mardi, 16 avril 2013

Du Gay savoir

L'essayiste français Pascal Bruckner impute dans l'un de ses essais le sentimentalisme débordant de la société occidentale au christianisme. C'est un truc récurrent chez les philosophes républicains modernes, et non seulement Nitche, d'imputer au christianisme la décadence des institutions.

Un peu plus d'honnêteté intellectuelle ou de professionalisme obligerait à accuser l'Eglise catholique, et non le christianisme, de ce mysticisme sexuel débordant et dangereux, dont la demande d'institutionnalisation des relations lesbiennes ou sodomites dérive. Si le mariage gay est bien égal au mariage catholique romain, c'est sur un point : celui des sentiments, exclu des rituels d'union païens. Les militants gays n'ont pas introduit le débordement sentimental, mais l'Eglise romaine elle-même précédemment.

Pourquoi l'Eglise romaine, et non le christianisme ? Parce que les évangiles ne permettent de fonder AUCUNE DOCTRINE SOCIALE. Le Messie traite les juifs pharisiens de "chiens", parce qu'ils ont commis cette faute contre l'Esprit de dieu.

Les démocrates-chrétiens commettent une imposture et un blasphème majeur : en effet, rien ne leur permet de décréter à la place de Jésus-Christ dans un domaine où celui-ci n'a jamais cru bon de décréter.

Si cette nuance majeure entre la docrine sociale catholique romaine d'une part, et la parole de dieu d'autre part, doit être faite, c'est parce qu'elle permet de comprendre la fragilité particulière du néo-paganisme catholique romain. On pourrait quasiment parler de néo-paganisme "schizophrène". Quelques érudits seulement en ont conscience ; il est difficile de croire, par exemple, que Galilée ou Joseph de Maistre ignorent qu'ils proposent des doctrines antichrétiennes, tellement elles sont inspirées par des principes "maçonniques" ou platoniciens contraires au christianisme (l'évangile de Judas Iscariote révèle qu'il était adepte de la philosophie morale de Platon).

La divagation juridique est donc une marque particulière de l'Occident, qui trouve son origine dans la doctrine sociale de l'Eglise catholique. L'imprécision des philosophes voltairiens, la raison pour laquelle ils ne veulent pas ou ne peuvent pas viser juste, est assez facile à comprendre : les institutions républicaines dérivent des institutions catholiques romaines. La principale différence entre les institutions monarchiques catholiques romaines et les institutions républicaines modernes est d'ordre économique, non pas juridique. La théorie nationale-socialiste ou hégélienne du progrès serait mise à mal si la solution de continuité était mise à jour entre tradition catholique romaine et modernité technocratique républicaine.

Pour le combat contre la subversion de l'Esprit, il n'est pas inutile de comprendre que Shakespeare, avant même qu'elle ne prenne l'aspect tentaculaire et métastatique qu'on lui connaît, a tranché la gorge à la doctrine sociale de l'Eglise romaine. C'est le sens sans équivoque de la mythologie de Shakespeare. Sous l'apparence païenne ou séculière, Shakespeare met le feu au Capharnaüm catholique romain, véritable paganisme recouvert des oripeaux de la foi chrétienne. Si les universitaires voulaient bien se donner la peine d'être intelligents, ils comprendraient que Shakespeare le fait d'une manière plus complète et qui excède largement en force la manière de Luther. Shakespeare est le découvreur du globe, de sa lâche médiocrité, et il ne faut pas s'attendre à l'éternel retour de Fortinbras. Si les meilleures choses ont une fin, les pires aussi, par bonheur.


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lundi, 15 avril 2013

Saint Molière

Le culte des saints légendaires dans l'Eglise romaine est un scandale, vu la coïncidence de la propagande et du mensonge. Le témoignage chrétien est l'inverse de la propagande patriotique. Le blanchiment de religieux ayant trempé dans le crime ou la politique n'est pas un scandale moins grand; le cas du sinistre Bernard de Clairvaux est le plus frappant, complice d'assassinats et de manigances politiques.

Quant aux saints "théologiens", quant ils écrivent n'importe quoi, ce qui est fréquent dans les ordres religieux conventuels, leur canonisation signale la bêtise extrême de ceux qui les ont "canonisés", procédure en soi démentielle, et irrecevable sur le plan spirituel chrétien, car elle relève de l'idolâtrie et du culte de la personnalité.

L'imbécillité est fréquente chez les moines, à cause des règles de vie qu'ils édictent, et qui vont chez les plus fous se substituer à la parole de dieu. Une caractéristique des évangiles, c'est qu'ils ne fournissent pratiquement aucun règlement de vie. Le point de vue existentiel condamne le christianisme ; le mérite de l'antichrist Nitche est plus grand que de très nombreux prétendus "saints" de le préciser : le Messie des chrétiens n'a aucune considération pour les valeurs sociales, mais ne se soucie que de la vérité.

Je dois beaucoup à Molière. Il m'a gardé de devenir un intellectuel ou d'avoir du style, ce que j'aurais pu devenir à cause de mon héritage familial et du goût décadent pour l'intellectualisme, qui fait la littérature contemporaine aussi médiocre et fière de l'être que les romans de M. Houellebecq.

La faiblesse du monde et sa chute imminente probable sont liées au fait qu'il est dirigé actuellement par des intellectuels, c'est-à-dire ceux-là que le Français élevé par Molière voit comme des parasites dans l'ordre de l'esprit, premiers responsables de la bestialité humaine et des génocides. Hitler ? Un irresponsable, mais pas plus que n'importe quel homme politique ; et quelle pureté, à côté de l'extraordinaire duplicité de la haute société britannique.

Voyez comme les polytechniciens sont blanchis, combien en ce domaine la doctrine nazie de la banalité du mal a plein effet.

Les intellectuels constituent en quelque sorte l'âme du monde, réalité qu'ils inventent et qui n'existe pas. Rien d'étonnant à ce que Sartre déduise le néant: c'est le territoire de prédilection des intellectuels. L'abstraction fournit un refuge plus sûr aux intellectuels que les postes avancés ou se tiennent les politiciens. Que Marx ait cru bon de démissionner de l'Université afin de pouvoir dire la vérité, c'est quelque chose qu'un esprit français peut assez facilement comprendre.

L'abstraction ou le langage: on perçoit chez saint Molière qu'il est une chose impure. C'est une notion que les artistes chrétiens authentiques ont toujours tenu à préserver. Ce qui sort de la bouche de l'homme est cause d'impureté, affirme Jésus-Christ, ce qui constitue une condamnation sans appel de l'anthropologie, c'est-à-dire de la foi et de la raison égyptienne ou romaine.

Aussi peu chrétien en apparence soit L.-F. Céline, cette notion l'explique largement. Si, comme la brute nazie, Céline avait pris le langage pour une chose sacrée, il ne se serait pas permis de le réorganiser. Et d'ailleurs Céline a conscience que la justification du génocide du peuple par les élites, dans les moments où celles-ci se sentent menacées, passe d'abord par le langage, qui sert toujours de caution à la violence. L'ignominie de Bernard de Clairvaux est d'abord d'être un rhéteur, quand la parole de dieu ne fait pas de place à la rhétorique. Et déjà auparavant le combat de Moïse fut celui du mythe contre la rhétorique égyptienne.

 

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vendredi, 12 avril 2013

Subversion du christianisme

L'essayiste Jacques Ellul impute la subversion du christianisme depuis le moyen-âge à l'Eglise catholique et sa doctrine imitant l'islam, ou complètement sous son influence. On peut noter comme une curiosité que Thomas d'Aquin, symboliquement décrété docteur majeur dans l'Eglise catholique, est plus "islamiste" qu'Averroès, dans la mesure où ce dernier traduit mieux Aristote, en particulier la méfiance de ce dernier vis-à-vis des matières spéculatives telles que l'algèbre ou le droit.

