jeudi, 03 septembre 2009
Foi du charbonnier
La faiblesse de leurs arguments, les médiats la compensent par la répétition des approximations, erreurs ou mensonges délibérés. Répété dans le n° de l'Assomption de "Famille Chrétienne", gazette pour mères de familles nombreuses écervelées, le mensonge des nationalistes démocrates-chrétiens selon lequel la femme décrite à plusieurs reprises dans l'évangile de saint Jean (Ap. XII,12) serait la Vierge Marie.
"Et la poésie du texte de l'Apocalypse, lu à la messe de l'Assomption, souligne la splendeur du fruit de l'obéissance. La jeune fille qui a dit 'oui' a Dieu, de l'Annonciation à la croix, a 'le soleil pour manteau', 'la lune sous ses pieds' et sur la tête 'une couronne d'étoiles'". Voilà ce que l'éditorialiste Marie-Joëlle Guillaume écrit dans le style béni-oui-oui qui me rappelle les éditoriaux de François-Régis Hutin dans "Ouest-France" qui me filaient déjà de l'urticaire quand j'étais gosse.
- Belle utopie de la part de Simone Weil de suggérer que chaque fois qu'un journaliste dit une connerie ou un mensonge, il soit condamné pénalement.
- La remarque de D.H. Lawrence que le récit par saint Jean de sa vision à Patmos est entièrement dépourvu de poésie paraît d'ailleurs beaucoup plus pertinente que celle de l'éditorialiste M.-J. Guillaume, qu'on sent capable de dénicher de la poésie jusque dans les feuilletons yankis les plus vulgaires.
La note du chanoine Crampon sur cette "femme aux douze étoiles", récupérée par un folklore marial assez étranger à l'esprit du christianisme, pour ne pas dire entièrement païen et mercantile dit : "Les Pères et les interprètes catholiques sont presque unanimes à reconnaître dans cette femme un symbole de l'Eglise." La sobriété de la note a au moins le mérite d'éviter les délires gnostiques. Le "presque unanimes" ne doit pas occulter qu'un "interprète catholique", non seulement perdrait tout crédit en croyant reconnaître la mère du Messie dans cette femme (montrant qu'il ne sait pas lire), mais s'interdirait en pratique toute interprétation cohérente du texte de l'apocalypse de Jean dans son entier.
Il faut dire que cette femme réapparaît dans l'Apocalypse quelques pages plus loin sous l'aspect d'une prostituée et d'une description qui indique sa déchéance (la symbolique de la seconde description permet d'ailleurs de rapprocher cette femme de l'Eglise plus nettement encore).
- Dante Alighieri, lui, ne s'y était pas trompé en revanche. Il se garde de propulser plusieurs papes dans son "Enfer" sans fonder son propos sur les Ecritures, et notamment l'Apocalypse :
"A vous, bergers [pasteurs, clercs], mirait l'Evangéliste [Jean],
Quand la putain qui sied dessus les eaux [l'Eglise]
Avec les rois lui parut s'enivrer [ici on pense bien sûr à la pièce de Shakespeare qui traite du même sujet ; et l'Apocalypse parle de la surprise de Jean en voyant cette putain] :
Celle-là qui fut née avec sept têtes [les sept collines de Rome ?]
Et qui trouva vigueur en ses dix cornes [la corne est symbolique du pouvoir temporel et législatif, et Moïse souvent représenté muni de cornes et surnommé "le plus grand des législateurs"]
Tant que vertu à son époux fut chère [passage qui montre que Dante a lu les passages de l'Evangile mentionnant le "figuier stérile"]"
Bien plus contemporaine de Dante que de Marx, bien sûr, et au coeur des préoccupations du poète italien, la passation de pouvoir progressive de l'Eglise à l'Etat. Quand Marx dissèque les modalités de la mutation ou de la métastase religieuse contenue dans la somme de Hegel, en quelque sorte l'Eglise n'est déjà plus qu'une coquille de noix vide à la dérive, un reliquat sec (comme on peut penser que la secte pharisienne était du temps de Jésus, une sorte de crispation du judaïsme).
