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  • Demain la Révolution

    Les étudiants sociaux-démocrates qui défendent l'Education nationale sont des imbéciles. C'est le galérien qui ne veut pas qu'on brûle le banc de nage auquel il est enchaîné tous les jours.

    L'éducation laïque a pour but premier d'inculquer à tous les gosses de France un Raisonnement Minimum d'Insertion dans la société capitaliste.

    Ce sont des imbéciles mais ils sont moins stupides que Darcos ou Fillon qui croient efficacement servir le Capital en réduisant le nombre des instituteurs et des professeurs. Ceux-ci sont des soldats plus efficaces que les officiers de Saint-Cyr ou des Renseignements généraux, les Compagnies républicaines de sécurité. La principale force de l'armée des enseignants, outre le nombre de bataillons, c'est qu'elle a le soutien de l'opinion publique.

    Si par miracle l'Education nationale laïque devait exploser, faute de budget pour payer les professeurs, dans le même temps qu'il en résulterait un grand progrès pour la science, la menace qui pèserait alors sur le capitalisme serait nettement aggravée, le principal lien entre les citoyens et l'Etat capitaliste dénoué. Déjà Marx observait que la pléthore de fonctionnaires entretenus par le régime de Napoléon III était la meilleure protection des capitalistes français contre une révolution. 

  • Au Danemark

    L'aveu de Charles Aznavour sur 'France Télévision' que si on ne l'a pas entendu sur 'Radio Paris' pendant l'Occupation, c'est d'abord parce qu'il n'y a pas été invité. Autrement dit, à côté de 'France Télévision', 'Radio Paris' c'était de la balle !

  • Mgr Onfray

    - Europe 1 : Michel Onfray, la révolution est-elle la solution à la crise ?

    - M. Onfray : Non, le capitalisme est indépassable.

    Suit un blabla par lequel Mgr Onfray, archevêque de Saint-Germain-des-Prés, démontre que Sarkozy n'est qu'un agité du bocal, ce que même le plus grossier des journalistes du 'Figaro' a fini par remarquer.

    En fait, Onfray est 'keynésien'. C'est le docte ignorant qui ignore que Keynes, c'est la guerre. Une politique keynésienne est un signe de durcissement de la concurrence entre nations capitalistes. Le plus célèbre keynésien de l'histoire du capitalisme est sans nul doute Adolf Hitler, avant Barack Obama, François Fillon ou Michel Onfray.

    - Europe 1 : Mais la révolution, quand même ??

    - M. Onfray : Surtout pas, la révolution donne la parole au ressentiment...

    Traduire : donner la parole au ressentiment reviendrait à couper le siffler à Michel Onfray. Suit un blabla pour dissuader les auditeurs d'Europe 1 de faire la révolution en agitant l'épouvantail Robespierre. La vérité est que Napoléon-le-Sanguinaire a commis en France et en Europe un nombre de crimes sans commune mesure avec celui de la Terreur et qu'il n'en est pas moins honoré et célébré comme un modèle par les trois-quarts de l'Université française.

    Mgr Onfray termine par un conseil de lecture : Proudhon. Proudhon possède une qualité essentielle pour séduire les capitalistes cyniques qui financent Europe 1 : c'est un abruti.

     

     

  • Nuit de la Saint-Sylvestre

    Brûler plus de voitures au cours de la Nuit de la Saint-Sylvestre, c'est la seule idée efficace pour relancer l'industrie automobile et le capitalisme. La seule bonne idée que Jacques Attali n'a pas eue.

  • Uber die Propaganda

    En cette période de fêtes laïques et chrétiennes, comme il est d’usage la propagande redouble d’intensité à la télé.

    Dans un film grossier, ’téléphoné’ comme on dit, sur Charlie Chaplin et son film le ‘Grand Dictateur’, la voix subliminale dit à un moment : ‘Adolf Hitler, peintre médiocre AU DIRE DES EXPERTS’.