La critique d'Ellul, doublement dirigée contre l'Eglise romaine et l'islam, était prédestinée à faire florès aux Etats-Unis où les catholiques sont peu représentés dans les élites, et les préjugés raciaux importants, comme dans toutes les nations où la science juridique tient les foules en respect, non comme en France où l'on a mieux conscience que le jugement d'autrui implique une forme d'aliénation mentale, et que la conscience scientifique s'érige contre le lien social.

C'est ce qui fait de Moïse une des premières consciences scientifiques de l'humanité : le fait qu'il discrédite le lien social où Satan se tient tapi. Les Juifs ont restauré le lien social contre leurs prophètes ; c'est ce que leur reproche Jésus-Christ. La méthode des prêtres juifs a été reprise ensuite par l'Eglise catholique.

La critique de Jacques Ellul n'est pas fausse, dans la mesure où l'islam fait place au droit naturel, que le Messie, anarchiste, ne cesse de remettre en cause en raison de la justification du péché et de la mort à laquelle les païens procèdent en indexant leur conscience au droit naturel.

Où le jugement d'Ellul est faux, c'est qu'il est psychologique et non historique. Comme un musulman, comme un catholique romain, il se situe sur le plan psychologique ; celui-là même que le point de vue authentiquement chrétien de Shakespeare s'efforce de faire voler en éclat, au profit de l'histoire. L'Eglise romaine a toujours comploté pour empêcher l'histoire : c'est la marque de fabrique de la doctrine catholique romaine.

C'est ce qui permet à Ellul, après avoir démontré la subversion catholique romaine, par imprégnation de l'islam, de blanchir subitement l'Occident, comme si l'Eglise romaine n'en était pas la matrice, et que l'Occident ne continuait pas de se conduire exactement selon son faux pas.

Sur le plan individuel seul, la responsabilité est pleine et entière. Le monde seul oblige Thomas d'Aquin à subvertir le message évangélique pour y ajouter ce qu'il juge opportun. Tout mensonge est une concession au monde, et il importe de ne jamais le traduire comme un souhait de dieu.

On peut se passer d'inculper l'islam pour examiner le procédé de la subversion. L'obligation de travailler est la principale cause pourquoi les foules se détournent de dieu dans les temps modernes. La consécration du travail est donc là où les esprits sataniques ont agi principalement, contre l'Esprit et la lettre des évangiles. La bourgeoisie libérale chrétienne est décrite comme une puissance infernale déterminante par les meilleurs théologiens pour cette raison ; parce qu'elle a rétabli l'esclavage de l'homme, son attachement viscéral à la terre, contre le Messie.

Pourquoi les philosophes antiques sont beaucoup plus misogynes que les nôtres : parce qu'ils n'ont pas du travail ou du labeur une très haute idée, c'est mathématique. Pour Aristote ou Démocrite, par exemple, le travail est bon pour les animaux, et non pour les personnes humaines. Le travail est un mal nécessaire, et donc le philosophe doit s'efforcer d'échapper à ce mal nécessaire pour pouvoir penser autrement que selon lui, qui ne serait pas penser, mais vouloir en vain ; sinon, tant qu'à faire, autant travailler comme boulanger ou cordonnier. Voilà ce que pensaient Aristote et bon nombre de philosophes antiques du travail. Le libéralisme consiste à l'aide de quelques sophismes évolutionnistes à enchaîner le travail à la pensée. Le nazisme ne se dégage pas de l'influence libérale. Pratiquement le nazisme est une manière de vouloir pratiquer le libéralisme avec honnêteté.

Pour que vous sachiez, enfants, entre les mains de qui vous êtes, et qui a l'odeur immonde du Danemark.

13:14 | Commentaires (0) | Tags : jacques ellul, états-unis, subversion, christianisme, islam, shakespeare | |

mercredi, 10 avril 2013

Impossible n'est pas chrétien

Pour l'anthropologue, le mal est un fait banal. C'est la raison pour laquelle le christianisme vomit l'anthropologie et les anthropologues. Inconsciemment ou peu consciemment, Voltaire défend contre Pangloss-Leibnitz le point de vue chrétien. Ce qui n'est pas chrétien chez Voltaire, et revient à l'anthropologie, c'est de croire que l'on peut lutter contre le mal sur le plan social.

A cette science-fiction rousseauiste ou voltairienne d'un monde meilleur pour remédier à la tyrannie égyptienne (oedipienne) de droit divin, les idéologies socialistes modernes ont, depuis, ajouté un cynisme extraordinaire, dont on ne peut accuser Rousseau, ni même Voltaire. La démocratie-chrétienne bat des records de cynisme, puisqu'elle défend et justifie ce qu'il est impossible de défendre du point de vue chrétien : la démocratie, c'est-à-dire, en réalité, le totalitarisme, un nouvel ordre oedipien.

Les Etats-Unis dévoilent peu à peu leur satanisme profond derrière l'apparence démocrate-chrétienne et des parjures odieux cautionnés par Rome.

La trahison des anthropologues chrétiens vient du fait qu'ils soumettent la parole de dieu à l'ordre civil, ce qui est le pire crime que l'on peut commettre contre l'Esprit.

Toute tentative d'inventer une éthique chrétienne, suivant la rhétorique nébuleuse des philosophes boches, ou de justifier une politique par des arguments chrétiens, implique nécessairement la négation du péché originel. L'éthique juive consiste exactement dans la même trahison de la loi de Moïse, pire encore que les blasphèmes de Freud ou Einstein contre dieu.

Le péché originel est effacé par les anthropologues ou les sociologues chrétiens au niveau de la famille, dont ils restaurent le sens sacré, purement païen et romain. Une fois la famille blanchie, comme toutes les institutions découlent de ce modèle -le président de la République française est le "pape" mystique des Français, ce sont toutes les institutions politiques qui sont blanchies par conséquent, quand le Messie ne cesse d'inciter à s'en détacher en raison de leur vice de forme macabre, c'est-à-dire du péché.

Si le christianisme authentique de Shakespeare est aussi frappant, dans le sens de l'Esprit, c'est parce qu'il dénonce cette subversion du christianisme, qui consiste pour les institutions catholiques romaines à effacer le péché originel et à fermer ainsi la porte à l'apocalypse, qui prend pour symbole de l'Eglise une femme, qui contrairement à toutes les autres, qu'elles soient de chair ou des personnalités morales, n'est pas liée à la terre par le péché, mais liée au ciel par le rejet de l'ordre humain anthropologique ou artistique.

Autrement dit, le salut chrétien est improbable ou impossible, mais il est le plus sûr, car les promesses des anthropologues ne s'accomplissent qu'après la mort, et elles ne sont rien d'autre que la mort. Toute l'astuce des anthropologues pour séduire le monde consiste à idéaliser la mort et lui prêter le caractère métaphysique qu'elle n'a pas. La morale pure est le baiser des imbéciles sur la bouche de la mort.

17:02 | Commentaires (0) | Tags : anthropologie, christianisme | |

lundi, 01 avril 2013

Besoin d'amour

La subversion de l'amour procède comme celle du christianisme. Le besoin d'amour est mis à la place de l'amour, comme le besoin de dieu est mis à la place de dieu. Dieu a-t-il besoin de l'homme ? Non. Tandis que la nature est difficilement concevable sans l'homme, quoi qu'en disent les adeptes du transformisme des espèces, hypothèse elle-même inconcevable en dehors du prisme humain.