Si la théologie médiévale de Dante Alighieri ne peut être exemptée de critiques - elle a ainsi tendance à verser dans l'orphisme et le paganisme romain -, elle est assez forte et solidement fondée sur les Ecritures pour souligner l'hypocrisie des démocrates-chrétiens, qui n'hésitent pas à compromettre le christianisme avec les idéologies les plus fangeuses, comme le nationalisme en général, européen en particulier.
(NB : On me signale le même mensonge que celui de Marie-Joëlle Guillaume dans le magazine porno-chic "Madame Figaro" (14 août 2009), sous la plume de Michèle Reiser : "Le 15 août (...) Depuis le XVIIe siècle, ce jour-là, on fête Marie dans les églises et sur les places du monde entier (...) Marie apparaît dans le ciel de l'"Apocalypse de Jean" comme une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles (...) Si la grâce fait défaut, il reste encore l'amour. "On échoue toujours à dire ce qu'on aime", constatait Roland Barthes, etc." On peut dire que tous les éléments de la "docte ignorance" sont réunis dans cette citation : le fétichisme religieux, le XVIIe siècle et sa foi du charbonnier, la grâce qui supplante l'amour (!)... sans oublier la citation bidon de Barthes.
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dimanche, 30 août 2009
Caritas in veritate
Tâchons de ne pas perdre trop de temps avec la vaine encyclique de Joseph Ratzinger. Soulignons seulement que :
- Le Nouveau Testament ne permet de fonder aucun "socialisme" ni "constitution sociale" d'aucune sorte. Jésus n'est pas Jaurès. Au demeurant l'histoire permet de constater les échecs répétés des réformes sociales. Contre les journalistes inféodés aux pouvoirs publics, certains historiens ont même démontré que la plus sérieuse concrétisation d'une politique sociale étatique fut celle accomplie par le régime nazi entre 1935 et 1940 ; afin d'équilibrer le propos, on peut citer aussi les efforts dans le même sens de la RDA après la guerre. Ceux qui objectent que les politiques sociales nazies ou soviétiques n'ont pu se passer de contreparties sanglantes "oublient" que les miettes distribuées aujourd'hui aux pauvres par les capitalistes dans les social-démocraties occidentales trouvent aussi leur contrepoids dans des guerres impérialistes, économiques ou conventionnelles, qui font des millions de morts.
- Le socialisme, chrétien ou pas, n'est en réalité que la métastase de la "théocratie chrétienne" telle que Joseph de Maistre la définit par exemple, faisant fi de l'histoire comme des Evangiles qui proscrivent absolument l'édification d'un Royaume de Dieu sur la terre. Les pharisiens sont peut-être adeptes du droit canonique et nostalgiques du temps où la Palestine n'était pas soumises à Rome. Le Messie ne fait, lui, que dire et redire son mépris des institutions religieuses, politiques ou morales juives, du début à la fin de sa vie publique. Même Gustave Flaubert, qui n'est pourtant pas docteur de l'Eglise, est capable de remarquer le caractère profondément antisocial du christianisme, que seul un sentiment de peur conduit à "accommoder" en "judéo-christianisme".
La théocratie chrétienne de Joseph de Maistre, étonnant horloger suisse dont le pendule s'est arrêté au XVIIe siècle, exactement comme le socialisme exige de mettre les faits historiques entre parenthèses. Comme Joseph de Maistre "fantasme" la Révolution française de 1789 sur le mode "C'est la faute à Voltaire !", les leaders socialistes actuels sont obligés de fantasmer l'histoire de la deuxième guerre mondiale sur le mode "C'est la faute à Hitler/Staline !", occultant autant que possible la raison capitalistique des guerres industrielles, quand ce n'est jusqu'à l'évidence que sans l'appui mécanique de l'industrie, ces guerres n'auraient jamais fait autant de victimes.
