Lors d'un jogging matinal récent, j'ai longé l'enceinte de l'impressionnante forteresse qui abrite les services d'espionnage français dans le Nord-Est de Paris. La novlangue, particulièrement observable dans le domaine administratif ou économique, a substitué "renseignement" à "espionnage". J'ai assisté à l'entrée des fonctionnaires dans le bâtiment ; cela m'a donné l'idée de cette note sur le parasitisme social. Les quelques 3.000 ou 4.000 agents de renseignement intérieur ont-ils une utilité sociale réelle ? On sait que dans le domaine de la sécurité intérieure comme extérieure, la paranoïa joue un grand rôle - celle du public comme celle des technocrates aux manettes - Big Brother est un Etat paranoïaque.
Chaque Français a tendance à voir midi à sa porte en matière de parasitisme. Certains accusent les immigrés clandestins de parasitisme social : ils ignorent que l'immigration massive est la première cause d'enrichissement du Capital. Elle a joué un rôle primordial dans le développement accéléré du capitalisme états-unien. Inverser la tendance au stade de la désindustrialisation n'est pas une mince affaire, aux Etats-Unis comme en France ; dans le contexte démagogique libéral, c'est une chose impossible ; d'où la méthode G. Meloni, qui consiste à expulser un immigré de façon spectaculaire, tout en en faisant entrer dix de façon discrète. Si les dirigeants capitalistes ne dépeignaient pas la mondialisation capitaliste sous un jour favorable, ils seraient idiots car elle a pratiquement noyé l'idée de lutte des classes en Occident (avec la collaboration notable de l'Eglise catholique, et plus largement de la social-démocratie).