Il est donc aussi difficile pour l'homme d'appréhender dieu qu'il lui est facile de faire la démonstration de la grande architecture du monde (666). C'est, en gros, le drame du prophète Job, que cette distance qui le sépare de son dieu - celle de la bêtise humaine -, tandis que les païens reçoivent tous les jours des témoignages de la présence du grand architecte auprès d'eux, "tutélaire" comme un père ou une mère pour un enfant. Même pour Jésus, dieu ne semble pas bouger le petit doigt, ce qui déclenche les sarcasmes des assassins Juifs et Romains, au nom de la loi.

L'homme a-t-il besoin de dieu ? Non. Les élites ne peuvent se passer d'un principe qui inspire le respect aux masses qu'elles gouvernent, mais l'homme n'a pas plus besoin de dieu qu'un animal requiert d'être domestiqué. Indiqué comme un besoin, dieu n'est que le principe conçu par les élites pour intimer à la masse le respect de ses possessions. Dans les régimes dits "laïcs", c'est la culture qui joue ce rôle. La culture pour les niais, l'argent pour ceux qui le sont un peu moins.

C'est ce qui explique l'absence de dieu, mais aussi de l'amour, dans un monde bourgeois ou capitaliste organisé en fonction des besoins ou de la nécessité. Pour ce qui est d'exclure dieu des arts et des lettres, c'est-à-dire de la culture, c'est d'abord le clergé catholique qui s'en est chargé. La technique de Pascal est exemplaire, mais elle est loin d'être le seul exemple. La technique de Pascal est typiquement cléricale, et Voltaire ne la caractérise pas ainsi suffisamment : elle consiste à expulser dieu de la conscience humaine au profit d'un principe d'organisation essentiel : le hasard. Dans l'ensemble, il faut dire que la méfiance atavique du Français vis-à-vis des mathématiciens et des mathématiques est bien fondée. Il faut s'en méfier autant que des femmes, car tous leurs raisonnements partent d'eux-mêmes.

Un monde sans amour est l'enfer. Si Shakespeare inspire parfois le respect, même à ceux qui n'y comprennent rien, c'est parce qu'il écrit au milieu de l'enfer, que les esprits faibles et les esprits manipulateurs s'entendent pour situer au-delà du moment présent. Pratiquement toute la religion ou la culture est faite pour ça : pour mettre l'enfer et la mort à distance. Ce qui dissout presque instantanément la niaise Ophélie, n'est pas le mépris ou le rejet de son fiancé, mais la conscience subite que le monde dans lequel elle vit ne connaît l'amour que sous la forme d'un subterfuge. Ophélie n'est pas, contrairement à ce qu'elle croit, la fille chérie de son père, mais un vulgaire appât ; pire qu'une putain, car la putain sait qu'elle est un appât, et que la société n'est qu'un bras de fer. La putain est animée par l'énergie du désespoir : la petite Ophélie raisonne comme un fromage à pâte molle.

Shakespeare est l'auteur d'une charge d'une violence inouïe contre la culture occidentale. Les papes sont à quatre pattes dans la boue, cherchant leurs lunettes. Les rois se tiennent la gorge à deux mains, pour tenter de retenir le sang qui s'en écoule. Le cinéma : le cinéma est un invention uniquement pour tenter de cautériser la plaie que Shakespeare a ouverte.

Ne laissons pas Shakespeare tenir sa position seul à la bataille d'Armagédon. Prenons la milice de Satan à revers.

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dimanche, 24 mars 2013

L'Art chrétien

A la question : y a-t-il un empêchement pour le chrétien de s'adonner à l'art, comme le juif fidèle aux commandements de dieu ? La réponse est : oui, le plan de la culture, c'est-à-dire de l'idolâtrie, est signalé au chrétien comme étant incliné vers la mort, parallèle au plan de la chute.

On distinguera ainsi facilement les vrais témoins de Jésus, de ceux qui, feignant de le suivre, parlent au nom de la bête.

L'art chrétien fait nécessairement table rase de la culture. Et nul n'a réduit en cendres la culture occidentale comme Shakespeare. Plus vous lisez Shakespeare, mieux vous le comprenez, plus vous saisissez que la civilisation occidentale repose sur le néant, et qu'elle est ainsi inférieure à toutes les civilisations précédentes : elle est sans clef de voûte. Sa clef de voûte consiste dans un mensonge qu'il est nécessaire de renouveler en permanence. En effet, la bête a été frappée une première fois ("bête de la mer") ; sous la forme de la "bête de la terre", elle subsiste et semble avoir recouvré des forces, triompher, même, dans le libéralisme ou la démocratie-chrétienne: en réalité, la bête convulse.

Pour se défendre contre la vérité, épée dont le tranchant s'est accru de la révélation du Messie et de ses apôtres que la vie, en soi, ne vaut rien, les élites morales et politiques sont contraintes d'ourdir une culture dont le mensonge excède la foi, mêlée de raison, des régimes païens antiques. Autrement dit: la part d'inconscience, dans l'Occident moderne, est accrue ; par conséquent la part d'irresponsabilité. Cela se voit particulièrement dans son art. L'Occident verse donc de plus en plus dans la folie, d'une manière irrémédiable, et dont la forme la plus banale est le gâtisme.

La fuite en avant de la civilisation occidentale s'explique, comme toute fuite, par la peur. Dans la fuite, l'instinct ou la volonté sont privilégiés sur la pensée. Contrairement à la culture païenne traditionnelle, animée par une crainte raisonnable de la mort, la culture occidentale moderne est plus effrayée encore par la vérité. La société moderne est plus totalitaire et moins démocratique encore que les sociétés païennes, dans la mesure où même le domaine culturel est régenté par les élites. Il n'y a pratiquement plus de culture populaire dans l'Etat totalitaire. Rien dans la culture des Etats-Unis ou presque qui relève de l'initiative populaire et ne soit pas appuyé sur les banques.

Est-il nécessaire d'être chrétien pour le comprendre ? Est-ce qu'il ne suffit pas d'un minimum de conscience pour comprendre que la "culture scientifique" dissimule une grossière imposture, car la science combat forcément ce qui est de l'ordre de la culture. En somme qu'il n'y a pas de science "collective", mais que l'individu, seul, peut être savant. Le plan collectif n'autorise que le partage des convictions, c'est-à-dire la culture ou la religion. Le savant méprisera nécessairement l'homme d'élite, en raison de l'appui de celui-ci sur la masse et les choses quantitatives. Toutes les paraboles de Jésus-Christ, pratiquement incompréhensibles du point de vue élitiste ou politique (le point de vue platonicien, qui est celui de Judas Iscariote d'après son évangile), en revanche sont acceptables du point de vue scientifique, au regard duquel l'ordre humain est seulement nécessaire, ce qui ne signifie pas fondé sur l'expérience ou vrai.

Si l'Occident moderne est dépourvu de métaphysique véritable, c'est pour le besoin de son organisation.

Le régime républicain, non seulement a peu à voir avec les Lumières, mais il prolonge la haine de l'Eglise catholique romaine pour la science dénoncé par les Lumières, suivant la même méthode que les évêques de Rome et pour les mêmes raisons. La science républicaine est au niveau de la culture scientifique, c'est-à-dire de la religion.

dimanche, 17 février 2013

Exit Darwin

"Pourquoi la conception néo-darwinienne de la nature est presque certainement fausse." Thomas Nagel

Le sous-titre de ce bouquin récemment paru aux Etats-Unis donne lieu dans la presse française à des commentaires consternants de... bêtise. Ainsi le webzine Actualitté ; l'antagonisme n'est pas entre "athées", comme T. Nagel, et "croyants". L'antagonisme est entre les tenants d'un déterminisme biologique absolu, et ceux qui estiment que celui-ci n'est que relatif. J'ai beau partager le point de vue anti-évolutionniste de Nagel, je suis le dernier à nier que le coït (nature) obéit à une impulsion biologique, ainsi que les sentiments superficiels (culture), dont l'espèce humaine recouvre la mécanique sexuelle, afin d'en atténuer la cruauté. Non seulement le christianisme ne nie pas le déterminisme social, mais il affirme qu'il ne peut y avoir de progrès sur ce terrain. Un reste de christianisme fait sans doute dire à Nitche (qui n'est pas athée mais païen), que le mouvement culturel accompagne la décadence ou la régression. La culture libérale ou démocratique lui donne raison, tant le constat de l'infantilisme des sociétés libérales est facile à faire (quoi que Nitche soit sans solution pour enrayer le phénomène culturel qui fait de lui un déclassé, ou un spécimen en voie de disparition).

