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jean tulard

  • Tulard le Barbare (2)

    (...) Je pourrais citer cinquante exemples frappants montrant que l'histoire aujourd'hui, telle qu'on l'enseigne dans les collèges, les lycées et l'université français, a moins à voir avec l'histoire qu'avec ce que les laïcs appellent pudiquement "l'éducation civique", pour éviter le mot "religion" ; on a pu ainsi dans cette veine voir successivement Eric Zemmour puis Caroline Fourest s'en prendre récemment à la télévision à Tariq Ramadan, au nom de la "laïcité", divinité étrange, avec un fanatisme qui a déstabilisé le Ramadan lui-même, pourtant habitué à négocier avec les plus théocratiques recteurs saoudiens. En ça Ramadan tombe dans le piège de l'oecuménisme, dont les chrétiens ont pourtant démontré auparavant qu'il est ou bien niais, ou bien pure hypocrisie (cf. l'oecuménisme d'A. Besançon, entièrement déterminé par sa haine latente de l'islam) ; pour être précis : un dialogue entre religions réduites à des partis politiques. Jamais une religion en position de force écrasante comme c'est le cas de la religion de l'Etat aujourd'hui, n'a concédé aux autres religions autre chose que des niches (Aux Etats-Unis règne une idée de la religion proche de l'"esprit d'entreprise", c'est-à-dire de la "simonie", et les Yankis ne cessent de répéter "Jesus-Christ ! Jesus-Christ" comme pour essayer de faire oublier qu'ils envoient des missiles en travers de la gueule de civils innocents chaque jour que Dieu fait.)

    - Le cas du mercenaire Zemmour (tout salarié du "Figaro" est implicitement un "mercenaire", du fait de l'aspect médiatique de la guerre moderne), est d'autant plus absurde qu'il pare son lepénisme "light" le plus souvent de l'adjectif "historique", juste avant de se compromettre dans l'apologie des crimes de guerre napoléoniens et d'un régime qui a eu pour effet d'éteindre la puissance française définitivement et aussi sûrement que Hitler a entraîné son pays dans le chaos. Autrement dit, Zemmour ne fait que démontrer que le nationalisme ou la laïcité n'atteint sa pleine apogée que dans la guerre, c'est-à-dire poser un acte de foi étranger à la critique historique.

    On devine d'ailleurs vu le gabarit de Zemmour que son idée des guerres napoléoniennes est d'une bataille de petits soldats de plomb contre Jacques Chirac, grand rétameur de casseroles gaullistes lui aussi, avec son aide de camp Villepin tombé contre cinquante gosses à la bataille du CPE. A peu près de ce niveau d'histoire.

    - Du moins Mlle Fourest n'est pas bête au point de mettre en avant l'histoire comme Zemmour, mais plutôt une éthique républicaine seulement, très circonscrite dans le temps et l'espace du Marais, quoi qu'elle ait reçu l'appui de Jean-Louis Debré à son "libéralisme" sexuel (Marx n'est pas le moindre des historiens qui démontre que le progrès de l'histoire va à l'encontre de l'éthique sexuelle quelle quelle soit, étiquettée chrétienne ou républicaine.)

    Je dois me restreindre à quelques exemples de mensonges historiques au cours de cette semaine. Le premier, c'est ce qu'il convient d'appeler "le mythe de la Révolution française".

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    Le mythe de la "Révolution française de 1789" est intéressant dans la mesure où partisans (ultra-majoritaires) comme détracteurs de la Révolution française cautionnent le mensonge selon lequel la Révolution française serait LE grand virage de l'histoire moderne, alors que la révolution anglaise de 1688 est plus importante, d'une part (la plupart des penseurs des Lumières sont d'ores et déjà attachés à tenter de comprendre le sens du progrès politique et scientifique Outre-Manche), et d'autre part que la fracture qui s'est produite vers la fin du XVIe siècle, le basculement de l'Europe dans la théocratie puis le nationalisme, alors même que la théocratie était perçue auparavant comme une caractéristique de la religion ottomane ou mahométane. Les meilleurs humanistes inculquaient la défiance vis-à-vis du pouvoir politique en se fondant sur une exégèse plus moderne du Nouveau Testament (Shakespeare est le meilleur exemple, pilier de l'histoire moderne, mais on peut aussi citer Dante, charnière entre le Moyen âge et la Renaissance, Boccace, Erasme...) ; la rupture entre l'humanisme de la Renaissance (Bacon, Erasme) et la théocratie baroque (Hobbes, Descartes) est bien plus important qu'une "révolution" française qui n'empêchera que quelques années en France la bourgeoisie de prendre les rênes et d'obtenir ainsi le pouvoir renforcé qu'elle guignait en France comme en Angleterre depuis plusieurs siècles.

