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  • Pervers polymorphes

    Ambiguïté des médias devant tous ces crimes sexuels : l'Autrichien amoureux de sa fille, le violeur de Suédoise(s) ; entre répulsion et attraction ; répulsion pour tout ce sperme, ce sang, cette chair, sans doute de la sueur aussi, et de la crasse, qui sait ? - attirance pour tout le paquet de fric que ces faits divers représentent. On montrera cent fois au public la blonde Suédoise en minijupe, l’air pimpant d'une qui ne sort pas en boîte pour se faire violer mais pour s'éclater, afin d'illustrer à quel point le crime, dans le cas d’une telle beauté, presque pure, était inconcevable, choquant au point de vue laïc. Entre deux pages de pub. à tarif majoré. On s'abstiendra momentanément de blagues sur les blondes aussi : respect !

    Qu’est-ce qui est le plus horrible, que ce père ait été amoureux de sa fille et qu’il l’ait séquestrée, ou bien qu’il l’ait engrossée SEPT fois, une vraie poule pondeuse ? Exactement comme au moyen âge (ou en pays Cht'i).

    *

    Mais le couple Fourniret ? Qu’est-ce qu’on reproche au juste au couple Fourniret ? N’y a-t-il pas dans cet amour plus fort que la police quelque chose de magnifique ? Ne sont-ils pas les “Bonnie & Clyde du crime sexuel” ? Bien sûr leurs fantasmes étaient un peu bizarres, un peu excessifs, et le sado-masochisme de Robbe-Grillet et de sa muse plus digne, plus “républicain” ; bien qu’il ait des velléités dans ce sens, on n'imagine pas Michel Fourniret à l’Académie française, primé au Goncourt ou docteur honoris causa de l’Université de Virginie ou de Caroline-du-Nord ? Il faut toujours un peu de temps à l’avant-garde pour se faire admettre, y compris en démocratie.

    S’il faut tuer son prochain pour s’accomplir sexuellement, alors c’est sûrement une entrave au contrat social, pas de doute. Il est bien connu que “la liberté de chacun s’arrête, etc.” Même pas besoin d’aller chercher jusqu’au grandiose “Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !”. Il y a dans le commerce une gamme assez variée d’ustensiles et de jouets sexuels, sans qu’on ait besoin de piocher au petit bonheur des enfants, sur le bord d’une nationale, bordel de merde... des enfants qui ne demandent eux-mêmes rien d’autre que de jouer en paix, et, plus tard, lorsqu’ils seront majeurs, d’avoir une sexualité épanouie à leur tour et de pouvoir construire quelque chose.

    Hélas la démocratie n’est pas parfaite, sans quoi elle n’aurait pas besoin de psychologues et de psychiatres, ni d’artistes pour exprimer tout ça symboliquement.

    Pointilleux comme je suis, à se demander si je ne suis pas moi-même une sorte de pervers, je constate que les Fourniret ne sont pas les seuls à mettre des coups de couteau dans le contrat social, avec une assurance tranquille.
    Monsieur Presquetoutlemonde, lorsqu’il s’achète à crédit la nouvelle BMW superturbo ou la dernière Renault à moteur Dassault, est-ce qu’il exclut complètement d’enfreindre la loi, de s’adonner au fantasme de la vitesse un petit matin, rien qu’une fois, après s’être vu refuser une augmentation par son patron ou l’accès à la garçonnière de sa maîtresse ? Sûr, c’est juste pour le plaisir esthétique de faire briller une belle carrosserie ? ou bien… vroum-vrroum, ça n’a l’air de rien, "il n’y a pas de mal à se faire du bien", et puis voilà, trois morts, un jeune couple avec enfant, qui partait en vacances, tués nets pour deux d’entre eux ; dans d’atroces tortures à base de mercure et de chromes pour le troisième. Les victimes étaient elles-mêmes un peu au-dessus de la vitesse autorisée, plaidera l’avocat, qui est payé pour ça.
    Qu’est-ce qui fait le plus de victimes ? Les crimes sexuels ou les accidents de la route ?