Pour autant la société n'est pas tout. Elle ne l'est que dans les esprits totalitaires ou, selon Rabelais, grégaires, pour qui il n'est pas de salut en dehors de la famille, de l'Etat, de la nation, de la race, du couple, ou du langage, qui est en quelque sorte le "racialisme épuré" des élites intellectuelles.

Des tas de croyants sont d'ailleurs "évolutionnistes", par conviction ou parce qu'ils se tiennent dans l'ignorance des questions scientifiques. Au plus haut niveau de l'Eglise romaine, c'est-à-dire de la curie ou de l'évêque de Rome, la mode fait loi, puisque l'incroyable préjugé y est répandu que la science et la foi sont deux choses distinctes. Peu importe que la plupart des savants modernes du XVIIe siècle soient des hommes d'Eglise, ou des philosophes préoccupés de questions théologiques. Prenons Descartes, par exemple, dont se gobergent la plupart des élites républicaines aujourd'hui. Descartes est sans doute moins préoccupé par la théologie que Galilée, Mersenne, Newton, Leibnitz, etc., mais cependant parfaitement conscient des implications de la religion sur la science, et de la science sur la religion. "Je ne veux pas examiner la question du temps dans le phénomène mécanique de gravitation, écrit Descartes, parce qu'elle est trop liée à celle de dieu." Descartes ouvre droit à la partition technocratique de la science, d'une manière beaucoup plus hasardeuse que F. Bacon, mais pas sur le mode totalitaire de la censure des questions métaphysiques.

Les bouddhistes sont aussi généralement "évolutionnistes". Mais le bouddhisme est, pratiquement, comme la philosophie morale allemande, une religion de la résignation au déterminisme biologique. Autrement dit, à l'opposé du christianisme, le bouddhisme est une religion anthropologique, de l'homme, par l'homme, pour l'homme.

La "culture de vie" bouddhiste ou évolutionniste ne nie pas positivement la liberté, l'amour ou la vérité, ce à quoi le raisonnement biologique déterministe devrait l'entraîner, mais elle les pose comme de simples hypothèses, d'ordre juridique ou génétique. Techniquement, ou bien la liberté est repoussée dans un au-delà fictif, ou bien elle n'a d'existence que relative, entre les hommes, en fonction de leur situation les uns par rapport aux autres. Les personnes les mieux adaptées à la société -"les escrocs", dit un philosophe français athée anti-évolutionniste- sont donc les plus libres. Raisonnement bestial, puisqu'il se mord la queue. Il place certains hommes dans la condition abominable de concevoir l'animal comme un être plus libre de ses mouvements qu'il ne le sont.

Que l'on soit croyant ou pas, il y a de très bonnes raisons de soupçonner le raisonnement évolutionniste d'être adapté au totalitarisme. A cause de son usage par les élites capitalistes et nazies, il n'est pas rare que des athées soient hostiles au "darwinisme social", c'est-à-dire à des solutions morales inspirées de l'évolutionnisme. Il est vrai que leur hostilité va rarement jusqu'à soupçonner la mécanique transformiste d'être défaillante à expliquer comment l'individu peut parfois aller à contre-courant de la culture de vie, des statistiques ou de la vie domestique - ou l'art de l'érotisme. Si l'homme descend du singe ou de l'amibe, il ne devrait pas pouvoir produire autre chose que des objets d'art érotiques. Il ne devrait pas pouvoir prononcer, comme Léopardi, que "le suicide prouve dieu", c'est-à-dire la capacité de se soustraire volontairement au déterminisme naturel, ou au fol espoir que la vie sociale a un autre sens que d'échapper le plus longtemps possible à la mort, en se couvrant les yeux des écailles de la culture ou de la religion. En dehors de servir à se rassurer, on ne voit pas bien l'usage de la culture ou de l'éthique pour un athée ?

Quelle est la place de l'oeuvre de Shakespeare, celle de Karl Marx, entièrement soutenues par l'énergie du désespoir, c'est-à-dire le contraire de la fureur de vivre des imbéciles et des lâches, qui ne se connaissent pas et ne veulent pas se connaître en dehors des images sociales flatteuses ?



samedi, 16 février 2013

Pourquoi la misogynie ?

Pourquoi le judaïsme et le christianisme (non pas l'Eglise romaine) sont-ils misogynes ? Simplement parce que la femme est une puissante incitation à la guerre. Derrière le soldat, comme derrière le capitaine d'industrie, ou même le polémiste, on retrouve la détermination féminine ou sexuelle, qui confirme la justesse des mythologies de Moïse ou d'Homère, à travers les siècles. Achille est entièrement actionné par le principe féminin.

Le voile catholique médiéval, ou le voile islamique, ne sont pas des instruments spirituels, ce sont des instruments de protection sociale. Dans l'Eglise romaine les femmes dominent des hommes soumis au principe de l'éternel féminin ; nombre d'entre elles en sont, d'ailleurs, relativement conscientes. L'art chrétien authentique souligne au contraire la connivence des femmes et de la mort, ce lien que Jésus tente de dénouer dans la conscience de Marthe, soeur du ressuscité Lazare. L'homme meurt de se conformer à sa volonté ou son rêve de puissance, c'est-à-dire concrètement de se conformer au plan social.

Sur ce point, l'antichrist Nitche ne se trompe pas : le judaïsme, puis le christianisme, ont irrémédiablement altéré l'ordre social : il n'y a plus après Moïse d'autre choix pour un homme d'élite ou de rang supérieur que de rompre avec son milieu, ou d'adopter la fourberie comme le mode de pensée principal, dont la démocratie est le témoignage éclatant, fondé non plus sur la domination mais le désir d'asservissement, inculqué dès le plus jeune âge aux enfants, à l'aide de moyens de propagande extraordinaires. Le dieu des élites est mort avec Moïse et les prophètes. Les nations ont enflé jusqu'à l'échelle totalitaire de ne plus pouvoir se maintenir à l'équilibre. La vitesse moderne est une fuite de l'Etat en avant, caractéristique de la barbarie de nos élites, qui n'ont pas trouvé d'autre moyen que ce train d'enfer pour se maintenir en selle.

Si la foi dans l'immortalité est plus répandue dans le monde antique qu'elle n'est désormais, c'est parce que la rêverie, les fantasmes juridiques et la projection vers une cible abstraite, sur quoi repose tout l'art moderne, n'y ont pas de place. Le cinéma est destiné aux peuples guidés par la frustration, non à ceux qui parviennent à jouir normalement. Jamais l'aliénation ne fut mise en valeur dans l'antiquité. Le fait qu'elle le soit aujourd'hui prouve le cynisme superlatif des élites en place.

La société, incarnation véritable de l'éternel féminin, n'est plus qu'une vieille sorcière retapée à la chirurgie esthétique, dont le lait s'est tari depuis longtemps.

16:40 | Commentaires (2) | Tags : christianisme, féminisme, élitisme, moïse, nitche, nietzsche, antichrist, lazare, marthe | |

samedi, 09 février 2013

Leader charismatique

Le charisme, chez un homme, est aussi ce qu'on peut appeler sa "part de féminité". Les apôtres chrétiens se privent volontairement de cette forme d'ascendant mystique sur autrui, dont la valeur est exclusivement sociale, et d'où les personnes morales tirent une bonne partie de leur puissance.

