allégation, Nitche était "moderne", mais non "darwinien". En effet, mais Nitche n'était pas démocrate non plus le moins du monde, sachant que le pinard de Dionysos est mieux fait pour maintenir le peuple dans un état d'hébétude que d'évolution. Hitler l'était beaucoup plus - démocrate -, ainsi qu'évolutionniste, "tirant des conclusions hâtives d'une science beaucoup trop bien fondée pour lui trouver des applications dans le domaine de l'anthropologie", dira-t-on pour rester "éthiquement pur".

    Mais là, moi qui ne suis pas évolutionniste, je m'interroge, je me mets à la place des nazis, comme on est un peu obligé de se mettre à la place des bêtes pour comprendre leur volonté : c'est tout de même un peu ballot, si l'ingéniosité humaine qui ne fait jamais que recopier celle de la nature, transposer son architecture ou sa structure dans le domaine de la technologie, ne trouve aucune application dans le domaine social du merveilleux mécanisme qui a permis aux animaux d'évoluer jusqu'à nous ? C'est ballot, non ? Ah ! A moins que les robots ne soient le terme suivant de l'évolution humaine ? Mais non, ce sont les femmes, ça ne colle pas.

    Deuxième question : pourquoi les tenants de l'évolution, surtout ceux qu'on entend le plus, à savoir les médias et leurs experts attitrés, ayant posé le principe que le darwinisme social de Hitler n'a rien à voir avec Darwin et ses augustes héritiers, plutôt que de faire obstacle systématique à ceux qui constestent l'évolutionnisme, ne censurent-ils pas plutôt le "darwinisme social" dans les médias et son millénarisme économique adjacent. Les énergumènes qui nous expliquent, par exemple, que les cartels industriels et bancaires sortiront renforcés de la crise économique qui secoue actuellement la modernité, faisant douter de plus en plus de monde que cette idéologie a un sens. Je sais bien que la confiance fait presque tout dans le domaine économique, mais on n'est pas des animaux tout de même : nous ne sommes pas dotés de la même culture de vie ou de la même foi et raison qu'eux ; ce que l'animal ne fait jamais - douter de la politique et des institutions de son espèce - cela nous est encore permis.

    Ainsi les adversaires de l'évolutionnisme ne seront pas tentés de se dire que c'est le préjugé anthropologique qui est au coeur de l'évolutionnisme, à savoir que cette science n'aboutit pas au darwinisme social, mais qu'elle part du préjugé commun des anthropologues d'un progrès de l'espèce humaine.

    Pour conclure j'aimerais protester contre un thème récurrent agaçant, qui pollue le débat scientifique inutilement, et le situe le plus souvent au niveau d'un procès. Dieu n'a rien à voir là-dedans. Depuis l'antiquité, la théorie de l'évolution ou du transformisme existe, et elle s'accommode très bien de l'idée de dieu, dont il existe pratiquement autant de variétés que d'espèces animales. L'introduction de l'histoire de la science dans le débat serait beaucoup plus utile, en tout premier lieu parce qu'elle met en lumière l'usage du discours scientifique, vrai ou faux, sur le plan éthique et politique, bien au-delà du seul cas de l'Allemagne nazie. Que signifie la participation d'un soi-disant savant, par exemple, à un comité d'éthique, chargé de dire la morale (certainement la discipline la plus évolutive et adaptée aux circonstances) ?

    La logique de l'hostilité des chrétiens au transformisme biologique est bien réelle, mais les chrétiens qui, aux Etats-Unis, croient que dieu est un grand architecte qui a créé le monde vivant suivant un "dessein intelligent" sont des chrétiens d'un genre un peu particulier et pas très crédible. Parce qu'il croit la même chose, Voltaire en France évite au contraire de se dire chrétien. La logique chrétienne est historique ; il n'y a pas d'anthropologie chrétienne, à moins de faire passer les inventions pour exploiter les paysans au moyen âge, puis les ouvriers aux XIXe siècle, pour une idée de Jésus-Christ et de ses apôtres.