     

    Etant donné le sérieux de la profession d’expert et sa rigueur morale, on peut penser que si un spécialiste avait jugé que la peinture d’Hitler était prometteuse, le refus de l’Académie de Vienne de compter le jeune rapin au nombre de ses élèves une preuve de l’anticonformisme de l’artiste, et le goût d’Hitler pour l’innovation architecturale plus spirituel que le goût de Monet pour les nénuphars, si un tel expert indépendant avait estimé Hitler tel, la voix off n’aurait sans doute pas hésité à s’en faire l’écho.

    Les experts n’hésitent d’ailleurs pas à dire que les dessins d’Astérix et Obélix valent qu’on se penche dessus désormais avec la même attention qu’on prêtait naguère à Miro ou Soulages.

     

    Un peu plus avant dans le documentaire, un cinéaste officiel dont le nom m’échappe compare Chaplin rien moins qu’à un archange en lutte contre le diable Hitler. Cette soudaine irruption d’une métaphore religieuse dans le vocabulaire d’un cinéphile me fait penser à ces escrocs milliardaires de Wall Street qui retrouvent le sens de la morale quand il s’agit de dénoncer au flic le voyou qui leur a chapardé leur porte-monnaie ou leur voiture.

  • La mort qu'on voit danser

    Sans la bibliothèque de mon hôte, je ne sais pas si j’aurais pu tenir aussi longtemps éloigné de Paris. Il faut dire que je soupçonne la moindre boulangère de province de lire Pascal, Cioran ou une niaiserie de ce genre pour se justifier de vendre un pain aussi dégueulasse à ses clients.

    Et dans le moindre plaisancier qui escalade prudemment un promontoire rocheux pour mieux humer les embruns, je vois un petit-fils de Chateaubriand que je me réfrène de pousser au gouffre.

     

    Je parviens à convaincre mon hôte de se débarrasser des ouvrages de Jean Guitton, ce Proust catholique, qui traînent dans ses rayons, avant que ses enfants ne soient en âge de s’en saisir et de se laisser séduire par les attermoiements de ce suppôt.

     Me souviens que j’ai été moi-même ‘guittonien’, autour de dix-huit ans et pendant une semaine, avant de voir que le lac n’était qu’un miroir, le 'style' une jonglerie que le chimpanzé Guitton sait parfaitement contrefaire. La seule originalité de poètes comme Proust ou Guitton, c'est que ce sont des pasticheurs sérieux.

     

    Avant de livrer cette poésie aux flammes de la cheminée, je feuillette encore quelques pages, pour mieux éteindre toute nostalgie. Je ne suis pas surpris d’apprendre l’amitié de Guitton avec Althusser, étant donné les efforts déployé par ce dernier, hystérique femelle, pour convertir le communisme en jansénisme, c'est-à-dire les militants révolutionnaires en fonctionnaires de l'Education nationale.

  • Retour d'exil

    Retour d’un exil de quelques jours en province, au bord de la mer. L’obscurantisme, mélange d’informations approximatives répandues par les médias et d’éducation nationale, y est encore plus épais qu’à Paris.

    Et pour ce qui est de la sauvagerie, les autochtones sont loin d'être à la hauteur des paysages. Balzac relève déjà le caractère profondément réactionnaire de la province. Une réaction molle, voilà tout ce qu’il reste, un mélange de 'ruraux' désormais à demi-citadins et de citadins restés à demi-ruraux.

     

    Dans une église humide mais néanmoins pleine de touristes, un prêtre dans la force de l’âge nous sermonne comme si le peuple chrétien était le peuple hébreu ( !). Eloge de l’obéissance, à la veille de l’Epiphanie, comme si la naissance du Sauveur parmi les hommes n’était pas une Révolution d’ordre cosmique. Comme si les chrétiens n’avaient pas VU ce que les Juifs aveugles, éduqués tant bien que mal par les prophètes, ne faisaient qu’entendre. 

    De nombreux crânes rasés dans l’assistance indiquent la présence dans l'assemblée de bidasses 'en permission' dans leurs familles, flattés par ce genre de sermon claironnant. Probablement estiment-ils que c’est Dieu lui-même qui leur ordonne de prendre des fusils d’assaut et d’aller les décharger à l’aveuglette sur des populations étrangères ? Si l'on pense que les croisades ont été une erreur tragique, que penser aujourd'hui de ces ridicules croisés en treillis dévoués au bon transit de l'or noir vers le Nord ?