Si un saint, par décret du droit catholique romain, est un personnage charismatique, l'imposture est avérée. Le cas de Jeanne d'Arc est assez flagrant, mais il en existe bien d'autres. Le christ Jésus est le plus dissuasif de se fier à quelqu'un, pour le seul prétexte qu'il invoque son nom. "Prudence du serpent, simplicité de la colombe." est un des plus belles devises chrétiennes. Comment un coeur pur ne se méfierait-il pas du marécage des questions sociales et de leurs solutions ? Jean-Jacques Rousseau a tort de se méfier seulement de l'argent et de son effet corrupteur sur la société. Il n'y a pas d'institution pure, elles sont toutes corruptibles. Seul l'individu peut accéder à la pureté : c'est ce qui explique que la porte vers le salut, dans le christianisme, est étroite, et non un large portail. C'est une extraordinaire perte de temps que le combat pour tenter de réformer la société ; un combat aussi dépourvu de spiritualité que l'exercice de la médecine. Il ne faut avoir de cesse, lorsqu'on croise un homme ou une femme doté d'une certaine force et de la volonté d'aimer, de les dissuader d'user cette force dans un combat inutile et perdu d'avance. Ici se situe selon moi l'amertume de Simone Weil : d'avoir cru que l'amour peut se situer sur le plan social, en même temps que le discernement suffisant pour comprendre que la pourriture sociale est irrémédiable. Elle s'est condamnée ainsi à exposer son effort spirituel à des hommes et des femmes d'élite -l'hypocrite Gustave Thibon-, qui n'en ont cure, et qui sont dotés de l'instinct que l'amour est destructeur des plans de l'élite. Sauf Judas il n'y a pas d'homme d'élite parmi les apôtres chrétiens. Ni aucune personnalité charismatique. La société trahit son ignominie par son culte systématique des assassins, des grands fauves politiques, dont le charisme est indiscutable. L'ignoble éthique des connards allemands dispense même l'élite de l'honnêteté.

En dehors du christianisme, certains penseurs sont même parfois contraints d'admettre, par esprit de logique, que la confiance persistante dans le charisme, constitue le déni de démocratie le plus radical. Si on pousse la logique un peu plus loin, on verra même qu'en démocratie, tout est affaire de magnétisme, plus encore que dans des régimes politiques plus structurés. Le néant est sous les pieds des hommes d'élite qui ont fabriqué pour eux et leur descendance ce piège de cristal. Satan est mort, n'en déplaise à ceux qui ont cru bon de s'inspirer de lui. Mitres, crosses, au tapis.

17:55 | Commentaires (0) | Tags : charisme, leader, féminité, christianisme | |

jeudi, 31 janvier 2013

Gay Pride et fornication

Ce qui constitue le grave péché de fornication selon les Evangiles, faute contre l'Esprit de Dieu, ce ne sont pas les pratiques sexuelles sodomites, mais la "gay pride", c'est-à-dire la revendication ou la fierté d'un type de sexualité.

La faiblesse de la chair humaine ne rejaillit pas sur l'Esprit, mais sur l'homme lui-même, quelle que soit son orientation sexuelle. Autrement dit, pour bien comprendre l'Esprit du christianisme, opposé au génie païen, on peut bien être abstinent sexuel de la naissance à la mort, et n'en commettre pas moins le péché de fornication. Contrairement aux religions païennes où le péché est contre l'éthique du moment, variable en fonction de l'intérêt commun, dans le christianisme, pur de l'éthique, les graves péchés sont commis contre le salut, c'est-à-dire contre l'amour de Dieu.

Nulle part il n'est écrit dans le "Nouveau Testament" que la famille peut protéger l'homme de la mort ou de la faiblesse. Bien au contraire, Jésus-Christ proclame que son message dissoudra la famille. Son glaive séparera ceux qui craignent de s'éloigner des choses naturelles, de ceux qui s'en affranchissent pour s'élever vers l'Esprit de Dieu.

Pourquoi ? Parce que la famille est une chose naturelle, et que seul les esprits faibles placent leur espoir dans les choses naturelles. Même les philosophes païens romains n'étaient pas aussi dupes de la fable du prolongement de l'âme après la mort.

Enfants, ne confondez pas les évangiles avec le complot de pharisiens et de bonnes femmes catholiques romains, soudés par l'ignorance que la colère de l'Esprit de dieu et de ses saints frappe d'abord les traîtres.

Les partisans du mariage pour tous, comme ses détracteurs, sont deux partis imbéciles, appuyés l'un sur l'autre, comme les cartes d'un château de cartes, défendant des causes aussi obscures l'une que l'autre.

Le fait de justifier le mariage par des raisons absurdes, extrêmement dangereux sur le plan social et stigmatisé par Shakespeare ("Roméo et Juliette"), est une spécialité du clergé catholique romain ; elle tient largement à l'absence de justification chrétienne authentique à l'appui de toutes les questions civiles. Or la rhétorique du parti gay n'est que le produit dérivé du folklore catholique romain ; c'est cette dernière qui, dans l'Occident moderne, a opéré le rapprochement de l'érotisme et de l'amour, sous prétexte du commerce et des affaires.

La famille est une institution païenne dont les prêtres et les rituels, eux, ne dissimulaient pas qu'elle reposait sur la violence. A défaut de remédier à la brutalité de la condition humaine et des rapports humains, au moins le paganisme ne dissimule-t-il pas cette violence. Lorsque l'aspiration aux choses surnaturelles est détournée vers un mysticisme psychologique totalement creux comme la musique, c'est là le péché de fornication.

16:16 | Commentaires (0) | Tags : gay pride, fornication, christianisme | |

dimanche, 20 janvier 2013

Christianisme exotique

Le christianisme est devenu aujourd'hui la chose du monde la plus exotique. Quel rapport entre le christianisme et la défense des valeurs familiales, par exemple ? Aucun. Pourtant l'idée que la famille et le christianisme sont liés semble arranger tout le monde, modernes comme conservateurs.

L'apparente défaite des apôtres véritables de Jésus-Christ, supplantés par de grossiers imposteurs qui n'hésitent pas à présenter la fornication comme la doctrine de l'Eglise, est un des signes d'apocalypse les plus sûrs.

Si le sens de l'histoire de l'humanité est indiqué par le sens de la vie du Messie, ses étapes décisives, alors nous vivons sans doute les moments d'obscurité totale que les apôtres connurent après la crucifixion, quand le pouvoir politique romain et le pouvoir religieux juif semblaient avoir triomphé ensemble de la Vérité.

La vie de chaque personne humaine depuis la chute est essentiellement tragique. L'apocalypse est une peinture réaliste, insupportable aux yeux de ceux qui ont fait le choix du rêve et sa lente euthanasie confortable. S'il n'y a plus de tragédiens après Shakespeare, c'est parce que le goût du rêve a remplacé chez les artistes celui de la réalité... pour le très grand dommage du peuple.

Mes contemporains de la race de fer sont sans doute parmi les plus bêtes, avec tous leurs gadgets. Des morts vivants. Il faut dire à tous les opprimés de la terre que haïr l'Occident est inutile. Cela n'en vaut pas la peine. L'Occident est riche et propriétaire. Et alors ? C'est ce qui lui vaudra d'être foudroyé par la puissance dont il tire sa force. Laissez cette puissance agir seule et ne perdez pas votre temps à haïr la race de fer.


 


23:41 | Commentaires (2) | Tags : christianisme, jésus-christ, messie, exotisme, apocalypse | |

lundi, 17 décembre 2012

Apocalypse chrétienne

Les suppôts de Satan veulent-ils l'apocalypse ? Non, ils la repoussent sans cesse, parce que leur vie est censée avoir un sens. Le culte des choses absurdes est celui de la fin des temps.