- Dernier point qui réjouira les adversaires du marxisme. En aucun cas cette doctrine ne peut être dite "socialiste" ou "théocratique". On ne peut pas bâtir de pont entre l'encyclique de Benoît XVI et Karl Marx ; celui-ci sait parfaitement l'apport indispensable du Capital à l'Etat et vice-versa ; l'histoire de la constitution du grand capital tel que nous le connaissons progresse parallèlement à l'histoire de la centralisation du pouvoir étatique. Marx est en outre parfaitement lucide sur le fait que les "Droits de l'homme" républicains fondent une religion et une liturgie bourgeoises.
Lorsque Luther produit une critique du mercantilisme, il s'efforce de la fonder sur les Ecritures saintes. Benoît XVI n'est fondé que sur une mauvaise philosophie allemande qui n'a jamais donné aucun fruit.
15:13 Publié dans Catholica | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : benoit xvi, karl marx, joseph de maistre, caritas in veritate, christianisme, socialisme
samedi, 15 août 2009
Marie, reine des Cieux ?
Comme le chanoine Crampon le note, dont les travaux présentent un caractère de sérieux indéniable si on les compare aux foucades gnostiques de feu Mgr Lustiger, ou encore aux pirouettes télévisées du Père La Morandais, la femme de la vision de saint Jean n'a jamais été tenue pour Marie, mère de Jésus, par les exégètes, mais, au regard des symboles que comporte sa description, pour une figuration de l'Eglise elle-même (sous réserve des nombreuses définitions de l'"Eglise" au cours de l'Histoire moderne).
Le nationalisme démocrate-chrétien a imposé sa relecture de l'Evangile concernant ce passage comme d'autres depuis Crampon et Bloy. La dévotion à Marie a pris même au cours du XIXe siècle un tour plus qu'étrange, le Capharnaüm de Lourdes étant loin d'être un exemple isolé. Le jansénisme s'est d'ailleurs toujours accompagné, hier comme aujourd'hui, de manifestations superstitieuses et hystériques de dévotion comme de la sympathie des banquiers.
Cette substitution de la Vierge Marie à l'Eglise dans la "foi du charbonnier", désormais commune à la plupart des chrétiens de France, au point qu'on entend certains parfois en faire une caractéristique du catholicisme (!) afin de se mieux disculper de leur tare, cette substitution a eu pour effet de renforcer le culte de l'Eglise catholique pour elle-même, esprit qui anime généralement les sectes.
Le "culte des saints", qui fut autrefois une face du catholicisme plutôt sympathique et offrant prise à la littérature populaire, a pris une tournure qui relève presque, là encore, du culte de l'Eglise par elle-même. Quel sens peut avoir la canonisation de Jean-Paul II, par exemple ? Johnny Halliday n'a pas une croix pectorale moins imposante, il y a autant de monde à ses concerts qu'à ceux du pape, et pourtant personne ne songe (encore) vraiment à le canoniser !?
Là encore il n'est pas difficile de comprendre qu'on est en plein processus de justification sectaire. Les arcanes de la procédure de canonisation ont d'ailleurs un aspect tout à fait démoniaque. Pourtant, si "la loi ne justifie pas" (saint Augustin), la canonisation encore moins.
16:44 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chanoine crampon, lustiger, christianisme, la morandais, apocalypse, vierge marie
vendredi, 14 août 2009
Foi et raison
Aussi sûrement qu'au bout de la logique il y a Dieu, le terme de la raison c'est Satan ; peinte dès l'Antiquité, l'abîme ou l'abysse de réflexion ; et l'âme est un jardin fertile pour les jonquilles. Les grands sorciers animistes ont toujours bâti le monde à la mesure de leurs âmes, petits lacs tièdes.
Répété dans la Genèse, le rapport entre la foi et la raison, par la métaphore du figuier, arbre de la connaissance du bien et du mal, arraché par le Sauveur à cause de sa stérilité.
La place des poètes et des curés est au Purgatoire : ils feraient bien de vérifier la solidité des voûtes de ce temple avant de s'y précipiter avec le désir sado-masochiste qui est le leur...