    Ce que l'esprit critique historique invite à remarquer plutôt, jusque dans les Lumières françaises disparates, c'est à quel point, bien que dirigées contre le XVIIe siècle et l'arriération janséniste (au moins autant que les jésuites), les Lumières françaises demeurent imprégnées par ce jansénisme (notamment Diderot, qui tenta de jouer un rôle de curé laïc auprès de l'Impératrice Catherine II et qui continue de prôner un art... moralisateur (!), ce qui vaut tout de même mieux que la haine de l'art exprimée par le sinistre Pascal mais qu'on peut juger moins moderne que Molière), ce qui atteste encore une fois de la profondeur de l'ornière baroque.

  • Tulard le Barbare

    Jean Tulard volant au secours de l'Histoire menacée par le gouvernement Sarkozy, cette blague ! Si Tulard est historien, alors moi je suis carmélite et Max Gallo c'est Karl Marx.

    D'une part l'histoire recèle beaucoup trop de vérités dérangeantes pour avoir jamais été enseignée sérieusement dans l'Université française. Les Etats sont aussi hostiles à l'Histoire que les Eglises furent à la théologie apocalyptique. L'art historique n'est pas moins "maudit" que les autres arts visionnaires, recouvert de flots de musique (comme le montre le mythe de la nymphe Echo, l'art musical -ô combien mimétique- est narcissique : l'art des fous).

    D'autre part, J. Tulard est le représentant d'une abjection historique française qui consiste à honnir Hitler et le vouer aux gémonies tout en célébrant la mémoire d'un dictateur non moins sanglant qu'Hitler, à savoir Napoléon Ier, qui n'hésita pas comme son cousin germain à recourir à l'assassinat politique pour parvenir à ses fins, ni à terroriser les populations civiles.

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    Il n'est guère difficile de prouver que le régime nazi est très fortement apparenté au régime napoléonien sur le plan idéologique, qu'il y a là deux sécularismes similaires. C'est même plus facile encore que de démontrer que le nazisme n'est qu'une variation du capitalisme. La nostalgie du paganisme romain fut même affichée officiellement à la fois par le régime nazi et par le régime de Napoléon Ier (Au centre de la civilisation romaine et qui pousse les chrétiens comme les communistes à la haïr : le culte du destin, symbolisé par la svastika aryenne.)

    Un Français qui possède un minimum de dignité ne peut critiquer cette religion de la bourgeoisie allemande que fut le nazisme, la philosophie d'Heidegger ou de Jünger, cette parodie d'humanisme, sans balayer aussi devant sa porte. Faute de quoi ce n'est qu'un vil opportuniste façon BHL ou Tulard.

    Si Dominique Venner actuellement est le seul (à ma connaissance) à être l'auteur d'études historiques soulignant la ressemblance entre les politiques d'Hitler, Napoléon Ier voire Louis XIV, et non à bâtir une fantasmagorie du régime nazi (que les jeunes Français sont de moins en moins disposés à gober malgré les heures de propagandes télévisées hebdomadaires dispensées sans qu'aucun historien proteste contre ces méthodes, profitant plutôt des plateaux télé pour fourguer leur camelote prétendument historique), ce n'est sûrement pas étranger au fait que D. Venner se tient à l'écart de l'Université qui propage une gnose RE-LI-GIEUSE. Quid des études d'historiens allemands démontrant que la politique nazie est la seule politique socialiste (keynésienne) véritable au XXe siècle ?

    Les progrès considérables que Marx et Engels ont fait faire aux études historiques sont une avancée CONTRE la religion bourgeoise et n'auraient pu être enseignées au sein de l'Université allemande d'où est sortie au contraire la religion nationale-socialiste de Hegel.

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    Je pourrais citer cinquante exemples frappants montrant que l'histoire aujourd'hui, dans les collèges, les lycées et l'université a moins à voir avec l'histoire qu'avec ce que les laïcs appellent pudiquement "l'éducation civique", pour éviter de parler de religion ; je dois me restreindre à quelques exemples au cours de cette semaine. (A SUIVRE)