00:21 | Commentaires (0) | Tags : apocalypse, christianisme | |

dimanche, 16 décembre 2012

Apocalypse chrétienne

Ne peuvent regretter cette terre que les esclaves qui y sont attachés. L'apocalypse chrétienne délie de la terre ; c'est comme si l'on coupait le cordon une deuxième fois pour renaître.

23:47 | Commentaires (0) | Tags : apocalypse, christianisme, terre | |

jeudi, 08 novembre 2012

Mariage gay

(Avertissement au lecteur : ce blogue est en partie fait pour aider le lecteur à recouvrir la conscience, dans un monde où la manipulation des esprits est devenue une mode de gouvernement conventionnel. La méthode s'appuie sur état psychologique général comparable à celui d'un vieillard, dont les dernières années sont souvent celles d'un suicide lent et absurde, après le gaspillage de sa jeunesse à courir après un bonheur ou une gloire vains. Pour cette raison, l'individualisme est empêché, le respect d'institutions en ruine inculqué à de jeunes générations qui n'en ont cure, voyant qu'elles sont destinées à l'euthanasie de vieux tartufes.

L'auteur ne partage donc aucune des valeurs actuelles défendues par un quelconque parti laïc ou d'Eglise, groupe de pression privé ou institution d'Etat. Il a foi dans le dieu éternel révélé au monde par son fils Jésus-Christ.)

- Martin Luther signale que le sacrement de mariage catholique romain est entièrement dépourvu de fondement évangélique. Peu d'exégètes chrétiens un minimum sérieux et un minimum sincères ont d'ailleurs prétendu le contraire.

- Calvin, que je crois sincère, l'a fait, sur la base de la Genèse attribuée à Moïse ; Calvin n'a pas compris que la Genèse revêt le double caractère mythologique ET historique. Sur ce point au moins, le raisonnement de Calvin est marqué par le paganisme, c'est-à-dire la méconnaissance du sens de l'histoire. Pour un chrétien, suivant l'apôtre Paul, toute entrave à l'accomplissement de l'histoire est une entrave à l'Esprit de dieu et à la parole de dieu ; c'est ce qui rend le dogmatisme impossible dans le christianisme, alors qu'il fonde la culture anthropologique païenne, renversée par Moïse d'abord, et qui par la force de l'Esprit de dieu ne rejaillira jamais.

La faiblesse de l'homme implique que le chrétien remette sans cesse son ouvrage théologique en cause, faute de quoi il se verra acculé plus rapidement à la stupidité que n'importe quel artiste dans n'importe quelle culture, sauf les cinéastes qui, par définition, sont dogmatiques et faits pour entretenir la bêtise (les arts technocratiques sont tous dogmatiques, et ceux qui les pratiquent n'y vont chercher autre chose que le confort intellectuel).

Le dogme indique l'assimilation de la théologie à l'architecture, ou de l'Esprit de dieu à la volonté humaine ; ce mouvement est un élément significatif du totalitarisme moderne, dans lequel on peut voir que l'Eglise romaine a joué un rôle décisif. A l'arrière-plan des pires tragédies que l'Occident a connues, et qui sont le plus souvent des sévices que l'Occident s'est infligés à lui-même, comme un cyclope stupide qui se donnerait des coups de massue sur la tête, on retrouve cet étrange attelage de valeurs païennes avec un "judéo-christianisme" au niveau du folklore, au plus bas étage sans doute jamais atteint par la pensée humaine, y compris morale ou politique.

- A la suite de Luther, très différent du luthéranisme devenu peu à peu une sorte de médiocre poétique du divorce, sacralisant ce que Luther avait désacralisé, et suscitant en outre l'ésotérisme psychanalytique -en créant le besoin, sans contrecarrer sa formule ésotérique médiévale-, suivant Luther on peut donc prononcer que les sacrements catholiques romains, en général, sont le terrain où la métamorphose de la spiritualité chrétienne en éthique païenne s'effectue. Au stade de rituels romains désormais aussi intimes et privés que le mariage gay, l'ésotérisme est le plus flagrant. Tous les sacrements romains ne sont pas aussi éloignés de l'évangile que le sacrement de mariage, mais tous sans exception ont pour effet d'ôter à la parole de dieu ce que l'apôtre Paul défend : croire qu'elle permet la justification des "oeuvres de la loi" ; autrement dit : croire que l'Esprit de dieu peut être asservi, comme les pharisiens firent auparavant, à un intérêt ou une organisation humaine quelconque.

Un homme, ici non pas forcément instruit du christianisme, mais de bon sens comme les premiers apôtres furent, observera que l'exigence de l'apôtre Paul et les précautions qu'il exige vis-à-vis de la parole divine, sont celles qu'un savant ou un artiste exigera pour sa science ou son art : pouvoir les exercer gratuitement ou en toute indépendance, non comme un simple exécutant. La conscience chrétienne des premiers apôtres est proche de la science. Le sacrement de mariage gay est le produit dérivé de la culture judéo-chrétienne, sans laquelle il n'aurait pas pu franchir la limite de la raison pratique païenne.

- Un esprit français concluera rapidement que le meilleur parti qu'on puisse tirer du mariage gay est une pièce de boulevard italienne. Il faut souligner par ailleurs la contribution de la science sociologique française d'après-guerre à l'imbécillité humaine : elle n'est que pure rhétorique allemande au niveau du débat sur le mariage gay, pure démonstration de la part d'un régime mercantile de faire croire que les mobiles ou la dignité de ce régime s'élèvent au-dessus des mobiles du commerce. Et cette démonstration, d'une certaine manière est concertée entre les générations ou les associations de consommateurs qu'elle paraît opposer : fruit de la tactique de vils communicants, le débat se nourrit de l'hystérie des deux camps, et de la ruse religieuse la plus grossière qui consiste à opposer le droit naturel à la culture, et vice-versa selon les circonstances, alors que les deux plans sont complémentaires et que la culture, c'est-à-dire la religion, au sens de "l'éthique", repose entièrement sur l'hypothèse du droit naturel. Précisément c'est ce qui explique qu'il n'y a pas d'éthique juive ou chrétienne possible : le pacte de l'homme avec la nature, que l'on voit celle-ci sceller dans la Genèse sous la forme d'un serpent, à côté de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, pour le meilleur et en occultant le pire. La loi de Moïse était faite pour mettre un terme à ce pacte, et non pour le concurrencer ; de là l'insistance de saint Paul à dénier aux oeuvres de la loi la force salvatrice ; une loi qui ne produit pas d'oeuvre ne dérive pas du droit naturel ; de là le pacte, encore aujourd'hui, entre des pharisiens juifs ou chrétiens et la morale antichrétienne, la tenace adhérence de la démocratie-chrétienne à tout ce que les apôtres rejettent explicitement.

Toutes les valeurs libérales sont indexées sur l'argent, quelle que soit leur position dans le spectre ou l'arc-en-ciel libéral, de la démocratie-chrétienne à l'écologisme en passant par tous les autres types de catéchismes érotiques. A moins d'être un esprit cynique, on s'attachera en pure perte à la défense de ces valeurs : POUR LE SEUL PROFIT DE CHIENS qui, ayant passé un pacte avec le diable, tentent de retarder le paiement de leur dette par des holocaustes d'enfants.

Crétin vous êtes dans ce monde qui ne touchez pas au moins les prébendes qu'un marchand d'armes ou un trafiquant de drogue perçoit pour ses services. La fortune n'est jamais que le produit d'un fin calcul de Satan, où je doute qu'il y a un centime de trop ou de moins sur chaque compte.

