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von der leyen

  • Macron et les présidentielles

    Comme la mythomanie gaulliste bat son plein, sur le thème de la préservation de la souveraineté de la France par de Gaulle, rappelons ce que fut principalement le général de Gaulle : un habile manoeuvrier politique. On ne peut contester qu'il a su éliminer ses rivaux pour s'emparer des rênes du pouvoir. Le bilan de l'action politique du général de Gaulle reste à faire, sans doute pas très éloigné du bilan de Clemenceau, qui ne remporta avec Pétain qu'une victoire "à la Pyrrhus" (le commandement militaire allemand estimait que Clemenceau et Pétain étaient leurs seuls adversaires coriaces).

    Il y a peut-être une leçon d'habileté à retenir pour E. Macron dans la ruse de de Gaulle, mais le culte bonapartiste de "l'homme providentiel" est, du point de vue de la reconquête de la citoyenneté française représenté par les Gilets jaunes, du niveau de la foule allemande. Seuls des citoyens peuvent mettre fin à un régime qui repose sur l'infantilisation par les écrans de télévision.

    Les présidentielles françaises du printemps représentent une perspective assez lointaine au regard de la situation périlleuse dans laquelle se trouve l'Ukraine (tributaire du financement allemand après l'aide des Etats-Unis), du risque d'aggravation du choc pétrolier, de la menace d'éclatement de l'Union européenne que fait peser l'hostilité grandissante des Allemands vis-à-vis du gouvernement de Mme von der Leyen. Le choc pétrolier et ses conséquences inflationnistes représentent une menace intérieure pour E. Macron et son gouvernement transitoire.

    Si U. von der Leyen durcit le ton, veut réquisitionner l'épargne des Français pour produire des armes lourdes, c'est parce que sa marge de manoeuvre se réduit de plus en plus. Les présidentielles sont un moyen de diversion, un moyen pour les Français qui composent le corps électoral de rêver à leur homme providentiel idéal, plutôt ceci ou plutôt cela. Elles ne règlent pas le problème des Français les plus remuants, les plus jeunes, les plus exaspérés, les plus "extrémistes" selon les médias oligarchiques.

    E. Macron et U. von der Leyen ont expérimenté au cours du confinement sanitaire que "l'état d'urgence" est un moyen efficace d'instaurer un Etat policier, avec le soutien des médias oligarchiques. Il n'est pas certain qu'ils puissent renouveler cette opération extrêmement coûteuse une deuxième fois.

    E. Macron a tendance à se comporter en joueur de casino : tant qu'il gagne il joue ; mais il a conscience depuis 2018 de la fragilité de son destin politique.

    Certains Gilets jaunes soupçonnent E. Macron de vouloir décréter l'état d'urgence pour se maintenir au pouvoir et annuler purement et simplement les élections. Par définition, un système n'est pas tributaire d'un de ses maillons. En cristallisant le mécontentement populaire sur lui, E. Macron joue autant son rôle d'interface qu'avec la comédie de son intronisation dans la cour du Louvre ou de son sermon à Notre-Dame à l'attention de la France hugogaullienne.

    Le coup d'Etat de la Commission par le surendettement a déjà eu lieu en 2022, à la faveur de la crise sanitaire. Les candidats "extrémistes" font semblant de l'ignorer, mais c'est bien le budget européen que les européistes opposent au programme budgétaire de Mélenchon. Et que pèse la politique migratoire de Meloni face aux besoins des industriels allemands, italiens et français en main-d'oeuvre bon marché ?  

  • Les populations contre l'Union européenne

    Je n'écris pas "les peuples" mais "les populations", pour souligner que l'hostilité à l'Union européenne technocratique n'est pas le fait d'une volonté coordonnée. Il y a bien de la part des Gilets jaunes une forme de coordination, qui s'est constituée à l'occasion de la répression du mouvement par l'appareil d'Etat (au sens large, incluant les médias de masse oligarchiques et les grandes centrales syndicales) ; mais, si les Gilets jaunes savent ce qu'ils ne veulent pas : un régime technocratique dirigé depuis Bruxelles, ils n'ont pas de contre-projet, en dehors de la sortie de l'Union, qui n'est pas une véritable alternative, pas plus que sauter d'un TGV en marche n'est un vrai choix si on refuse d'aller dans la direction prise par ce train.

    Si les technocrates au pouvoir, à commencer par Mme Ursula von der Leyen, coordinatrice en chef, ne tiennent aucun compte de l'hostilité des populations grecque, britannique, française, allemande et italienne, à leur projet, c'est pour la raison que les masses sont nécessairement assignées à un rôle passif dans le contexte totalitaire. A. Huxley a très bien souligné cet aspect de conditionnement des masses dès 1932, ainsi que les "améliorations" apportées par les élites libérales à ce dispositif, que le régime nazi n'a pas eu le temps de "roder" ; on peut dire que l'antinazisme est si primaire - au niveau des "comics" états-unien - qu'il contribue lui-même à l'abrutissement des masses.

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