    Et Daniel Bouton, le PDG de la “Société générale” et ses arnaques plus ou moins légales, ses prises de risques plus ou moins contrôlées, n’y a-t-il pas une part de fantasme là-dedans aussi, de fantasme de la “culbute” ? Voire une atteinte au contrat social. C’est vrai, le petit dealer à côté, sa faute s’efface. Pour peu qu’il fasse vivre sa famille restée “au pays” avec, tout est relatif, le dealer devient un héros.
    Spaggiari, avec l’aide du cinéma, à côté de Jérôme Kerviel c'est même un artiste CLASSIQUE. Trader ou dealer, c’est plus qu’une question de quartier chic ou crade.
    Que penser de l’imbécile qui se suicide parce qu’il n’a plus de crédit auprès de sa banque, sinon qu’il n’a pas le sens de la modernité ?
    Qu’est-ce qui fait le plus de victimes ? Les crimes sexuels ou les braquages ?
  • Les Fâcheux

    Ne voilà-t-il pas que le Tartuffe Xavier Darcos veut qu'on enseigne la morale aux enfants dès la maternelle... Comme si les fables de La Fontaine ne suffisaient pas. On croit rêver. On croule sous la morale virtuelle : à tous les coins de rue des panneaux pour vous interdire de baiser pour de bon, ou de fumer, de boire du vin... et pourtant jamais la morale réelle n'a été aussi absente. Comment lorsque des énarques et des polytechniciens qui fourguent des armes et des supermarchés à qui veut bien éponger nos stocks, en l'absence d'autres considérations morales, comment dans ce paysage-là Darcos peut-il espérer que le petit voyou dealer de cigarettes ou autres pétards suspects respecte, lui, la morale, et envisage les conséquences de ses actes à long terme ?

    Les voyous devraient respecter la morale en premier et montrer l'exemple aux gens honnêtes ? Est-ce que Xavier Darcos ne se fout pas un peu de la gueule du peuple avec sa morale laïque de derrière les fagots ?

    *

    Ce n'est pas la révolution permanente, ce régime, mais plutôt la comédie de Molière permanente. Pas seulement Darcos en Tartuffe, mais aussi Sarkozy en Scapin, qui commence à se demander ce qu'il est venu faire dans cette galère au lieu de se faire embaucher chez LVMH ou Bolloré ; Fillon en misanthrope, pas mécontent qu'on lui fiche la paix ; ou en Sganarelle, obligé d'approuver toutes les foucades de son Dom Juan de patron, mais qui n'en prie pas moins la sainte Vierge pour que tout ce cirque-là s'arrête ; Carla Bruni en vraie-fausse pucelle consentante, en Agnès affranchie ; pour les femmes savantes, Christine Lagarde, Roselyne Bachelot et Rama Yade offrent des exemples variés d'arrogance et de prétention femelles qui se veulent mâles ; ne dites pas que j'exagère : Bernard Kouchner n'est-il pas le bourgeois-gentilhomme parfait, qui parle les droits de l'homme ou le droit international comme une seconde langue naturelle ? Le Malade imaginaire c'est la France, qui ne souffre pas de "pas assez" mais de "trop plein".

    Je cherche un rôle pour Xavier Bertrand, vu que le Tartuffe est déjà pris... Et Sganarelle aussi... Après tout rien n'impose que l'Avare ne soit pas gras et un peu franc-maçon.

     (Jacques Attali est trop "bouffon triste" pour ne pas le réserver à la Comédia del Arte.)

    Les "Amants magnifiques", bien qu'un peu décatis, mais le maquillage n'est pas une nouveauté au théâtre : Cécilia et son nouveau Jules.

    On peut juste constater que la droite au gouvernement peine à recruter des Trissotins et Vadius crédibles ; Guaino est un peu "limite". La gauche est beaucoup plus douée pour ça. Finkielkraut avait sa place au gouvernement, pour succéder à Luc Ferry.

    *

     Molière vous tient en haleine quatre ou cinq actes ; après, tomber de rideau. Mais quatre longues années, comment diable ? L'opposition a de quoi être inquiète pour la suite. Le spectacle qu'elle produira ne sera jamais aussi burlesque et la réalité du libéralisme, même repeint en gris laïc de gauche, risque d'apparaître comme plus violente encore après cette parenthèse de fou-rire encouragée par les médias, qui n'avaient pas prévu ce fou-rire de travers.

    On peut toujours rêver de Ségolène Royal, flanquant aux oubliettes Daniel Bouton et Bernard Arnault, Jacques Attali et Alain Minc, toute la fine fleur du patronnat français, comme jadis Louis XIV avec Fouquet, qui ne le méritait pas autant... On peut toujours rêver.

  • Hypothèses hypothèques

    - Si la Chine se développe avec un taux de croissance de 7 % sur 30 ans, alors il n'y aura bientôt plus de pauvres opprimés en Chine. Le meilleur des mondes, ça ne sera plus seulement la France ou les Etats-Unis mais aussi toute l'Asie !