 (NB : Une note sur mon nouveau blogue élucide de façon détaillée, et que ceux qui me font confiance pourront se passer de lire, comment les deux derniers évêques de Rome ont inventé l'érotisme chrétien suivant la méthode de S. Freud et Carl Jung, certainement la moins chrétienne possible, mais également peu scientifique. Le plus intéressant dans ce fatras est la reconnaissance par Carl Jung que son antichristianisme ne fait que répéter le propos des alchimistes chrétiens du moyen âge.)

21:05 | Commentaires (0) | Tags : mariage, gay, christianisme, calvin, martin luther | |

jeudi, 30 août 2012

Fin de l'Histoire ?

C'est parce qu'il n'y a pas de morale ou d'éthique dans le christianisme que les chrétiens sont aussi attachés à l'histoire.

Comment le chrétien comprend-il la civilisation ? Il la comprend comme l'ennemie de l'histoire, les pharisiens traquant le peuple hébreu dans le désert, puis les juifs et les Romains crucifiant Jésus sur la croix ; plus tard, Rome substituant sournoisement à l'Esprit la grâce et la providence, qui font étinceler les épées des soldats dans les batailles, leur donnent confiance, facilitent leur sacrifice sanglant... ce n'est qu'une fois réunis à la terre que ces braves, s'aperçoivent que leurs mères les ont fait cocus, comme Achille. Achille n'est pas brave, il est lâche, car la gloire est une forme d'imbécillité.

La civilisation, comme une mer rouge, emporte des millions d'hommes. Et quand les chrétiens ou les juifs charnels prétendent "faire la civilisation", la terre dégorge parce qu'elle ne peut pas tout boire d'un seul coup.

Dieu soustrait le peuple des Hébreux par Moïse au monde. Jésus-Christ parfait la mission en soustrayant l'individu à l'Eglise. N'ai-je pas raison ? Le goût de l'histoire ne vient-il pas toujours du dégoût de la morale et de l'éthique, de l'idée fixe du devoir ?

(J'ai lu ton article sur A.J. Toynbee, Fodio ; quelles que soient ses intentions, bonnes ou mauvaises, il n'est pas aussi fort et pur que Shakespeare, qui ne trempe jamais, ne serait-ce qu'un doigt, dans le complot macabre de la civilisation : pour lui, pour nous, pour dieu.) 

00:31 | Commentaires (2) | Tags : histoire, toynbee, shakespeare, moise, hebreux, jésus-christ, église, achille, christianisme | |

mardi, 28 août 2012

La Femme et la Mort

Pour beaucoup d'hommes et de femmes, la confrontation avec la mort est la première rencontre avec la réalité, tant la vie sociale se nourrit d'illusions : l'illusion que les mères aiment leurs enfants, par exemple, comme si l'amour était une chose naturelle ; l'illusion encore que l'avortement ne passe pas par la définition juridique d'une catégorie de sous-hommes, exactement comme elle a pu le faire à d'autres époques pour les nègres ou les juifs. L'illusion que le législateur est généralement un criminel bien plus grand que tel ou tel petit voyou armé d'un couteau. L'illusion que la constitution de la Ve République n'est pas une des plus antidémocratiques que la France a connu de toute son histoire ; l'illusion que le mélange de l'éthique et de la science n'a pas, d'abord, une fonction religieuse, etc.

L'expansion des sociétés modernes explique largement pourquoi on est passé d'une bonne philosophie antique, dissuasive de prendre la société au sérieux, à cause des illusions qu'elle engendre, à une mauvaise philosophie, religieuse, qui récite des cantiques à la joie, au bonheur et à la vie, avec moins de style qu'un serin ne le fait, et moins d'efficacité qu'un pot-au-feu. La taille des sociétés, dans l'Antiquité, n'exigeait pas des bobards aussi "hénaurmes" que l'idéal démocratique ; elle se contentait d'une religion plus sobre. Par exemple l'aspect du viol n'est pas dissimulé dans le mariage païen antique, c'est-à-dire l'aspect de sacrifice social que le mariage représente. Imitant la nature, l'antiquité est loin d'en souligner uniquement la douceur pâtissière comme Monet.

La mort n'est pas seulement plus réelle que la société, point de vue d'où elle acquiert une puissance qui la place en position de concurrencer dieu, dans l'âme des personnes qui se bercent d'illusions sociales ; La mort est aussi plus juste et plus équitable, moins mensongère. Où l'égalité démocratique est-elle la mieux accomplie, si ce n'est dans les charniers ou les cimetières ? La mort ordonne, et la société obéit.

On dit que les personnes qui ont connu un événement tragique dans leur vie, n'entendent souvent plus continuer leur vie comme avant. Le déraillement déprécie le voyage en chemin de fer. Les illusions perdent leur fonction, au contraire de l'alcoolisme ou de la drogue, grâce à quoi certains s'accrochent à la locomotive qui va au diable.

La femme des anciennes peintures du moyen-âge, qui regarde dans le miroir sans voir la mort qui l'attend derrière elle, c'est la société. De même que la mauvaise reine qui, dans Blanche-Neige, interroge son cesse son miroir. Les mensonges par lesquels une société se justifie, sont toujours de nature éthique ou esthétique. Si aucune doctrine sociale n'est permise dans le christianisme, à quoi on peut reconnaître les imposteurs et les faux prophètes, c'est parce qu'il n'y a aucune doctrine sociale qui n'aie pour fonction de maintenir le peuple au niveau des illusions morbides.

15:41 | Commentaires (0) | Tags : âme, mort, christianisme, société, avortement | |

vendredi, 24 août 2012

Marx ou le Siècle ?

Logiquement, chaque fois que l'histoire paraît sortir de la léthargie où le système libéral l'a plongée artificiellement, quand ce système est ébranlé suivant le principe d'autodestruction du capitalisme signalé par Marx, tandis que les oligarques reprennent fébrilement une pilule de Viagra, vaguement inquiets quant à l'échéance du pacte qu'ils ont passé avec le diable, les opprimés, eux, s'interrogent encore si Karl Marx ne serait pas le seul à ne pas leur avoir menti ?

- Le meilleur usage que l'on peut faire de Marx à l'heure de l'autodestruction des plans d'avenir vers n'importe quoi, ourdis par d'imbéciles polytechniciens, portant cornes de cocus sur la tête et désireux que le monde entier le soit, n'est pas de chercher dans Marx le moyen de changer le monde, mais d'échapper au suicide collectif organisé de celui-ci.

- La vision la plus universelle, marxiste ou chrétienne, n'incline pas l'homme à croire vraie l'illusion qu'un sens peut être donné à la condition humaine et aux édifices pompeux qu'elle supporte, nécessairement paradoxaux, et dont les paradoxes doivent demeurer "vérité" pour le peuple, afin qu'il plie mieux l'échine.

Au regard de la polytechnique nazie, le monde a un sens, jusqu'à en prêter un au sacrifice sanglant de la chair, chaque fois que cela est nécessaire. Pour Marx ou pour les chrétiens, seule l'histoire a un sens ; l'absurdité du monde trahit le diable ; au point d'absurdité de la démocratie mondiale, elle trahit l'affaiblissement du dragon.

19:34 | Commentaires (0) | Tags : karl marx, christianisme, polytechnique, nazisme, diable | |

Pédérastie et christianisme

- Il n'y a pas de raison pour un chrétien d'accorder un autre sens à la "pédérastie" que celui fourni par son étymologie : "passion violente de l'enfant ou de l'enfance". Etant psychologique et dans tous les cas déterminée par l'enfance, on peut dire que la passion érotique mérite toujours ce qualificatif de "pédérastique" ; plus la passion du sujet est violente et incontrôlée, plus le sujet est pédérastique, en quelque sorte, quel que soit l'objet auquel son désir s'attache de manière fanatique. Objet qui, soit dit entre parenthèses, peut très bien être une idée de dieu ou la musique, une pure abstraction.