Qu'on se le dise ou qu'on le vérifie en lisant le Nouveau Testament, les moralistes mettent en colère Jésus car c'est la volaille de Satan.
08:33 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dante, enfer, purgatoire, christianisme, jesus, genese
mercredi, 12 août 2009
Grand-mère des nations
Il convient, qu'on soit chrétien déclaré ou anticlérical de naissance, de prêter à l'Eglise catholique, grand-mère cacochyme des nations au coin de l'âtre -où la fumée a remplacé les braises-, cette inoffensive aïeule qui ne prodigue plus que vieilles légendes ou conseils moraux désuets, et n'a même plus cent sous à léguer, toutes sortes de pouvoirs magiques.
Certifié non-conforme par la Fnac, Michel Onfray avance même : "Ne serait-y pas qu'elle aurait inventé Jésus-Christ, la mère l'Eglise ?", afin de mieux fourguer son "Da Vinci Code" philosophique. Vu les dents de la "vieille", Onfray purge par là-même l'anticléricalisme de tout courage et inverse le cours de l'Inquisition.
Une opinion entendue souvent dans la bouche de doctes ignorants médiatiques, c'est que l'Eglise catholique fut et demeure "dogmatique", la plus dogmatique de toutes. Aucune affirmation n'est plus suspecte d'avoir été entièrement fabriquée par le XIXe siècle.
On peut même, en fait, inverser la proposition et dire que la condition de la survie de l'Eglise catholique au cours des siècles fut son absence de dogmatisme. Rigide, elle n'aurait pas passé les ans et serait morte bien avant le XIXe. C'est son extraordinaire faculté d'adaptation à des doctrines venues de l'extérieur qui l'a animée. Adaptation au millénarisme, à la Réforme, aux droits de l'Homme plus récemment, sans compter l'usage que saint Augustin fait de la philosophie gréco-romaine pour tenter d'interpréter le problème de la Trinité. La pente dogmatique empruntée par Rome au XIXe siècle évoque bien plutôt la tendance des personnes gâteuses aux redites et à camper sur leurs positions au bord du gouffre.
On voit bien ce que le dogmatisme doit au sectarisme en général, au jansénisme en particulier ; de là vient l'interprétation que l'Eglise, c'est-à-dire l'assemblée des chrétiens, est destinée à défendre une idée ou un concept pur. Et rien n'est plus divisible qu'une idée, en autant de chapelles qu'il y a de tempéraments. A la fin on finit par fourguer de l'air des Pyrénées en boîte à des grenouilles de bénitier en guise de théologie (cf. la gazette papiste "Famille chrétienne" et sa promotion d'un catholicisme "au-dessous de la ceinture".)
On est d'ailleurs au stade où l'Université laïque fait preuve du même dogmatisme que l'Eglise naguère, et où on ne voit pas quelle religion pourrait remplacer la religion actuelle de l'Etat et de la Banque.
11:41 Publié dans Catholica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel onfray, eglise, christianisme, saint augustin, dogmatisme, trinite
mercredi, 05 août 2009
Confirmation
Confirmation dans un des documents retrouvés dans les grottes de Qumrân -attribués généralement à la secte juive des Esséniens, concurrente des Pharisiens, que l'arbre d'Adam et Eve est bien un figuier, et, partant, le fruit défendu une figue-, ce que je subodorais. Peut-être cela est-il confirmé ailleurs dans la peinture ?
Cela soutient l'exégèse de Léon Bloy qui voit dans le figuier une métaphore de la religion juive, dont Jésus fait usage dans sa parabole. Comme quoi de l'étude de la nature ressort des matériaux plus intéressants que les branlements de calotins autour de la loi naturelle ou autres colifichets gothiques.