    Tandis que l'anthropologie, et de ce point de vue il faut bien dire que l'anthrophologie nationale-socialiste est la plus sophistiquée (G.W.F. Hegel) pose l'hypothèse d'une succession d'événements ou d'états politiques prédéterminée ou hasardeuse (le nazisme est largement une idéologie statistique), la vision historique s'oppose à ce processus, que Marx qualifie d'ésotérique. Au contraire de l'anthropologue, l'historien chrétien pense que c'est la liberté qui est la plus certaine, et non le hasard. L'histoire chrétienne, dont la fin est déjà écrite, n'est pas chronologique mais s'achève sur le salut de quelques hommes, non pas de l'humanité ou de quelques surhommes prédestinés. Il n'y a pas de progrès social dans le christianisme où chaque chrétien est invité à considérer l'apocalypse sur le plan individuel. L'idée que la spécialisation de la science ou sa ramification constitue un quelconque progrès, cette idée elle-même heurte la conscience chrétienne, tant l'observation est aisée que cette ramification a un sens organique et répond au besoin social ou anthropologique, bien plus qu'à la recherche de la vérité. Un univers réduit à une théorie de l'information, répond à un besoin temporel ou politique bien plus qu'il ne contribue à élucider cet univers, sans compter qu'en devenant de plus en plus virtuelle et inexpérimentale, cette rhétorique dissout la matière, qui n'est restituée que dans des explications paradoxales et pratiquement incommunicables au dehors des chapelles qui les ont émises.

  • Les Oiseaux

    L'oiseau est l'animal le mieux fait pour gober la théorie d'Einstein de l'espace-temps ou la fable du "temps réel". D'abord parce que les oiseaux n'ont pas les pieds sur terre. Ensuite parce c'est une allégorie de la vitesse.

    L'oiseau est mieux fait pour vivre en cage que l'homme. Surtout les pigeons, qui ne pensent qu'à leur plaisir et sont infiniment inquiet de le satisfaire. Sauf l'aigle, bien entendu.

  • La Fin du Monde

    "C'est ainsi que le mouvement circulaire, qui est une des premières lois naturelles de ce monde et comme le principe et la source de la conservation de l'univers, causera la destruction de cet univers et même de ses lois.

    Une fois disparus la Terre, les planètes, le Soleil, les étoiles, mais non pas leur matière, de celles-ci se formeront des créatures nouvelles, distinguées en espèces et en genres nouveaux, et des énergies éternelles de la matière naîtront un nouvel ordre des choses et un monde nouveau."

    Straton de Lampsaque

    S'il y a bien une pensée ridicule, c'est le néopaganisme libéral ou républicain, avec sa science molle, son cinéma pour foetus persistants et son écologie pour bonnes femmes dépressives. On peut le constater grâce à cet extrait de Straton de Lampsaque. Ou bien cent autres. On ne trouvera aucun penseur païen aussi vain que Luc Ferry ou Michel Onfray.

    Le païen moderne ne sait rien de la nature et du cosmos, auxquels il a substitué entièrement l'anthropologie libérale et quelques techniques de jardinage.

    Des différentes façons inventées depuis le moyen âge pour marier l'antiquité avec le christianisme, le libéralisme a retenu la plus débile, l'anthropologie, la seule qui lui permet de tenter la quadrature de son trou du cul.


  • Frayeur nocturne

    Les femmes n'aiment pas, elles adorent (c'est-à-dire qu'elles consomment). La plupart ne comprennent pas que beaucoup d'hommes redoutent leurs mandibules.

    Un homme ne devrait pas éprouver plus de complexes à avouer sa crainte des femmes que celle des eaux dormantes ou des essaims. Parce que j'ai toujours craint les femmes, je les ai toujours respectées.

    La violence des hommes à l'égard des femmes (Sade, les juifs, l'islam), indique toujours un mouvement anarchique désespéré. La société a fait de Sade une brute, il lui fait voir de quel bois il se chauffe désormais, à travers les femmes.

  • Slogan 18e

    "Police partout, Justice nulle part !" : l'homme se fait justice en condamnant autrui.

    Quant à l'institution judiciaire, elle protège les intérêts des puissants depuis toujours. Les régimes de plaideurs ont la particularité d'être les plus iniques. Ne pas croire le prêtre républicain lorsqu'il promet l'égalité pour tous. A l'aide d'un tour de passe-passe mathématique, l'arbitraire judiciaire est légitimé.

    L'égalité républicaine n'a jamais régné que dans les cimetières ou sur quelque champ de bataille. Toute l'idéologie républicaine n'est qu'une idéologie de soudards grossièrement travestie en règles civiles.

  • Si Legrain ne meurt

    J'entendais récemment un imposteur dire que le suicide n'est pas catholique, mais romain. C'est doublement faux :

    - Que le déshonneur soit un motif valable de suicide pour les païens romains (certainement la religion où il y a le plus de cocus), n'empêche que ceux-ci sont incités d'abord à l'honneur, et donc à vivre. Ainsi on peut dire la prohibition du suicide parfaitement républicaine ou romaine, ce d'autant plus que cette prohibition n'est pratiquement assortie d'aucune sanction pénale, et qu'elle a donc une valeur morale ou mystique, comme les droits de l'homme.

    - Si le catholicisme proposait pour atteindre l'immortalité de prohiber la mort ou le suicide, on pourrait penser que le catholicisme est complètement idiot.