La division en différents groupes et sous-groupes de consommateurs, en fonction de leurs appétits respectifs, relève du droit civil ou des associations de consommateurs, comme le fait de la criminaliser ou de ne pas la criminaliser, mais en aucun cas il ne relève de la science ou du christianisme.

- L'identité sexuelle est une notion juridique ultra-moderne, dont on peut penser qu'elle a un caractère totalitaire, à cause de son opacité juridique et de classifications psychiatriques peu scientifiques.

- Sans l'apport du droit canonique chrétien en Occident, le "mariage gay" ne serait pas. C'est en effet une volonté, celle de marier deux personnes du même sexe, étrangère au droit païen, qui ne prenait pas en compte les sentiments, mais s'occupait seulement d'organisation pratique. Le droit clérical est le principal facteur de l'ajout des sentiments à des affaires pratiques.

- Le christianisme ne fournit aucune raison de s'arracher à un déterminisme sexuel pour verser dans un autre. Comme le souligne le théologien Martin Luther, le sacrement de mariage chrétien n'a aucun fondement évangélique. Il est donc une "tradition", et en basculant d'un régime ancien à un nouveau, une tradition devient un simple folklore.

- Détourner le message chrétien au profit d'un parti politique ou d'une association de consommateurs est le plus grave des péchés, car il contribue à l'iniquité du monde.

- Remarque personnelle : celui pour qui ce genre de polémique ne traduit pas l'extraordinaire mélancolie du monde occidental doit probablement trouver son plaisir dans l'autoflagellation.

13:39 | Commentaires (0) | Tags : pédérastie, christianisme, martin luther | |

mercredi, 23 novembre 2011

Satan et la Doctrine sociale

Vaquette présente Du champagne, un cadavre et... par enquete-debat

- Voici un énergumène qui a bien mieux compris que le crétin-démocrate Benoît XVI le caractère nécessairement diabolique des doctrines sociales, anciennes ou modernes.

- "N'ayez pas peur !" est l'esprit du Christ le plus opposé au plan de la doctrine sociale, encadrée par Eros et Thanatos. Car la doctrine sociale est celle des lâches et des menteurs.

- L'adhésion aux doctrines sociales chrétiennes modernes est le plus pur satanisme. Cette adhésion est d'ailleurs principalement le fait du "patronat chrétien" (sic), sans lequel nul ne prêterait attention à une doctrine qui combine le satanisme à l'ineptie ; car dorénavant les institutions chrétiennes ne disposent même plus du pouvoir de coercition pour faire appliquer un droit et une morale par conséquent TOTALEMENT VIRTUELS. Le démocrate-chrétien est le type de l'esclave volontaire de fantasmes tiédasses.

- Savoir si l'intention du pape est bonne ou mauvaise importe peu. C'est le propre de l'enfer comme des doctrines sociales d'être pavées de bonnes intentions, nécessaires pour l'adhésion des plus pauvres, privés de tirer le seul profit moral ou thérapeutique escomptable, l'opium de telles doctrines. Molière, le plus grand théologien de France, illustre cette "bonne intention" dans l'aumône de Don Juan au pauvre, c'est-à-dire la tentative de corruption du pauvre par le riche, ou de l'esclave par le maître.

- Ce Tristan-Edern Vaquette a parfaitement raison d'inclure la prostitution dans le plan social libéral, voire d'en faire le comble du bonheur social moderne... en Occident.

Il n'est aucune doctrine sociale qui ne soit subordonnée à la quête du bonheur, même pas le nazisme, la fureur de vivre, ou le sadisme. En revanche, seules les plus diabolique occultent cette loi d'airain qui veut que "le bonheur des uns fait le malheur des autres" ; le discours de Vaquette est cohérent et raisonnable, à condition de ne pas tenir compte des 2/3 de l'humanité qui souffrent.

Cette loi d'airain explique encore pourquoi, ni la perspective du bonheur, ni la doctrine sociale ne sont admissibles dans le christianisme, mais qu'elles sont bien "antichrétiennes" selon Nietzsche, suppôt de Satan déclaré, mais néanmoins meilleur lecteur de l'évangile que la plupart des papes, englués dans l'esprit juridique.

Enfin, si le christianisme n'était pas antisocial, il serait inférieur à l'art ou à la science.

 


14:03 | Commentaires (0) | Tags : tristan edern vaquette, eros, thanatos, doctrine sociale, christianisme, benoît xvi | |

mercredi, 12 octobre 2011

Swedenborg et l'apocalypse

Le philosophe Emmanuel Swedenborg (1688-1772), bien qu'il a exercé une influence sur Balzac, est assez mal connu en France. Il a deux points communs avec Francis Bacon Verulam.

1. Swedenborg ne dissocie pas l'étude des questions scientifiques de l'étude des questions spirituelles ou théologiques, selon l'approche classique.

2. La théologie de Swedenborg n'a pas plus le caractère officiel que celle de Bacon. On peut penser que c'est la raison pour laquelle le savant suédois est méconnu en France. Il n'épargne ni les dogmes catholiques, ni les dogmes protestants. Quant à Bacon il fut confronté de près, en raison de la violente concurrence politique entre les nations européennes naissantes, à la fin du XVIe siècle, à l'éclatement du christianisme en trente-six thèses différentes. Il ne pouvait manquer de contribuer à réunifier ce qu'un commandement unique, l'Eglise romaine, n'avait empêché de péricliter en querelles religieuses et traités abscons, piété creuse de bonne femme, faisant beaucoup d'écho mais portant peu de fruits.

Je précise que le commentaire du chapitre XIV de l'apocalypse que j'entame ici est "librement inspiré" de Swedenborg. Je n'ai pas retenu les interprétations qui ne m'agréaient pas, ayant trouvé chez un autre auteur une meilleure élucidation, ou souhaitant en proposer de moi-même une meilleure.

Bien sûr je suis parfaitement conscient, comme doivent l'être tous les commentateurs, de la menace divine contre tous ceux qui augmentent ou retranchent à la vision de Jean. Comme a dû l'être Bossuet avant de déclarer cette prophétie en grande partie caduque.922.jpg

CHAPITRE XIV - PREFACE

 Aux premiers versets du chapitre est évoqué le "nouveau ciel chrétien", c'est-à-dire les chrétiens qui, depuis la résurrection de Jésus, ont agi selon l'esprit de Dieu, c'est-à-dire la parole du Christ.

La Nouvelle Jérusalem descend sur terre par les forces conjuguées de ces êtres.

- Les versets 4-5 disent quels chrétiens ont composé d'abord ce nouveau ciel : "Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ce sont ceux qui accompagnent l'Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes comme des prémices pour Dieu et pour l'Agneau ; et il ne s'est point trouvé de mensonge dans leur bouche, car ils sont irréprochables."

- Les versets 6, 7 et 13 annoncent aux élus l'avènement de la Jérusalem nouvelle : "Puis je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, tenant l'Evangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : "Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; adorez celui qui a fait le ciel et la terre, la mer et les sources des eaux." "Et j'entendis une voix venant du ciel, qui disait : "Ecris : Heureux dès maintenant les morts qui meurent dans le Seigneur !" - "Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs oeuvres les suivent."

- Les Eglises chrétiennes et les clergés officiels, cédant devant les exigences du temps, par diverses adaptations ou fausses interprétations ont entraîné les peuples loin de la vérité. A commencer par l'Eglise romaine. Comme le Christ Jésus vint au temps où les juifs s'étaient éloignés de leur loi et de l'esprit, la Jérusalem nouvelle vient aux jours de bassesse spirituelle de l'humanité.

+ Brève notice présentant Swedenborg ici. :

02:24 | Commentaires (0) | Tags : emmanuel swedenborg, christianisme, apocalypse, francis bacon verulam, balzac | |