07:35 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : qumran, figuier, adam, eve, genese, essenien, juif, christianisme
lundi, 03 août 2009
Signes sataniques du temps
On entend parfois de jeunes gothiques émules de Satan déclarer, dans des reportages télévisés par exemple, que l'entrée dans la vie civile les a fait renoncer à leurs rituels, maquillages et autres refrains sataniques. Ces reportages sont à l'instigation d'autorités scolaires ou paramilitantes qui jugent le satanisme peu hygiénique et défavorable au bon déroulement d'une scolarité typique, et exhibent donc des repentis "rangés des messes noires".
Ne subsiste plus, une fois l'adolescent métamorphosé en gentil papillon-citoyen, s'il n'a pas attrapé un cafard ou un bourdon trop gros en travers de la gorge, qu'un tatouage indélébile en forme d'étoile, de dragon ou de phénix, dissimulé derrière une cravate bien lisse.
C'est une curieuse idée de croire que la vie professionnelle et l'âge adulte éloignent forcément de Satan. On voit bien dans les Evangiles que les plus dangereux suppôts auxquels le Sauveur et ses apôtres sont confrontés sont parfaitement insérés dans la vie socio-professionnelle, quand ils ne siègent pas carrément au Sanhédrin.
D'ailleurs d'où viennent les pratiques sataniques, dont le décompte s'avère un peu troublant pour les autorités laïques ? Mgr Onfray par exemple, du service de diffusion des idées laïques les plus avancées, rien que sur l'existence historique de Jésus émet de sérieuses réserves ; alors pour ce qui est du diable, le prélat se retiendrait de pouffer s'il n'était pas pénétré du sérieux de sa charge. Merdre, que vient faire le diable en plein XXIe siècle alors que Malraux a déclaré que le XXIe siècle serait religieux ou ne serait pas !?
Il est communément admis que ce culte naïf, le personnel de l'éducation nationale étant peu enclin à de telles galéjades, s'attrape entre camarades de cours de récréation et ne vient pas du désir malsain des enfants d'imiter leurs vieux.
07:20 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : satan, gothiques, sanhedrin, christianisme, michel onfray
samedi, 01 août 2009
Dividendes du capital
- Le test de QI est le seul test d'intelligence qui nécessite au préalable pour qu'un individu accepte de s'y soumettre qu'il soit un parfait imbécile.
- Le type de raisonnement qui permet d'accorder du crédit au QI est exactement le même que celui qui permet d'accorder du crédit à la doctrine économique capitaliste, c'est-à-dire qu'il consiste à concevoir l'intelligence comme le marché en termes de "potentiel" ; c'est une conception dérivée de la religion piétiste (ou "janséniste") dont la morale laïque s'est appropriée les principes.
On le voit par exemple à travers le discours de ceux qui parlent du capitalisme comme d'un destin économique inéluctable (Pangloss-Leibniz est d'ailleurs lui-même un des géniteurs du test de QI et il ne peut énoncer un de ses principes prétendûment scientifiques sans le prolonger aussitôt par une réflexion tirée de la morale chrétienne.)
- On peut résumer l'enseignement primaire en France comme un entraînement à des exercices de QI, coloriage et b.a.-ba compris. Par conséquent, qui avance l'argument d'une influence de la doctrine marxiste dans l'Education nationale française :
. ou bien n'a jamais lu Marx ;
. ou bien n'a jamais mis les pieds dans une école ;
. ou bien les deux (pour les gros QI qui passeraient par là).
16:27 Publié dans Misère de la science | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : test qi, leibniz, capitalisme, christianisme
vendredi, 31 juillet 2009
Génération et corruption
La sexualité reste enfermée dans les frontières de la politique et n'entre pas dans le domaine de l'art. C'est la méconnaissance de cette règle qui signale immédiatement que Freud :
1. N'a rien pigé à la mythologie grecque, qui soutient un art solide ;
2. Est un médecin de l'âme dont l'emphase a pour but de berner une clientèle qui a passé le baccalauréat.
Bien que je n'aime pas l'espèce des moralistes, qui passe son temps à se moquer de Dieu avec plus ou moins d'impertinence et sous des robes de couleurs variées, j'emprunte néanmoins à l'un d'eux cet aphorisme (Roger Judrin) :
"La pénétration des scrutateurs d'alcôves n'est guère plus aiguë que celle des femmes de chambre."
