vendredi, 08 février 2008
Les bourgeois parlent aux bobos
D’un point de vue marxiste, et comme c’est le point de vue le plus avancé j’espère que le pape finira par y venir, les fameux “événements” de Mai 68 sont des non-événements, un pseudo-affrontement entre de vieilles valeurs bourgeoises archi-usées et de nouvelles valeurs bourgeoises idiotes.
La vieille bourgeoisie incarnée par le général De Gaulle n’a pas compris, elle a pris peur, comme ce père ou cette mère de famille sûr d’avoir tout fait pour son rejeton, une hygiène irréprochable, des vêtements de marque, une éducation libérale exemplaire, la prévention des MST et de l’alcoolisme, passe ton bac d’abord, etc., et puis, un beau matin, le paternel ou la matriarche se prend une baffe dans la gueule, des coups de pied au cul. Le rejeton se révolte ? Non, il exprime juste son “malaise”. Mais le mobile des bobos étant le même que celui des anciens bourgeois, le monologue continue. Edouard Balladur prend "Mai 68" au sérieux, et les bobos en face de lui avec leur commémoration franchouillarde de cet épisode infra-historique.
Ce qu’il importe de remarquer, c’est la continuité du pouvoir. Entre le colonialiste De Gaulle et le néo-colonialiste Bernard Kouchner, il n’y a pas de rupture. En se rangeant derrière Sarkozy, Kouchner a trahi son clan, certes, mais pas ses idées. C'est le prototype du renégat idéaliste au sourire "ultrabright".
À propos de Mai 68, Alain Finkielkraut considère qu’il en est sorti du bon et du moins bon. Michel Drucker ne saurait mieux dire, mais il est mieux coiffé.
Le numéro d’un philosophe “kantien”, que ce soit Finkielkraut, Luc Ferry ou un autre, comme un numéro de clown ne s’achève pas sans qu’il se tire une balle dans le pied, en l’occurrence le rappel de ce vieux slogan des nouveaux bourgeois de Mai 68 : « Assez d’actes, des paroles ! », slogan antirévolutionnaire, à contresens de l'histoire, qui pourrait servir de devise non seulement à Finkielkraut, mais également à Sarkozy qui a pourtant choisi de se positionner “contre Mai 68” afin de lécher le cul des nostalgiques de la vieille bourgeoisie, de plus en plus nombreux à mesure que la population française vieillit : les photos de Doisneau, la méthode Boscher, Mendès-France, le général De Gaulle, mais aussi Heidegger et Nichte, le mariage, la laïcité, tous ces vieux trucs qui sentent le renfermé et que les bobos avaient plus ou moins mis au placard, on les ressort du grenier, faute d’imagination. Les bobos s’habillent désormais en gris et beige chez “Zadig et Voltaire”. Ça ressemble à un canular mais ça n’en est pas un.
A propos de la campagne et du scrutin qui ont porté Nicolas Sarkozy au pouvoir, un observateur catholique et communiste comme moi, “extérieur” par conséquent, relève qu’elle a été marquée par le grand retour du national-socialisme dans les discours, de Sarkozy à Ségolène Royal en passant par Philippe de Villiers, Chevènement, Mélenchon, pour répondre à une demande “démocratique” ou “populaire” ; à tel point que Le Pen a été contraint de donner une image presque “cosmopolite” pour tenter de conserver son statut de rebelle (imité en ça par F. Bayrou).
Rien n’est plus logique que ce retour du national-socialisme dans les discours. Comme la bourgeoisie se sent menacée par l’anarchie, elle se tourne vers un modèle de régime bourgeois qui lui paraît plus solide, et le nazisme offre un exemple historique de régime bourgeois qui a tenté de se réformer et y est parvenu tout en courant à sa perte. Bien sûr la référence à Napoléon, le grand ou le petit, est beaucoup plus bourgeoise que la référence à Hitler.
Seulement l’évolution politique fait que si Sarkozy partage peu ou prou les mêmes “valeurs actuelles” qu’Hitler, sa prétendue “modernité” - c'est-à-dire le goût du gadget et de l’ersatz -, Sarkozy n’est qu’un Hitler de supermarché, à qui les rênes du pouvoir échappent complètement.
La discrétion de Mitterrand et de Chirac le cachaient, l’indiscrétion de Sarkozy fait apparaître cette impuissance plus nettement encore.
11:05 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, adolf hitler, alain finkielkraut
vendredi, 04 janvier 2008
L'espoir rend con
« Pour résumer d’un mot, on ressent à Rome comme ailleurs ce déficit d’espérance et de confiance dans la vie qui constitue le mal "obscur" de la société occidentale. » Benoît XVI Tout est parfaitement clair au contraire. La difficulté n’est pas de voir mais d’agir ; d’agir, AU CONTRAIRE, a-t-on envie d’ajouter, confronté à la passivité des dissidents virtuels démocrates-chrétiens, toujours prêts à se replier sur leurs acquis sociaux et à trouver un compromis avec le capitalisme, à s'installer dans un confort intellectuel. La marée noire d’idées imbéciles répandues sur l’Europe n’est pas un phénomène nouveau ! Au nom du Ciel, à quoi bon Baudelaire, Veuillot, Bloy, Péguy, Claudel, Simone Weil, Bernanos, et même Céline, Drieu, Jarry, Alphonse Allais, tous les moralistes ?… si c’est pour grenouiller encore un demi-siècle après dans le même potage de bénitier démocrate-chrétien ? Autant pisser sur leurs tombes ! Quarante Finkielkraut occupant quarante canaux médiatiques pour donner quarante versions du même mensonge, de la même propaganda libérale, et le pape ne voit pas clair dans ce bluff ? Il n’est pire aveugle que celui qui refuse de voir… Plus profondément encore que les philosophes qui sentent le moisi, au royaume des crétins ce sont les publicitaires qui sont rois, les Beigbeder, les Séguéla, les Sarkozy, etc. Voilà l’élite, la crème de notre “civilisation” (sic). Il n’est pourtant que trop évident que cette avalanche de sophismes, tout ce verbiage certifié non-conforme n'est qu'un cache-misère. Quand on n'a que de la camelote à fourguer, alors le marketing et la réclame sont nécessaires. Ce grouillement d’avocats, de publicitaires, de philosophes, de journalistes, de cinéastes, de professionnels du syllogisme, qui finissent par tisser un voile opaque sur la vérité, ce grouillement n’est pas équivoque. L’art véritable n’a pas besoin de syllogismes, de calembours ou de mots d'esprit pour se défendre, il parle de lui-même.
15:55 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : tillinac, nicolas sarkozy, alain finkielkraut
mercredi, 19 décembre 2007
Autocritique
Je ne serais pas marxiste si je ne confessais pas ce vice que j'ai en commun avec Finkielkraut. J'aime bien m'écouter parler. De là à cultiver ce vice, il y a un pas que je ne franchirai pas.
17:25 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alain finkielkraut