    Et, quand on ouvre une boutique, il faut commencer par soigner la vitrine. Quelle plus belle vitrine que les jeux olympiques, avec ses athlètes bien musclés et bien épilés, cette confraternité des peuples autour d'un "100 mètres", couru pour la beauté du geste, par des amateurs de grâce olympique. Aux JO, les femmes sont presque des hommes, même le féminisme est presque accompli ! (nonobstant une petite différence de salaires, mais ne soyons pas mesquins).

    - Si la France, tête pensante du monde libre, et ses ministres éclairés du culte des JO, David Douillet, Bernard Laporte, Jean-Luc Mélanchon, Jean-François Lamour, Tony Estanguet, la crème de la politique visionnaire, épaule la Chine en implantant un réseau de grandes surfaces modèles du type "Leclerc" ou "Carrefour", comment les Chinois pourraient-ils se montrer ingrats à l'avenir, ne pas contribuer à payer nos retraites et à entretenir notre croissance, comme ils font déjà pour les étatsuniens ? Ils le feront NECESSAIREMENT parce qu'ils auront tellement de pognon qu'ils ne sauront même plus quoi en foutre, ces petits veinards. Avec un peu de chance, ils pourront même se permettre comme Daniel Bouton, comme les banques françaises ou britanniques, de jeter des milliards par les fenêtres sans que ça prête vraiment à conséquence.

    A ces hypothèses on ne peut plus appétissantes : qui n'a pas envie de devenir un jour Français ou citoyen des Etats-Unis, pays de cultures immenses et de jardins publics entretenus avec soin, j'oppose quand même mon hypothèse à moi, de pisse-vinaigre (probable qu'en se penchant sur ma petite enfance ou ma sexualité on doit pouvoir expliquer pourquoi autant de fiel et si peu de philosophie). Mon hypothèse :

    - Si Goebbels revenait aujourd'hui, il serait sans doute effrayé par notre cynisme. Tout ce business, non pas au nom de la "Race supérieure" mais carrément au nom de la "Morale", que l'Education nationale entend inculquer dès le plus jeune âge aux enfants. Si pas effrayé, au moins épaté de voir que sa leçon n'a pas servi à rien.

     

     

  • Collabos d'hier et d'aujourd'hui

    Ce qui rend la compromission avec les autorités chinoises particulièrement scandaleuse, c'est les leçons de morale laïque continuelles sur les vilains nazis, les méchants staliniens, l'horrible Le Pen, les immondes Talibans, ce salaud de George Bush, etc., dans tous les médias officiels.

    Parmi les Français qui collaborèrent avec les autorités nazies, certains justifièrent leurs actes par la volonté d'obtenir en échange le retour de prisonniers, une plus grande clémence des autorités allemandes, certains avantages matériels pour la population...

    La collaboration du gouvernement Sarkozy, elle, est légitimée par la volonté d'implanter quelques hypermarchés "Carrefour" de plus sur le territoire chinois, l'achat d'une centrale nucléaire ou deux par la Chine, un renvoi d'ascenseur aux sponsors.

    Les "collabos" d'hier ne sont pas allés à l'Allemagne, c'est l'Allemagne qui est venue à eux. La prostitution, aujourd'hui, est complète ; la France fait la démarche positive d'aller se vendre en Chine. Faut-il recouvrir cette politique d'une couche de marketing, Guy Sorman est là, pour faire rimer "libération" avec "société de consommation" : plus néocolonialiste, tu meurs.

    L'esclavage industriel, tel qu'il se perpétue en Chine, a provoqué en Europe tout au long du XIXe siècle des révolutions et des guerres civiles sanglantes. Mais l'aplomb de Sorman et de ses semblables est celui d'un chef de rayon "gadgets idéologiques" méprisant de l'histoire.

    Et la fiction morale de l'esprit sportif et de l'esprit olympique... Laure Manaudou, qui fait quinze kilomètres par jour dans un bassin d'eau chlorée, une vraie mutante, qui peut croire une seconde qu'il s'agit-là d'une "amatrice" qui travaille à entretenir l'amitié entre les peuples ? Qui peut avaler ça en dehors d'un militant sarkozyste qui entretient son patriotisme en regardant les JO sur TF1 ou France 2 ?

    La bêtise viscérale de la droite libérale nuit gravement à la politique. Et la gauche, par son hypocrisie, elle, bafoue la morale. Tous ces discours moraux, ces cours d'éducation civique, pour, lorsque l'occasion se présente de passer du discours aux actes, se vautrer dans le cynisme et le double langage libéral. Bravo ! Belle victoire en tandem.

