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cioran

  • La mort qu'on voit danser

    Sans la bibliothèque de mon hôte, je ne sais pas si j’aurais pu tenir aussi longtemps éloigné de Paris. Il faut dire que je soupçonne la moindre boulangère de province de lire Pascal, Cioran ou une niaiserie de ce genre pour se justifier de vendre un pain aussi dégueulasse à ses clients.

    Et dans le moindre plaisancier qui escalade prudemment un promontoire rocheux pour mieux humer les embruns, je vois un petit-fils de Chateaubriand que je me réfrène de pousser au gouffre.

     

    Je parviens à convaincre mon hôte de se débarrasser des ouvrages de Jean Guitton, ce Proust catholique, qui traînent dans ses rayons, avant que ses enfants ne soient en âge de s’en saisir et de se laisser séduire par les attermoiements de ce suppôt.

     Me souviens que j’ai été moi-même ‘guittonien’, autour de dix-huit ans et pendant une semaine, avant de voir que le lac n’était qu’un miroir, le 'style' une jonglerie que le chimpanzé Guitton sait parfaitement contrefaire. La seule originalité de poètes comme Proust ou Guitton, c'est que ce sont des pasticheurs sérieux.

     

    Avant de livrer cette poésie aux flammes de la cheminée, je feuillette encore quelques pages, pour mieux éteindre toute nostalgie. Je ne suis pas surpris d’apprendre l’amitié de Guitton avec Althusser, étant donné les efforts déployé par ce dernier, hystérique femelle, pour convertir le communisme en jansénisme, c'est-à-dire les militants révolutionnaires en fonctionnaires de l'Education nationale.

  • Le Retournement

    Il n'y a pas que la mère de Michel Houellebecq qui a plus de tempérament que son fils. Il faut étendre ce principe à tous les philosophes existentialistes. A tous les coups on peut être sûr que la mère de Sartre, celle de Kierkegaard, de Nitche, de Gombrovitch, Cioran, Proust, Freud, toutes sont plus puissantes que le fruit de leurs entrailles. Un peu comme Dieu vaut mieux que tout théologien.

    La vraie question serait plutôt : qu'est-ce qui est pire pour un penseur existentialiste ? Trop d'amour maternel ou pas assez ? Personnellement je préfère les penseurs existentialistes pathétiques qui finissent par se suicider.

    On voit bien que Rousseau, Voltaire, Diderot, Baudelaire, Céline, mon ami Drieu, en revanche, ont frôlé l'existentialisme sans jamais tomber dedans. La femme a engendré l'hypermoralisme laïc, de plus mauvais goût encore que le moralisme musulman ou juif traditionnel. Car c'est une affaire de goût, bien sûr, que les femmes déforment au lieu de le former.

    Pour prendre l'exemple de l'Eglise catholique, l'influence des femmes en son sein s'est avérée une catastrophe ; elle a eu pour effet de transformer l'Eglise catholique en temple protestant, c'est-à-dire en désert.

  • Succédané

    Coluche est à l'impertinence ce que Giscard-d'Estaing est à la politique, Cioran à la philosophie, Houellebecq à la littérature : un ersatz. Aujourd'hui on reconnaît un bon citoyen à ce qu'il rend hommage à Coluche. Si Coluche voulait baiser les bourgeois et les journalistes, le moins qu'on puisse dire c'est que c'est raté.

    C'est en n'étant pas vulgaire qu'on a une chance de déstabiliser vraiment la bourgeoisie.

  • Défi

    On me met au défi de trouver plus vain que Nitche ! Sans hésiter je cite Cioran, la source intarissable du Néant qui donne l'air pensif aux bobos. Aux bornes de la francophonie.

  • MON JOURNAL DE GUERRE

    En fait de "Sixième sens", il en manquerait plutôt un aux femmes. Mais lequel ? La vue ! Je me base sur Simone de Beauvoir pour dire ça.

    Il ne faut pas confondre la méfiance du communisme vis-à-vis du féminisme avec la mysoginie de crétins comme Schopenhauer, Strindberg, Nitche, Freud, Cioran, etc. L'archaïsme n'a pas de meilleur allié que la fausse modernité et vice-versa.