16:42 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sigmund freud, roger judrin, psychanalyse, christianisme, religion
vendredi, 24 juillet 2009
Charité réelle
L'aveuglement de la dernière encyclique pontificale ("Caritatis in veritate") laisse pantois, plus encore que la paraphrase de la théologie de saint Augustin à laquelle les fidèles lecteurs de Joseph Ratzinger sont habitués. Pour les "non-initiés" à la glose pontificale, précisons qu'il s'agit pour le pape d'émettre dans cette encyclique quelques avis et conseils dans le domaine de l'économie et de la morale économique.
- Première remarque : le discours moralisateur du pape est comparable à la tentative de Luther de ramener les commerçants allemands à des moeurs plus chrétiennes, tentative infructueuse et qui n'a pas empêché l'Allemagne de devenir le pays d'exploitants, de commerçants, d'industriels esclavagistes et animés d'intentions guerrières qu'on sait. Pire que ça : malgré toute la sympathie que l'essai de Luther peut inspirer à un marxiste, force est d'admettre que la religion réformée est devenue LA religion bourgeoise par excellence, avec la désuétude des régimes aristocratiques et du catholicisme. La religion réformée est devenue celle de l'Empire romain germanique embourgeoisé que Marx a prise pour cible principale de sa critique, étant né dans ce merdier, pour parler "vrai".
Or l'élite politique et économique est désormais moins que jamais, moins qu'elle l'était du temps de Luther, réceptive aux discours et conseils chrétiens. Elle ne peut même pas l'être, puisqu'elle déduit la prétendue modernité de ses principes laïcs de la ringardise de ceux des religions en général, de la chrétienne en particulier.
De toutes les hérésies que l'Eglise a connue, on n'en trouvera pas qui excède le discours de ce monstre qu'il est convenu d'appeler "patronnat chrétien", puisque les discours du patronnat chrétien sont totalement étrangers à l'Evangile qu'on peut douter que les représentants du patronnat chrétien aient jamais lu (je cite l'un d'eux afin d'illustrer la grossièreté des mensonges du patronnat chrétien - Jérôme Bédier : "Dans l'Evangile, il y a beaucoup de personnages riches qui ne sont pas forcément critiqués (...)")
- Deuxième remarque : Flaubert n'est et ne passe pour un grand théologien ; néanmoins et contrairement aux imbéciles représentants du capitalisme chrétien, Flaubert a lu le Nouveau Testament et relevé avec une sagacité mêlée de dégoût le caractère "antisocial" des paroles du Sauveur et de ses apôtres. Tout ce qui relève de la "doctrine sociale" est donc à verser à l'épais dossier du "paganisme chrétien", compromis souvent présenté par le clergé comme la christianisation d'institutions chrétiennes, mais dont les études historiques sérieuses, celles de Marx notamment, permettent de constater la stérilité, "a contrario" la subversion systématique du christianisme par la politique.
Ce figuier greffé qu'est le "judéo-christianisme" ne porte pas plus de fruits que le figuier desséché de la religion juive.
Le "socialisme" n'est d'ailleurs que la nouvelle manière de dire "la politique", c'est-à-dire d'ajouter à la politique la dose d'hypocrisie nécessaire pour essayer de compenser sa pente naturelle vers l'anarchie. Que Benoît XVI compte après Adolf Hitler ou Joseph Staline redorer le blason du socialisme, alors qu'il n'a aucun des pouvoirs régaliens dont ces derniers disposaient pour appliquer leurs doctrines statiques, et que l'auditoire du pape se limite à quelques chaisières, deux ou trois confréries d'hypocrites patrons chrétiens, et un clergé essentiellement constitué de poules mouillées, c'est ça qui laisse pantois !
07:55 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : ratzinger, benoit xvi, flaubert, caritas in veritate, jerome bedier, encyclique, economie, politique, christianisme