    Il n'y aura probablement aucun athlète professionnel à boycotter les JO pour une question d'honneur, à refuser d'apporter sa caution à un régime totalitaire. En revanche tous ces athlètes professionnels seraient probablement d'accord pour fustiger comme un seul homme la collaboration de certains Français avec l'Allemagne nazie. On peut s'attendre aussi à des pleurnicheries en cas de concurrence déloyale de la part d'athlètes chinois dopés jusqu'aux yeux. Une morale laïque de cochons élevés en batterie.

     

  • Les Ecuries d'Augias

    Regret que mon blogue ne soit pas extensible au point de pouvoir me défouler sur TOUS les crétins qui se bousculent dans les médias. Je suis bien obligé de me limiter aux exemplaires Jean d'Ormesson, Finkielkraut, Jacques Attali, Guy Sorman, Onfray, BHL, Philippe Tesson - à quelques têtes de Turcs, faute de place.

    Pourtant c'est pas l'envie qui me manque de me venger AUSSI de ce crétin d'académicien, Jean-Marie Rouart, qui dans le genre "vieux beau", comme dans le genre "faux-derche", avec ses mimiques d'évêque assermenté, n'a absolument rien à envier à Jean d'Ormesson. Avec eux, "impertinence" rime avec "incontinence". Une gaffe de d'Ormesson sur le "lobby juif" : dix ans de cirages de pompes après dans les médias pour éponger ce pet de travers. Dans son dernier bouquin, Rouart égratigne vaguement Sarkozy. Des fois que ça pourrait nuire à sa carrière, il préfère faire la tournée des plateaux pour passer de la pommade. Editorialiste à Paris-Match, Rouart : pas besoin d'en dire plus.

    Ras-le-bol de la navigatrice Maud Fontenoy, inévitable Simone de Beauvoir high tech, avec tout son barda écolo-féministe, qui vient gâcher son beau regard bleu-de-lac suisse.

    Couper la radio, la télé, faire l'autruche, c'est tentant parfois, tant la bêtise des médias redouble la violence des faits divers.

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     Allez, on ne peut quand même pas se laisser faire sans rien dire, alors prenons encore une paire de têtes à claques dans le vent, Philippe Starck et Jean Nouvel - par paquets ça ira plus vite. Leur succès en dit long sur la médiocrité du cinéma. Oui, du cinéma. A quoi ça sert que le seul cinéaste français valable, Jacques Tati, ait ridiculisé ce genre de gugusses prétentieux, si on continue à les prendre au sérieux ? Et spécialement les cinéphiles, comme par hasard...

    La philosophie, le concept de Starck et Nouvel, c'est l'"utilitarisme". Le premier redessine fourchettes et autres objets essentiels pour les rendre plus pratiques, plus "ergonomiques" ; c'est-à-dire qu'ils ne faut plus qu'ils glissent des mains. Il n'a pas pigé que le but d'une fourchette n'est pas d'être pratique. C'est plus pratique de becqueter avec les mains, comme un singe. Pourquoi mettre les petits plats dans les grands ? Pourquoi ne pas imaginer plutôt la casserole-plat-verre-à-dent ? Attention, je ne dis pas que Starck est un singe. C'est plutôt un primate évolué : vous saisissez la nuance ? Voilà où on est réduit, après des années de cinéma et de télé : à expliquer Tati, montrer que le tour de force de Starck, c'est d'obtenir laideur ET incommodité.

     Transposée à l'architecture, je ne sais pas comment on désigne l'ergonomie. Mais peu importe, ce qu'il faut comprendre, c'est que Jean Nouvel est proche des gens, il ne veut rien leur imposer qu'ils n'aient désiré car c'est un démocrate. Bien sûr, avec une telle mentalité, on n'aurait jamais eu Michel-Ange, qui a imposé aux Romains, le salaud, ses clochetons et ses coupoles rêvés, ses escaliers doubles aussi inutiles qu'indispensables.

    Le plus fort c'est que Nouvel prétend être un rebelle. Contre l'ordre des architectes, il n'hésite pas à se dresser. Pourtant le résultat est le même que celui de ses confrères : comme eux il fait entrer les gens dans des carrés, des rectangles, des cercles, à la rigueur des triangles. Voilà qui prouve la force du concept ; son côté pratique c'est qu'on peut le retourner comme une chaussette.