  • Exotisme

    Aux catholiques et aux communistes attachés à l’idée de science et de progrès vers la vérité s’oppose l’argument païen de l’éternel retour du soleil après la pluie et du printemps après l’hiver. Cette idéologie climatique, horizontale, devrait conduire à l’optimisme et ôter toute angoisse aux païens désormais ultra-majoritaires en Occident (l’idéologie démocrate-chrétienne est très proche du paganisme, l'“américanisme” primaire des démocrates-chrétiens le prouve, qui équivaut à la perte de toute conscience politique et artistique).
    Au lieu de ça, curieusement, le païen est plutôt mélancolique qu’optimiste. Ce qui devrait le rassurer l’inquiète.

    (Au passage j’en profite pour redire l’extrême stupidité de la thèse d’un pseudo prof de lettres, Antoine Compagnon, qui classe les auteurs en deux catégories, “modernes” et “antimodernes”, sans tenir compte de critères politiques assez élémentaires ni de l’évolution de la querelle des anciens et des modernes ; pour qualifier Rousseau, Baudelaire (!), Barbey d’Aurevilly, Céline, d’”antimodernes”, il faudrait démontrer que ces auteurs sont hostiles à l’idée de progrès et non qu’ils sont hostiles à l’idéologie dominante depuis le XIXe siècle. Cette thèse est quasiment “orwellienne”, qui revient à démontrer de manière totalement subjective et amphigourique que tous les écrivains dissidents sont à contresens de l’histoire.)

    *

    Ce qui me frappe en tant que catholique c’est la dégradation de la littérature païenne. Autant La Fontaine, La Rochefoucauld, Diderot, impressionnent par la limpidité de leurs styles et leurs saillies, autant les auteurs païens plus récents craquent sous la dent comme une viande trop cuite. Je ne parle même pas de Nitche, qui me fait penser à ces cocktails improbables qu’on sert dans les bars américains ! Paul Valéry, il préfigure Finkielkraut, on a envie de lui botter les fesses ; Cioran fait vite l’effet d’un rabâchage ; la mélancolie, c’est comme un chewing-gum, on ne la mâche pas deux fois. Tant qu’à traduire les moralistes français, autant les traduire en roumain.
    Le cas de Céline est un peu à part, vu qu’il est à la fois païen, communiste, nazi, anarchiste et “bloyen”, c’est sans doute en partie ce qui fait sa force.

    Un tournant dans la mentalité païenne, c’est Darwin. L’amalgame entre l’idéologie climatique horizontale et l’évolution verticale de Darwin. C’est ce qui rend Nitche aussi bouffon, il ne sait pas sur quel pied danser ce Bacchus de salon de thé. Même le matérialisme de Diderot, emprunté à Lucrèce, coïncide mieux avec l’idée de cycle. En somme c’est l’idée de hasard, d’imprévu, à laquelle les néo-darwiniens sont revenus, après l’effondrement de la théorie de Darwin.
    On comprend pourquoi le vieux paganisme bénéficiait de l’indulgence des autorités catholiques, ainsi que de Marx.
    Benoît XVI ne devrait faire aucune concession, en revanche, au paganisme contemporain, complètement délirant et dépourvu de poésie. Lorsqu’un membre est gangrené, on le coupe, comme le figuier qui ne donne pas de figues.
    Je me sens de plus en plus isolé au milieu des païens, étranger dans mon propre pays, et parfois je rêve, comme Bernanos, d’exil en Amérique du Sud, à Cuba, ou en Afghanistan au milieu des Talibans, ou bien à Moscou où l’avenir est peut-être en train de se jouer.

  • Le point sur Fabrice

    Que ce merlan frit de Fabrice Luchini s'approprie la littérature populaire de Céline et en fasse profiter ses admiratrices bobos, soit : il ne sort pas de son emploi. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les bobos savent faire fructifier la littérature nazie !

    Après, qu'il lise les vers de La Fontaine, au petit bonheur, sans savoir lire la poésie, en pensant que sa gouaille effeminée fera illusion : il ne se trompe qu'à moitié.

     Mais il commence à me soûler grave à faire l'article pour Paul Valéry, poète mineur, ou les penseurs pour étudiants en philo. attardés, Schopenauer, Cioran, etc.

    Et ne voilà-t-il pas maintenant que cet histrion veut se mêler de politique !? Comme si les gesticulations de Sarkozy ne suffisaient pas ?!!!

    Il faut cependant admettre que Luchini a créé un type nouveau : le bourgeois-gentilhomme-coiffeur-pour-dames.